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Communiqué de presse

Multiplication des déchets d'équipements électriques et électroniques au niveau mondial: une augmentation de 21% en cinq ans

53,6 millions de tonnes (Mt) de déchets électroniques a été produite globalement en 2019, équivalent à 350 bateaux de la taille du Queen Mary 2. Cinquante-sept milliards de USD d'or et d'autres composants perdus dans les décharges ou brûlés.




Publié à Toronto, Bonn, Genève et Vienne, 28 juin 2020

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Sous embargo jusqu'à 10 heures EDT/14 heures GMT/15 heures BST/16 heures CET, jeudi 2 juillet 2020
 
Note à l'intention des médias: La version complète du rapport est disponible ici sous la forme d'une aperçu pour les médias et à l'adresse www.globalewaste.org à la levée de l'embargo. Des extraits d'entretiens, ainsi qu'un dossier Dropbox contenant des vidéos, des photos, des graphiques, des documents d'information et d'autres ressources pour les médias sont mis à disposition. Veuillez adresser un courrier électronique à l'adresse tc@tca.tc ou eetmail@itu.int. Les auteurs du rapport participeront à une téléconférence le jeudi 2 juillet 2020 à 10 heures ET/14 heures GMT/15 heures BST/16 heures CET. Pour y participer, rendez‑vous sur: https://us02web.zoom.us/j/8935863496 ou appelez +1 929 205 6099 US (New York); identifiant de la réunion: 893 586 3496. 
  
La quantité record de 53,6 millions de tonnes métriques (Mt) de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) a été produite à l'échelle mondiale en 2019, soit une augmentation de 21% en seulement cinq ans, selon le rapport "Global E-waste Monitor" (Suivi des déchets d'équipements électriques et électroniques à l'échelle mondiale) de 2020, publié aujourd'hui par l'Organisation des Nations Unies.

Les prévisions dressées dans ce nouveau rapport indiquent que le volume de déchets d'équipements électriques et électroniques − des produits mis au rebut comportant une batterie ou une prise électrique – atteindra 74 Mt d'ici à 2030, soit près du double en seulement 16 ans. Dans ce contexte, les DEEE constituent le flux de déchets ménagers dont l'augmentation est la plus rapide au niveau mondial, principalement en raison de l'augmentation du taux de consommation des équipements électriques et électroniques, de la durée de vie réduite des produits et des possibilités de réparation limitées.

En 2019, seuls 17,4% des déchets de ce type ont été collectés et recyclés. Cela signifie que l'or, l'argent, le cuivre, le platine et d'autres matériaux récupérables de grande valeur, estimés a minima à 57 milliards de dollars des États-Unis, soit une somme bien plus élevée que le produit intérieur brut (PIB) de la plupart des pays, ont en majeure partie été mis en décharge ou brûlés plutôt que d'être collectés en vue de leur traitement et de leur réutilisation.

Selon le rapport, l'Asie a produit la plus grande partie des DEEE en 2019 (quelque 24,9 Mt), suivie par les Amériques (13,1 Mt) et l'Europe (12 Mt), tandis que l'Afrique et l'Océanie ont respectivement produit 2,9 Mt et 0,7 Mt de DEEE.
Pour donner un ordre de grandeur, les déchets d'équipements électriques et électroniques produits l'année dernière pesaient largement plus que tous les adultes d'Europe, ou encore l'équivalent de 350 bateaux de croisière de la taille du Queen Mary 2, lesquels, mis bout à bout, formeraient une ligne de 125 km de long.

Les DEEE représentent un danger pour la santé et l'environnement, car ils contiennent des additifs toxiques ou des substances dangereuses comme le mercure, qui peut causer des dommages au cerveau et au système de coordination.

Autres résultats importants tirés du rapport "Global E-Waste Monitor 2020"
    
  • Une gestion appropriée des DEEE peut contribuer à atténuer le réchauffement climatique. En 2019, on estime que 98 Mt équivalent CO2 ont été relâchées dans l'atmosphère par des réfrigérateurs et des climatiseurs mis au rebut, ce qui contribue à hauteur d'environ 0,3% aux émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

  • Si l'on calcule par rapport au nombre d'habitants, les DEEE produits l'an dernier pesaient en moyenne 7,3 kilos pour chaque homme, chaque femme et chaque enfant sur la planète.

