Le 22 avril 1999, l'opérateur de réseaux à fibres optiques, MCI WorldCom, a choisi les Services industriels de Genève (SIG) comme partenaire local pour connecter la région de Genève à son infrastructure européenne et mondiale. Quarante-huit kilomètres de fibre optique (capacité de transmission de 622 Mbit/s) en quatre boucles seront installés d'ici à la fin de 1999.
MCI WorldCom collabore avec les Services industriels de Genève
Le partenariat entre MCI WorldCom et les SIG ouvre immédiatement la possibilité aux entreprises et aux organisations internationales installées à Genève d'accéder au réseau mondial de la société sans passer par des opérateurs intermédiaires. Environ 50 millions CHF seront investis à Genève sur une période de trois ans. Dans un premier temps, l'effectif local actuel de 20 personnes passera à plus de 50 à la fin de 1999.
Le réseau métropolitain genevois sera mis en service au cours du quatrième trimestre de cette année. Entre-temps les fibres optiques existantes des SIG seront utilisées pour des connexions immédiates.
La coopération avec les SIG représente une première mondiale pour MCI WorldCom, selon Patrick Moser, directeur général pour la Suisse: «Sur 120 réseaux urbains dans le monde, c'est la première fois qu'un partenaire local est suffisamment performant pour nous mettre son infrastructure existante à disposition. Ceci nous permet d'être opérationnel plus vite que n'importe quel autre opérateur sur place.»
Depuis plusieurs années, MCI WorldCom a pris l'option de se doter de son propre réseau international: 120 000 km de fibres optiques sur tous les continents, dont 100 réseaux urbains et le réseau transatlantique Gemini. Ce dernier, fruit d'une coentreprise avec Cable & Wireless, a été mis en service en 1998 et constitue la liaison la plus rapide entre New York et Zurich.
M. Moser ne cache pas sa satisfaction: «Gemini a une bande passante telle qu'il pourrait traiter tout le trafic voix et données entre l'Europe et l'Amérique du Nord.»
Depuis la libéralisation du marché des télécommunications en 1998, l'Europe suscite un énorme intérêt. Hormis ce nouveau réseau métropolitain, MCI WorldCom possède déjà des réseaux urbains à Amsterdam, Bruxelles, Dublin, Düsseldorf, Francfort, Hanovre, Londres, Paris, Rotterdam, Stockholm et Zurich.
Le réseau mondial, dont Genève fera dorénavant partie intégrante, est surveillé en permanence dans les centres de contrôle de la société. Toute défaillance est localisée et résolue immédiatement. La structure entièrement redondante du réseau évite toute interruption. «Moins il y a de fournisseurs im pliqués dans une communication, plus il est simple d'en contrôler la qualité et la fiabilité», confirme M. Moser.
L'intégration des réseaux métropolitains et des connexions continentales implique qu'un client genevois en communication avec New York ou Londres reste en permanence sur un seul et unique réseau. MCI WorldCom garantit ainsi une bande passante constante selon les besoins de chaque client. — MCI WorldCom.
La libéralisation des télécommunications mondiales a permis de réaliser de nombreux progrès: les services de télécommunication sont aujourd'hui plus accessibles, de meilleure qualité et plus variés. Mais les avantages n'ont pas été partagés équitablement entre les différents pays du monde.
Une nouvelle conception technique et commerciale de l'infrastructure internationale peut réduire les disparités entre pays développés et pays en développement dans le domaine des télécommunications
Il est vrai que les opérateurs de télécommunication ont fait porter tous leurs efforts, de façon bien compréhensible, sur les régions ouvrant les plus grandes perspectives de profit — les nations industrialisées et dynamiques telles que les Etats-Unis, les pays européens et certains pays d'Extrême-Orient — mais ce sont en fait les pays en développement qui pourraient tirer le meilleur parti d'un accès à une autoroute de l'information.
Les obstacles qui ont jusqu'ici empêché un échange réciproque des progrès techniques vont du simple coût d'accès à un réseau mondial à l'extraordinaire difficulté de prévoir ce que sera le volume de trafic pour les vingt-cinq prochaines années. La réponse au problème est de concevoir un nouveau modèle de communication qui créera un «réseau vivant» d'accès simplifié et de largeur de bande illimitée — en substance, une véritable autoroute mondiale de l'information.
C'est le fondement même du Project Oxygen, réseau mondial sous-marin à fibres optiques comportant des points d'atterrissement dans près de 100 pays et territoires et ayant une capacité par câble de 2,56 Tbit/s.
Comme son nom l'indique, le Project Oxygen, qui commencera à entrer en service en l'an 2000, permettra de moderniser les infrastructures de télécommunication dépassées des pays en développement auxquelles il donnera, pour ainsi dire, un second souffle. En offrant de la largeur de bande à la demande, ce nouveau réseau fera disparaître l'obligation pour chaque opérateur de préciser — parfois vingt-cinq ans à l'avance — le volume et la direction du trafic qu'il prévoit d'acheminer et de recevoir.
De plus, par le passé, les opérateurs devaient conclure des contrats distincts pour chaque segment de chaque artère internationale. Le simple fait de négocier chaque contrat et de participer aux réunions nécessaires pour arriver à un accord pouvait exiger énormément de temps, d'énergie, d'argent et de ressources humaines. Cette situation déjà délicate pour les pays développés risquait d'être intolérable pour les pays en développement. Désormais, dès qu'un opérateur est associé au projet, ces contrats et réunions deviennent inutiles; bien plus, les opérateurs qui sont parmi les premiers à s'associer au projet peuvent bénéficier de remises pouvant atteindre 100% de la somme qu'ils consacrent à la capacité d'accès.
