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Communiqué de presse

L'UIT dévoile le dernier classement mondial des pays selon l'indice de développement des TIC dans l'édition de 2017 du rapport "Mesurer la société de l'information"

L'Internet des objets, l'intelligence artificielle et les mégadonnées se profilent comme les grandes tendances de demain




Geneva, 15 novembre 2017

La neuvième édition du rapport annuel "Mesurer la société de l'information" a été publiée aujourd'hui par l'Union internationale des télécommunications (UIT), institution spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l'information et de la communication (TIC). Ce rapport de référence publié par l'UIT constitue de l'avis général le recueil des données et des analyses les plus fiables et les plus impartiales sur l'état du développement des TIC dans le monde. Gouvernements, organisations internationales, banques de développement et analystes et investisseurs du secteur privé du monde entier s'y réfèrent abondamment.

Les conclusions du rapport de cette année indiquent que des avancées simultanées dans les domaines de l'Internet des objets, de l'analyse des mégadonnées, de l'informatique en nuage et de l'intelligence artificielle amèneront des innovations exceptionnelles et une transformation profonde des entreprises, des gouvernements et de la société, ce qui contribuera au bout du compte à améliorer les conditions de vie partout dans le monde.

Selon le rapport, "Cette révolution, qui va se produire au cours des prochaines décennies, offrira de nouvelles perspectives en même temps qu'elle engendrera de nouveaux défis, et aura des incidences dont nous ne saisissons pas encore toute l'ampleur. Pour tirer parti des avantages qu'elle apportera, les pays devront mettre en place des conditions propices au déploiement d'infrastructures de réseaux et de services de prochaine génération et adopter des politiques propres à favoriser les expériences et l'innovation, tout en atténuant les risques potentiels pour la sécurité des informations, le respect de la vie privée et l'emploi".

"Le rapport de cette année montre que les TIC peuvent rendre le monde meilleur et apporter une immense contribution à la réalisation des Objectifs de développement durable", a déclaré Houlin Zhao, Secrétaire général de l'UIT. "Toutefois, même si globalement des progrès ont été accomplis, la fracture numérique demeure un problème auquel il faut trouver une solution, d'autant que les technologies de l'information et de la communication et l'économie numérique peuvent transformer la vie de milliards d'hommes, de femmes et d'enfants. La révolution numérique peut certes transformer les nations – voire des continents tout entiers – mais cela ne sera possible que si les ressources numériques sont accessibles. Ce rapport vise précisément à aider les pays à agir en ce sens".

"J'espère que ce rapport sera d'une aide précieuse aux membres de l'UIT, en particulier aux décideurs, aux entreprises du secteur des TIC et aux autres parties prenantes qui s'emploient à créer une société de l'information mondiale inclusive", a déclaré Brahima Sanou, Directeur du Bureau de développement des télécommunications de l'UIT, qui élabore chaque année ce rapport. "Si l'on veut exploiter pleinement les avantages socio-économiques de la révolution numérique, il faudra disposer d'infrastructures physiques et de services efficaces et financièrement accessibles, de compétences plus pointues pour les utilisateurs et de critères de référence et des indicateurs comparables au niveau international, afin d'appuyer l'élaboration de politiques publiques propices".

RÉSUMÉ DES CONCLUSIONS DU RAPPORT:

Indice de développement des TIC – Classement par pays

L'Indice de développement des TIC pour 2017 (IDI 2017), établi par l'UIT et présenté dans le rapport, est un outil unique permettant de comparer le niveau de développement des TIC dans les pays du monde entier. L'Islande arrive en tête du classement selon l'Indice IDI de 2017, suivie par deux pays et une économie de la région Asie-Pacifique et par six autres pays européens, dont les marchés des TIC sont compétitifs et connaissent depuis de nombreuses années des niveaux d'investissement et d'innovation élevés dans le domaine des TIC.

Jusqu'à présent, l'Indice IDI était fondé sur 11 indicateurs. Ces indicateurs ont néanmoins été réexaminés en raison de l'évolution récente des marchés des TIC. En conséquence, l'Indice IDI de 2018 sera défini par 14 indicateurs, qui devraient permettre d'avoir un meilleur aperçu des résultats des différents pays et des résultats relatifs des pays se trouvant à des stades de développement différents.

