
Au début des années 90, le monde comptait à peine plus de 10 millions d'abonnés à la téléphonie mobile cellulaire
contre plus de 725 millions au début de 2001, ce qui représente un taux d'accroissement de presque 70 fois, ou bien
encore un téléphone portable pour huit habitants de la planète. Cette montée en puissance de la téléphonie mobile
ne montre aucun signe d'essoufflement comme en témoigne le nombre des nouveaux abonnés – 234 millions en 2000 Š qui
augmente chaque année. Le secteur affiche un taux de croissance stable qui s'établit à 50% en moyenne depuis 1996.
C'est l'introduction des réseaux de deuxième génération, tels que le GSM, qui a déclenché l'essor de la téléphonie
mobile. Faut-il s'attendre avec le lancement des réseaux de troisième génération (3G) prévu au cours de cette année
à une expansion encore plus rapide?
Aux taux de croissance actuels, il y aura davantage d'abonnés au téléphone mobile qu'au téléphone fixe vers le milieu de la décennie (voir la figure 1). Cette transition a déjà eu lieu dans 35 marchés – développés ou en développement (voir la figure 2). Pour un grand nombre d'entre nous, le portable est en passe d'instaurer un nouveau mode de vie sans les contraintes du téléphone fixe. On constate à cet égard une certaine stagnation, voire une diminution, du nombre d'abonnements à la téléphonie fixe dans les foyers à mesure que les usagers optent pour les télécommunications mobiles.

En Finlande, par exemple, le pourcentage des ménages abonnés à la téléphonie fixe a régressé, tombant de 94 à 83 sur les dix dernières années, alors que la téléphonie mobile a fortement progressé, passant de 7 à 60. Dans les pays en développement, la concurrence et les cartes à prépaiement se révèlent être une combinaison efficace pour alimenter la croissance de la téléphonie mobile. Or, c'est peut-être le fait que, compte tenu de la croissance actuelle, la Chine dépassera les Etats-Unis et deviendra, avant la fin de l'année, le plus grand marché des télécommunications mobiles du monde, qui exprime avec le plus de force l'expansion de ce secteur dans les pays en développement (voir la figure 3).
Contrairement à la téléphonie fixe qui plafonne en général aux environs d'un téléphone pour deux habitants, la téléphonie mobile n'a pas encore atteint sa limite. C'est à Taiwan-Chine que son taux de pénétration est le plus élevé (voir la figure 3): on y comptait moins de 100 000 téléphones portables il y a dix ans, alors qu'aujourd'hui quatre Taiwanais sur cinq en possèdent un. Le nombre d'abonnements à la téléphonie mobile a augmenté de 25% en 2000 dans les dix premiers pays (Top 10) où les télécommunications hertziennes sont les plus développées. A ce rythme, la plupart des consommateurs adultes auront bientôt au moins un téléphone portable.


Les téléphones portables actuels offrent un grand nombre d'applications analogues à celles de l'Internet. La téléphonie mobile de deuxième génération (GSM) a notamment donné naissance au service de messages courts (SMS - short message service), application simple mais très appréciée par les usagers, qui permet d'échanger des messages en mode texte entre les portables. Cette messagerie électronique appliquée au téléphone a remporté un franc succès auprès de diverses catégories de consommateurs, des adolescents jusqu'aux malentendants. D'après l'Association GSM, environ 15 milliards de messages ont été envoyés dans le monde entier pour le seul mois de janvier 2001, soit une moyenne de 30 messages par abonné GSM. Ce chiffre est presque quatre fois plus élevé que les 4 milliards de messages échangés en janvier 2000.
Le protocole d'application hertzienne (WAP Œ wireless application protocol), lancé sur le marché par de nombreux opérateurs en 2000, permet de naviguer sur la toile avec un téléphone portable, les utilisateurs accédant à des sites web spécialement adaptés à la taille de l'écran. A la fin de 2000, plus de 100 opérateurs de téléphonie mobile avaient mis en oeuvre le WAP. D'après le Forum WAP, il existe environ 10 000 sites compatibles avec le WAP dans 95 pays. On comptait environ 50 millions de téléphones WAP en circulation, mais à peine 5 millions d'utilisateurs à la fin de 2000. Il faut dire que la mise en oeuvre du WAP a posé un certain nombre de problèmes (pénurie de combinés, débit faible et nombre insuffisant d'applications).
La tiédeur avec laquelle le WAP a été accueilli contraste de façon frappante avec l'expérience du Japon dans le domaine des services Internet mobiles. Le Japon a en effet été le premier pays à offrir ce nouveau type de prestation, lorsque l'opérateur NTT DoCoMo a lancé son service i-mode le 22 février 2000. En un an, i-mode a attiré 5 millions d'utilisateurs. Six mois plus tard, ce chiffre avait plus que doublé et, à la fin mars 2001, environ 22 millions de personnes y étaient abonnées. Il existe deux autres services de ce type au Japon, EZWeb et J-Sky, exploités par des concurrents de NTT DoCoMo. A eux trois, ces services comptaient 35 millions d'abonnés en mars 2001, ce qui signifie que 70% des internautes japonais se connectaient au réseau à partir d'un téléphone portable (voir la figure 4). En fait, NTT DoCoMo se classe, après America Online, au deuxième rang des prestataires de services Internet les plus importants du monde. L'un des attraits du service i-mode est que les sites web HTML peuvent aisément y être adaptés, ce qui n'était pas le cas avec le WAP. NTT DoCoMo héberge 1600 sites sur le portail de son service i-mode. Il y a en outre environ 40 000 sites compatibles avec ce service. Autre raison de son succès, le service i-mode est «toujours branché» et il est facturé sur la base des informations téléchargées et non en fonction du temps d'utilisation.