  • Au niveau mondial, l'Europe était au premier rang si l'on considère le volume de déchets d'équipements électriques et électroniques produits par habitant, avec 16,2 kg par habitant. L'Océanie était à la deuxième place (16,1 kg), suivie par les Amériques (13,3 kg). L'Asie et l'Afrique ont enregistré des niveaux bien plus bas, avec respectivement 5,6 et 2,5 kg de DEEE par habitant.

  • Les DEEE représentent un danger pour la santé et l'environnement, car ils contiennent des additifs toxiques ou des substances dangereuses comme le mercure, qui peut causer des dommages au cerveau et au système de coordination. On estime que 50 tonnes de mercure − substance utilisée dans les moniteurs, les cartes à circuit imprimé et les sources lumineuses fluorescentes et à économie d'énergie − sont contenues dans des flux de DEEE non répertoriés chaque année.

  • En 2019, les déchets d'équipements électriques et électroniques étaient essentiellement constitués de petits équipements (17,4 Mt), de gros équipements (13,1 Mt) et d'équipements d'échange thermique (10,8 Mt). Les écrans et moniteurs, les petits équipements informatiques et de télécommunication et les lampes représentaient respectivement 6,7 Mt, 4,7 Mt et 0,9 Mt.

  • Depuis 2014, les catégories de DEEE qui ont augmenté le plus rapidement, en termes de poids total, étaient les suivantes: équipement d'échange thermique (+7%), gros équipements (+5%) et lampes et petits équipements (+4%). Selon le rapport, cette tendance est liée à la consommation croissante de ces produits dans les pays à faible revenu, où ils permettent d'améliorer le niveau de vie. Les petits équipements informatiques et de télécommunication connaissent une augmentation plus lente, et le nombre d'écrans et de moniteurs a enregistré une légère baisse (−1%), que l'on peut expliquer en grande partie par le remplacement des moniteurs et écrans lourds à tube cathodique (CRT) par des écrans plats, plus légers.

  • Depuis 2014, le nombre de pays ayant adopté une politique, une législation ou une réglementation nationale sur les DEEE est passé de 61 à 78. Bien qu'il s'agisse d'une tendance positive, ce nombre est encore loin de la cible fixée par l'Union internationale des télécommunications (UIT), consistant à porter le pourcentage de pays dotés d'une législation relative aux DEEE à 50%.

Le rapport "Global E-Waste Monitor 2020" (Suivi des déchets d'équipements électriques et électroniques à l'échelle mondiale pour 2020) (www.globalewaste.org) est un produit collaboratif élaboré dans le cadre du Partenariat mondial sur les statistiques relatives aux déchets d'équipements électriques et électroniques (GESP), réunissant l'Université des Nations Unies (UNU), l'Union internationale des télécommunications (UIT) et l'Association internationale des déchets solides (ISWA), en étroite collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Ministère de la coopération et du développement économiques de l'Allemagne ont également contribué dans une large mesure à l'élaboration du rapport publié cette année.

Observations
 
"Les conclusions figurant dans l'édition de cette année du rapport "Global E-waste Monitor", rattaché à l'Université des Nations Unies, indiquent que l'humanité ne progresse pas suffisamment sur la voie de la réalisation des ODD. Il est urgent d'intensifier considérablement les efforts pour assurer une production, une consommation et une élimination des équipements électriques et électroniques plus intelligentes et plus durables à l'échelle mondiale. Ce rapport contribue dans une large mesure à transmettre ce sentiment d'urgence afin de faire évoluer cette tendance mondiale dangereuse."
 