Tout le trafic international étant intégralement écoulé à l'intérieur du réseau, les taxes de transit vont disparaître, ce qui aidera particulièrement les opérateurs des pays émergents pour lesquels ces taxes représen tent bien souvent une charge plus qu'une source de revenu.
Ce projet a également permis d'éliminer ou de réduire d'autres barrières à l'entrée pour les pays en développement telles que les coûts liés à la maintenance de systèmes de câbles, la maintenance pouvant désormais faire l'objet d'un contrat unique. Le coût de construction et de fonctionnement des stations d'atterrissement de câbles a été éliminé pour les parties aux accords d'atterrissement du réseau Oxygen, tout comme le risque lié à l'évolution des techniques. Avec le concept de «réseau vivant», dès qu'une partie du réseau sera encombrée, une nouvelle liaison sera construite pour aborder le trafic. Les opérateurs qui, par le passé, auraient été obligés d'investir dans de nouveaux systèmes seront ainsi protégés.
Les opérateurs des pays en développement subissent par ailleurs de plus en plus la pression du marché et les contraintes découlant de l'évolution de la réglementation, ce qui limite leur capacité à tirer parti des télécommunications mondiales. Les opérateurs publics du monde entier ont constaté des pressions à la baisse sur les bénéfices à court terme dues à la concurrence des opérateurs de systèmes de «callback», des opérateurs qui font du «contournement» et des opérateurs-revendeurs, notamment.
Carte mondiale du Project Oxygen
De plus, la Federal Communications Commission (FCC) des Etats-Unis a imposé un abaissement des taxes de répartition qui a durement pénalisé les pays émergents, fortement tributaires des devises étrangères générées par les règlements au titre des taxes de répartition.
Sans soutien, les opérateurs des pays en développement seraient «marginalisés», ce qui pourrait effectivement priver certains pays de tout accès à l'autoroute mondiale de l'information. La solution réside en une diversification des services des opérateurs: il faut pour cela aller au-delà de la technologie Internet actuelle et dépasser la dépendance vis-à-vis du trafic téléphonique.
Le modèle d'exploitation du Project Oxygen met l'accent sur le développement d'applications et de services vidéo qui généreront des recettes sensiblement plus élevées pour les opérateurs, ce qui les protégera si les recettes qu'ils tirent du trafic téléphonique venaient à baisser.
La simple taille du réseau — 168 000 km de câbles à fibres optiques — a permis de réaliser des économies d'échelle dont bénéficieront tous les opérateurs: en effet, on observe une baisse exponentielle du coût de la capacité en fonction de l'augmentation du volume.
Grâce au Project Oxygen, les opérateurs de tous les pays auront un réseau aussi fiable et aussi facilement accessible qu'aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Tous les pays auront ainsi accès aux mêmes techniques et applications de communication. Le Project Oxygen sera le premier système de câbles à fournir réellement de la largeur de bande à la demande — ce qui sera un atout considérable aussi bien pour les opérateurs des pays développés que pour ceux des pays en développement.
En mettant les moyens de communication à la portée du monde en développement, l'Organisation internationale des télécommunications
par satellites (INTELSAT) a, à juste titre, été qualifiée de projet le plus extraordinaire du demi-siècle écoulé.
Le Project Oxygen pourrait bien être, lui, le plus extraordinaire des cinquante prochaines années.
Phase 1 du Project Oxigen: statistiques
|
Malgré des perspectives initiales fort prometteuses, le secteur des systèmes d'accès hertzien ne connaît actuellement en Afrique qu'une croissance assez modeste. A la fin de 1998, sur le continent, environ 215 000 abonnés étaient raccordés par des moyens radio-électriques, dont moins de la moitié en Afrique subsaharienne. En 1998, les raccordements hertziens représentaient moins de 10% du total des nouvelles lignes.
S'il est vrai pourtant qu'en Afrique les opérateurs s'intéressent aux systèmes hertziens fixes qui, pour eux, offrent toujours une solution adéquate au problème que posent, d'une part, des taux de pénétration du service téléphonique généralement très faibles et, d'autre part, une importante demande insatisfaite de services téléphoniques de base, un certain nombre de problèmes ont remis en question la confiance que les opérateurs manifestaient pour ce type de technologie.
Le développement de l'utilisation des boucles locales hertziennes a été freiné par divers obstacles: absence de réseaux électriques fiables, multiplication des normes et des techniques, coût des systèmes hertziens eux-mêmes, existence de monopoles ou de structures réglementaires dépassées.
Toutefois, les perspectives demeurent intéressantes, alors que les pays du continent redoublent d'efforts pour réformer
le secteur des télécommunications et attirer des capitaux privés par la privatisation et la libéralisation, de sorte
que s'ouvrent un certain nombre de nouveaux débouchés, principalement en République sudafricaine et en Egypte mais également
sur les marchés de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique de l'Est.
|
* Le présent article est publié avec la permission de Pyramid Research, une division de The Economist Intelligence Unit spécialisée dans la recherche et le conseil en télécommunications pour les nouveaux marchés. |
Dans le secteur des boucles locales hertziennes, la croissance, en Afrique, tient à un certain nombre de facteurs: avantages spécifiques de cette technologie, faible pénétration du service téléphonique, importante demande insatisfaite, enfin privatisation et libéralisa tion du marché des services téléphoniques de base. Les caractéristiques des boucles locales hertziennes ont séduit les opérateurs de services de base en Afrique.
Les systèmes hertziens fixes sont beaucoup plus rapides à mettre en oeuvre que les conducteurs à fils de cuivre, d'où un important gain de temps au niveau de la mise en place des réseaux, puisqu'il n'est plus nécessaire de creuser des conduites, de poser des câbles, etc. Par ailleurs, les systèmes radio-électriques permettent de desservir plus facilement les campagnes où les câbles à fils de cuivre sont beaucoup trop onéreux et difficiles à installer.
