FRANCE
déclaration par M. gilles chouraqui
ambassadeur
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Excellences,
Mesdames, Messieurs les délégués,
Permettez-moi tout d’abord de remercier chaleureusement les autorités
turques pour leur accueil et l’organisation de cette conférence de
Plénipotentiaires.
C’est avec un plaisir très particulier qu’au nom de la France, je prends
la parole dans cette enceinte : une institution internationale qui, durant
sa longue existence a apporté une contribution sans prix à un monde dont
elle a accompagné et guidé les évolutions technologiques et politiques, et
qui entend bien poursuivre ce rôle pour l’avenir. Cette conférence de
Plénipotentiaires a un rôle stratégique à jouer dans ce contexte.
Les quatre années qui séparent cette conférence de la précédente de
Marrakech ont été marquées par des évolutions et des engagements de la
communauté internationale dont les conséquences pour l’UIT sont
essentielles. Il appartiendra à cette conférence, tout au long de ses
travaux, de tenir compte de ces développements lorsqu’elle arrêtera les
orientations de l’UIT pour les quatre prochaines années.
Le Sommet Mondial pour la Société de l’Information (SMSI) qui s’est tenu
à Genève en 2003 et à Tunis en 2005 a marqué la volonté de la communauté
internationale d’appréhender et de traiter de manière globale les enjeux de
la société de l’information et d’associer la société civile et le monde de
l’entreprise à l’action des Etats et des organisations internationales.
Après avoir contribué avec succès à son organisation, l’UIT a reçu des
responsabilités particulières dans la mise en œuvre du Sommet, notamment
pour la coordination des actions menées par les agences du système des
Nations Unies. A cet égard, la France se réjouit de la collaboration de
l’Union avec l’UNESCO et le PNUD ainsi qu’avec les autres agences des
Nations Unies, et des synergies qui en résultent, notamment pour la
réduction de la fracture numérique.
Dans ce contexte, les défis auxquels l’UIT est confrontée sont nombreux :
s’adapter à un environnement en constante évolution, caractérisé à la fois
par le rôle toujours plus grand de l’Internet et par la convergence des
mondes de l’audiovisuel, des télécommunications et de l’informatique ;
s’ouvrir à toutes les parties prenantes de la société de l’information, y
compris et notamment la société civile et les acteurs de l’Internet. A ce
titre, l’initiative du Secrétaire Général « Connecter le monde » mérite
d’être saluée et poursuivie. Par ailleurs, la France, qui attache une grande
importance à la gouvernance de l’Internet, estime que l’UIT devrait jouer un
rôle plus actif dans ce domaine.
Cette conférence devra faire preuve de réalisme et de volontarisme pour
répondre à ces défis.
La France salue les efforts de l’Union pour mettre en place une gestion
interne plus performante. Elle estime toutefois que le processus de réforme
engagé mérite d’être poursuivi et approfondi pour tendre à un mode
d’organisation et de fonctionnement encore plus soucieux d’efficacité. Nous
soutenons le rapprochement des méthodes de gestion de l’Union avec les
meilleures pratiques en vigueur dans le système des Nations Unies. De même,
l’organisation doit travailler encore plus à définir ses priorités d’action
et à les refléter clairement dans le plan stratégique 2008-2011, de façon à
optimiser des ressources financières dont nous savons qu’elles ne sont pas
appelées à progresser. A cet égard, je souhaite souligner que la France, qui
participe aujourd’hui au financement de l’Union à hauteur de 30 unités
contributives, entend toujours figurer parmi ses principaux contributeurs.
Pour l’avenir, elle examinera son niveau d’engagement à la lumière des
résultats de cette conférence et des progrès accomplis par l’Union.
S’agissant des radiocommunications, la France se félicite du succès de la
conférence régionale des radiocommunications qui favorise le développement
harmonieux de la radiodiffusion numérique de Terre et souhaite que, dès la
prochaine conférence mondiale des radiocommunications, les décisions
appropriées soient prises pour faciliter l’utilisation du dividende
numérique par toute application nouvelle de la radiodiffusion ou d’autres
services et dont l’introduction dans cette bande de fréquences très
convoitée pourrait aider au développement des services de
radiocommunications nécessaires aux membres de l’Union.
S’agissant de la normalisation, la France souhaite que l’UIT garde une
position dominante dans le domaine de la normalisation des communications
électroniques, en particulier en ce qui concerne les réseaux de nouvelle
génération (NGN) ainsi que pour les nouvelles technologies. C’est en effet
la seule instance internationale capable de mettre au point des normes
mondial dans le domaine des communications électroniques, en permettant aux
gouvernements et aux acteurs du secteur privé de travailler ensemble à cette
mise au point.
S’agissant du développement, la France souhaite que l’Union s’implique
davantage dans des projets de plus grande ampleur, mobilisateurs et
bénéficiant du concours d’autres bailleurs de fonds. Elle est prête à
apporter son soutien à de tels projets comme en témoigne le soutien
financier qu’elle a décidé d’apporter au projet d’harmonisation des
politiques régissant le marché des TIC en Afrique.
Monsieur le Président, la France attend de cette conférence qu’elle
prenne en compte ces préoccupations et donne une impulsion forte à la
poursuite de l’adaptation de l’UIT aux défis que je viens d’évoquer.
La France qui a toujours contribué activement aux travaux de cette
organisation renouvelle son engagement et confirme sa candidature au conseil
de l’Union de même que celle de Mme Limodin à un siège du comité du
règlement des radiocommunications.
Je souhaite plein succès à la conférence.
Merci Monsieur le Président.
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