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Cher M. Dayan,
Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs,
L'année dernière, la bulle spéculative la plus énorme de l'histoire a fini par
éclater et nous en subissons tous les conséquences qui se traduisent, entre
autres, par le chômage pour des millions de personnes et par une baisse
spectaculaire des investissements.
Ce qui, au départ, n'était qu'un simple problème local sur un marché de niche –
la crise des crédits hypothécaires à risque ou "subprimes" aux Etats-Unis – a
déclenché la plus grave crise économique mondiale des 60 dernières années. A la
différence des crises précédentes, celle-ci affecte l'ensemble de l'économie
mondiale, ses institutions et ses industries.
Même si les temps sont difficiles, je ne suis personnellement pas pessimiste.
Bien sûr, cette crise peut mettre en danger un grand nombre d'entreprises, mais
elle peut aussi, selon moi, insuffler un nouveau dynamisme aux communications –
et ce terme recouvre pour moi aussi bien les services postaux que les TIC – et
faciliter l'émergence de nouveaux concurrents, de nouveaux modèles économiques
et de nouvelles technologies.
Toute crise est porteuse de nouvelles opportunités, et celle-ci, je pense, ne
fera pas exception à la règle.
Pour prendre un exemple significatif, le poids du commerce électronique mondial
– qui est d'une importance vitale, tant pour les services postaux que pour les
TIC – représente aujourd'hui des billions de dollars par an et constitue une
bonne partie de l'activité économique mondiale.
L'immense majorité des articles achetés en ligne dans le monde parviennent à
leur destinataire final par l'intermédiaire des services postaux qui utilisent
le plus vaste réseau physique de distribution au monde.
Avec les retombées de la crise financière, ces services postaux – et de plus en
plus, les banques postales – sont généralement considérés comme sûrs, à un
moment où beaucoup d'autres établissements ont trahi notre confiance.
La confiance joue en effet un rôle clé, aussi bien à l'UIT qu'à l'UPU, et j'ai
été très heureux d'accueillir l'UPU parmi les membres fondateurs de l'initiative
"Connecter le monde", lancée par l'UIT en 2005. C'est aussi à cette occasion
qu'a été lancé à l'UPU le système de transfert de fonds électronique
"International Financial System", qui permet à des millions de travailleurs
émigrés d'envoyer des fonds dans le monde entier.
Aujourd'hui, alors que nous faisons face à cette crise ensemble, nous pouvons
tirer bien des enseignements de ce qui se passe autour de nous, ainsi que de
l'expérience acquise.
C'est la raison pour laquelle j'ai demandé à l'UIT d'établir un nouveau rapport
intitulé "Faire face à la crise – ses incidences sur le secteur des TIC", qui a
été publié en février.
Deux des principales conclusions de ce rapport s'appliquent aussi bien aux
services postaux qu'aux TIC:
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En premier lieu, de vastes débouchés vont vraisemblablement
s'ouvrir pour les technologies de rupture;
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En second lieu, pour de nombreux services, on constate
l'inélasticité-revenu de la demande: les gens ont toujours envie et besoin
de communiquer et sont prêts à payer pour le faire.
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A court terme, peut-être observera-t-on un léger
fléchissement des communications, qu'il s'agisse de courrier postal ou de
téléphonie mobile, mais la demande de base est toujours bel et bien là.
Vers la fin du mois, l'UIT tiendra à Lisbonne son Forum mondial des politiques
de télécommunication, rencontre internationale de haut niveau dans le cadre de
laquelle des Membres de l'UIT des secteurs public et privé et de la communauté
mondiale des régulateurs échangeront des vues sur les grandes questions de
politique qui se dessinent dans un paysage des TIC en pleine évolution.
Le Forum sera ouvert aux professionnels des TIC de tous les secteurs, ainsi
qu'aux membres du public intéressés, et je serais très heureux de vous y
accueillir.
Dans ce contexte, l'organisation d'un Dialogue stratégique de haut niveau sur
les TIC, dont le thème sera "Faire face à la crise", présentera un intérêt tout
particulier. Cet événement aura lieu le 21 avril, la veille de l'ouverture
officielle du Forum.
J'ai de bonnes raisons d'espérer qu'ensemble, nous parviendrons à formuler des
stratégies dynamiques qui nous aideront à affronter la tourmente, ainsi qu'à
tirer parti des potentialités des TIC pour accélérer la reprise économique dans
d'autres secteurs.
L'UPU et l'UIT sont les deux organisations internationales les plus anciennes –
en fait, l'UIT a juste neuf ans de plus que l'UPU, sur un parcours de presque
150 ans – et c'est pour moi un grand plaisir de réaffirmer l'étroitesse des
liens qui unissent nos deux organisations.
Toutes deux, nos organisations sont actives, non seulement dans les pays riches
et développés, mais aussi et surtout, dans les pays en développement. Les
bureaux de poste et les services postaux sur le plan local sont d'une importance
déterminante pour la fourniture de services à la collectivité – de même que les
télécentres communautaires peuvent contribuer de façon décisive à mettre les
communications à la portée de zones rurales et isolées et à assurer
l'acheminement de services essentiels tels que la télémédecine ou l'enseignement
à distance.
Je me réjouis donc de la poursuite de notre étroite coopération – surtout en ces
temps difficiles. D'ailleurs, les deux prochains jours, M. Dayan et moi-même
serons tous deux présents au Conseil des Chefs de secrétariat des organismes des
Nations Unies pour la coordination, qui se tiendra à Paris, et je compte bien
que nous unirons nos forces à cette occasion pour proposer des solutions
communes à la crise qui nous frappe tous.
Je vous remercie.
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