DEVELOPPEMENT


Questions relatives au secteur privé

Entretien avec Walda Roseman

Présidente-directrice générale et fondatrice de CompassRose International, Inc. 




Madame Roseman est très active à l'UIT depuis de nombreuses années. Elle participe à la vie de tous les Secteurs ainsi qu'aux manifestations ITU Telecom. Elle est actuellement vice-présidente du Groupe consultatif pour le développement des télécommunications (GCDT), présidente du Comité du programme d'ITU Telecom Africa 2001, présidente du Comité directeur du Forum de la jeunesse et membre du Comité directeur du Groupe spécial sur les questions de genre.

Photo: A. de Ferron (UIT 010031)

 

Mme Roseman, vous venez d'être nommée présidente du Sous-groupe du GCDT chargé d'étudier les questions relatives au secteur privé. Quelles sont vos priorités et vos attentes dans le cadre de ce sous-groupe?

Le sous-groupe donne l'occasion au secteur privé de s'exprimer clairement au sein du Secteur du développement des télécommunications de l'UIT (UIT-D). A notre dernière réunion, tenue au mois de février de cette année, j'ai eu le plaisir de constater avec quel enthousiasme le secteur privé et les représentants de gouvernement voulaient favoriser la création de partenariats de développement entre le secteur privé, les gouvernements et le Bureau de développement des télécommunications (BDT). Je souhaiterais que cet enthousiasme se transforme en un engagement actif de la part des entreprises pour qu'elles collaborent avec le BDT afin d'assurer un développement durable et de donner de l'élan à une génération en pleine croissance de nouvelles entreprises spécialisées dans les techniques de l'information et de la communication (ICT) qui espèrent s'introduire dans de nombreux marchés en développement.

  «Ce que l'UIT considère comme le secteur privé regroupe en fait toute une gamme d'entités — opérateurs monopolistiques, grandes entreprises en transition du secteur des technologies de l'information, entreprises privées ayant des ambitions commerciales de portée internationale, nouveaux arrivants sur le marché, nouvelles entreprises et organisations non gouvernementales. Chacune de ces entités a peut-être des intérêts différents, mais elles ont de toute évidence un point de vue en commun: elles insisteront de plus en plus pour que leurs investissements à l'UIT donnent rapidement des résultats.»

Un fossé numérique béant existe dans le monde aujourd'hui. Quels sont les projets des Membres de l'UIT-D appartenant au secteur privé pour aider à combler ce fossé?

Nous avons la chance d'en être à un stade où le secteur privé aura un certain nombre d'occasions de répondre précisément à cette question. Le directeur du BDT nous a invités, lors de la réunion du sous-groupe, à envisager une séance supplémentaire pour le secteur privé dans les ordres du jour du prochain Colloque sur le développement à l'intention des organismes de réglementation et de la Conférence mondiale de développement des télécommunications prévue en 2002 (CMDT-2002). J'ai l'intention d'entamer sous peu des travaux préparatoires en ligne, puis d'organiser une réunion des membres du sous-groupe afin de dresser l'ordre du jour de la séance qui sera réservée au secteur privé à la CMDT-2002. Les membres du sous-groupe ont clairement fait comprendre qu'ils souhaitaient que leur séance porte bien sur les activités de développement du Secteur et soient utiles à leur mise en oeuvre.

Les membres du sous-groupe se sont également félicités des efforts des Bureaux régionaux de l'UIT et du BDT tendant à mettre sur pied des programmes de pépinières d'entreprises et de formation à l'intention des nouveaux entrepreneurs des pays en développement. Ils ont suggéré au BDT des idées de programmes et de thèmes pouvant être adoptés par le Groupe d'experts Digital Opportunities (Dot Force), créé sur l'initiative des pays du G8 soucieux de trouver des solutions pour combler le fossé numérique. L'UIT a été encouragée à informer le groupe d'experts sur un certain nombre de ses programmes, y compris le Colloque sur le développement à l'intention des organismes de réglementation et sur le site web créé par le BDT, ainsi que sur les efforts déployés pour faciliter la croissance des jeunes entreprises et le développement des ressources humaines. Le besoin a été souligné de répondre aux propositions du groupe d'experts du G8 en traitant de questions pratiques telles que l'équipement, la formation professionnelle et les investissements. Je suis sûre que les membres du sous-groupe appartenant au secteur privé seront également intéressés par une participation au Sommet mondial sur la société de l'information de 2003.

Quelles sont les questions que vous considérez comme essentielles pour le secteur privé dans le cadre du débat en cours tendant à réformer l'UIT?

