BURKINA FASO
déclaration par s.e. M. JOACHIM TANKOANO
Ministre des Postes et des Technologies de l’Information et de la
Communication
Monsieur le Président ;
Monsieur le Secrétaire Général de l’UIT,
Mesdames et Messieurs les Ministres et Chefs de Délégations ;
Honorables invités ;
Mesdames, Messieurs ;
Je voudrais tout d’abord exprimer ma profonde gratitude au gouvernement
et au vaillant peuple de la Turquie pour l’hospitalité légendaire et pour
l’attention toute particulière réservée à la délégation de mon pays.
En acceptant d’abriter notre Conférence de plénipotentiaires, le
gouvernement de la Turquie nous apporte la preuve éclatante qu’il est
convaincu du rôle déterminant que les technologies de l’information et de la
communication peuvent et doivent jouer pour le progrès de l’humanité et en
particulier pour l’amélioration des conditions de vie des populations les
plus défavorisées. Cette prise de position traduit également sans aucun
doute sa ferme volonté de faire jouer à la coopération internationale le
rôle qui est le sien, afin de faire en sorte que l’humanité toute entière
puisse tirer le plus grand bien de ces technologies. Ceci honore la Turquie
et mérite notre reconnaissance et nos sincères remerciements.
Je voudrais également vous adresser à vous, Monsieur le Président et à
votre bureau, les félicitations de ma délégation pour votre brillante
élection pour la direction de notre conférence. Il ne fait aucun doute que
vos qualités humaines, votre compétence et votre expérience nous seront fort
utiles tout au long de nos travaux afin de garantir des résultats à la
hauteur des attentes de tous. Soyez d’ores et déjà rassurés quant à la
disponibilité de ma délégation à vous apporter sa collaboration pour vous
aider à réussir votre noble et exaltante mission.
Je prie également les Distingués délégations de bien vouloir accepter les
chaleureuses salutations de mon pays, le Burkina Faso, de son président, son
Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, de son Gouvernement et de son peuple
tout entier.
Honorables Délégués, Mesdames et Messieurs,
Mon pays, le Burkina Faso, croit fermement que les avancées opérées ces
dernières dans le domaine des technologies de l’information et de la
communication de même que les applications concrètes qu’elles permettent
créent dans tous les pays du monde des opportunités nouvelles qui peuvent
contribuer grandement et directement à la croissance du produit intérieur
brut de même qu’à la création directe et indirecte de nouveaux emplois,
principalement pour les jeunes et les femmes. En accompagnant le
développement de l’infrastructure de base par celui de l’administration
électronique, du commerce électronique, du téléenseignement, de la
télémédecine et de contenus et services électroniques en langues nationales,
adaptés aux besoins du monde rural, ces technologies peuvent aussi devenir
un moyen de renforcement des capacités de tous et un puissant levier du
développement économique et social.
Aussi, le Burkina Faso accorde-t-il une attention aux mutations amorcées
par l’UIT depuis la conférence de Nice en 1989 et plus particulièrement aux
décisions et engagements pris à Genève en 2003 et à Tunis en 2005 lors du
Sommet Mondial sur la Société de l’Information, organisée par notre Union à
la demande du Secrétaire Général des Nations Unies.
C’est le lieu pour moi d’adresser mes vives et sincères félicitations à
toutes les équipes de directions de l’UIT qui se sont succédées à la tête de
notre Union et qui ont contribué chacune à sa manière à faire de notre
secteur ce qu’il est aujourd’hui ainsi qu’à tous les pays qui ont pesé de
tout leur poids pour la tenue et la réussite du SMSI.
Pour ce qui le concerne, après avoir entrepris en 1998 la réforme du
secteur des télécommunications, le Burkina Faso a adopté une stratégie de
développement du service universel et initié un processus participatif qui a
abouti à la prise en compte des technologies de l’information et de la
communication dans sa Stratégique de Lutte contre la Pauvreté comme un
principe directeur et transversal et à l’adoption en octobre 2004 d’une
cyberstratégie nationale globale et intégrée.
Afin de faciliter la mise en œuvre de cette cyberstratégie nationale, des
organes de mise en œuvre et de suivi ont été crées et sont chargés de
piloter l’élaboration de cyberstratégies sectorielles et de veiller à leur
prise en compte dans les politiques sectorielles de développement.
En outre, dans le souci de favoriser l’intégration sous régionale, le
réseau national du Burkina Faso a été raccordé par fibre optique à la Côte
d’Ivoire, au Mali et au Togo, avec un accès au câble sous-marin SAT3 via la
Côte d’Ivoire et le Sénégal. Ces efforts d’interconnexion avec les réseaux
des pays voisins se poursuivront avec le Bénin, le Ghana et le Niger.
Tout ceci a permis d’accélérer le développement de l’offre de services de
télécommunications et d’accès à l’Internet haut débit au Burkina Faso, mais
aussi d’amorcer dans tous les secteurs d’activités les nouveaux usages des
technologies de l’information et de la communication.
Honorables Délégués, Mesdames et Messieurs,
La présente conférence de Plénipotentiaires de notre Union nous
interpelle tous à plus d’un titre. Elle se situe au lendemain du Sommet
Mondial sur la Société de l’Information qui a permis pour la première fois,
à toutes les parties prenantes du secteur public, du secteur privé, des
organisations de la société civile et des organisation internationales de
s’accorder sur une vision commune et sur la nécessité de faire en sorte que
tous les peuples du monde puissent bénéficier pleinement du potentiel de
développement qu’offre les technologies de l’information et de la
communication. Par ailleurs, cette conférence coïncide d’avec le
renouvellement des organes de direction de notre Union et d’avec l’adoption
d’un nouveau plan stratégique.
