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 INFORMATIONS GÉNÉRALES : À PROPOS DU SMSI
 La participation de multi-parties prenantes au SMSI et les règles écrites et non écrites


Il n'existe pas aux Nations Unies de règles établies sur les modalités d'organisation des Sommets des Nations Unies. Chaque Sommet des Nations Unies doit donc décider de son propre Règlement intérieur, ce qu'il fait généralement lors de sa première réunion préparatoire. En réalité, le corps du texte du Règlement intérieur de chaque Sommet des Nations Unies ne change guère, sauf pour les détails concernant, par exemple, la participation des ONG et du secteur privé, dans la mesure où leur participation à la mise en oeuvre des décisions peut varier en fonction du thème du Sommet.

Par sa Résolution 56/183 (paragraphe 5) l'Assemblée générale des Nations Unies a encouragé "la contribution effective et la participation active de tous les organes compétents des Nations Unies, en particulier le Groupe d'étude sur les technologies de l'information et des communications, et a encouragé les autres organisations intergouvernementales, notamment les institutions internationales et régionales ainsi que les organisations non gouvernementales, la société civile et le secteur privé à contribuer et à participer activement au processus intergouvernemental préparatoire du Sommet et au Sommet proprement dit". Il a donc été évident, dès le début de l'adoption du Règlement intérieur du SMSI, que celui-ci devrait contenir des dispositions relatives aux observateurs.

A. Règles écrites
Les Règlements intérieurs des Sommets de Johannesburg et de Monterrey, qui incluaient tous deux un chapitre sur les observateurs, ont servi de modèle au Règlement intérieur du SMSI. Néanmoins, plusieurs réunions informelles avant le PrepCom-1, puis plusieurs jours de ce même PrepCom ont été nécessaires pour parvenir à négocier les dispositions de ce Règlement intérieur. Le Règlement intérieur du Comité préparatoire du SMSI, ainsi que les "Dispositions relatives à l'accréditation" et les "Modalités de participation", ont été adoptés dans leur globalité le dernier jour du PrepCom-1 de la phase de Genève, c'est à dire le 5 juillet 2003. Le projet de Règlement intérieur du Sommet a été adopté au PrepCom-3 de la phase de Genève. Il n'existe pas de différence entre les deux Règlements (Règlement intérieur du PrepCom et Règlement intérieur du Sommet) en ce qui concerne les observateurs. Le Règlement intérieur distingue les catégories suivantes d'observateurs:

  • les entités et organisations qui ont reçu une invitation permanente à participer en qualité d'observateur aux sessions et aux travaux de l'Assemblée générale des Nations Unies;
  • le Secrétariat et les organismes des Nations Unies (dont les fonds et programmes des Nations Unies);
  • les institutions spécialisées des Nations Unies;
  • d'autres organisations intergouvernementales invitées;
  • des entités de la société civile accréditées (y compris les ONG ayant un statut consultatif auprès du Conseil économique et social);
  • des entités du secteur privé accréditées (y compris les Membres des Secteurs de l'UIT);
  • les Membres associés des Commissions régionales.

Conformément au Règlement intérieur, les observateurs jouissaient des droits suivants:

  • Les participants représentant des entités et des organisations ayant reçu une invitation permanente à participer en tant qu'observateurs aux sessions et aux travaux de l'Assemblée générale, le Secrétariat et les organismes des Nations Unies, les institutions spécialisées des Nations Unies et d'autres organisations intergouvernementales invitées, ainsi que les membres associés des Commissions régionales ont été autorisés à participer en tant qu'observateurs, sans droit de vote, aux débats de la plénière et, si nécessaire, à ceux des Comités et Sous-Comités sur des questions relevant de leur compétence. Cette règle s'applique également aux séances à huis clos.
  • Les participants d'entités de la société civile accréditées (y compris des ONG ayant un statut consultatif auprès du Conseil économique et social) et d'entités du secteur privé accréditées (y compris les Membres des Secteurs de l'UIT) ont été autorisés à assister en tant qu'observateurs aux séances publiques (plénières et séances des Sous-Comités pendant le processus préparatoire, plénières et séances des Comités pendant le Sommet). A l'invitation du président de l'organe concerné, et sous réserve de l'approbation de cet organe, ces observateurs ont pu faire des déclarations verbales sur des questions pour lesquelles ils avaient une compétence particulière. Si le nombre de personnes demandant à prendre la parole était trop élevé, il était demandé aux entités de la société civile et du secteur privé de constituer des groupes qui s'exprimaient par l'intermédiaire de porte-parole.

