Déclaration de politique générale
de
S.E. Mme Mint Mohamed-Saleck Fatimetou
Secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre chargé des Technologies
Nouvelles
République Islamique de Mauritanie
Mercredi, le 20 mars 2002
«LA STRATEGIE MAURITANIENNE DE DEVELOPPEMENT DES
TECHNOLOGIES NOUVELLES
.…DANS L’ATTENTE D’UNE STRATEGIE MONDIALE DE REDUCTION DE LA FRACTURE
NUMERIQUE»
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général de UIT,
Monsieur le Directeur du BDT,
Excellences, Messieurs les Ministres,
Honorables délégués,
Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi tout d’ abord de présenter mes vifs
remerciements au Gouvernement turque pour son chaleureux accueil et le
féliciter pour l’excellente organisation de cette Conférence.
C’est pour moi un grand privilège de vous présenter
aujourd’hui la politique mauritanienne de développement des Technologies
Nouvelles face au contexte mondial.
Je vous en brosserai d’abord les grandes lignes puis, sur
la base de l’expérience mauritanienne, j’évoquerai le problème majeur du
retard technologique des pays en développement pour nous conduire à une
réflexion sur la manière d’accélérer la difficile mais nécessaire
résorption de la fracture numérique. Cela me fera aboutir à une solution et
recommandation qui consiste en l’élaboration et l’adoption d’une
stratégie mondiale de réduction de la fracture numérique.
Mesdames, Messieurs,
Pour vous présenter en deux mots mon pays, je vous dirai que
la Mauritanie, constitue le point de jonction entre le Maghreb et l’Afrique
subsaharienne, elle est membre de l’Union du Maghreb arabe et est associée au
dialogue euro-méditerranéen. Doté d’importantes ressources naturelles, le
pays est aujourd’hui en plein essor. Les investissements y sont attractifs
dans beaucoup de domaines à la faveur des nouvelles opportunités offertes
par les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.
Conformément aux orientations du Président de la
République, Monsieur Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, la Mauritanie s'est très
tôt résolument engagée dans la voie de la maîtrise des Nouvelles
Technologies en vue d'en faire un outil privilégié au service du
développement social, comme en témoigne la mise en place d’un Secrétariat d’Etat
chargé des Technologies Nouvelles.
C’est ainsi qu’a été élaborée en concertation avec l’ensemble
des acteurs concernés, une Stratégie Nationale de Développement des
Technologies Nouvelles pour les années 2002-2006. Une stratégie énergique qui
s’attache à réduire le fossé numérique avec les pays riches et à faire
accéder les mauritaniens à la Société de l’Information.
Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi donc, de vous exposer les grandes lignes de
cette stratégie.
Elle s’articule autour de sept axes prioritaires:
-
L’acquisition des moyens d’accès pour tous
à la société de l'information;
-
La valorisation des ressources humaines;
-
La modernisation de l'administration par l’outil
numérique;
-
L’adaptation des capacités institutionnelles
et juridiques au contexte des Technologies Nouvelles;
-
Le développement de l’utilisation des
Technologies Nouvelles dans le secteur privé;
-
Le développement des contenus numériques et la
visibilité de la Mauritanie sur le Web;
-
Les appuis technologiques sectoriels;
Ces axes prioritaires sont fédérés autour d’un axe
« moteur » qui soutient la réalisation de la Stratégie :
8. celui de la
gouvernance générale du secteur des technologies nouvelles.
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais souligner particulièrement que le Gouvernement
a, en fait, d’ores et déjà pris ces dernières années, un certain nombre de
mesures très importantes qui visent à renforcer la croissance par une
politique de libéralisation, à savoir :
-
la libéralisation du secteur des
télécommunications marquée par la privatisation, l’ouverture du
secteur à la concurrence
-
la création de l’Autorité de Régulation,
organe indépendant ;
-
la création de l’Agence de Promotion de
l'Accès Universel aux Services Régulés ;
-
l’exonération du matériel informatique des
droits et taxes à l’importation ;
Ainsi, la téléphonie portable a été privatisée dans d’excellentes
conditions (considérées comme exemplaires) et nous disposons actuellement de
deux opérateurs privés qui travaillent dans un cadre de concurrence saine et
offrant un service de qualité.
Cette politique est une réussite que 3 chiffres illustrent
bien :
au bout d’à peine quatre ans, la Mauritanie a multiplié
par 10 sa télé-densité qui est passé de 0.5 téléphones pour 100 habitants
à plus de 5,2 aujourd’hui. La croissance de la téléphonie fixe s’est
accélérée fortement bien qu’à un degré moins impressionnant que celui de
la téléphonie mobile, qui, véritable phénomène de société, après un an d’existence
sur le marché, a vu le nombre de téléphones mobiles quadrupler par rapport à
celui du fixe, ce dernier à lui seul, à plus de 4% des téléphonistes.
Quant à la téléphonie IP, en libre développement, elle
croit fortement à l’image de la croissance quasi-exponentielle du nombre
annuel d’internautes et de cybercafés.
Cependant, la meilleure stratégie du monde ne suffit pas à
elle seule à combler le fossé numérique.
En fait, nous référant à l’expérience mauritanienne, il
apparaît que l’action d’un pays en voie de développement, comme le notre,
peut être plus porteuse si elle s’inscrit dans un effort continu, cohérent
et intéressé de toute la société internationale.
Mesdames, Messieurs,
Il est souhaitable qu’une initiative internationale
concertée et coordonnée soit engagée pour que tous, ou la plupart, des pays
ratifient chacun une :
STRATEGIE MONDIALE DE REDUCTION DE LA FRACTURE NUMERIQUE
Dans cette perspective, les lignes directrices de cette
dernière pourraient être inscrites dans les programmes respectifs de
développement de l’UIT et du BDT (pour en savoir plus, vous pouvez vous
référer à la contribution de la Mauritanie à cette Conférence portant le numéro 95) .
Mesdames, Messieurs,
Pour poser les bases d’une telle Stratégie Universelle de
Développement des Télécommunications, notre conviction est qu’il faut
favoriser activement le développement d’une coopération technologique et
financière entre les pays riches et les PVD. C’est ainsi que la résorption
de la fracture numérique pourra se faire si:
-
les investisseurs des pays riches viennent
engager abondamment des affaires mutuellement avantageuses sur
le grand marché des télécommunications des pays en voie de
développement ;
-
les pays pauvres ouvrent leurs marchés des
télécommunications aux investisseurs des pays riches
dépositaires des technologies, des expertises et des finances.
Ainsi, Mesdames, Messieurs,
Avec une coopération mutuellement avantageuse entre PVD et
pays riches, il est possible de mettre en œuvre une stratégie mondiale qui
accélérera la résorption de la fracture numérique.
Je vous remercie.
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