Mesurer le développement des TIC

Les données les plus récentes sur le développement des TIC font apparaître une progression constante de la connectivité et de l'utilisation des TIC. Ces dix dernières années, la disponibilité des communications a connu une croissance soutenue, favorisée par la croissance de la téléphonie mobile cellulaire et, plus récemment, du large bande mobile. Le développement des infrastructures large bande fixes et mobiles a encouragé l'accès à l'Internet et son utilisation. Le nombre d'abonnements au large bande mobile correspond aujourd'hui à plus de 50% de la population mondiale, ce qui permet d'améliorer l'accès à l'Internet et aux services en ligne.

Malgré l'expansion rapide des TIC, des fractures numériques considérables subsistent selon les pays et les régions. Les pays les moins avancés ont toutefois enregistré des progrès en matière de croissance des TIC, tant sur le plan de la connectivité que sur celui de l'utilisation de l'Internet. A l'échelle mondiale, plus de la moitié des ménages ont désormais accès à l'Internet, bien que le taux de croissance semble être passé sous la barre des 5% par an. Des progrès non négligeables ont également été accomplis en vue de réduire la fracture numérique entre les hommes et les femmes à l'échelle régionale.

Nouvelles tendances dans le secteur des TIC

L'Internet des objets (IoT) permettra d'étendre considérablement le champ du numérique. Outre les personnes, les organisations et les ressources de l'information, il permettra de connecter des objets capables de détecter, de traiter et de communiquer des informations numériques. Cette infrastructure ubiquitaire générera un grand volume de données, qui pourront être utilisées pour réaliser des gains d'efficacité en matière de production et de distribution de biens et de services ainsi que pour améliorer les conditions de vie grâce à des solutions innovantes.

L'analyse des mégadonnées permettra d'extraire des connaissances utiles des flux d'informations numériques. Ainsi, nous serons capables de mieux comprendre et prévoir les évolutions des TIC et de prendre de meilleures décisions concernant la gestion et les politiques générales. L'interprétation d'informations toujours plus nombreuses nécessite des professionnels ayant les compétences voulues en matière d'analyse, de calcul et de méthodes, ainsi qu'une infrastructure TIC de grande capacité.

Des architectures comme l'informatique en nuage permettront certainement de réduire les obstacles à la mise en place de ressources informatiques modulables. Grâce à elles, des services de traitement informatique souples et à la demande fournis sur l'Internet font déjà leur apparition, d'où une baisse des coûts fixes liés à l'infrastructure TIC profitant aux petites et moyennes organisations. Afin d'exploiter toutes les possibilités qu'offrent ces architectures, il faudra disposer d'une connectivité large bande fixe et mobile fiable.

L'intelligence artificielle aidera les hommes à prendre de meilleures décisions. Dans cette optique, chaque algorithme doit être soigneusement adapté aux données existantes et aux objectifs recherchés. Il est donc nécessaire de disposer d'importantes compétences spécialisées en matière d'apprentissage automatique ("machine learning") et de grands ensembles de données pour perfectionner les algorithmes.

Toutes ces TIC évoluées contribuent à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. Des applications prometteuses existent déjà dans des domaines comme la fabrication industrielle, l'agriculture de précision, l'administration publique, l'éducation, les soins de santé, les villes intelligentes et les transports intelligents. Utilisées dans le cadre d'initiatives plus vastes, les TIC peuvent contribuer à atteindre chacun des 17 ODD.

Pour tirer parti des TIC évoluées, il est indispensable de disposer d'infrastructures, de services, et de compétences appropriés. Les réseaux devront prendre en charge diverses demandes émanant des applications et des utilisateurs en ce qui concerne la qualité de service, tout en fournissant une connectivité robuste et ubiquitaire. A cette fin, il sera nécessaire de déployer des plates-formes IoT sans fil, de recourir à la virtualisation des réseaux et d'améliorer la connectivité par fibre optique. Il faudra en outre renforcer les compétences des utilisateurs dans le domaine des TIC évoluées.

Les TIC évoluées suscitent de grandes inquiétudes concernant les écarts qui pourraient apparaître avec les services numériques de prochaine génération. Les opérateurs et les utilisateurs des réseaux devront adapter leurs modèles de fonctionnement pour tirer parti des possibilités qu'offre la transformation numérique. Il incombe aux décideurs et aux régulateurs de mettre en place les conditions propres à faciliter les expérimentations et l'innovation dans le domaine de l'entreprenariat.