Le SMSI a été le deuxième Sommet des Nations Unies, après la Conférence de Monterrey sur le financement du développement, à accepter l'accréditation d'entités du secteur privé. Au cours de la préparation informelle du PrepCom-1, les gouvernements ont discuté des modalités d'accréditation des entités du secteur privé, et se sont en particulier demandé si elles devaient être différentes de celles qui s'appliquaient aux ONG et aux entités de la société civile. A titre de compromis, les gouvernements ont décidé d'appliquer les mêmes règles (voir les Dispositions relatives à l'accréditation). Cette décision s'est traduite dans la pratique par des situations peu satisfaisantes dans la mesure où les entités du secteur privé, qui ne sont pas des sociétés d'Etat par actions, n'ont pas l'habitude de divulguer leur situation financière.

La question de savoir si les médias devaient relever d'une catégorie d'observateur distincte a également prêté à discussion lors de la préparation informelle du PrepCom-1. Comme l'unanimité n'a pas pu se faire sur ce sujet, les médias n'ont pas été mentionnés en tant qu'entité distincte relevant de la catégorie observateurs dans le Règlement intérieur du SMSI.

Contrairement au Règlement intérieur du Sommet de Johannesburg, le Règlement intérieur du SMSI ne contient pas d'article sur l'organisation interne de la société civile et du secteur privé (c'est au cours du processus préparatoire des Sommets de Rio et de Johannesburg qu'avait été formulé le concept de "principaux groupes"). Le Règlement intérieur du SMSI ne fait pas mention de la façon dont les observateurs doivent s'organiser.

Les modalités de participation font l'objet du troisième document sur lequel un accord est intervenu au PrepCom 1 de la phase de Genève. Les gouvernements ont décidé que les ONG et les entités du secteur privé seraient autorisées à présenter des contributions sur le fond, comme suit:

  • "Les contributions écrites sur le fond, assorties de leurs résumés analytiques, seront les bienvenues pour autant qu'elles soient soumises à propos des thèmes du Sommet, dans les délais fixés. Elles seront publiées par le Secrétariat exécutif sur le site web du SMSI et communiquées, sur demande, en version papier, aux gouvernements.
  • Tous les résumés analytiques seront compilés dans un document suivant les thèmes du Sommet par le Secrétariat, qui en identifiera les sources.
  • Ce document sera largement diffusé avant la deuxième réunion préparatoire et toutes les parties prenantes auront l'occasion d'en discuter le contenu et de tenir des ateliers et des réunions pour coordonner leurs positions.
  • Dans le cadre des réunions du Comité de préparation, un certain nombre de tables rondes thématiques, à participation multiple, seront organisées de manière informelle. Le résultat en sera un résumé de la discussion par le Président, qui sera soumis au Comité de préparation et joint à ses comptes rendus.
  • Elles sont invitées à désigner des orateurs qui seront chargés de faire des déclarations au Comité de préparation, conformément aux dispositions du Règlement intérieur, rendant compte du déroulement des diverses rencontres tenues parallèlement et en réseau, en vue de contribuer efficacement à la réussite du Sommet."

B. Règles non écrites (ou "la pratique du SMSI")
Le SMSI a mis au point une approche spécifique faisant intervenir de multiples parties prenantes (la pratique du SMSI") qui est allée au-delà de ce qu'avaient fait d'autres Sommets des Nations Unies. Cela n'a été possible que parce que le Règlement intérieur et les modalités de participation n'étaient pas très précis sur le sujet. Ainsi, les Présidents des PrepCom ont pu proposer différentes modalités pratiques de participation qui ont généralement reçu l'aval du Bureau intergouvernemental (après discussion) et (tacitement) celui de la plénière. Les pratiques suivantes étaient des règles non écrites élaborées praeter legem (c'est-à-dire parallèlement aux règles écrites existantes, sans y contrevenir). Le SMSI n'a pas formulé de règles contra legem (c'est à dire contredisant le Règlement intérieur).

