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  SALLE DE PRESSE : PREMIÈRE PHASE, GENÈVE : PREPCOM-1 : FAITS SAILLANTS
 Jeudi, 4 juillet 2002

 

Elaborer les thèmes

A l'issue de trois jours de réunions consacrées à des déclarations générales, au Règlement intérieur et à des exposés sur des initiatives en faveur du développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans le monde, les participants se sont intéressés, le jeudi, au contenu et aux thèmes du Sommet. Compte tenu du rôle primordial joué par les TIC dans presque tous les secteurs de l'économie mondiale, la première réunion du Comité préparatoire du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) doit maintenant s'atteler à une lourde tâche: définir le contenu et les thèmes qui porteront sur les différentes composantes de la société de l'information.

Les délégués, qui avaient à peine quatre heures et demie pour rédiger un rapport sur ce sujet, ont été pressés par le temps. Toutefois, le cadre de travail étant déjà établi, les débats ont pu progresser. Dans sa Résolution 56/183, l'Assemblée générale des Nations Unies a défini trois grands thèmes (la vision, l'accès et les applications) dont la communauté internationale a privilégié l'étude au quatrième jour de cette réunion.

Si les délégations ont, dans leur ensemble accepté les thèmes proposés pour le SMSI, elles ont presque toutes suggéré de les perfectionner et d'améliorer la structure du Sommet. Qu'ils aient proposé de nouveaux thèmes, ou qu'ils aient élargi et reformulé les plus intéressants, les Etats Membres ont insisté sur la nécessité de réfléchir à l'utilisation des TIC aux fins du développement économique et social, en se gardant de considérations politiques liées à la modernisation. Des thèmes clés ont émergé de l'ensemble des nouvelles propositions présentées tout au long de la journée.

Elargir la portée des thèmes

A l'ouverture des débats, le délégué du Soudan a indiqué qu'il importait surtout de mieux définir certaines notions clés exposées dans la liste des thèmes proposés, établie par le Secrétariat exécutif. L'opinion exprimée par le représentant de cette délégation a donné le ton de la séance de la matinée. Comme l'ont clairement montré l'intervention du représentant de la Lettonie, qui souhaitait voir la notion d'"administration en ligne" plus clairement définie, ou celle du représentant du Costa Rica, qui demandait que du temps et des ressources supplémentaires soient consacrés à améliorer la qualité de l'information véhiculée par les TIC, ou encore celle du représentant de la Colombie, demandant que l'on décrive plus en détail les obstacles au développement des TIC dans les pays les moins avancés, il reste encore beaucoup à faire.

Certains Etats Membres ont même suggéré une restructuration totale des thèmes proposés. La Chine a par exemple proposé six grands thèmes qui permettraient ainsi de mieux cibler les objectifs du SMSI. En particulier, elle souhaiterait qu'il soit tenu compte des questions liées à la sécurité des TIC et que le rôle des entreprises internationales dans le développement axé sur les TIC soit plus clairement défini. La représentante du Pakistan, Mme Zahra Mumtaz Baloch, a bien résumé les débats, comme suit: "Nous pensons que les documents établis par le Secrétariat exécutif traitent de questions de fond, mais que celles-ci méritent un examen plus attentif de la part des pays en développement et en collaboration avec eux".

L'Inde a également préconisé un élargissement des thèmes du SMSI, qui, dans leur forme actuelle, ne traduisent pas nécessairement les objectifs que le Sommet s'efforce d'atteindre. Ainsi, le délégué de ce pays a proposé de remplacer les thèmes "Lever les barrières: vers un accès universel et équitable à la société de l'information" et "Besoins des utilisateurs" par les thèmes suivants, plus représentatifs de la tâche à accomplir: "Les TIC et l'élimination de la pauvreté et le développement ou les TIC et la gouvernance". Pour le représentant du Brésil, qui a abondé dans ce sens, les thèmes tels qu'ils étaient présentés ne rendaient pas bien compte du principe même d'une approche fondée sur le développement. Il a ajouté que le manque de contenu relatif aux questions socio‑culturelles allait à l'encontre des objectifs du Sommet.

Préserver la diversité culturelle

Parmi les nombreuses questions soulevées au cours de la séance de la matinée, la protection du patrimoine culturel dans les pays en développement a été l'un des principaux thèmes sur lequel nombre d'Etats Membres ont insisté. La généralisation des TIC et l'accès au vivier mondial d'informations qui en découle, conjugués aux forces de la mondialisation, représentent une menace pour la préservation de la culture de ces pays et nombre d'Etats Membres partagent cette préoccupation. Le représentant de l'Australie, pour qui "les sociétés fondées sur la connaissance s'épanouissent lorsqu'elles peuvent accéder librement au contenu et à l'information numérique" a souligné la nécessité d'élaborer un contenu local afin de protéger le patrimoine culturel des pays en développement. Le représentant de l'Iran a, lui aussi, parlé de la nécessité de numériser le contenu local pour assurer la transmission aux générations futures des spécificités culturelles des pays en développement.

La délégation du Brésil, dont l'intervention a été l'une des plus intéressantes de la matinée, a, elle aussi, souligné la nécessité de se prémunir contre l'impérialisme culturel à mesure qu'évoluera la société mondiale de l'information. Notant que les thèmes proposés ne traitaient pas directement des incidences culturelles des initiatives prises en faveur du développement des TIC, le représentant de la Tunisie a déclaré: "Les TIC sont des instruments et des outils extraordinaires, mais il faut trouver le juste milieu" entre la préservation de la culture et la modernisation. Le représentant de la Tanzanie a noté que les participants devaient réfléchir aux moyens d'utiliser les TIC pour faciliter le dialogue multiculturel entre toutes les parties prenantes. En outre, le représentant de l'Inde a également invité ses collègues à intégrer un contenu visant à assurer la protection du patrimoine culturel des pays en développement. Il a rappelé qu'il fallait placer les êtres humains au coeur des préoccupations et respecter les cultures et leur environnement.

