Déclaration
de
M. Christian Pierret
Ministre Délégué à l'Industrie
France
Lundi, le 18 mars 2002
Je ferai tout d’abord un constat : l'émergence de la société
de l'information offre des potentialités considérables pour le développement ; un
renforcement de la coopération internationale est nécessaire pour que ces potentialités
bénéficient à tous.
La Société de l'Information au Service du Développement
En effet, l’accès à la société de l'information peut stimuler la
croissance économique en créant de nouveaux produits, en augmentant la productivité et
ouvrant la voie à de nouvelles techniques de gestion et de commercialisation.
Mais l'expansion rapide des TIC peut aussi avoir des conséquences néfastes,
notamment le risque d'une aggravation des disparités économiques, aux niveaux international,
régional et local. Aujourd’hui, constater l'existence d'une fracture numérique ne doit pas
conduire à accepter l'idée d'une marginalisation irréversible des pays, des populations les
plus défavorisées. Il est indispensable d’agir pour éviter l'apparition de "laissés
pour compte" de la société de l'information.
Les phénomènes qui freinent le développement des télécommunications et
la société de l'information sont cumulatifs et liés entre eux :
-
une insuffisance des infrastructures ;
-
une absence d'offre de services adaptés aux besoins locaux à un
coût acceptable ;
-
un besoin fondamental d'une formation des personnes.
Mais, le non-accès aux réseaux numériques n'est que l'une des difficultés
auxquelles sont aux prises les 4 milliards d'hommes qui vivent avec les revenus les plus faibles.
Le développement de l'offre d'accès aux TIC sans une politique de promotion de la demande
risque d'aboutir à une situation d'échec. L'un des grands défis consiste donc précisément
à définir comment les TIC peuvent contribuer à mettre les politiques davantage en prise avec
les besoins des populations.
La notion d'accès aux TIC aux réseaux mêmes, comme aux
services, est essentielle.
Infrastructures et accès : Aujourd'hui dans le monde et en moyenne, 1
personne sur 20, seulement, a accès à l’internet. Pour remédier à cette situation, il faut
concilier la nécessaire concurrence et avec les préoccupations de l’intérêt général. Il
ne peut s'agir que d'un processus progressif qui marie incitation aux investissements privés et
politique publique de régulation. Dans ce but, les institutions multilatérales ont un rôle
essentiel à jouer dans le domaine de l'expertise et du conseil aux plans technique, économique
et réglementaire.
Les TIC recèlent de nombreuses potentialités : éducation, formation
et mise en valeur des ressources humaines. La familiarisation avec l'informatique et
l'utilisation des contenus de l'Internet ouvrent de très vastes possibilités d'éducation et
de formation pour tous.
Usages multiples et développement économique
Les nombreuses applications des TIC aux soins de santé peuvent s'inscrire
dans le cadre d'une stratégie internationale concertée, axée sur le concept de la « télésanté »
ou « télémédecine ». Les TIC permettent la télétransmission d'informations
utilisables par les établissements de santé et les professionnels. Trois applications
principales peuvent être citées :
-
la clinique avec la télémédecine qui permet de développer la
médecine à distance et la recherche ;
-
le télé-enseignement dans le domaine médical ou para-médical ;
-
la télé-assistance pour le management et l'organisation des
établissements de santé.
Les applications locales des TIC sont –elles aussi-nombreuses. Elles
concernent notamment la mise en place d'une administration électronique qui améliore la
gestion publique et privée.
L'introduction des TIC dans les entreprises, et notamment les Petites et
moyennes entreprises, permet d'accroître leurs avantages concurrentiels, de développer des
partenariats avec d’autres entreprises, d'accéder à de meilleures conditions de financement.
L'Action et l'expérience de la France
Depuis plusieurs années, la France mène une politique d’aide au
développement des nouvelles technologies. Elle compte prolonger et renforcer ces actions dans
ses programmes de coopération bilatérale et multilatérale. A côté des entreprises, les
associations d’aide au développement sont également très actives.
Quelques enseignements tirés de notre expérience :
-
les technologies de l'information peuvent renforcer l’efficacité
des programmes d'aide traditionnels ;
-
le développement de l’internet pour tous, entreprises et
individus, est un atout supplémentaire pour les pays en développement.
L’expérience française dans le cadre européen
Nous aussi, en France, nous avons nos propres zones défavorisées : le
Gouvernement a pris de nombreuses initiatives pour assurer un déploiement géographique
équilibré des réseaux d’information et de communication, et pour favoriser la venue des
opérateurs de télécommunications dans les zones rurales. Ces mesures visent à aider les
collectivités territoriales décentralisées à déployer leurs propres infrastructures à haut
débit en s’appuyant sur toutes les technologies.
Parallèlement notre action vise l’achèvement d’ici 2004 de la
couverture du territoire par les réseaux mobiles GSM actuels dans les 1500 communes non encore
desservies.
Afin de favoriser l’accès de tous à l’internet nous avons lançé l’initiative
« service public » (mairies, agence nationale de l’emploi, Poste…) pour
multiplier les accès publics de proximité. D’une certaine façon, nous utilisons le concept
des télécentres que l’UIT a largement répandu.
Enfin, avec le Minitel apparu dans les années 80, la France a joué un rôle
moteur dans le développement du commerce électronique (1,5 milliard d’Euros de chiffre d’affaires
en 2001). Son expérience peut être profitable pour l’émergence du commerce électronique
dans les PED.
Je conclus : la France soutient la mise en place de politiques globales
et de règles communes de gouvernance. L’émergence de la société de l'information justifie
une intensification de la coopération internationale. La mise en place d'un cadre
réglementaire adapté permet de développer la sécurité et la confiance indispensable a l’internet
et au commerce électronique. Il convient d’associer en amont les pays en développement dans
la détermination des principes directeurs de la société de l'information et la définition
des outils d'accompagnement ; c’est ce à quoi la CMDT (Conférence Mondiale du
Développement des Télécommunications) contribue.
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