  1. Contributions écrites: Tous les observateurs ont été invités à présenter des contributions écrites. Toutes les contributions présentées par les observateurs ont été affichées sur le site web. A plusieurs reprises, les gouvernements ont demandé au Secrétariat exécutif d'établir des compilations de ces contributions. Les contributions des gouvernements et celles des observateurs ont alors été compilées au sein d'un même document. Pour la première série de compilations (c'est à dire pour le PrepCom-2 de la phase de Genève et entre le PrepCom 2 et la réunion intersessions de Paris), les contributions des gouvernements ont été présentées en premier et celles des observateurs en second. Ultérieurement, en particulier au cours de la seconde phase et dans le cadre des projets de texte évolutif du Groupe d'amis du Président, les contributions des gouvernements en premier lieu et celles des observateurs en second lieu ont été résumées pour chaque paragraphe pris séparément, ce qui a, pendant les négociations, facilité la tâche des gouvernements qui pouvaient ainsi intégrer les commentaires des observateurs dans le texte final.

    Il convient d'insister sur l'importance de cette pratique, qui a non seulement facilité les négociations, mais aussi rendu l'ensemble du processus du SMSI très transparent. Les règles de base étaient définies dans les "Modalités de participation", mais elles ont été affinées par les pratiques non écrites mentionnées plus haut.
     
  2. Contributions orales: Il est devenu courant, dans le cadre du SMSI, d'autoriser les observateurs à prendre la parole au cours des PrepCom pendant 45 minutes par jour sur les sujets examinés; dans le cas des séances du soir, cette règle s'appliquait à raison de 45 minutes toutes les six heures. La durée du temps de parole accordé aux observateurs et le moment de leur intervention étaient généralement discutés et approuvés par le Bureau intergouvernemental. Lors de la réunion intersessions de Paris, les observateurs ont pu prendre la parole pendant une heure par jour. Le plus souvent, ils s'exprimaient en début de journée sur des points figurant à l'ordre du jour. Le temps de parole imparti aux observateurs se décomposait, en règle générale, comme suit: un tiers pour le secteur privé, un tiers pour la société civile et un tiers pour les organisations internationales. Lors des réunions informelles, les observateurs étaient le plus souvent autorisés à prendre la parole sur le sujet à tout moment et sans ordre prédéterminé. A la fin des négociations pour la phase de Genève comme pour celle de Tunis, on a pu donner la parole aux observateurs dès le début de l'examen de chaque chapitre, ce qui leur permettait de faire connaître toutes leurs observations et suggestions simultanément pour un chapitre donné.
     
  3. Présence: Après quelques hésitations initiales, les observateurs ont été autorisés à être présents (et à prendre la parole), non seulement en plénière et pendant les séances des sous comités, mais aussi, la plupart du temps, au sein de groupes de travail et lors des réunions informelles à participation non limitée. Au cours de la phase de Tunis, les observateurs ont été explicitement autorisés à prendre part à certaines des réunions du Groupe d'amis du Président et ont été présents aux négociations finales entre les gouvernements qui se sont tenues, pour l'essentiel, en sous comité du 13 au 15 novembre 2005. La parole leur a été donnée pour la dernière fois le 13 novembre 2005 lors de la plénière d'ouverture.

    Aucun observateur n'a été autorisé à participer aux réunions du Bureau intergouvernemental. Pendant la préparation du PrepCom 1 de la phase de Genève, certains gouvernements avaient envisagé la création d'un Bureau tripartite, mais cette idée a été abandonnée, faute d'avoir fait l'unanimité. Néanmoins, les deux Présidents du PrepCom (son Excellence Adama Samassékou, du Mali, pour la phase de Genève et l'Ambassadeur Janis Karklins, de Lettonie, pour la phase de Tunis) ont tenu des consultations approfondies avec des représentants de la société civile et du secteur privé, habituellement avant et/ou après les réunions du Bureau intergouvernemental, confirmant ainsi le bien-fondé de l'approche multi parties prenantes adoptée par le SMSI. Des réunions conjointes ont été organisées à intervalles réguliers entre le Bureau gouvernemental et/ou le Bureau de la société civile et le Groupe de coordination des interlocuteurs commerciaux (voir ci dessous).
     