Mettre l'accent sur le développement

Si la plupart des Etats Membres ont salué les efforts déployés par le Secrétariat exécutif en vue de fournir aux délégations un document de travail de qualité pour leur permettre de développer les thèmes retenus, certains pays ont craint que ce document ne soit pas suffisamment axé sur le développement. Le représentant du Brésil, qui a invité les participants à aller de l'avant dans l'examen des questions de fond, a déclaré ce qui suit: "Nous ne voudrions pas d'un Sommet qui serait consacré aux aspects techniques, ou qui traiterait des TIC sous l'angle normatif, pour nous, la question est de savoir comment mettre ces technologies au service du développement". Il a mis en garde les participants contre le verbiage politique et les a pressés de continuer à chercher comment utiliser les TIC pour réduire la fracture numérique.

Les représentants de la République sudafricaine et du Groupe des 77 + Chine ont souscrit à la déclaration du délégué du Brésil et ont souligné qu'il fallait continuer à axer les efforts sur les objectifs de développement plutôt que d'essayer de définir les nombreux concepts à connotation politique, liés à la fracture numérique (par exemple, la bonne gouvernance). "Nous pensons que le Sommet devrait être fortement axé sur le développement", a déclaré le représentant de la République sudafricaine. Mme Baloch, s'exprimant au nom du Pakistan, a également rappelé que le SMSI devait se tenir à l'écart des questions politiques et a exhorté le Comité à rester objectif et à se concentrer sur l'édification d'une société mondiale de l'information.

Les TIC: un moyen plutôt qu'une fin

Nombre d'Etats Membres, à commencer par l'Australie, se sont ralliés à l'idée que les TIC devraient être considérées non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen. Le représentant de l'Australie a indiqué qu'il fallait trouver un juste milieu entre l'amélioration des infrastructures et le développement des compétences, tout en soulignant que le transfert de compétences et de connaissances jouait un rôle essentiel dans la réduction de la fracture numérique. "Les TIC, considérées comme un moyen, devraient figurer dans la liste des thèmes révisés", a déclaré le représentant de l'Egypte, s'associant à l'avis de son homologue australien. Les représentants de la Suisse et du Pérou ont également estimé qu'il fallait considérer les TIC comme un instrument au service du développement économique et social et non pas comme une fin. Pendant la séance de l'après‑midi, le cabinet international de consultants Accenture a également déclaré que les TIC étaient un moyen pour parvenir au développement, et non une fin en soi.

Renforcer les capacités humaines

Si le cyberenseignement et le cyberapprentissage figurent déjà parmi les objectifs du SMSI, nombre d'Etats Membres ont insisté sur la nécessité de prêter une plus grande attention au renforcement des capacités humaines dans l'ensemble des pays en développement. Comme l'ont indiqué les représentants du Danemark, de la Chine et de l'Egypte, la majorité des Etats Membres convient, à l'évidence, qu'il est important de tirer parti des ressources humaines existantes dans les sociétés marginalisées pour créer une société mondiale de l'information. En établissant des points d'accès publics dans les communautés rurales et en transférant les nouvelles technologies et compétences vers les pays en développement, on pourrait utiliser les TIC au service du développement du renforcement des capacités locales.

"Nous devons mettre l'accent sur les moyens technologiques et sur les ressources humaines qui en permettent l'utilisation", a déclaré le représentant du Chili. Cette observation fait ressortir la nécessité de trouver un juste milieu, déjà soulignée par le délégué de l'Australie. Le représentant du Chili a en outre précisé que la faculté des pays à exploiter leurs ressources humaines dépendait en grande partie de leur volonté de réforme institutionnelle et sociale, axée en particulier sur la démocratie et la liberté dans la société de l'information. Le délégué de la Chambre de commerce internationale a étayé les déclarations du représentant du Chili, selon lesquelles la mise en service des TIC devait être précédée d'une réforme institutionnelle et sociale, et a noté que les obstacles bureaucratiques entravent l'expansion économique dans beaucoup de pays en développement. Comme l'ont indiqué les Etats-Unis, dans les pays en développement, il faut commencer par renforcer les capacités des jeunes. "Nous unissons tous nos efforts pour mettre les TIC à la portée de tous, et en particulier des jeunes de nos pays", a déclaré le représentant des Etats‑Unis.

Un effort de solidarité

Le délégué du Bénin, touchant au cœur du problème de la fracture numérique, a cité l'exemple de Kenyans qui venaient tout juste d'entendre parler des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Immédiatement après la déclaration du Bénin, le représentant de l'Allemagne a dit que l'accès était un élément fondamental de la société de l'information. "On mesurera le succès ou l'échec du Sommet à l'aune de ses résultats tangibles, qui seront tributaires des mesures que prendront tous les partenaires", a déclaré le représentant du Danemark, au nom de l'Union européenne, soutenue à cet égard par la Russie au cours de la séance de l'après-midi. C'est le délégué du Niger qui a le mieux résumé les débats de la journée, en déclarant que "le SMSI était l'occasion de faire preuve de solidarité internationale".

 

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Mis à jour le 2004-12-10