M. David M. Malone, Recteur de l'Université des Nations Unies (UNU) et Secrétaire général adjoint de l'ONU
 
"Le nombre de déchets électroniques produits est bien supérieur au nombre de déchets de ce type qui sont recyclés en toute sécurité dans la majorité des régions du monde. Davantage d'efforts coopératifs sont nécessaires pour accroître la sensibilisation sur cette question de plus en plus préoccupante et prendre les mesures de lutte appropriées, appuyées par des travaux de recherche et des formations adaptés. Je suis honoré que l'UNITAR rejoigne cet important Partenariat mondial sur les statistiques relatives aux DEEE, qui réunit l'UNU, l'UIT et l'ISWA et qui vise à démontrer l'utilité de ces activités."
 
M. Nikhil Seth, Directeur exécutif de l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) et Assistant du Secrétaire général de l'ONU.
 
"Le rapport "Global E-waste Monitor" souligne l'urgence que constitue la gestion des DEEE dans le monde d'aujourd'hui, connecté au numérique, car la façon dont nous produisons, consommons et éliminons les dispositifs électroniques n'est pas viable. Le suivi des flux de DEEE contribuera à la réalisation des Objectifs de développement durable et permettra de suivre la mise en œuvre du programme "Connect 2030" de l'UIT. Ce rapport constitue une ressource précieuse à l'usage des pouvoirs publics pour améliorer leur taux de recyclage global des déchets d'équipements électriques et électroniques en élaborant les politiques et la législation nécessaires dans le domaine des DEEE. L'UIT continuera d'appuyer les efforts déployés dans le cadre de ce rapport afin d'apporter les réponses nécessaires au niveau mondial pour trouver des solutions dans ce domaine."
 
Mme Doreen Bogdan-Martin, Directrice du Bureau de développement des télécommunications de l'Union internationale des télécommunications (UIT)
 
"La quantité de DEEE a augmenté trois fois plus vite que la population mondiale et 13% plus vite que le PIB mondial au cours des cinq dernières années. Cette augmentation rapide exerce des pressions considérables sur l'environnement et la santé et montre combien il est urgent d'associer la quatrième révolution industrielle et l'économie circulaire. La quatrième révolution industrielle aura pour effet soit de promouvoir une nouvelle approche fondée sur l'économie circulaire, soit d'accentuer encore l'épuisement des ressources et les nouvelles vagues de pollution. Les progrès accomplis dans le domaine du suivi des DEEE grâce au Partenariat mondial sur les statistiques relatives aux déchets d'équipements électriques et électroniques laissent espérer que le monde est capable non seulement de suivre de près l'augmentation du nombre de déchets de ce type, mais aussi d'en contrôler les incidences et de mettre en place des systèmes de gestion en bonne et due forme".
 
M. Antonis Mavropoulos, Président de l'Association internationale des déchets solides (ISWA)
 
"Les méthodes de recyclage informelles et inadaptées des DEEE constituent une menace grandissante et insidieuse qui met en danger notre santé et celle des générations futures. Un enfant sur quatre décède sous l'effet de facteurs environnementaux qui pourraient être évités. Ces enfants peuvent être sauvés si nous prenons des mesures pour protéger leur santé et leur offrir un environnement sûr. L'OMS se félicite de participer à l'élaboration de ce nouveau rapport "Global E-waste Monitor" afin de mettre à disposition des données, des informations concernant les effets sur la santé, des solutions et des politiques conjointes de manière à préserver la santé des générations futures."
 
Maria Neira, Directrice du Département chargé de l'environnement, des changements climatiques et de la santé, Organisation mondiale de la santé (OMS)
 

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À propos du Partenariat mondial sur les statistiques relatives aux déchets d'équipements électriques et électroniques (GESP)

Le Partenariat GESP aide les pays à recueillir des statistiques nationales utiles dans le domaine de l'élaboration des politiques au moyen d'un cadre de mesure harmonisé reconnu au niveau international. Il réunit des décideurs, des statisticiens et des représentants du secteur privé afin d'améliorer la qualité des données relatives aux DEEE et de permettre à ces acteurs de mieux comprendre et interpréter ces données. Au niveau mondial, le Partenariat GESP contribue à suivre les flux de déchets correspondants et à mesurer les progrès accomplis au regard des Objectifs de développement durable 11.6, 12.4 et 12.5. Il permet à des organisations internationales telles que l'UIT de mesurer leurs progrès en vue d'atteindre leurs objectifs. En 2018, l'UIT a défini une cible visant à porter le taux de recyclage des DEEE dans le monde à 30% d'ici à 2023, soit une augmentation de 12,6% par rapport à la moyenne actuelle au niveau mondial.
 