  4. Organisation interne de la société civile et du secteur privé: La société civile et le secteur privé ont constitué leur propre organisation et ont formé un Bureau de la société civile (CSB, BASIS depuis 2006) et un Groupe de coordination des interlocuteurs commerciaux (CCBI) afin de renforcer leurs relations avec les structures intergouvernementales du Sommet en ce qui concerne les questions de procédure. La société civile a décidé pour sa part de sa propre organisation en une plénière, en familles et groupes de réflexion thématiques ou régionaux, tandis que la Chambre de commerce internationale à Paris a joué de facto le rôle de coordonnateur pour les entités du secteur privé. La société civile et le secteur privé ont décidé chaque jour de la liste des orateurs les représentant. Pendant les PrepCom, les deux entités ont tenu quotidiennement des séances plénières (dans la phase de Genève, la société civile a décidé de la liste des orateurs et des thèmes dans la réunion du groupe contenu et thèmes) pour débattre des thèmes des interventions à venir et pour décider qui prendrait la parole. Ces listes ont été transmis au Président du PrepCom quotidiennement avant chaque réunion. Toujours pendant les PrepCom, au moins une réunion a été organisée entre le Bureau intergouvernemental et le CSB d'une part, ainsi qu'entre le Bureau intergouvernemental et le CCBI d'autre part, ce qui a permis un vaste échange de vues entre les participants sur ce qu'ils attendaient des procédures employées et a contribué à renforcer la compréhension mutuelle entre les gouvernements, la société civile et le secteur privé.
     
  5. Interventions dans le cadre du Sommet: Les précédents Sommets des Nations Unies comprenaient généralement un segment de haut niveau, un segment de niveau ministériel et un segment au Sommet, les observateurs prenant le plus souvent la parole dans le cadre du segment de haut niveau. Le SMSI n'a pas suivi ce modèle. Au cours des phases de Genève et de Tunis, les observateurs s'exprimaient directement dans le cadre du segment au Sommet, pendant 30 60 minutes à la fin de chaque séance plénière, en fonction de la durée de la plénière.
     
  6. Tables rondes et groupes de discussion: Pendant les PrepCom comme pendant les phases de Genève et de Tunis, des tables rondes (et à Tunis, un panel de haut niveau) multi parties prenantes ont été organisées de manière informelle dans le cadre des PrepCom et du Sommet proprement dit. Les résumés des débats de ces tables rondes et panels ont été joints aux rapports finals des PrepCom et des phases de Genève et de Tunis du Sommet. La structure des tables rondes des PrepCom était décidée par le Bureau intergouvernemental, tandis que celle des tables rondes du Sommet et la participation d'observateurs avaient fait l'objet de discussions préalables au sein de ce Bureau et avaient reçu l'aval de la plénière, qui avait accepté le document sur la structure de la phase de Genève du Sommet et celui sur la structure de la phase de Tunis. Il a été demandé au CSB et au CCBI de présenter des propositions pour les participants aux tables rondes et aux panels, aussi bien dans le cadre des PrepCom que dans celui du Sommet proprement dit. La décision finale concernant les participants a été prise par le Secrétaire général du Sommet.
     
  7. Espaces pour les réunions: Pendant les PrepCom et pendant les phases de Genève et de Tunis, des espaces ont été mis à la disposition de toutes les parties prenantes au SMSI pour la tenue d'activités parallèles. Pendant les PrepCom, ce sont en moyenne entre 30 et 40 activités parallèles qui ont été organisées, tandis que leur nombre était supérieur à 300 pendant les Sommets de Genève et de Tunis proprement dits. Pendant les PrepCom, ces activités parallèles avaient généralement lieu dans les mêmes locaux que les PrepCom. Pendant les Sommets de Genève et de Tunis, certaines de ces activités avaient lieu à l'extérieur des locaux du Sommet, dans les espaces d'expositions (et n'étaient donc pas couvertes par l'Accord de siège). Lors des Sommets de Genève et de Tunis, les organisateurs d'activités parallèles ont fait rapport directement au Sommet, le troisième et dernier jour du Sommet (pratique qui a également été entérinée par les documents sur la structure mentionnés plus haut).

go Civil society at WSIS, seen through the lens of the Conference of NGOs (CONGO) [anglais]


 

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Mis à jour le 2007-07-02