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Monsieur le Ministre,
Excellences,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
Je vous souhaite la bienvenue au Dialogue stratégique de
l'UIT sur les TIC.
Je suis certain de me faire le porte-parole de tous les
participants si je dis que je suis très honoré de la présence
ici, aujourd'hui, du Ministre Monsieur Mario Lino.
Je tiens également à vous adresser mes sincères remerciements,
au nom de l'UIT, pour le soutien sans faille et l'accueil
chaleureux que nous a réservés l'Administration du Portugal, en
accueillant ici à Lisbonne l'édition de 2009 du Forum mondial
des politiques de télécommunication. Je suis persuadé que grâce
à votre appui dévoué et à votre hospitalité, ce Forum sera
couronné de succès.
L'idée d'organiser le FMPT-09 remonte à la Conférence de
plénipotentiaires de l'UIT tenue à Antalya en 2006, lorsque les
Etats Membres de l'UIT ont manifesté leur intérêt pour les
incidences de la convergence et du passage aux réseaux NGN pour
le secteur des télécommunications.
Pour répondre à ces préoccupations ainsi qu'aux besoins de
ses membres, l'Union a engagé la préparation de ce Forum.
Toutefois, depuis lors, la crise financière et la récession
économique mondiale ont remis en question les bases mêmes du
système financier mondial et mis à l'épreuve nos gouvernements
et institutions internationales.
C'est la raison pour laquelle j'ai convoqué ce Dialogue
stratégique, avant le Forum, afin d'accorder une attention
particulière aux conséquences immédiates de la crise financière,
parallèlement aux problèmes à plus long terme que rencontre
notre secteur.
Chers collègues,
Comme vous le savez, le monde subit les retombées de
l'éclatement de la plus grosse bulle spéculative de l'histoire.
La récession économique qui s'en est suivie a fait perdre leur
emploi à des millions de personnes et a entrainé un repli marqué
du commerce international.
Malgré cette situation économique difficile, je ne suis pas
pessimiste.
La crise financière va mettre à l'épreuve de nombreuses
entreprises, mais va également, selon moi, donner naissance à de
nouveaux organismes, insuffler un nouveau dynamisme aux
communications et permettre l'arrivée sur le marché de nouveaux
acteurs ainsi que l'apparition de nouveaux modèles commerciaux
et de nouvelles technologies.
Toutes les crises ouvrent des opportunités nouvelles.
La Société des Nations est née au lendemain de la Première
guerre mondiale.
Les théories économiques et la gestion de la demande prônées
par Keynes ont été mises en pratique pour la première fois
pendant la Grande Crise.
De la Seconde guerre mondiale, nous avons hérité les
institutions issues des Accords de Bretton Woods et un nouveau
système de gouvernance mondiale.
Je suis convaincu que cette crise ne sera pas différente et
offrira de réelles possibilités à ceux qui seront assez rapides
et audacieux pour les saisir.
Le Sommet du G20 qui s'est tenu récemment à Londres a permis
de coordonner les mesures prises à l'échelle internationale pour
faire face à la crise. Je suis particulièrement satisfait de
constater que l'Article 25 de la Déclaration de ce Sommet
réaffirme les engagements pris par le G20 à l'égard des pays en
développement pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le
développement et invite l'ONU à mettre en place un mécanisme
efficace permettant de suivre les effets de la crise sur les
plus démunis et les plus vulnérables.
Deux jours après le Sommet du G20, les 4 et 5 avril, les
chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies se sont
réunis à Paris et ont accueilli favorablement les décisions
prises par le G20, tout en se déclarant plus que jamais résolus
à prendre d'urgence des mesures décisives.
Certes, différents organismes du système des Nations Unies se
sont déjà attelés à cette tâche, ce qui contribue à renforcer le
rôle de l'ONU en tant qu'instance sans équivalent qui permet aux
pays en développement de jouer leur rôle dans les débats et la
définition de scénarios postcrise.
La Conférence de l'ONU sur la crise financière et économique
mondiale et son impact sur le développement, qui aura lieu en
juin prochain, fera le point sur l'évolution de la situation et
continuera d'insister, j'en suis convaincu, sur l'importance
d'un contrôle et d'une réglementation accrus du système
financier.
