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 SALLE DE PRESSE : PREMIÈRE PHASE, GENÈVE : PREPCOM-2 : FAITS SAILLANTS
 Mardi, 18 février 2003

 

Les premières des huit tables rondes multipartenaires ont été convoquées. Bien qu'informelles, ces tables rondes n'en sont pas moins une partie essentielle de la deuxième réunion du Comité de préparation en ce sens qu'elles constituent une plate-forme pour un large échange de vues sur la société de l'information. Les résultats en seront communiqués à la séance plénière de la deuxième réunion du Comité de préparation. Les exposés présentés lors de ces tables rondes peuvent être consultés ici

Accéder au savoir, s'ouvrir à la diversité

M. Latif Ladid (Forum IPv6) a ouvert les débats de la deuxième table ronde (Accès à la connaissance, à la diversité culturelle et linguistique) par un bref historique sur l'Internet, depuis sa création en tant que réseau de première génération géré par une administration publique jusqu'au réseau que nous connaissons aujourd'hui, réseau mondial de troisième génération fonctionnant 24 heures sur 24. Il a fait observer qu'en l'espace de quelques décennies, nous sommes passés du statut de "touristes" à celui de "résidents" de l'Internet mais tout le monde n'a pas été du voyage: en effet le taux de pénétration de l'Internet est de 54% et 28% respectivement pour les Etats-Unis et le Japon alors qu'il n'est que de 3% pour les pays les plus pauvres.

Le professeur Niv Ahituv (Université de Tel-Aviv, Israël) a présenté le point de vue d'une ONG en ce qui concerne l'accès et a posé la question cruciale de savoir qui devrait réglementer le contenu et comment. Un filtrage peut sembler souhaitable dans certains contextes mais dans d'autres cas le contrôle du contenu semble aller à l'encontre des principes du droit de la liberté à l'information. Le problème est donc de faire en sorte que les droits de l'individu soient protégés tant par l'accès au savoir qui valorise l'individu que par le recours à une protection juridique.

"La diversité culturelle de l'humanité est aussi riche que la biodiversité" a ajouté M. Abdul Waheed Khan, Directeur général adjoint pour la communication et l'information à l'UNESCO, soulignant le rôle joué par l'organisation dans la définition d'une approche "holistique" de l'accès au savoir via les TIC. Il a mis l'accent en particulier sur le développement de contenus locaux qui respectent les cultures et les patrimoines locaux et en assurent la promotion. Parmi les problèmes soulevés, on peut citer le fait que la création de contenu est concentrée dans les pays développés et que les systèmes de propriété intellectuelle n'offrent pas une protection suffisante aux fournisseurs de contenu local, dans des communautés dites marginales.

M. Michel Peissik, Ambassadeur chargé du SMSI (France) a donné un exemple des initiatives lancées par la France en matière culturelle. Il faut s'efforcer de préserver et d'encourager la diversité culturelle pour éviter le risque d'une "normalisation du contenu" en faveur des pays les plus développés qui sont à l'heure actuelle les plus gros fabricants de contenu. Il émit l'idée que pour les pays en développement, utiliser l'Internet pour préserver leur culture pouvait aussi encourager le tourisme, source importante de recettes, en incitant les touristes à venir visiter leurs richesses culturelles et, dans le même temps, en informant les populations autochtones de leur propre patrimoine.

A propos des problèmes rencontrés par les pays en développement, M. Francis Tusubira de l'Université de Makarare (Ouganda) a déclaré: "Nous n'avons pas de pain, comment pourrions-nous vouloir de la brioche!". Il a mis l'accent sur les problèmes propres aux pays les moins avancés (PMA). Il a lancé un vibrant appel aux pays développés pour qu'ils fassent baisser le coût élevé de l'accès à l'Internet pour les pays insulaires d'Afrique et s'est adressé à l'UIT pour qu'elle apporte une assistance dans le domaine réglementaire. Il a ajouté que ces pays ont le devoir de partager, avec ceux qui en sont démunis, les connaissances créées en abondance par la société de l'information.

Sécurité: promouvoir la confiance et la coopération

A l'ouverture de cette table ronde, M. Stuart Hotchkiss (Hewlett-Packard) a fait observer que les idées sur les TIC et la sécurité ne manquent pas mais que la difficulté est de les concrétiser. Par dessus tout, il importe de s'attacher aux causes des problèmes liés à la sécurité des technologies de l'information et pas uniquement aux symptômes. Il a ajouté que le proverbe selon lequel "le bonheur des uns fait le malheur des autres" s'applique aussi à la sécurité et qu'il faut en tenir compte dans les différentes prises de position lors du Sommet.

Mme Lauren Hall (Microsoft) a renforcé cette idée en soulignant la complexité de la sécurité des réseaux. En effet, la diversité ne touche pas seulement les réseaux mais aussi les utilisateurs et les dispositifs. Les solutions doivent donc refléter cette complexité et être polyvalentes c'est‑à‑dire intégrer les questions de confidentialité, de fiabilité et de confiance dans les fournisseurs d'équipements et les prestataires de services.

M. Andrey Korotkov, Premier Vice-Ministre, Ministère des communications et de l'informatisation (Fédération de Russie) a brossé un tableau plus personnalisé. Il a décrit l'Internet comme un véritable capharnaüm où l'on peut trouver, en fouillant, des trésors mais aussi une multitude d'objets moins recommandables. La quantité d'informations dont nous disposons n'est pas le garant, à elle seule, de sa qualité ou de son utilité. Par ailleurs, la nécessité d'une protection physique a été soulignée: un incendie, dans un bâtiment, peut causer des dégâts irréparables à un réseau.