Ce que l'UIT considère comme le secteur privé regroupe en fait toute une gamme d'entités — opérateurs monopolistiques, grandes entreprises en transition du secteur des technologies de l'information, entreprises privées ayant des ambitions commerciales de portée internationale, nouveaux arrivants sur le marché, nouvelles entreprises et organisations non gouvernementales. Chacune de ces entités a peut-être des intérêts différents, mais elles ont de toute évidence un point de vue en commun: elles insisteront de plus en plus pour que leurs investissements à l'UIT donnent rapidement des résultats. A mon avis, il est fondamental, tant pour le secteur privé que pour l'UIT, que l'on trouve dans le cadre du processus de réforme les moyens de dissiper les incertitudes et de réduire les longs délais de prise de décisions que beaucoup associent à l'UIT, que le secteur privé ait vraiment droit au chapitre dans les décisions le concernant et que les programmes que l'UIT met en oeuvre répondent aux besoins du secteur privé.

En tant que présidente du sous-groupe vous êtes une des quelques femmes à la tête d'activités essentielles de l'UIT. Comment concevez-vous votre nouveau rôle?

Je conçois ce nouveau rôle de la même manière que, j'en suis convaincue, la plupart des nouveaux responsables chargés de tâches clés à l'UIT — j'espère maintenir la longue tradition suivie par les responsables de l'UIT qui agissent avec professionnalisme, esprit d'équité et compétence. Ces sentiments sont renforcés par l'espoir que si je fais bien mon travail, cela pourra aider davantage de femmes dans toute la communauté de l'UIT à se faire reconnaître et accorder une plus grande considération leur permettant d'occuper des postes de responsabilité et de direction. Le Groupe spécial sur les questions de genre a clairement démontré que recourir aux compétences de femmes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'UIT est essentiel si l'on veut faire progresser les objectifs commerciaux et les politiques gouvernementales en matière d'ICT et plus généralement en faveur du développement social et économique. Je tiens à féliciter le directeur du BDT et les Membres de l'UIT-D de montrer le chemin en cherchant sans cesse à maintenir la parité hommes/femmes dans leurs programmes et leurs activités.

 


Télékiosques au Mali

Un an après

 




Cela fait déjà une année que le coup d'envoi du projet de «télékiosques mobiles» conçu par WorldSpace a été donné à Genève à l'occasion de l'exposition ITU Telecom 99 avec, comme «case départ», le Mali, et plus précisément la ville de Bamako. Ce projet a essentiellement pour objet d'explorer les potentialités d'application des techniques de l'information et de la communication (ICT) dans les régions rurales et les villages.

A l'époque de la présentation de ce projet à Telecom 99, le concept élaboré par WorldSpace consistait à regrouper, sous un même toit, d'une part les services de divertissement et les services multimédias proposés par cette société et d'autre part les services de télécommunication traditionnels, qu'il s'agissait donc d'offrir directement sur place aux populations locales. Les kiosques mobiles, véritables régies de télécommunication montées sur camion, offrent:

– quatre postes de travail multimédias (équipement: récepteur radio WorldSpace, ordinateurs personnels, imprimante, accès Internet et caméras web);

– trois cabines téléphoniques extérieures et un télécopieur;

– un petit studio d'activités sociales de radio avec zone attenante. L'animateur (disc-jockey) est disponible pour réaliser des interviews, enregistrer des groupes locaux ou tout simplement capter les programmes des stations radio locales.

Chaque télékiosque est équipé d'une centrale de climatisation et d'un groupe électrogène.

Lorsque les besoins et les potentialités d'une zone rurale ont été déterminés, et qu'un télékiosque fixe a pu être installé, le camion peut poursuivre sa tournée.


  Dans chaque village, le responsable du camion a rassemblé quelques statistiques concernant les utilisateurs — âge, profession, intérêts, etc., notant également le montant des recettes en fonction des services. C'est le service téléphonique qui, de loin, était le plus demandé, suivi par la radio (forte demande de programmes africains en langue française ainsi que de musique pop, rock et afro)

Dans la pratique

L'expérience pilote a été réalisée, avec le plein accord du ministère des Communications du pays, en collaboration entre la Société des télécommunications du Mali (SOTELMA) et WorldSpace, et avec l'appui intégral du Bureau de développement des télécommunications (BDT) de l'UIT. La SOTELMA, chargée par le ministère d'exploiter le télékiosque, a fourni un chauffeur et un technicien. Cette entreprise a également établi l'itinéraire du télékiosque mobile et organisé ses diverses étapes (Bamako, Sikasso, Bougouni, Segou, Bla, Koulikoro, Mopti et Keti).

Le télékiosque, exploité selon des modalités commerciales, offrait les prestations suivantes: communications téléphoniques, télécopie, accès Internet, cours de formation Internet, production radiophonique. Les statistiques fournies par la SOTELMA font apparaître que les recettes se sont chiffrées à environ 11 194 USD, générées avant tout par la vente de cartes téléphoniques à prépaiement ou à puce.