Pour toutes ces raisons, cette conférence d’Antalya doit constituer une
conférence historique, par laquelle nous nous devons de donner comme un
nouveau départ à notre Union afin de faire en sorte qu’elle soit à la
hauteur des défis que soulèvent les décisions et engagements de Genève et
Tunis.
Pour ce faire, mon pays considère que pour ce qui concerne la question
vitale de la réforme de l’UIT inscrite à l’ordre du jour de notre
conférence, il serait souhaitable que la préservation du caractère
intergouvernemental de l’Union soit un principe intangible. Les décisions et
engagements de Genève et de Tunis offrent en effet une opportunité
exceptionnelle à l’UIT pour se positionner de façon légitime, avec une
organisation et des programmes adaptés, comme l’acteur central et global
dans le nouvel environnement du secteur des télécommunications et des TIC.
Une réflexion approfondie sur la restructuration institutionnelle et
opérationnelle de l’Union dans ce nouveau contexte nous paraît à ce titre
indispensable et pourrait être confiée à un comité de haut niveau qui
élaborerait des propositions à examiner au plus tard en Novembre 2008 par
une conférence de plénipotentiaires extraordinaire.
Honorables Délégués, Mesdames et Messieurs,
Le Burkina Faso est en outre convaincu que notre Union doit accorder une
attention toute particulière et plus soutenue au problème de la fracture
numérique afin d’éviter qu’elle devienne synonyme de marginalisation
définitive pour les pays qui en sont victimes et d’aggravation de leur
pauvreté. Pour ce faire, les efforts entrepris pour créer dans tous les pays
un environnement favorable aux investissements privés doivent se poursuivre
et se renforcer. De même, des stratégies efficaces doivent être recherchées
afin de parvenir à une réduction significative des coûts d’accès aux réseaux
internationaux, de favoriser dans tous les pays la convergence des réseaux
et des services et de permettre ainsi la mise en place d’infrastructures de
base de qualité, durables et financièrement abordables. Des solutions
innovantes doivent également être recherchées afin d’accroître de façon
significative les contenus adaptés aux besoins locaux et de garantir le
développement d’un véritable service universel pouvant permettre de
mobiliser tout le potentiel des technologies de l’information et de la
communication en particulier dans les zones les plus défavorisées. Il est de
ce fait essentiel que le plan stratégique pour les quatre (04) prochaines
années intègre l’approche orientée vers les initiatives régionales que nous
avons adopté à Doha en mars dernier afin de permettre un accompagnement plus
efficace des pays en développement parce que plus conforme à leurs priorités
spécifiques. Une attention particulière doit de ce fait être accordée aux
propositions communes africaines et à la recherche d’une plus grande
mobilisation en faveur du projet RASCOM dont l’importance pour l’intégration
africaine est plus qu’évidente.
Honorables Délégués, Mesdames et Messieurs,
Notre Union ne pourra contribuer efficacement à la réduction de la
fracture numérique que si nous lui donnons des moyens en adéquation avec nos
ambitions.
Aussi sera-t-il nécessaire qu’au cours de cette conférence nous
affirmions notre volonté à doter l’Union d’un budget substantiel pouvant lui
permettre de mettre en œuvre des programmes structurants et porteurs de
changements significatifs dans le cadre des initiatives régionales.
Pour ce qui le concerne, le Burkina Faso ne ménage et ne ménagera aucun
effort pour s’acquitter régulièrement et de manière assidue de ses
obligations financières vis-à-vis de l’Union, ceci malgré les hausses
répétées du prix des hydrocarbures et la subvention du coton dans les pays
les plus nantis, qui pèsent lourdement sur l’économie du pays.
A ce titre, le Burkina Faso a décidé de doubler le niveau de sa classe de
contribution qui passera désormais de la classe de 1/8ème à la classe de
1/4ème et s’engage à verser une contribution voltaire et symbolique de
20.000 dollars US pour la mise en œuvre des Initiatives régionales. Ces
actions certes modestes, traduisent la ferme volonté de mon pays à
participer au financement des activités de l’Union.
Honorables Délégués, Mesdames et Messieurs,
Le Burkina Faso souhaiterait que la problématique de la gestion des
fréquences radioélectriques et de l’orbite des satellites géostationnaires
soit également au centre de nos préoccupations prioritaires, l’objectif
devant être d’aboutir à l’adoption de dispositions pouvant garantir
l’utilisation optimale de ces ressources rares au profit de toutes les
Nations.
Dans le même ordre d’idée, il serait bon que nous veillons à ce que les
activités des secteurs des radiocommunications, de la normalisation et du
développement se consolident en se donnant comme objectif global les
objectifs du millénaire pour le développement, et comme objectif spécifique
les conclusions du SMSI.
Honorables Délégués, Mesdames et Messieurs,
Pour terminer, je voudrais redire ici la disponibilité de mon pays à
poursuivre ses efforts dans le sens d’une contribution toujours plus active
à la vie de notre organisation commune. C’est pourquoi le Burkina Faso se
porte candidat pour le renouvellement de son mandat au sein du Conseil de
l’IUT et sollicite en conséquence votre aimable appui à cette candidature
pour la Région Afrique.
Vive l’UIT
Vive la coopération internationale et plein succès à nos travaux. Je vous
remercie.
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