Les politiques devront également permettre de surmonter les problèmes associés à la sécurité de l'information, à la protection de la vie privée, à l'emploi et aux inégalités de revenus. Il convient également de tenir compte des besoins locaux et nationaux de chacun. Dans de nombreux secteurs de l'économie numérique, la réduction des obstacles à l'entrée sur le marché permet aux entrepreneurs locaux de mettre en place des modèles de fonctionnement innovants adaptés aux conditions locales. Il sera important de faciliter l'élaboration d'algorithmes et d'applications axés sur les personnes et tenant compte des différences culturelles.

Il est essentiel de mesurer de façon fiable et cohérente le déploiement et l'utilisation des TIC évoluées. Pour tirer pleinement parti des avantages que ces technologies peuvent présenter, il faut disposer d'indicateurs de mesure fiables et cohérents, plus complets que les données existantes. Pour ce faire, les différentes parties prenantes devront collaborer et il faudra trouver des nouvelles méthodes pour recueillir les informations directement au niveau des infrastructures et des applications numériques.

Comparaisons entre les régions

Des disparités considérables existent entre les régions en ce qui concerne le niveau de développement des TIC, comme le montre l'Indice IDI de 2017. De même, au sein de chaque région, les écarts entre les pays sont importants et sont principalement liés au niveau de développement économique.

Selon l'Indice IDI pour 2017, la valeur moyenne de l'indice pour l'Afrique est de 2,64 points. Maurice se trouve dans la moitié supérieure du classement mondial de l'Indice IDI. La région Afrique compte deux des trois pays dont la valeur de l'Indice IDI a le plus augmenté au cours de l'année écoulée: la Namibie et le Gabon.

Les Etats-Unis et le Canada sont en tête du classement selon l'Indice IDI pour 2017 dans la région Amériques. La plupart des pays de la région se situent dans les deux quartiles intermédiaires. Les plus fortes hausses dans cette région sont enregistrées dans des pays d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale et des Caraïbes situés en milieu de classement.

La région des Etats arabes est également très hétérogène du point de vue de l'Indice IDI de 2017. Cette région compte un certain nombre de pays à revenu élevé, dont Bahreïn, le Qatar et les Emirats arabes unis. Ce sont les pays à revenu intermédiaire qui ont enregistré la plus forte progression dans la région, avec une augmentation de la valeur moyenne de leur Indice IDI qui est plus de deux fois supérieure à celle des pays se trouvant en tête et en queue du classement régional.

En 2017, sept pays de la région Asie-Pacifique ont un Indice IDI supérieur à 7,50 points et se classent dans le premier quartile de l'Indice général, notamment la République de Corée, à la deuxième place du classement global. La valeur de l'Indice IDI de six pays a augmenté de plus de 0,40 point, la République islamique d'Iran arrivant en tête, et au deuxième rang des pays les plus dynamiques selon l'Indice IDI de 2017.

Dans la Communauté des Etats indépendants (CEI), seul un pays de la région, à savoir le Bélarus, est présent dans le premier quartile de l'Indice. Les pays dont la valeur de l'IDI a le plus progressé sont ceux occupant les dernières places du classement régional, à savoir l'Ukraine, l'Ouzbékistan et le Kirghizistan.

De toutes les régions du monde, c'est l'Europe qui a la valeur moyenne la plus élevée de l'Indice IDI en 2017 (7,50 points). Sur 40 pays, 28 se classent dans le premier quartile. Chypre et la Turquie sont les pays dont l'Indice IDI a le plus progressé.

Profils de pays

Pour la première fois cette année, le rapport contient des profils par pays qui présentent la structure du marché des TIC et les dernières évolutions enregistrées dans 192 pays du monde entier. Chaque profil donne un aperçu des politiques et règlementations mises en place ainsi que de l'état d'avancement du déploiement des réseaux et de l'adoption des services. Ces profils sont présentés dans le Volume II du rapport de cette année.

*Note à l'intention des éditeurs

La région Afrique de l'UIT ne comprend pas les Etats arabes d'Afrique du Nord.