La téléphonie mobile est maintenant à la veille d'une nouvelle révolution: les réseaux mobiles 3G. L'événement fera date pour deux raisons. D'une part, ce sera la première fois que l'on disposera d'une norme mondiale pour les réseaux mobiles. Jusqu'ici, en effet, les systèmes mobiles reposaient sur différentes normes nationales ou régionales: il n'en existe aujourd'hui pas moins d'une douzaine dans le monde. Cette diversité a eu un effet négatif sur la compatibilité et sur les prix. D'autre part, grâce à ces nouveaux réseaux, l'accès Internet à large bande sera désormais une réalité. Cette nouvelle norme est connue sous le nom d'IMT-2000, appellation créée par l'UIT. Adoptés par la communauté mondiale des télécommunications en novembre 1999, les systèmes IMT-2000 offriront des largeurs de bande importantes ainsi qu'un débit minimum de 144 kbit/s ou de 2 Mbit/s dans des conditions de faible mobilité. Favorable dès la première heure aux réseaux 3G, l'Union européenne a engagé ses membres à délivrer rapidement des licences d'exploitation pour ces systèmes et à mettre en service des réseaux au plus tard avant janvier 2002. La plupart des pays d'Europe occidentale ont octroyé des licences IMT-2000 l'année dernière (voir le tableau 2).
En Asie, NTT DoCoMo était bien décidé à être le premier opérateur du monde à lancer un réseau 3G. Une licence IMT-2000 lui a été accordée en juin 2000. NTT DoCoMo a largement fait connaître au public son intention de lancer le nouveau service en mai 2001. Un essai sera bien réalisé, mais l'exploitation commerciale a été reportée à octobre 2001.
La téléphonie mobile représente une part croissante de la valeur globale du marché des télécommunications. En 2000, elle a généré 273 milliards USD, soit près d un tiers des recettes totales réalisées à l échelle mondiale par le secteur des télécommunications (voir la figure 5). En moyenne, un abonné à la téléphonie mobile cellulaire représente une entrée mensuelle de 39 USD.

Les réseaux IMT-2000 contribueront à la mondialisation de l industrie des télécommunications mobiles. Pour la première fois, en effet, il existera une norme mondiale, ce qui renforcera donc la mobilité et l interfonctionnement. On observe dans cette branche un nombre croissant de fusions, d acquisitions et de partenariats, phénomènes qui vont probablement s intensifier à mesure que les opérateurs s orienteront vers la création de réseaux mondiaux. En 2000 d ailleurs, deux du Top 10 des opérateurs nationaux de téléphonie mobile étaient nouveaux, Verizon et Cingular, issus de la fusion d entreprises nord-américaines de téléphonie cellulaire. Deux autres, Mannesmann et Omnitel, appartiennent au groupe Vodaf one (voir le tableau 1). Autre indicateur de l essor des télécommunications mobiles, il y a désormais davantage d abonnés à la téléphonie mobile que d utilisateurs de l Internet ou d ordinateurs personnels dans le monde. Faut-il en déduire, à l heure de l Internet mobile, que tous les détenteurs d un téléphone mobile seront aussi des internautes? Tel est en tout cas le pari que font les opérateurs de la téléphonie mobile, notamment en Europe où 105 milliards USD ont été consacrés à l acquisition de licences IMT-2000 (voir le tableau 2).