Au cours de la réunion du Conseil des chefs de secrétariat
tenue à Paris, nous avons adopté neuf initiatives communes pour
aider les pays et la communauté mondiale dans son ensemble à
surmonter la crise, pour accélérer la reprise et pour ouvrir la
voie à une mondialisation plus juste et plus durable.
Je suis fier de dire que l'UIT a pris une part active dans ce
processus, en mettant l'accent sur la contribution que les TIC
apportent à la création d'emplois, à la croissance économique et
à l'amélioration de la productivité et de l'efficacité
économiques.
L'UIT contribuera à deux de ces neuf initiatives:
l'initiative pour une économie verte et l'initiative relative au
Pacte mondial pour l'emploi. Chose plus importante encore: l'UIT
prendra la direction de l'initiative relative aux technologies
et à l'innovation, conjointement avec l'OMPI et l'ONUDI.
A l'UIT, nous avons lancé notre propre programme de travail
pour suivre l'évolution de la crise financière et ses incidences
sur le secteur des télécommunications et des TIC et avons
publié, en février, notre rapport sur les effets de cette crise.
Cependant, les TIC ne subissent pas simplement les retombées de
la crise: elles peuvent aussi constituer un élément essentiel de
la solution à cette crise.
Les TIC ont un rôle à part entière à jouer pour favoriser la
reprise économique. Elles sont un élément moteur de la
croissance économique. Les nouvelles techniques de stockage des
données, de communication et de transmission ont permis de
réaliser des gains de productivité appréciables dans d'autres
secteurs économiques.
Conscients de l'importance que revêtent les TIC pour créer de
la croissance économique, plusieurs pays ont intégré dans leur
plan de relance économique des investissements considérables
dans les infrastructures large bande, en plus des systèmes large
bande nationaux existants.
Mesdames et Messieurs,
L'UIT organise aujourd'hui ce Dialogue stratégique dans le
cadre de son programme de travail, pour réfléchir aux meilleurs
moyens de faire face à la crise.
Vos débats seront déterminants pour définir les intérêts
stratégiques de l'industrie des TIC en ces temps difficiles. Je
vous engage à déterminer les principaux enjeux pour l'industrie
tels que vous les concevez, à réfléchir aux conséquences et à
formuler des stratégies possibles pour contribuer à atténuer les
effets de cette crise pour les principales parties prenantes.
Je souhaite entendre les différents points de vue des
opérateurs, des régulateurs et des décideurs sur les meilleurs
moyens d'affronter la crise, pour que l'UIT puisse faire ce
qu'elle sait faire le mieux, favoriser la réalisation d'un
consensus à partir d'opinions divergentes.
Je forme le vœux que le Dialogue stratégique d'aujourd'hui
joue un rôle important en aidant le secteur des
télécommunications à faire face à la crise.
Ensemble, je suis convaincu que nous pouvons apporter une
contribution utile en dégageant des orientations pour notre
secteur, tout en tirant les enseignements des connaissances des
décideurs et des spécialistes éminents et expérimentés qui vont
participer aux quatre sessions d'aujourd'hui, dont chacune
fournira des apports concrets à la prochaine édition du rapport
de l'UIT sur la crise.
Au cours de la première session, nous nous demanderons si
cette crise est différente. Nous examinerons la crise, ses
ressemblances et ses différences par rapport aux précédentes, et
étudierons les prévisions, si tant est que l'avenir puisse être
prévu. Il y a un an, rares sont ceux qui auraient pu imaginer un
marasme économique d'une telle ampleur. Aujourd'hui, rares sont
ceux qui peuvent en prévoir le dénouement.
Dans notre secteur, et dans la plupart des secteurs
financièrement importants des TIC, nous disposons de peu de
données historiques. Durant les précédentes récessions, la
téléphonie mobile et l'accès Internet à large bande n'étaient
pas des services grand public, si bien que la demande des
consommateurs pendant une récession n'a jamais été mesurée
sérieusement
Il y a des lueurs d'espoir, toutefois, tant globalement que
dans notre secteur.
A l'échelle mondiale, il semble que les prix de l'immobilier
sur les marchés les plus touchés commencent à se stabiliser et,
si ce n'est pas une condition suffisante en soi pour une reprise
plus nette, c'est une condition nécessaire.