Le professeur Urs Gattiker (Institut européen de recherche sur les virus informatiques - EICAR) s'est intéressé au "maillon faible" de la chaîne sécuritaire, à savoir les particuliers. "Il vaut mieux prévenir que guérir, cela coûte moins cher" tel a été le message qu'il a fait passer. Avec l'expansion croissante des réseaux hertziens, du large bande et des services au niveau national, les particuliers sont de plus en plus présents sur le réseau mais ils ne veulent pas payer le prix élevé de leur sécurité. Les pouvoirs publics doivent faire le premier pas et inciter ou obliger les particuliers à investir dans la sécurité, ceci dans l'intérêt de tous.

M. Eduardo Gelbstein, ex-fonctionnaire des Nations Unies, a décrit le cyberespace comme un territoire dont les contours ne sont pas fixés et qui comprend de nombreuses zones encore inexplorées, notamment les "abysses" des sites web qui ne peuvent pas être explorées par les moteurs de recherche, les réseaux privés non IP et les nombreux "navires pirates" qui menacent véritablement la sécurité. Naviguer dans le cyberespace est donc risqué et ce encore pour quelque temps. A défaut d'un "droit maritime" du cyberespace, ce manque de sécurité doit être contenu dans les limites actuelles et géré au maximum avec les outils dont nous disposons déjà. Les Etats doivent agir dès aujourd'hui, sur la base des conventions actuellement en vigueur, comme la Convention du Conseil de l'Europe sur la cybercriminalité, conclue en 2001 et signée, à ce jour, par 33 pays.

Un certain nombre de participants sont tombés d'accord sur le fait qu'il n'y aura jamais, vraisemblablement, de panacée universelle, que ce soit au niveau législatif, au niveau technologique ou au niveau de l'éducation. La solution passe donc par la coopération, l'élaboration d'un climat de confiance, la définition de cadres appropriés respectant la liberté d'expression ainsi que les différences nationales et culturelles.

Infrastructure et financement des TIC

Les débats ont là porté essentiellement sur la recherche de moyens permettant de définir des modèles nouveaux et novateurs susceptibles de régler le problème économique de l'accès universel aux télécommunications en encourageant la mise en place d'une infrastructure par un investissement durable.

M. Yang Zemin Président de l'Académie chinoise de recherche sur les télécommunications a mis l'accent sur les problèmes que pose la mise en place d'une infrastructure en Chine et sur le modèle de financement associé. Il a souligné le fait que la Chine occupe la première place pour ce qui est du taux de pénétration des télécommunications car elle a ouvert son économie aux investissements étrangers. Il a ajouté que la principale source de financement d'une société informatisée devrait être le marché, fondé sur un environnement socio-économique fiable pour les entreprises.

M. Yann Brenner (Banque Interaméricaine de Développement - BID) a parlé du rôle politique que joue la BID dans la mise en place des TIC en Amérique latine et dans la région des Caraïbes. Il a salué le travail effectué par la Banque pour faciliter l'accès de ses Etats Membres aux technologies et au savoir, pour encourager les TIC en tant qu'instrument efficace de développement socio‑économique et de consolidation de la démocratie tout en adaptant les modèles concernant les TIC aux spécificités de chaque Etat Membre. "Nous nous efforçons de faire de la BID une plate‑forme stratégique qui encourage le dialogue et la réalisation d'un consensus entre les Etats Membres et de prendre une position de leader dans le développement des TIC dans la région".

M. Touré, Directeur du BDT, a parlé du rôle que l'UIT et, en particulier son Secteur du développement, jouent avec d'autres partenaires pour régler certains des problèmes que pose l'accès pour tous aux TIC, à un prix abordable. Il s'est dit convaincu que l'un des principaux résultats de la session de Genève du SMSI devrait être le renforcement des partenariats entre organisations internationales, régionales et nationales. "Un modèle de partenariat est une façon d'aller de l'avant dans le financement du développement des TIC et de mettre à la disposition de tous un accès et des services universels, à un prix abordable" a-t-il ajouté.

Amadou Top (Osiris) a souligné qu'il était nécessaire de définir un cadre réglementaire applicable à tous les pays pour lancer une politique fiable en matière d'investissement dans la construction des infrastructures. Il a par ailleurs rappelé l'idée lancée par le groupe de réflexion prospective du Président du Sénégal visant à élargir le flux de l'accès entre pays développés et pays en développement. "Nous devons créer une solidarité du numérique selon laquelle les pays qui ont un large accès à l'Internet devraient aider ceux qui sont moins favorisés. Ainsi, la fracture numérique, qui est une question d'accès et non de technologie, disparaîtra."

Le dernier orateur Pawel Stelmaszczyk (Intel Corporation) a proposé un modèle pour encourager l'accès à la technologie. Il a fait observer que le coût de construction de l'infrastructure freine la construction de nouveaux réseaux. Les frais administratifs et les travaux de génie civil en représentent 84%. Il a souligné que, dans la recherche d'une solution, les pouvoirs publics locaux devraient inviter des tiers (pas des opérateurs) à construire eux‑mêmes leurs réseaux. Il a ajouté: "il y a une dichotomie entre la technologie et les coûts mais on devrait profiter d'une réduction des obstacles à la concurrence dans les réseaux et les services et, par voie de conséquence, dans le coût du capital".

Perspectives de la société de l'information

Une série d'exposés faits pendant la pause du déjeuner ont été consacrés à un certain nombre d'aspects essentiels de l'ère de l'information. Le professeur Robin Mansell (London School of Economics) a fait le premier exposé de ce type. C'est elle qui, la première, a parlé de technologies de l'information et de la communication (TIC). Elle a mis l'accent sur le véritable moteur de la société de l'information, le savoir, les connaissances. On peut consulter son exposé ainsi que d'autres informations sur cette manifestation à l'adresse www.itu.int/visions.

 

 

 

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Mis à jour le 2004-12-10