En outre, les systèmes hertziens fixes offrent aux opérateurs toute la souplesse que leur confère leur modularité: il est facile d'étendre le réseau en fonction de la demande ou de proposer le service dans différentes régions. Dans les pays d'Afrique, dont les populations sont encore majoritairement privées des services de base, la souplesse est un élément décisif, car elle permet d'adapter la demande en fonction des mouvements de la clientèle et donc de limiter les cas de capacité inutilisée.
La croissance s'explique aussi par les faibles taux de pénétration du service téléphonique et la demande insatisfaite de services téléphoniques de base. Sur les 31 marchés considérés dans le rapport de la société Pyramid Research (Wireless markets and strategies in Africa — Télécommunications hertziennes en Afrique: marchés et stratégies), 20 présentaient un taux de pénétration du service téléphonique inférieur à 2% et plus de la moitié un taux inférieur à 1% en 1998.
La faible pénétration du service téléphonique se traduit par des listes d'attente très importantes: il faut plus d'une année pour obtenir un raccordement au réseau fixe. La plupart des opérateurs ont entre 10 000 et 100 000 clients potentiels sur liste d'attente, et l'on estime que la demande effective est deux à trois fois supérieure.
La privatisation et la libéralisation sont les facteurs de croissance les plus récents et sans doute les principaux catalyseurs de l'expansion du marché des systèmes d'accès radioélectriques. La privatisation et la libéralisation apportent une solution à l'éternel obstacle à la croissance du réseau fixe en Afrique: la pénurie de capitaux d'investissement.
Alors que les nations africaines recherchent d'autres sources de recettes pour alimenter les dépenses budgétaires et qu'elles s'efforcent de limiter la participation financière de l'Etat dans l'expansion des réseaux, ce sont les opérateurs privés qui sont amenés à régler la facture.
Dans la plupart des pays d'Afrique, la privatisation de l'organisme d'exploitation d'Etat est déjà une réalité — ou le sera à l'horizon 2003. En échange de périodes d'exclusivité comprises entre quatre et sept ans, les pouvoirs publics assujettissent les nouveaux opérateurs privés à des objectifs d'expansion de l'infrastructure, et ce sont ces impératifs qui amènent les opérateurs à opter de préférence pour des systèmes qui, à l'instar des boucles locales hertziennes, se prêtent à des installations rapides (voir le tableau 1).
Malgré d'ambitieux plans d'expansion des infra-structures articulées sur les boucles locales d'accès hertzien, les
opérateurs se heurtent à un certain nombre de problèmes qui font obstacle au développement des réseaux: structures
réglementaires floues ou dépassées, coût des systèmes d'accès hertzien local aussi bien pour les opérateurs que
pour les abonnés et absence de réseaux d'alimentation électrique fiables et développés. Dans l'ensemble du
continent, les cadres réglementaires sont en phase de transition, la plupart des pays ayant entrepris d'abandonner les
régimes monopolistiques pour adopter des structures indépendantes.
|
Tableau 1: Installation de lignes principales (objectifs et recours aux systèmes d'accès
hertziens dans certains pays)
* Deuxième opérateur national. Source: Opérateurs, Pyramid Research. |
Par ailleurs, de nombreuses instances de réglementation n'ont pas encore résolu la question des fréquences à attribuer à l'accès hertzien, aux réseaux cellulaires, aux systèmes à satellites et aux liaisons hyperfréquences. En outre, l'encombrement des bandes de fréquences, notamment au voisinage de 800 MHz, et les difficultés que les organes de réglementation éprouvent lorsqu'il s'agit de libérer des bandes, contraignent les fournisseurs à proposer des solutions faisant intervenir des fréquences très élevées ou non encore utilisées (exemple: systèmes DECT d'Alcatel fonctionnant à 3,5 GHz).
La multiplication des normes et des systèmes non normalisés ne fait que compliquer le problème du choix technique. Tous les systèmes ne peuvent pas être directement raccordés aux centraux en service. Alors que l'industrie semble s'orienter vers une interface normalisée V5.2, certains fournisseurs continuent de proposer des systèmes à la norme V5.1.
En outre, le coût des systèmes d'accès hertzien amène bon nombre d'opérateurs à se limiter dans leurs ambitions. Les contrats signés en République sudafricaine et au Nigéria donnent à penser que le coût unitaire des lignes est compris entre 700 et 900 USD, chiffres que de nombreux opérateurs estiment trop élevés pour une solution qui, selon eux, n'a pas encore vraiment fait ses preuves dans le contexte africain. Même à 600 USD la ligne, les opérateurs continuent de voir dans les systèmes d'accès hertzien une solution intéressante certes, mais pas au point de l'emporter nettement sur les systèmes à fils de cuivre. Les opérateurs attendent que le coût unitaire des lignes soit ramené à 500-600 USD, objectif qui semble encore difficile à atteindre.
Autre obstacle à la généralisation de l'accès hertzien, le coût d'utilisation des systèmes, les opérateurs se trouvant contraints de proposer des services de base à un prix élevé. De nombreux opérateurs, particulièrement en milieu rural, choisissent alors la solution des subventions, mais une telle option est simplement trop onéreuse. Les opérateurs qui écartent les subventions proposent des services d'accès hertzien à des tarifs qui les placent hors de portée de la plupart des abonnés potentiels.
Au Kenya et au Nigéria, les terminaux d'accès hertzien coûtent, au détail, près de 1000 USD. En outre, au Nigéria par exemple, un raccordement hertzien coûte près de 1000 USD. Ces tarifs sont exorbitants, de sorte que toute solution hertzienne pour l'accès local est vraiment peu attrayante, d'autant que les services cellulaires, plus souples et moins onéreux, connaissent une rapide expansion. S'ils ne diminuent pas, les prix des terminaux hertziens fixes continueront vraisemblablement d'être un important obstacle à la croissance du marché des solutions hertziennes pour l'accès local.
