BURUNDI
déclaration par s.e. MME. MARIE GORETH NIZIGAMA
MINISTRE DES TRANSPORTS, POSTES ET TÉLÉCOMMUNICATIONS
Excellence Monsieur le Président de la Conférence,
Excellences Mesdames, Messieurs les Ministres,
Monsieur le Secrétaire Général de l’UIT
Excellences Mesdames, Messieurs les Chefs de Délégation,
Excellences Mesdames, Messieurs les Représentants des Corps Diplomatiques et
Consulaires,
Distingués Délégués,
Chers participants,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi au nom de la délégation de la République du Burundi et en
mon nom propre d’emboîter le pas aux orateurs précédents pour adresser nos
remerciements aux autorités de la République de Turquie pour l’accueil
combien chaleureux dont nous avons été entourés depuis notre arrivée à
Antalya, siège de la 17ème Conférence de plénipotentiaires de l’Union
Internationale des Télécommunications et présenter nos félicitations au
Président élu de cette Conférence de plénipotentiaires.
Mesdames et Messieurs,
La 17ème Conférence de plénipotentiaires de l’UIT se tient une année
après la 2ème phase du Sommet Mondial sur la Société de l’Information de
Tunis et 7 mois après la Conférence Mondiale de Développement des
Télécommunications de DOHA au Qatar.
Les engagements pris et les recommandations émises lors du Sommet Mondial
sur la Société de l’Information et de la Conférence Mondiale de
Développement des Télécommunications constituent des enjeux pour la
réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire et l’intégration
dans la Société de l’Information, caractéristique du 21ème siècle. Tous les
Etats sont interpellés et ont la noble et difficile mission de les réaliser
globalement et de s’atteler en particulier à la réduction de la fracture
numérique dans tous ses aspects.
Mesdames et Messieurs,
Le Burundi s’est doté de nouvelles institutions issues des élections
démocratiques mettant fin à une longue période où notre pays a connu la
guerre, l’instabilité politique et la misère comme corollaire.
Le Gouvernement actuellement en place a la lourde tâche de redresser la
situation antérieure qui a endommagé les infrastructures de base de tous les
secteurs et a freiné le développement de l’économie nationale.
Le Gouvernement du Burundi, conscient de sa mission de développement
national, avec l’appui de partenaires amis du Burundi, a entamé des actions
de reconstruction et de relance du développement économique en mettant en
avant les secteurs sociaux notamment par la politique de l’enseignement
primaire gratuit et des soins de santé gratuits pour les enfants de moins de
5ans et les accouchements sans oublier la promotion du genre où au moins 30%
des postes de décision sont occupés par les femmes.
Mesdames et Messieurs,
Dans ses efforts de développement du secteur des télécommunications et
avec l’assistance de la Banque Mondiale, le Gouvernement du Burundi a pris
l’engagement de réformer sa structure de gestion en séparant les fonctions
de politique et de régulation qui restent du ressort de l’Etat de celles
d’exploitation dédiées aux opérateurs privés.
Le Gouvernement entend poursuivre cette politique adoptée en 1997 et qui
a mené à la création de l’Agence de Régulation et de Contrôle des
Télécommunications en vue de continuer à faire participer le secteur privé à
la mise en place des infrastructures de télécommunications, d’ouvrir le
secteur pleinement à la concurrence et permettre à la population d’accéder
facilement à des services de meilleure qualité à de moindres coûts.
Dans ce cadre, trois sociétés privées et un opérateur public ont déjà obtenu
des licences d’exploitation de réseaux de télécommunications dont un fixe
filaire, un fixe à la norme CDMA et quatre réseaux mobile à la norme GSM. La
couverture nationale des réseaux mobiles est estimée à 80% du territoire
national.
En termes de télédensité, les réseaux fixes et mobiles combinés, le
Burundi a trois lignes principales pour cent habitants. Ce chiffre est loin
des moyennes des pays développés où la télédensité oscille entre 60 et 90.