À propos de l'Union internationale des télécommunications (UIT)
 
L'Union internationale des télécommunications (UIT) est l'institution spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l'information et de la communication (TIC); elle encourage l'innovation dans le secteur des TIC, aux côtés des 193 États Membres et plus de 900 entreprises, universités et organisations internationales et régionales qui la composent. Fondée en 1865, soit il y a plus de 150 ans, elle est l'organisation intergouvernementale chargée de coordonner l'utilisation en partage du spectre des fréquences radioélectriques au niveau mondial, d'encourager la coopération internationale en attribuant des orbites de satellite, de renforcer l'infrastructure des communications dans les pays en développement et de définir des normes mondiales qui garantissent la parfaite interconnexion de systèmes de communication très divers. Qu'il s'agisse des réseaux large bande ou des technologies hertziennes de pointe, de la navigation aéronautique et maritime, de la radioastronomie, de l'observation des océans et de la surveillance de la Terre par satellite ou de la convergence entre téléphonie fixe et téléphonie mobile, de l'Internet ou des technologies de radiodiffusion, l'UIT s'engage à connecter le monde. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.itu.int.
 
À propos de l'Université des Nations Unies (UNU)
 
L'UNU est un organe autonome de l'Assemblée générale des Nations Unies dédié à la création et au transfert de connaissances, ainsi qu'au renforcement des capacités dans des domaines en rapport avec les questions internationales que sont la sécurité, le développement et le bien-être humains. L'Université est composée d'un réseau mondial de centres et de programmes de recherche et de formation, coordonné par le centre de l'UNU de Tokyo. Le Programme sur les cycles durables (SCYCLE) basé à Bonn (Allemagne) et déployé par le Vice-Rectorat de l'UNU en Europe et l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR), mène des travaux de recherche et des activités d'envergure internationale sur les déchets d'équipements électriques et électroniques. L'objectif du Programme SCYCLE est de permettre aux sociétés de réduire la charge environnementale découlant de la production, de la consommation et de l'élimination de biens ubiquitaires.
 
À propos de l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR)
 
En tant qu'institution du système des Nations Unies consacrée à la formation, l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche fournit des solutions de formation innovantes à l'intention des particuliers, des organisations et des institutions afin d'améliorer la prise de décisions au niveau mondial et d'appuyer les mesures prises au niveau des pays pour instaurer un avenir meilleur. L'UNITAR a été créé en 1963 afin de former de jeunes diplomates d'États Membres de l'ONU ayant récemment obtenu l'indépendance et de les doter des connaissances et des compétences nécessaires pour évoluer dans le paysage diplomatique. Au fil des années, l'UNITAR a acquis un savoir-faire et une expérience unique dans la conception et l'organisation de diverses activités de formation. L'UNITAR s'est imposé comme un institut de premier plan fournissant des solutions de formation personnalisées et créatives au profit des institutions et des particuliers, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. L'UNITAR est doté d'une stratégie entièrement axée sur la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) et aide les gouvernements à mettre en œuvre le Programme 2030.
 
À propos de l'Association internationale des déchets solides (ISWA)
 
L'Association internationale des déchets solides (ISWA) est une association d'intérêt général à but non lucratif, mondiale et indépendante œuvrant à promouvoir une gestion durable, globale et professionnelle des déchets et la transition vers une économie circulaire. Elle est ouverte aux particuliers et aux organisations issus de la communauté scientifique, aux institutions publiques et aux entreprises des secteurs public et privé du monde entier menant des activités dans le domaine de la gestion des déchets ou intéressées par ce domaine. Elle constitue la seule association du secteur à l'échelle mondiale permettant à ses membres d'entrer en relation avec des professionnels, des entreprises et des représentants d'institutions.