Dans la plupart des régions rurales, c'est le service radiophonique qui est apparemment le plus demandé, mais les services de télécommunication (téléphone et télécopie) sont également très appréciés dans les communautés de production textile et agricole, par exemple à Segou et à Sikasso. Un important problème s'est posé au niveau des alimentations électriques. Le réseau local n'est pas suffisamment stable — la tension est le plus souvent insuffisante ou excessive. Naturellement, le groupe électrogène aurait permis de résoudre le problème, mais son utilisation a été relativement rare en raison du prix élevé de l'essence.

Un autre problème s'est posé au niveau de la climatisation, insuffisante compte tenu des températures élevées, d'autant que toutes les portes du camion restaient ouvertes.

Dans les localités dépourvues de point de raccordement au réseau téléphonique, le service a été expérimentalement assuré par l'intermédiaire de microstations (VSAT). Dans certains cas, des problèmes de connectivité Internet sont également apparus. La réception des programmes WorldSpace était toujours bonne, les antennes planes fonctionnant parfaitement. L'Office de radiodiffusion-télévision du Mali (ORTM) et les disc-jockeys des stations radio rurales ont utilisé la régie du télékiosque pour des programmes locaux et pour faire connaître les services. Un grand nombre de personnes se sont déclarées intéressées par l'acquisition de récepteurs WorldSpace.

Le point de vue des utilisateurs

Dans chaque village, le responsable du camion a rassemblé quelques statistiques concernant les utilisateurs — âge, profession, intérêts, etc., notant également le montant des recettes en fonction des services. C'est le service téléphonique qui, de loin, était le plus demandé, suivi par la radio (forte demande de programmes africains en langue française ainsi que de musique pop, rock et afro).

Les cours de formation de base à l'informatique et à l'Internet venaient en troisième rang, intéressant, dans l'ordre, les fonctionnaires, les étudiants et les ménagères. La SOTELMA a réduit le tarif d'accès à l'Internet pour les jeunes. En ce qui concerne les services multimédias de WorldSpace, les cours boursiers du riz et du coton, produits qui occupent une place importante dans les exportations du Mali, étaient très souvent consultés. De nombreuses requêtes concernaient également la télévision et la Coupe d'Afrique de football, mais le camion n'était pas équipé pour la télévision.

Des télékiosques fixes pour l'enseignement et les activités locales

Sur la base de l'expérience accumulée et d'une étude de plusieurs zones rurales, WorldSpace a étudié avec les représentants du Gouvernement malien la possibilité d'installer des télékiosques fixes. Ce nouveau projet coïncidait avec une nouvelle initiative dénommée «Projet des 701 communes», visant à décentraliser et à réformer les institutions et à moderniser les services administratifs en introduisant les techniques de l'information au niveau des collectivités locales. Les récepteurs et les services WorldSpace seront disponibles dans ces 701 communes.

WorldSpace a sponsorisé, réalisé et installé les quatre premiers télékiosques ou télécentres communautaires fixes. Les lieux retenus non seulement avaient été désignés par les pouvoirs publics, mais encore présentaient, d'après l'étude, les meilleures opportunités commerciales. Ces télécentres — Sevaré, Segou, Makala et Koulikani — sont gérés par des femmes représentant la collectivité locale. Certains des services qui y sont proposés sont gratuits, et la gamme des activités couvre les domaines de l'enseignement, de l'information et du divertissement.

WorldSpace prévoit de transférer le télékiosque mobile au Sénégal en avril 2001, et la société fera bénéficier d'autres partenaires de cette expérience sur la «convergence de la radiodiffusion et des télécommunications».

 
 Pour tout complément d'information sur les télékiosques, s'adresser à: «Roxana Dunnette, Senior Business Advisor, WorldSpace Corporation. Tél./fax: +41 22 738 2545. E-mail: rdunnette@worldspace.com».

 


Formation au niveau international

Prix décerné à une boursière de l'UIT





Tensin Choeki Tobgyl reçoit son prix des mains du recteur de l'Université de Coventry, Michael Goldstein


Tensin Choeki Tobgyl (Bhoutan), boursière de l'UIT, a reçu de Cable & Wireless/Université de Coventry le prix d'excellence en tant que meilleure élève de sa classe (janvier-décembre 2000). Mlle Tobgyl, qui a été également désignée élève de l'année, a suivi un cours de mastère de sciences en communication opérationnelle dans le cadre du programme de formation UIT/Cable & Wireless, à l'Université de Coventry. Son projet était intitulé «Mise en oeuvre du service mobile cellulaire au Bhoutan». Avant de suivre ce programme, elle a travaillé pendant trois ans comme ingénieur auprès de la Division des télécommunications du gouvernement du Royaume du Bhoutan. L'UIT est fière d'avoir contribué à permettre à Mlle Tobgyl de poursuivre ses études et lui adresse tous ses voeux de succès pour une brillante carrière dans les télécommunications.



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