S'agissant des TIC, je suis heureux de constater que certains
gouvernements se sont engagés à développer largement les
infrastructures, dans le cadre d'un plan général de relance
budgétaire, et à faire davantage pour le monde en développement,
en particulier par le truchement d'institutions comme le FMI et
la Banque mondiale.
Au cours de la deuxième session, nous examinerons un thème
qui m'est particulièrement cher: comment l'investissement et le
financement dans le secteur des TIC peuvent contribuer à
surmonter la crise.
Il est particulièrement encourageant, comme je l'ai déjà dit,
de voir que certains s'engagent à mettre en place de nouveaux
réseaux pour combler la fracture numérique, ce qui aura une
importance cruciale pour la fourniture d'un accès économique et
facile aux services Internet à large bande au cours des années à
venir. La coopération public-privé pour le financement de ces
nouveaux investissements est impressionnante, surtout dans des
domaines clefs comme le partage des infrastructures.
Ceux qui me connaissent savent que je ne crois pas beaucoup à
l'aide, mais que je crois plutôt à la création d'environnements
favorables à la prospérité des entreprises.
Nos manifestations "Connecter le monde", dont la première a
eu lieu en 2007 en Afrique et dont la prochaine aura lieu au
Bélarus en novembre, témoignent du succès que peut remporter
cette approche favorable aux entreprises, puisqu'elle stimule
les économies du monde en développement et l'innovation.
J'ai donc été très encouragé de constater que le 1,1 milliard
de dollars promis lors du sommet du G20 tenu à Londres au début
du mois iront avant tout aux pays en développement victimes de
la crise.
Au cours de la troisième session de cette journée, nous
examinerons les stratégies des opérateurs de télécommunication,
surtout face à la baisse constante des prix, baisse sensible
pour les consommateurs du monde entier et notamment des pays en
développement, mais baisse qui accentue la pression subie par
les entreprises, surtout en temps de crise. Il sera intéressant
d'entendre ce que les régulateurs et les opérateurs auront à
dire et de savoir comment le marché réagit à l'évolution de la
demande des consommateurs.
Enfin, au cours de la quatrième session, il sera question de
l'expérience du secteur privé. Les grands acteurs du secteur des
TIC nous donneront les dernières nouvelles et les derniers
points de vue de leur secteur, et je me réjouis de la
perspective d'en apprendre plus sur les dernières technologies
en cours de développement.
Chers collègues,
Tout en reconnaissant les problèmes bien réels auxquels est
confronté le monde, et notre secteur, il me paraît important de
rester positifs. Et nous avons en fait tout lieu de l'être.
Les télécommunications et l'Internet sont désormais des
plates-formes de services vitales, qui sous-tendent le commerce
international et le système financier mondial, ainsi que les
communications personnelles.
Nous ne devons pas oublier que le secteur des TIC a créé plus
d'emplois au cours des 5 dernières années que tout autre secteur
de l'industrie.
La demande de téléphonie mobile reste forte, notamment dans
les grands marchés émergents que sont le Brésil, la Chine,
l'Inde et le Nigéria, qui continuent d'enregistrer une
augmentation du nombre d'abonnés.
Les TIC font partie des outils les plus puissants dont
disposent les entreprises pour améliorer leur efficacité et
réduire leurs coûts. Et les matériels et technologies de
communication comme la téléprésence vont prendre de plus en plus
d'importance, à l'heure où les entreprises réduisent les
déplacements professionnels.
Pour terminer, je voudrais partager avec vous une citation
que j'ai lue récemment et dont la pertinence au vu de la crise
actuelle m'a frappé, surtout par rapport au rôle des TIC:
"Si nous sommes unis, il y a peu que nous ne puissions faire
ensemble. Si nous sommes divisés, il y a peu que nous puissions
faire."
Ces paroles ont été prononcées, bien sûr, par John F. Kennedy
dans son discours inaugural, il y a près de 50 ans, mais elles
restent vraies aujourd'hui.
Dans ce Dialogue stratégique, soyons donc unis, cherchons
ensemble des solutions à la crise qui stimuleront
l'investissement et la croissance, en particulier dans les pays
en développement.
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