WORLD BLIND UNION

Kicki Nordström 
Présidente, World Blind Union

Allocution prononcée
à l'occasion du Sommet mondial sur la société de l'information
Genève, 10 décembre 2003


Monsieur le Secrétaire général Kofi Annan, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et les délégués, Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé et de la société civile, Mesdames et Messieurs,

C'est un grand honneur pour moi que d'avoir la possibilité de représenter la société civile, ses 5 milliards d'êtres humains, et notamment la communauté des personnes handicapées, à l'occasion d'une rencontre telle que ce Sommet des Nations Unies.

Pour assumer son rôle dans la société de l'information, pour y contribuer, la société civile a besoin de nouvelles règles, qu'il s'agira d'établir pour garantir son droit de participer activement au processus, sans attendre.

Assurément, nous faisons tous partie de la société civile - Mesdames et Messieurs les délégués, lorsque vous retournerez chez vous après ce Sommet, vous ferez vous aussi de nouveau partie de la société civile.

Ainsi, nous espérons que la société civile pourra jouer un rôle important, et continuera de jouer un rôle important, pendant la seconde phase du Sommet sur la société de l'information, et au-delà de cet horizon.

Toutefois, il appartiendra aux gouvernements d'adopter une attitude ouverte et disposée.

Demain, la société civile présentera officiellement sa propre déclaration. C'est dire que la société civile, dans le monde entier, s'est accordée sur une compréhension commune, qui nous mènera à la prochaine phase du Sommet.

Le Bureau international de la société civile doit être mentionné ici, car non seulement il s'est engagé dans un dialogue cohérent avec les gouvernements, mais encore il a réussi à assurer la participation structurée et coordonnée de tous les membres de la grande famille de la société civile.

Ce Sommet est important pour réduire le fossé entre les riches et les pauvres, à l'échelle des nations et à l'échelle des individus.

A cet égard, je voudrais revenir sur les 8 objectifs définis pour le Millénaire, objectifs que nous sommes tous résolus à atteindre, à tous les niveaux, en permanence.

Il est de la responsabilité des décideurs, aussi bien sur le plan international que sur le plan national ou sur le plan local, de veiller à définir les priorités qui permettront de répondre aux besoins des groupes et des populations les plus désavantagés. Ce n'est qu'ainsi que nous aurons véritablement une société pour tous!
Plus que jamais, la société de l'information doit être façonnée en fonction des valeurs exprimées dans la Charte des Nations Unies et dans la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Avant d'en venir à la situation et aux attentes particulières des personnes handicapées, je voudrais insister sur la nécessité de l'inclusion de tous les membres de la société civile au sens large.

L'inclusion des femmes et des jeunes filles, des personnes âgées et des jeunes gens, des populations indigènes, des travailleurs migrants et des réfugiés - l'inclusion est NECESSAIRE dans la future société de l'information.

A vous tous, réunis dans cette salle, entourés de tant de choses à voir, de tant de choses à apprendre, je voudrais maintenant faire remarquer que rien, pour une personne privée de la vue, n'est proposé dans un format accessible. Mes collègues et moi-même, qui n'avons pas la possibilité de lire, de voir les caractères imprimés, sommes exclus de cette information. Ainsi, ce Sommet de l'information pour tous a fermé ses portes à quelques-uns!

Le Forum mondial sur l'invalidité dans la société de l'information, organisé par des personnes handicapées, soulignera ce message, et il faudrait que ce message ait véritablement un effet sensible sur la procédure, dès maintenant.

Les personnes handicapées sont spécifiquement et directement affectées par les modalités selon lesquelles tous les individus sont traités par la société de l'information.

L'inclusion dont nous voulons parler procèdera directement de l'approche adoptée pour normaliser, pour concevoir, pour développer et pour rendre disponibles les contenus, les méthodes de communication et les TIC dont nous avons besoin.
Nos besoins et nos attentes sont souvent mal connus, mal compris et parfois même mal interprétés par la société.

De tout temps, les questions d'accessibilité, s'agissant des personnes handicapées, ont été laissées aux Dieux tout puissants, aux organisations caritatives et aux être surnaturels.

Et pourtant, nous avons fait le voyage de Genève parce que nous espérons vivre un jour l'avènement d'une société de l'information véritablement inclusive, supérieure en tous points à ce que nous avons connu jusqu'ici.

Pour conclure, je voudrais remercier la République et Canton de Genève dont l'appui financier a permis à la société civile, pour la première fois dans l'histoire, de se réunir enfin dans sa totalité.

Je vous remercie de votre attention.