Mais le développement de l'utilisation des moyens hertziens pour l'accès local a également été considérablement ralenti, dans l'ensemble du continent, par l'absence de réseaux d'alimentation électrique fiables et développés. A de nombreux égards, le développement des réseaux de télécommunication a précédé le développement des réseaux d'alimentation électrique. Dans la plupart des pays, la fourniture de l'énergie électrique fait l'objet d'un monopole d'Etat, et il faut accepter une situation dans laquelle la demande est supérieure à la capacité d'offre. Par ailleurs, en milieu rural, les systèmes d'accès hertzien sont installés dans des régions non desservies par le réseau électrique, si bien que les opérateurs doivent utiliser d'autres types d'alimentation, par exemple panneaux solaires et accumulateurs.
En République sudafricaine, Telkom SA Ltd. a dû acheter la plupart des panneaux solaires disponibles sur les marchés mondiaux pour amorcer ses opérations. Même en zone urbaine, les premiers temps ont été difficiles. Au Ghana, en 1998, la sécheresse a entraîné une diminution de la capacité de production d'énergie électrique du barrage d'Akosombo, et les coupures de courant qui en ont été la conséquence ont fortement perturbé l'installation des systèmes d'accès hertzien.
Au Sénégal, l'opérateur a abordé les moyens hertziens avec prudence: une série de coupures de courant dans des zones périurbaines avaient en effet déjà perturbé les essais en conditions réelles. Le Nigéria a connu des problèmes analogues, qui ont retardé la mise en service des systèmes installés par certains opérateurs.
Il est possible que certains de ces problèmes aient été des cas isolés, mais la tendance est préoccupante: il faudrait rapidement trouver d'autres systèmes d'alimentation électrique que les panneaux solaires.
Malgré ces contraintes, les perpectives de développement du marché des systèmes d'accès hertzien dans les pays du continent sont plus souriantes que jamais, du fait que les directives des pouvoirs publics d'une part, et la libéralisation des marchés d'autre part, stimulent l'expansion des réseaux.
L'incitation à atteindre les objectifs d'expansion et à battre la concurrence l'emporte largement sur les points faibles des systèmes d'accès hertzien, et les opérateurs redoublent d'efforts pour surmonter la quasi-totalité des problèmes et généraliser les accès hertziens. La République sudafricaine et le Nigéria illustrent parfaitement les répercussions de la privatisation et de la libéralisation sur la croissance du marché des systèmes d'accès hertzien.
En République sudafricaine, l'opérateur privatisé Telkom est tenu d'installer 2,7 millions de nouvelles lignes, de remplacer 1,25 million de lignes analogi ques par des lignes numériques et d'ajouter 120 000 téléphones à prépaiement dans un délai de cinq ans. Pour atteindre ces objectifs, Telkom a donc recours aux systèmes d'accès hertzien, particulièrement dans les régions à forte densité de population et faible taux de pénétration où la clientèle est difficile à localiser avec précision.
De même, Telkom réserve cette technologie d'accès local aux régions où l'on attend une croissance initialement limitée: ainsi, l'entreprise peut se contenter d'installer les équipements strictement nécessaires. Telkom préfère également recourir aux techniques d'accès hertzien dans les zones peu sûres où les câbles de cuivre sont volés avant que l'opérateur n'ait le temps de raccorder les lignes.
Dans les zones mal desservies, Telkom prévoit de recourir aux systèmes d'accès hertzien pour environ 35% des nouvelles lignes au cours des quatre prochaines années. En conséquence, d'après Pyramid Research, Telkom devrait avoir 650 000 abonnés raccordés par des moyens hertziens à la fin de 2003, ce qui représenterait 20% du total du marché africain et plus de 50% du total des raccordements hertziens en Afrique subsaharienne (voir la figure 1).
Le Nigéria semble également représenter un marché potentiel très intéressant pour les systèmes d'accès hertzien. S'efforçant de satisfaire une demande que l'on estime à environ 3,4 millions, la Nigerian Communications Commission (NCC) a autorisé neuf opérateurs privés à proposer des services téléphoniques de base à l'échelle locale. A la fin de 1998, trois opérateurs avaient déjà mis en service des systèmes d'accès hertzien pour accélérer l'offre et prendre les concurrents de vitesse. D'autres opérateurs interviendront en 1999, de sorte que les fournisseurs de systèmes d'accès hertzien disposeront d'un marché fort intéressant. En 1997 et en 1999, l'ensemble des opérateurs du pays ont octroyé des contrats d'installation portant au total sur une capacité initiale d'environ 50 000 lignes.
Malgré les problèmes rencontrés au cours de la phase initiale de mise en place des réseaux, le marché est appelé à s'étendre rapidement. Toujours selon Pyramid Research, le nombre d'abonnés raccordés par des systèmes hertziens augmentera plus rapidement que le nombre des abonnés au cellulaire, en raison essentiellement d'une concurrence croissante sur le marché des services de base assurés par des moyens hertziens. De même, le Nigéria est appelé à devenir, en Afrique occidentale, le premier et, à l'échelle du continent, l'un des premiers marchés des raccordements hertziens, avec un nombre estimatif d'abonnés d'environ 280 000 à la fin de 2003.
Figure 1 — Répartition des systèmes d'accès local hertzien par région en Afrique, 2003 (sur un total de 2,9 millions)
Source: Pyramid Research, Wireless markets and strategies in Africa (mars 1999).
