Accord négocié au Sommet mondial sur la société de
l'information
Un consensus sur une approche internationale concertée de la
gouvernance écrit
une nouvelle page de l'histoire de l'Internet
Genève, le 16 novembre 2005 — La dernière réunion du Comité préparatoire
du Sommet mondial sur la société de l'information (PrepCom-3) a achevé ses
travaux mardi tard dans la nuit quelques heures à peine avant l'ouverture du
Sommet par l'annonce de l'accord qui s'était fait longtemps attendre sur toutes
les questions restant en suspens.
Les deux documents du Sommet - l"Engagement de Tunis" et l"Agenda de Tunis
pour la société de l'information" sont désormais prêts pour l'adoption et
devraient être approuvés par les dirigeants du monde entier à la séance plénière
de clôture du Sommet vendredi après-midi.
Dans ses observations sur le produit des travaux du PrepCom, M. Yoshio Utsumi,
Secrétaire général du Sommet, s'est déclaré satisfait de l'issue des
négociations. "Ce Sommet a obtenu une réussite remarquable sur tous les fronts
et je suis extrêmement content d'un résultat qui ouvrira la voie à un Internet
stable, fiable, démocratique, transparent et viable et qui permettra de bâtir
une société de l'information plus juste et équitable", en ajoutant que "en tant
que Secrétaire général de l'UIT, je suis heureux que ce document reconnaisse le
rôle fondamental que l'Union doit jouer dans la mise en place de la société de
l'information et dans l'apport des bienfaits des TIC aux citoyens de tous les
pays du monde".
L'accord mondial sur la gouvernance de l'Internet et les mécanismes de mise
en oeuvre adoptés font acclamer le succès éclatant du SMSI
Trois grandes questions ont dominé les travaux du PrepCom-3: la gouvernance de
l'Internet, les mécanismes de financement et les mécanismes de mise en oeuvre du
Plan d'action élaboré lors de la première phase du SMSI en 2003 à Genève.
La gouvernance de l'Internet
L'accord négocié au PrepCom-3 (suite) à Tunis s'articule en deux volets.
Le premier volet concerne la création d'un Forum sur la gouvernance de
l'Internet qui favorise et qui permette un dialogue multi-parties prenantes sur
les questions de politiques publiques. Ce lieu de rencontre international
permettra d'étudier des questions de politiques publiques multisectorielles
auxquelles les mécanismes actuels ne répondent pas correctement.
De par sa conception, le Forum reconnaît que les décisions concernant les
domaines de premier niveau correspondant à des codes de pays (ccTLD) relèvent
bien du droit souverain de chaque pays et que les décisions relatives du ccTLD
de chaque pays doivent être respectées, défendues et traitées dans le cadre d'un
mécanisme souple à améliorer. Une coopération accrue est également réclamée
entre les parties prenantes en ce qui concerne les politiques publiques
relatives aux noms de domaine génériques de premier niveau (gTLD). Le nouveau
Forum devrait voir le jour d'ici au deuxième trimestre de 2006.
Le Forum aidera également à trouver des solutions aux questions liées à
l'utilisation et de la mauvaise utilisation de l'Internet qui préoccupent les
usagers ordinaires, à cerner de nouveaux problèmes et à les porter à l'attention
des organes de décision et à faire des recommandations. Il fera fond sur les
connaissances bien établies de l'UIT. Le Forum n'aura certes pas de fonction de
contrôle, ne remplacera pas les mécanismes, institutions ou organisations
existants et n'interviendra pas non plus dans la gestion courante et le
fonctionnement technique de l'Internet, mais l'accord que prévoyait une plus
grande internationalisation de la gouvernance de l'Internet marque bel et bien
l'apparition d'une nouvelle ère.
Le deuxième volet concerne le fait que l'on a reconnu que tous les
gouvernements bénéficient en matière de gouvernance internationale d'une
responsabilité et d'un rôle égal et, en consultation avec toutes les parties
prenantes, qu'ils doivent élaborer des politiques publiques. Cette coopération,
qui repose sur les principes mondialement admis de coordination et de gestion
des ressources fondamentales de l'Internet, fera intervenir les organisations
internationales chargées des tâches essentielles liées à l'Internet. Les
premières mesures en vue d'une telle coopération accrue doivent commencer d'ici
à la fin du premier trimestre de 2006.
Mécanismes de financement
Les textes issus des travaux du SMSI réaffirment, comme le faisaient valoir
les accords de Genève, que les technologies de l'information et de la
communication (TIC) constituent un outil essentiel des stratégies du
développement national. C'est pourquoi le financement du déploiement des TIC est
vital si l'on veut atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.
Dans ces documents, on se félicite de la création du Fonds de solidarité
numérique. On y souligne qu'il est important d'assurer à tous les citoyens un
accès aux communications qui soit de qualité et d'un coût abordable et on y
relève les inégalités actuelles.
On y signale également les domaines où les mécanismes actuels de financement
pourraient être améliorés et où les TIC pourraient recevoir un plus haut rang de
priorité de la part aussi bien des pays en développement que de leurs
partenaires en matière de développement, compte tenu d'engagements financiers
déjà pris tels que le Consensus de Monterrey. Tout en admettant que le
financement de l'infrastructure des TIC n'est plus une affaire d'investissement
public, on reconnaît également que les forces du marché ne peuvent à elles
seules garantir la totale participation des pays en développement au marché
mondial des services TIC. On encourage donc une coopération et une solidarité
accrues ainsi que l'élaboration de politiques nationales de développement qui
appuient un environnement porteur et concurrentiel.
Mise en oeuvre
Si beaucoup a été fait depuis la phase de Genève pour mettre en œuvre le Plan
d'action du SMSI, de nombreux pays ont jugé nécessaire d'insister davantage sur
l'élaboration de mécanismes ciblés de mise en œuvre et de suivi qui permettent
d'assurer la connectivité de la communauté mondiale d'ici à 2015.
Le texte adopté reconnaît la nécessité de fonder la mise en œuvre sur une
approche multi parties prenantes tout en tenant compte du besoin qu'éprouvent
les pays en développement d'identifier les acteurs chargés de coordonner les 11
"grandes orientations" du SMSI.
Le texte concerté invite les membres du système des Nations Unies à faciliter
les activités de mise en oeuvre, et l'UIT à continuer de gérer la base de
données de l'Inventaire de toutes les activités. Les gouvernements sont quant à
eux exhortés à mettre au point des stratégies nationales de cyberpréparation, et
l'UIT, l'UNESCO et le PNUD sont invités, dans le cadre de leurs attributions et
compétences respectives, à jouer le rôle directeur principal dans la mise en
œuvre des 11 grandes orientations.
Le Secrétaire général de l'ONU est chargé d'établir, dans le cadre du Conseil
des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies - organe rassemblant
tous les chefs de secrétariat des institutions du système - un groupe des
Nations Unies sur la société de l'information.
Le Conseil économique et social (ECOSOC) est appelé, dans le cadre de sa
réforme globale réclamée par les dirigeants mondiaux lors du Sommet de l'ONU
tenu en septembre à New York, à jouer un rôle dans le suivi des résultats du
SMSI.
Enfin, il conviendrait d'élaborer des indicateurs appropriés, y compris des
indicateurs de connectivité communautaire, à partir d'un ensemble commun
d'indicateurs TIC fondamentaux, qui permettraient de mesurer l'étendue de la
fracture numérique et de faire le point sur les progrès accomplis en vue de la
réduire.
Le texte intégral de l'Agenda de Tunis pour la société de l'information peut
être consulté
ici. |