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BDT Director's Speeches

Forum mondial sur les télécommunications d'urgence (GET-19)
Balaclava, Maurice  06 March 2019

​Forum mondial sur les télécommunications d'urgence

Cérémonie d'ouverture

Mercredi 6 mars 2019
Balaclava (Maurice)

Doreen Bogdan-Martin

Directrice
Bureau de développement des télécommunications de l'UIT

Vos Excellences, M. Yogida Sawmynaden, Ministre des technologies, des communications et de l'innovation de Maurice, et M. Mahmad Aleem Bocus, Président de l'Autorité des technologies de l'information et de la communication de Maurice,
Chers invités,
Mesdames et Messieurs,

C'est un immense honneur pour moi d'être ici à Balaclava (Maurice), en ma qualité de nouvelle Directrice élue du Bureau de développement des télécommunications de l'UIT, afin de déclarer ouvert le troisième Forum mondial sur les télécommunications d'urgence. Je remercie notre hôte, le Gouvernement de Maurice, et en particulier l'Autorité des technologies de l'information et de la communication et le Ministère des technologies, des communications et de l'innovation, pour leur grand sens de l'hospitalité et leur accueil particulièrement chaleureux auquel nous ne pouvons qu'être sensibles.

Maurice est un petit Etat insulaire en développement très exposé aux catastrophes naturelles. Afin d'atténuer les risques que ces catastrophes représentent pour les habitants et les infrastructures publiques et privées essentielles, le Gouvernement prend des mesures importantes s'inscrivant dans une réflexion sur le long terme pour réduire les conséquences des catastrophes et renforcer la résilience. Nous sommes tous impatients, j'en suis sûre, de prendre connaissance, à l'occasion de ce Forum, de l'expérience de Maurice en la matière et d'en tirer des enseignements.

Le choix du thème de l'édition du Forum GET de cette année, «Innover ensemble pour sauver des vies: l'utilisation des technologies dans la gestion des catastrophes», tient au fait que les catastrophes naturelles continuent d'avoir des conséquences dramatiques pour les populations et les économies partout dans le monde.

Entre 2007 et 2017, on a recensé en moyenne 350 catastrophes chaque année dans le monde, avec pour conséquence 68 000 morts, 210 millions de personnes affectées et des dégâts s'élevant à plus de 150 milliards de dollars.

Les pertes humaines et matérielles qu'engendrent ces catastrophes constituent un frein majeur au développement durable. Parmi les 17 Objectifs de développement durable définis par les Nations Unies, quatre font expressément référence à la nécessité pour les pays et les communautés de trouver des solutions aux problèmes que posent les catastrophes.

Le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe reconnaît le rôle important des TIC dans toutes les phases de la gestion des catastrophes, et ce d'autant plus que les progrès et l'innovation en matière de technologie continuent d'ouvrir de nouveaux horizons particulièrement prometteurs pour le renforcement de la résilience en cas de catastrophe et la réduction des risques.

Le rôle important que jouent les TIC a été mis en avant dans la région des Caraïbes en 2017, lorsque les ouragans Maria et Irma, tous deux de catégorie 5, ont frappé la région. Les réseaux et services de télécommunication et TIC ont été particulièrement utilisés en amont afin de surveiller la progression de ces ouragans, de prévoir leurs incidences et de fournir des informations vitales. Je suis très impatiente d'entendre les principales parties prenantes nous parler des enseignements qu'elles ont tirés de ces catastrophes lors du débat de haut niveau qui aura lieu plus tard dans la journée.

A l'heure actuelle, plus de la moitié de la population mondiale utilise l'Internet et les réseaux et services mobiles offrent un moyen inédit pour communiquer avant, pendant et après une catastrophe. Au cours des trois prochains jours, nous nous intéresserons au véritable plus que représentent les TIC pour les équipes des organismes humanitaires qui travaillent sur le terrain lors d'une catastrophe – bien souvent dans des conditions très difficiles et avec une pression considérable – en ce que ces technologies offrent des outils et des plates-formes résilientes qui permettent aux organisations de communiquer au niveau interne, de coordonner leur action avec d'autres organismes humanitaires et d'entrer en contact avec les communautés qui en ont besoin.

Nous nous intéresserons également aux retombées concrètes que les nouveaux services comme les paiements numériques et l'identification numérique peuvent avoir pour les communautés dans le besoin, à condition de pouvoir surmonter les difficultés liées à la fourniture d'un accès. Actuellement, nombre des groupes de population les plus vulnérables dans le monde, notamment les réfugiés, n'ont toujours pas accès à la connectivité ou n'ont pas les compétences numériques nécessaires pour utiliser les plates-formes et services en ligne qui pourraient les aider.

Lors du Forum, d'autres séances seront consacrées aux solutions innovantes permettant de rétablir la connectivité en cas de catastrophe, ainsi qu'à certaines des innovations technologiques qui ouvrent de nouvelles possibilités en matière de renforcement de la résilience en cas de catastrophe et de réduction des risques. Nous nous intéresserons notamment aux progrès accomplis en ce qui concerne les technologies de rupture – comme l'intelligence artificielle, l'Internet des objets et les mégadonnées – et aux innovations dans des domaines comme la robotique et la technologie des drones.

Tout au long de la semaine, nous nous attacherons à «innover ensemble» en mettant en place de nouveaux partenariats concrets – par exemple pour aider les pays à élaborer des plans nationaux pour les télécommunications d'urgence et à créer des cartes de connectivité en cas de catastrophe – initiative qui rassemblera des membres incontournables des secteurs public et privé afin de définir les moyens les plus efficaces pour savoir où la connectivité doit être rétablie après une catastrophe.

Je me réjouis également de prendre part à la simulation organisée conjointement par l'UIT et le Groupe des télécommunications d'urgence, qui aura lieu jeudi. Son objectif est de permettre aux participants de prendre part à un exercice d'apprentissage interactif mettant en avant l'importance de la coordination et les rôles des différentes parties prenantes de la communauté des TIC, des organismes de gestion des catastrophes, des services de météorologie et des autres organismes des secteurs public et privé.

Je tiens en outre à vous rappeler que nous célébrerons, vendredi 8 mars, la Journée internationale des femmes, qui sera pour nous tous une excellente occasion d'utiliser nos discussions pour réfléchir à la fracture numérique entre les hommes et les femmes, aux rôles traditionnellement dévolus aux hommes et aux femmes, ainsi qu'aux conséquences particulières que les catastrophes peuvent avoir pour les femmes.​