Si l'on prévoit que les multiples obstacles évoqués dans les lignes qui précèdent continueront de freiner le développement des systèmes d'accès hertzien, l'évolution que l'on peut observer sur le double plan des réglementations et des stratégies dans les principales régions du continent africain donne à penser que le nombre des abonnés raccordés par des moyens hertziens va décupler à l'horizon 2003. Dans le nord de l'Afrique, Egypt Telecom continuera de recourir à ce type de technologie pour l'expansion du réseau et sera toujours le premier marché africain des systèmes d'accès hertzien. De même, en Afrique de l'Est, les systèmes d'accès hertzien se développeront régulièrement autour des deux pôles que sont la Tanzanie et le Kenya.
A supposer que, dans la plupart des pays de l'est, de l'ouest et du sud de l'Afrique, les pouvoirs publics privatisent les exploitants du service fixe ou libéralisent les services de base d'ici à 2001, et que le prix moyen des terminaux radioélectriques utilisés dans le service fixe tombe au-dessous de 500 USD, les systèmes d'accès hertzien, selon Pyramid Research, représenteront plus de 25% du total des nouvelles lignes principales d'ici à 2003, le nombre total d'abonnés se chiffrant alors à 3 millions.
La part de l'Afrique dans le total des abonnés raccordés par des moyens hertziens sur les nouveaux marchés se chiffrera cette année-là à 10%, contre moins de 8% en 1998, et l'Afrique, qui dépassera ainsi l'Europe de l'Est, deviendra, dans le monde des régions émergentes, le troisième marché des systèmes d'accès hertzien, après l'Asie et l'Amérique latine (voir la figure 2).
Figure 2 — Evolution du nombre des abonnés raccordés par des moyens hertziens sur les marchés émergents, 1994-2003
Source: Pyramid Research.
La gestion nationale du spectre a commencé au début des années 20, avec l'enregistrement et l'attribution de fréquences aux différents services sur la base du principe «premier arrivé, premier servi». En 1947, la Conférence des radiocommunications d'Atlantic City a jeté les bases de la gestion internationale du spectre actuelle, en s'inspirant plus ou moins du système national de gestion alors en vigueur aux Etats-Unis.
La gestion du spectre comprend aujourd'hui toutes les activités de réglementation, de planification, d'attribution, d'assignation, d'utilisation et de contrôle du spectre des fréquences radioélectriques et des orbites de satellites. Tout système de gestion efficace devrait par ailleurs comporter des mécanismes rationnels d'ingénierie, de surveillance et de respect des règlements.
Un système de gestion du spectre vise à mettre en oeuvre des objectifs de politique générale, à veiller à la bonne répartition d'une ressource rare et à éviter les conflits, compte dûment tenu de facteurs d'ordre sociopolitique, économique ou écologique. Dans toute société, il existe des groupes différents ayant chacun une situation, des intérêts, des objectifs et des opinions particuliers. La rareté des fréquences engendre donc des conflits entre ceux qui ont accès à cette ressource et ceux qui n'y ont pas accès. Des conflits surgissent aussi entre ceux qui proposent d'autres utilisations du spectre ainsi qu'entre gestionnaires et utilisateurs.
Ces conflits peuvent être d'ordre commercial ou politique ou être dus à des brouillages.
Pour ceux dont les besoins ont déjà été satisfaits, la gestion du spectre a pour but de garantir le maintien du
statu quo, toute modification risquant en effet de remettre en cause leurs avantages acquis. Pour les nouveaux venus qui
n'ont pas accès aux portions de spectre dont ils ont besoin, la gestion du spectre vise essentiellement à modifier les
modalités d'attribution des fréquences et à supprimer les obstacles qui les empêchent de pénétrer sur le marché.
Une solution jugée satisfaisante par un groupe ne l'est pas donc forcément pour un autre groupe. Depuis toujours, les
règles et les règlements régissant la gestion du spectre sont généralement conçus de manière à préserver l'équilibre
relatif des pouvoirs entre groupes ayant des intérêts opposés.
|
* Partie 2. La partie 3 sera publiée dans le prochain numéro des Nouvelles de l'UIT. |
Jusqu'à présent, l'utilisation des ressources orbites/spectre a toujours reposé sur les principes d'attribution énoncés dans le Tableau d'attribution des bandes de fréquences du Règlement des radiocommunications. On parle d'attribution de bandes de fréquences à un service hertzien, d'allotissement à un pays ou à une zone et d'assignation à une station de radiocommunication individuelle. Certaines attributions sont mondiales, tandis que d'autres sont régionales, c'est-à-dire qu'elles valent pour une région donnée.
Un pays peut assigner une fréquence à une station individuelle ou à un groupe de stations en fonction des besoins.
On parle alors de méthode ad hoc de coordination ou de répartition des fréquences. Une autre méthode est celle de la répartition ou de la planification des fréquences à priori. Pour les services concernés, une assignation conforme au plan bénéficie d'une protection vis-à-vis de toute autre assignation. Dans le cas des services faisant l'objet d'une gestion ad hoc, la protection est fonction de la priorité des dates d'enregistrement (système du «premier arrivé, premier servi»).
Les plans internationaux de fréquences sont adoptés par des conférences des radiocommunications compétentes pour certaines applications, régions géographiques et bandes de fréquences assujetties à la planification des fréquences à priori. Un plan de fréquences est un tableau ou, plus souvent, une fonction consistant à définir des caractéristiques appropriées pour chaque station radioélectrique (ou groupes de stations). L'emploi des termes «planification des fréquences» remonte au tout début des radiocommunications, lorsque les seuls éléments variables étaient la fréquence de fonctionnement d'une station radioélectrique et son emplacement géographique. Les plans internationaux ont une portée générale et donnent un minimum de détails, alors que les plans de fréquences techniques et opérationnels donnent tous les renseignements nécessaires à l'exploitation des stations.