La République de Singapour – «la ville du lion» en sanscrit – est un archipel de l'Asie du Sud-Est dont l'île principale, de 660 km 2 , se trouve à l'extrémité sud de la péninsule malaisienne. Cet emplacement stratégique au carrefour de nombreuses voies commerciales a été un facteur important de l'histoire et du développement économique de ce pays.
D'après le dernier recensement, Singapour comptait environ quatre millions d'habitants en juin 2000. Sa population hétérogène se compose de plusieurs groupes ethniques: Chinois (77%), Malais (14%) et Indiens (8%). Très largement employé, l'anglais est la langue officielle du pays.
Le réseau de télécommunication de Singapour est l'un des plus évolués du monde et présente des niveaux d'accès très élevés. Cela s'explique par la petite taille du pays – qui n'est pour ainsi dire qu'une grande ville – ainsi que par des niveaux de revenu en augmentation. A titre d'exemple, le revenu par habitant s'établissait à moins de 1000 USD en 1970, contre près de 25 000 USD en 1998. Singapour est ainsi passée du trente-troisième au huitième rang des pays du monde en termes de richesse. Le marché des télécommunications, qui était à l'origine un monopole d'Etat, a connu une libéralisation progressive; il est désormais pleinement ouvert à la concurrence. L'opérateur historique, Singapore Telecommunications Limited (SingTel), a été partiellement privatisé en octobre 1993. Un deuxième opérateur de téléphonie mobile cellulaire, MobileOne, a été créé en avril 1997. Afin de permettre l'existence d'un opérateur de téléphonie fixe concurrent, SingTel a accepté contre compensation d'abandonner son monopole sur les télécommunications filaires plutôt que prévu, en 2000 au lieu de 2007. Une licence a été octroyée en 1999 à StarHub qui est le deuxième opérateur du pays en ce qui concerne la téléphonie fixe et le troisième pour ce qui est de la téléphonie mobile. En janvier 2000, les pouvoirs publics ont annoncé que le marché des télécommunications serait totalement ouvert à la concurrence en avril 2000. SingTel et StarHub ont été indemnisés en conséquence.
La quasi-totalité des ménages de Singapour disposent d'un téléphone fixe, voire d'une deuxième ligne pour 18,9% d'entre eux et plus de la moitié des ménages ont un téléphone portable. En juillet 2000, le nombre des abonnés à la téléphonie mobile a dépassé celui des abonnés à la téléphonie fixe. Les trois opérateurs cellulaires de l'île ont lancé des services Internet mobiles fondés sur le protocole d'application hertzienne (WAP). En avril 2001, l'Infocommunications Development Authority of Singapore (IDA), organisme national de réglementation des télécommunications, a accordé à ces trois opérateurs des licences d'exploitation de fréquences pour des systèmes mobiles de troisième génération.

Singapour s'est largement investie dans le cyberespace. Selon une étude réalisée par l'IDA en 1999, 42% des ménages avaient accès à l'Internet, ce qui était l'un des taux les plus élevés du monde. En décembre 2000, il y avait 1,9 million d'abonnements à l'Internet par connexion téléphonique, soit un taux de pénétration de 48,3%. Ce chiffre comprend les accès «gratuits» à l'Internet pour lesquels les utilisateurs ne paient que la communication téléphonique. SingTel offre un compte Internet à tous ses abonnés au téléphone, ce qui signifie en principe que tout foyer équipé d'un PC et d'un modem a accès à l'Internet. L'IDA s'emploie activement à favoriser l'accès large bande à l'Internet via l'infrastructure dorsale nationale Singapore One. Presque tous les foyers sont «équipés large bande»: à la fin de 2000, le pays comptait environ 70 000 abonnements à l'Internet par ligne ADSL à grande vitesse (ligne d'abonné numérique asymétrique) ou par câblo- modem à haut débit, et plus de 250 000 habitants utilisaient l'Internet large bande. L'UIT a consacré à Singapour l'une de ces études de cas sur l'Internet. De plus amples informations sont disponibles à l'adresse: www.itu.int/ti/casestudies.
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