Concernant l’Internet, quatre opérateurs se partagent le marché des
abonnés. Ce réseau, constitué d’à peu près deux mille abonnés directs, est
encore à ses débuts bien que le nombre d’utilisateurs des services Internet
croît toujours et est estimé à vingt-cinq mille.
L’inexistence du réseau Internet dans les zones rurales est tributaire de
l’insuffisance de l’outil informatique et de l’énergie électrique qui
constituent des entraves majeures au développement des TIC. Un projet de
mise en place d’un réseau de technologie GSM/WILL est en cours de
réalisation. Il permettra ainsi aux zones rurales de bénéficier, des
bienfaits de la communication vocale et Internet intégrée par la création de
centres de télécommunications polyvalents à travers le pays.
Mesdames et Messieurs,
Les mesures de libéralisation prises par le Gouvernement du Burundi en
matière de radiodiffusion font que les stations radio publiques privées ne
cessent d’augmenter. Ainsi, 12 stations radio avec mission d’information,
d’éducation et de promotion des valeurs culturelles et même religieuses sont
opérationnelles parmi lesquelles deux diffusent en direct sur le web à la
grande satisfaction de la diaspora burundaise nostalgique de l’actualité et
de l’histoire de ses origines.
Dans la perspective de la mise des recommandations du SMSI, le
Gouvernement de la République du Burundi est en train de finaliser la
Stratégie Nationale de Développement des TIC pour la période 2006-2010 afin
de créer un environnement technologique susceptible de contribuer
efficacement au développement socio-économique, à la compétitivité des
entreprises et à l'amélioration du bien-être global de la population de
notre pays.
Pour atteindre l’objectif de la Stratégie Nationale, le Burundi retient
qu'il mettra en place des réformes urgentes avec les orientations suivantes:
- La recomposition du cadre juridique et institutionnel qui régit le
secteur des télécommunications et de l'information accompagnée d'une
libéralisation raisonnée du secteur;
- La modernisation de l'infrastructure des TIC;
- Le renforcement des capacités nationales;
- La mise en place de grandes applications des TIC.
La stratégie à mettre en œuvre sera soutenue par une politique de
sensibilisation nationale et internationale des acteurs et des bailleurs de
fonds à savoir le Gouvernement, le secteur privé, la société civile, les
organisations internationales, les pays amis du Burundi et autres sources
potentielles de financement pour nous appuyer.
Mesdames et Messieurs,
Parmi les actions de la Conférence de plénipotentiaires, il y aura des
élections des Membres du Conseil de l’UIT. Le Burundi a posé sa candidature
pour en être élu Membre et nous estimons qu’il bénéficiera de votre
sympathie et de votre soutien et sera satisfait de son ambition. Mesdames et
Messieurs, honorables délégués, le Burundi a connu des situations difficiles
mais a toujours continué à honorer ses engagements envers l´UIT et l’UAT.
Cela témoigne l’importance que notre pays attache au développement des
télécommunications. Elisez alors le Burundi comme Membre du Conseil de l’UIT
et vous ne serez pas déçu de ses prestations au sein de cet organe.
Excellence Monsieur le Président de la Conférence,
Distingués Délégués,
Mesdames et Messieurs,
En terminant mon allocution, j’exprime l’espoir qu’à l’issue de la
Conférence de plénipotentiaires de l’ UIT édition 2006, les décisions prises
vont améliorer le fonctionnement de l’UIT et lui faciliter l’accomplissement
de ses missions.
Mon Pays, le Burundi, entend continuer à développer son secteur de
télécommunications via sa Stratégie Nationale de Développement des TIC et
compte sur l’assistance de l’UIT dans le cadre de l’application des
résolutions et des programmes qui vont être adoptés lors de cette Conférence
pour réaliser ce noble idéal. Je souhaite pleins succès aux travaux de cette
Conférence de plénipotentiaires.
Vive le développement des Télécommunications et des TIC dans le monde.
Je vous remercie.
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