Dans les plans de fréquences à priori, certaines bandes et zones de service associées sont réservées à une application donnée bien avant leur utilisation effective, la répartition des fréquences étant effectuée en fonction des besoins prévus ou exprimés par les parties intéressées. C'est cette méthode qui a été retenue, par exemple, par la Conférence mondiale des radiocommunications de 1997 (CMR-97). Celle-ci a en effet élaboré un plan distinct pour le service de radiodiffusion par satellite dans les bandes de fréquences 11,7-12,2 GHz, en Région 3, et 11,7-12,5 GHz, en Région 1, ainsi qu'un plan pour les liaisons de connexion de ce service (service fixe par satellite) dans les bandes de fréquences 14,5-14,8 et 17,3-18,1 GHz en Régions 1 et 3. Ces deux plans sont annexés au Règlement des radiocommunications.
Les partisans de la planification à priori font valoir que la méthode ad hoc est inéquitable, dans la mesure où elle pénalise lourdement les nouveaux venus en les contraignant à adapter leurs besoins compte tenu de ceux des utilisateurs existants. Les adversaires de ce type de planification soulignent qu'elle freine l'évolution technique et conduit à un «stockage» des ressources. Le terme stockage s'entend ici de la mise en réserve, et non de l'utilisation. Or, une ressource est sans intérêt si elle n'est pas utilisée.
Bien que toutes les bandes de fréquences utilisables aient été attribuées à des services, seule une infime partie d'entre elles font l'objet d'une planification à priori au niveau international. Bon nombre de pays qui n'ont pas les ressources financières nécessaires craignent d'ailleurs de ne jamais pouvoir accéder à des bandes de fréquences ou à des positions non planifiées sur l'orbite des satellites géostationnaires, ces bandes et ces positions risquant en effet d'être déjà occupées une fois qu'ils seront prêts à les utiliser.
Les adversaires de la planification à priori font également valoir qu'il est impossible de prévoir avec précision les besoins futurs, d'où l'inutilité d'un plan fondé sur des besoins irréalistes, qui a par ailleurs pour effet de bloquer des fréquences et de freiner le développement.
Les techniques ne cessent en effet d'évoluer et le plan risque d'être obsolète avant même d'avoir pu être mis en oeuvre. Cela étant, les méthodes de planification à priori et ad hoc ne diffèrent que sous l'angle des échéances fixées. Enfin, il ne faut pas forcément être propriétaire des ressources orbites/spectre ou les contrôler pour avoir accès à des services.
Ce qui est plus grave, c'est qu'il n'existe aujourd'hui aucun mécanisme permettant de limiter les besoins, car les ressources orbites/spectre sont mises à disposition gratuitement lors des conférences internationales de planification.
Bien que la Convention de l'UIT préconise de limiter au minimum indispensable l'utilisation des ressources spectre, «… chaque pays a intérêt à surestimer ses besoins et rares sont les critères objectifs ou reconnus permettant d'évaluer les besoins ainsi exprimés. Il arrive même qu'un pays n'ait qu'une très vague idée de ses besoins pour la période visée par le plan à élaborer. … Dans ces conditions, il n'est pas exagéré de dire que non seulement les plans d'allotissement sont difficiles à élaborer, mais aussi qu'une fois établis ils entraînent un gaspillage des ressources dû à la «mise en réserve» de fréquences et de positions orbitales pour répondre à des besoins futurs indéterminés…»1.
Toutefois, ces remarques ne s'appliquent pas à la planification des fréquences lors de la conception des systèmes hertziens, car à ce stade tous les besoins sont «réels» et «immédiats».
Les politiques et les méthodes actuelles de gestion du spectre remontent à une époque où les radiocommunications faisaient généralement l'objet d'un monopole d'Etat et où l'accès au spectre était libre. Les choses ont cependant changé depuis, tout comme a évolué le rôle des Etats. Bon nombre de pays délaissent aujourd'hui les monopoles publics au profit d'entreprises privées et de sociétés internationales non gouvernementales, ce qui concourt à la mise en place d'un marché unique et d'une économie de marché mondiale ouverte à la concurrence.
De nouvelles constellations de satellites et des stations stratosphériques sont en projet. Les nouveaux systèmes large bande à étalement de spectre, qui reposent sur des principes de partage du spectre inédits, sont de plus en plus répandus. Le traitement numérique des signaux ouvre, en matière d'intégration des services, des perspectives nouvelles qui n'ont pas encore été pleinement mises à profit.
De nouvelles techniques fondées sur l'utilisation de stations par satellite et de stations stratosphériques sont également en projet. Toutes ces tendances font que le Règlement des radiocommunications sous sa forme actuelle n'est plus adapté et nombreux sont ceux qui pensent qu'une redistribution et une meilleure utilisation des ondes radioélectriques s'imposent.
Bien que le système actuel de gestion du spectre suscite des critiques pratiquement depuis sa création, on n'a pour l'instant rien trouvé de mieux pour le remplacer. Les pays en développement craignent qu'il ne reste plus de fréquences disponibles pour satisfaire leurs besoins futurs et tiennent par ailleurs à utiliser leurs équipements, même anciens, aussi longtemps que possible. Pour leur part, les pays développés craignent que la mise en réserve des fréquences et les contraintes réglementaires les empêchent de mettre en oeuvre de nouvelles technologies et de concevoir de nouvelles applications.
L'ancien Règlement des radiocommunications passait pour être trop complexe et trop rigide. La nouvelle version de ce règlement, provisoirement en vigueur depuis le 1er janvier 1999, est censée remédier au problème, mais on n'a pas encore le recul nécessaire pour savoir si elle y parviendra.
Les participants à chaque conférence des radiocommunications sont rarement satisfaits des résultats obtenus. Cette unanimité dans le mécontentement montre paradoxalement que la conférence a trouvé la meilleure solution de compromis possible, sans quoi certaines parties seraient plus satisfaites que d'autres! Bien que des améliorations aient été proposées, rares sont celles qui ont été mises en oeuvre et les règles de base restent inchangées.
