Vos Excellences,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
C'est pour moi un grand plaisir de prendre la parole devant vous aujourd'hui, à
l'ouverture de cet atelier très important, organisé par l'UIT, sur
l'accessibilité.
Bien sûr, mon regret est grand de ne pouvoir être à vos côtés dans mon
magnifique pays natal.
Toutefois, je suis extrêmement reconnaissant à l'Administration du Mali pour
l'appui qu'elle apporte à l'organisation de cet atelier et pour la possibilité
qu'elle offre à l'UIT d'accueillir cette tribune de la plus haute importance.
Il y a bien plus d'un siècle, la nécessité de créer des moyens d'information
pour les personnes handicapées a été au départ de l'invention de certains des
outils TIC les plus courants aujourd'hui. Ainsi, les créateurs des premières
machines à écrire cherchaient à trouver un moyen d'aider les aveugles à écrire.
Ce sont ses recherches sur l'audition et la parole, et son amitié avec la
famille de Helen Keller, célèbre pour avoir défendu les droits des personnes
handicapées, qui ont permis à Alexander Graham Bell d'obtenir en 1876 le premier
brevet pour le téléphone aux Etats-Unis.
Avec la croissance phénoménale des TIC, on a vu apparaître un nombre vertigineux
de nouvelles technologies destinées à donner à des personnes souffrant de
handicaps divers les moyens de jouer un rôle actif dans la société des valides.
Cependant, à l'heure actuelle, une grande partie de ce potentiel immense reste
inexploité, ou inaccessible à ceux qui en ont réellement besoin.
A l'UIT, nous parlons souvent de la "fracture numérique" - terme employé pour
désigner le fossé béant qui sépare les quelques nantis ayant accès aux TIC
modernes de ceux qui attendent toujours de pouvoir se connecter, en particulier
dans les pays en développement.
Réduire la fracture numérique, c'est donner à tous les moyens d'avoir accès aux
possibilités offertes par le numérique. C'est tenir compte des besoins
particuliers des personnes handicapées, ce qui est loin d'être une question
accessoire. A l'heure où, selon les estimations, 10% de la population mondiale -
soit quelque 650 millions de personnes - vivent avec un handicap, on peut dire
que le défi est immense en termes de communication.
Mesdames et Messieurs,
Les TIC sont un facteur d'égalisation des compétences et donnent aux personnes
handicapées les moyens de réaliser leur potentiel, leurs rêves et ambitions, et
de jouer un rôle actif dans la société de l'information.
Depuis l'adoption de la Convention des Nations Unies relative aux droits des
personnes handicapées, l'utilisation des principes de conception universelle
pour rendre les technologies nouvelles accessibles aux personnes handicapées
devient un impératif.
Il est à espérer que cette Convention ouvrira de nouvelles possibilités qui
encourageront le secteur privé à investir davantage dans ce domaine afin
d'encourager la production en série de dispositifs accessibles et, par là même,
de réduire les coûts.
L'UIT, pour sa part, a déjà beaucoup fait pour promouvoir l'accessibilité dans
ses trois Secteurs - le Secteur des radiocommunications, le Secteur de la
normalisation des télécommunications et le Secteur du développement des
télécommunications.
Je vais laisser le soin à mon cher collègue Malcolm Johnson de vous donner de
plus amples informations sur les travaux de normalisation à l'UIT.
Je voudrais souligner qu'à l'UIT nous mettons en pratique ce que nous
préconisons. En effet, l'UIT prend actuellement des mesures pour devenir plus
accessible aux personnes handicapées.
L'UIT continuera à déployer tous ses efforts pour élaborer des normes
technologiques dans le domaine des TIC afin d'améliorer la qualité de vie des
habitants de la planète et de contribuer à édifier une société de l'information
inclusive et ouverte à tous.
Je citerai, pour conclure, la grande Helen Keller, qui disait: "Seuls, nous
pouvons faire si peu; ensemble, nous pouvons faire beaucoup.".