Si l'UIT a tardé à s'adapter à l'évolution de l'environnement, c'est notamment en raison des disparités entre les Etats Membres et de la diversité de leurs besoins et de leurs intérêts. Or, bien qu'il existe de grandes différences entre un pays comme la Chine, qui compte un milliard d'habitants, et le Royaume des Tonga, qui n'en compte qu'une centaine de milliers, chacun de ces pays, comme tout autre pays Membre, a droit à une voix en vertu de la Constitution de l'UIT. On constate les mêmes disparités dans l'infrastructure des télécommunications.
Cette difficulté d'adaptation s'explique également par le fait qu'à l'UIT la souveraineté nationale et la prise de décisions par consensus sont deux principes intangibles. En vertu de ces principes, des décisions communes ne peuvent être prises que si elles sont acceptables pour les Membres les plus faibles et les plus conservateurs.
Par ailleurs, le processus de prise de décisions n'est pas rattaché à des facteurs d'ordre économique: ainsi, la
contribution financière de chaque Etat Membre au budget commun de l'Union est volontaire et sans rapport aucun avec le
nombre de stations radioélectriques ou de satellites utilisés. Ce sont les Etats Membres qui représentent les
consommateurs ou les utilisateurs, les fournisseurs de services et les équipementiers dans le processus de prise de décisions
de l'UIT.
|
1 Robinson G. O.: Regulating international airwaves: the 1979 WARC, Spectrum Management and Engineering, IEEE Press (1985), pages 43-69. |
On a pourtant constaté dans le cas de la gestion d'autres ressources que le recours à des incitations économiques permet une utilisation plus rationnelle de ressources qui sont limitées. Comme nous l'avons vu plus haut, la plupart des pays ont mis en place un système de droits d'accès aux ressources orbites/spectre au niveau national.
Sur le plan international, l'instauration de «droits d'occupation du spectre» permettrait de limiter une demande excessive et de libérer les fréquences et les positions orbitales actuellement «mises en réserve». Le produit de ces droits pourrait servir à développer l'infrastructure des télécommunications en fonction des besoins. Bien qu'une proposition dans ce sens ait été faite officiellement (notamment par l'auteur du présent article), elle n'a pas recueilli une large adhésion lors de la CMR-97. La plupart des pays Membres de l'UIT ont préféré maintenir la procédure de «diligence due», qui privilégie les mesures administratives.
L'idée de gérer le spectre selon des mécanismes de marché, qui a été avancée par certains pays, a suscité autant d'adhésion que de critiques. Elle vise à remplacer le système de réglementation et de droits d'accès par un mécanisme fondé sur une économie de marché ouverte à la concurrence. Pour l'heure, seul un petit nombre de pays ont opté pour ce mécanisme, qui est limité à certaines bandes de fréquences.
Ses défenseurs font valoir qu'avec un mécanisme de marché la demande correspond automatiquement à la capacité disponible de la ressource et que la gestion peut être assurée à peu de frais. Ils affirment par ailleurs qu'un processus administratif de prise de décisions est plus aléatoire qu'un système de marché, en ce sens que les décisions visant à déterminer l'intérêt des utilisateurs ont forcément un caractère arbitraire et sont souvent erronées. Cela étant, le recours à des mécanismes de marché risque de renchérir les coûts des applications hertziennes et de modifier l'équilibre actuel entre les perspectives de développement des services de communication hertziens et celles des services filaires.
Quelques pays ont appliqué la notion de gestion du spectre fondée sur le marché, mais c'est aux Etats-Unis, en 1994 et en 1995, qu'on a assisté à un véritable tournant avec l'organisation d'une série de mises aux enchères du spectre par la Federal Communications Commission (FCC). Jusqu'ici, l'utilisation des fréquences radioélectriques pour offrir des services de communications hertziennes faisait l'objet de licences accordées sur la base du «premier arrivé, premier servi», par tirage au sort ou dans le cadre d'évaluations comparatives («concours»), quasiment sans frais.
A l'heure actuelle, la FCC octroie les licences au plus offrant. A l'issue de la première adjudication organisée aux Etats-Unis en 1994, la FCC a attribué trois bandes de 1 MHz au voisinage de 900 MHz pour un montant total d'environ 650 millions USD. En 1995, deux bandes appariées de 15 MHz autour de 1900 MHz ont été attribuées à des services de communications personnelles pour un montant total de 7,74 milliards USD2.
A noter que les adjudicataires doivent en plus prendre à leur charge les dépenses liées au déplacement de milliers d'installations de transmission hertzienne qui utilisaient déjà cette partie de spectre. Les adjudications ne devraient pourtant pas continuer à atteindre de tels montants, car le prix dépend de l'offre et de la demande. Le coût du spectre est en effet nettement plus élevé au centre de New York ou de Tokyo qu'en plein désert. Une chose est sûre: ce sont les consommateurs qui paieront.
L'instauration d'un marché international des fréquences constituerait une étape logique après la création de marchés nationaux de fréquences. Il s'agirait alors d'une véritable révolution, mais l'inertie des mécanismes en place à l'UIT et les nombreuses questions encore en suspens font que cette révolution n'est sans doute pas pour demain.
Rien ne permet d'affirmer que la mise en vente de fréquences sur le marché mondial contribuera à remédier au
problème de la rareté d'une manière acceptable pour toutes les parties concernées. Associer des mécanismes de marché
au principe de la souveraineté nationale, principe qui demeure incontesté à l'UIT, risque même d'accentuer l'hétérogénéité
qui caractérise actuellement la gestion du spectre.
|
2 Bell T. E.: Main event: spectrum auctions. IEEE Spectrum, janvier 1996, page 28. |
Le Comité technique de World Broadcasting Unions (WBU-TC) a adressé deux communications sur la télévision à haute définition (TVHD), l'une aux fabricants d'équipements professionnels de production et de postproduction TVHD du monde entier et l'autre à l'Union internationale des télécommunications.
Dans la première, le WBU-TC encourage les fabricants à concevoir et à commercialiser des équipements de production TVHD qui soient conformes aux spécifications du format commun d'image haute définition (HD-CIF) établies par le Secteur des radiocommunications de l'UIT (UIT-R). Ces équipements devraient pouvoir fonctionner à 50 et à 60 Hz.
Dans sa seconde communication adressée au Groupe de travail 11A (Systèmes de télévision et radiodiffusion de données) de l'UIT-R, le comité technique réaffirme son soutien à la proposition consistant à harmoniser le nombre total de lignes par image dans la norme HD-CIF de production et d'échange de programmes. Cette harmonisation permettra de garantir que toutes les fréquences d'image comportent 1080 lignes actives et 1125* lignes au total.
Le WBU-TC a par ailleurs attiré l'attention du Groupe de travail 11A sur le développement rapide de systèmes de production et de postproduction HD-CIF 1920/1080P/16:9 à 24, 25 et 30 images/s pour des applications de cinématographie électronique. Etant donné que ces systèmes ont tous la même matrice d'image, comme il est spécifié dans la partie II de la Recommandation UIT-R BT.709-3, le groupe de travail est instamment prié de tenir compte du développement du format CIF à 24, 25 et 30 images/s dans ses travaux futurs.
Les entités suivantes composent les World Broadcasting Unions (WBU): l'Union de radiodiffusion «Asie-Pacifique» (ABU), l'Association internationale de radiodiffusion (AIR), l'Union de radiodiffusion des Etats arabes (ASBU), l'Union de radiodiffusion des Caraïbes (CBU), la North American National Broadcasters Association (NANBA), l'Organisation de la télévision ibéro-américaine (OTI), l'Union européenne de radio-télévision (UER) et l'Union des radiodiffusions et télévisions nationales d'Afrique (URTNA).
Le WBU-TC est chargé des questions techniques de radiodiffusion revêtant un caractère important pour les membres de WBU. A ce titre, il étudie les technologies de radiodiffusion, informe les membres de WBU sur certaines questions techniques et coordonne l'action collective sur des problèmes techniques liés à la technologie de radiodiffusion, lorsqu'une telle action pourrait se traduire par des avantages sensibles pour les différentes unions de radiodiffusion.
Le WBU-TC encourage l'élaboration et la mise en oeuvre de normes techniques et/ou opérationnelles communes et préconise l'interfonctionnement des systèmes en l'absence de normes communes. Il coordonne les besoins des radiodiffuseurs pour les unions de radiodiffusion membres de WBU et, enfin, élabore des positions techniques communes qu'il communique à des organismes de normalisation tels que l'UIT, ainsi qu'aux fabricants d'équipements électroniques professionnels ou grand public.
Pour plus de renseignements, veuillez vous mettre en rapport avec: «Om P. Khushu, directeur du Département
technique, Union de radiodiffusion «Asie-Pacifique» (ABU). Tél.: +60 3 282 3108. Fax: +60 3 282 5292».
|
* A l'heure actuelle, la spécification 50 Hz de la Recommandation de l'UIT-R BT.709-3 correspond à 1250 lignes au total tandis que la spécification à 60 Hz correspond à 1125 lignes au total par image. Même si cette différence n'a pas d'influence sur la matrice commune d'échantillonnage d'image, il est néanmoins souhaitable d'harmoniser le nombre total de lignes à 1125 dans les deux cas. |
Singapour a notifié au Groupe de travail sur les télécommunications de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) son intention de mettre en oeuvre la phase 1 de l'accord multilatéral de reconnaissance mutuelle (TEL MRA) à compter du 1er juillet 1999. Cet engagement a été signifié à l'occasion de la réunion que le Groupe de travail de l'APEC chargé des télécommunications a tenu à Miyazaki (Japon) en mars 1999. Singapour fait partie du premier groupe de pays de l'APEC ayant notifié leur intention d'appliquer l'accord multilatéral de reconnaissance mutuelle dès son entrée en vigueur, le 1er juillet 1999. Les autres pays et territoires engagés sont l'Australie, la République de Corée, les Etats-Unis, Hongkong (Chine) et Taipei (Chine), précise la Telecommunication Authority of Singapore (TAS).
Singapour
Photo: Michael Ozaki (UIT 990025)
L'accord de reconnaissance mutuelle en question est le premier cadre multilatéral à couvrir les équipements de télécommunication.
Cet accord, qui porte sur la conformité des équipements de télécommunication, a pour objet d'abaisser les obstacles techniques au commerce des équipements de télécommunication en permettant aux pays exportateurs de tester eux-mêmes les équipements par référence aux critères du pays importateur: ainsi, les équipements peuvent être acceptés par ce dernier avec un minimum d'interventions régle-mentaires ultérieures. Les procédures de test et de certification étant onéreuses, aussi bien pour les exportateurs que pour les importateurs, cette simplification se traduira par une diminution des coûts et, pour les fournisseurs de matériels de télécommunication, un raccourcissement des délais de commercialisation.
L'accord de reconnaissance mutuelle couvre les équipements terminaux de réseau et les équipements de
radiocommunication visés par la réglementation des télécommunications (systèmes à courants porteurs et systèmes
radioélectriques, systèmes de Terre et systèmes de communication par satellite). Mis à part les questions de télécommunication
proprement dites, l'accord multilatéral couvre également les problèmes de compatibilité électromagnétique et les
aspects «sécurité électrique» des équipements de télécommunication. — TAS.
Début de page