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Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Honorables Chefs de délégation, chers délégués,
C’est avec un grand honneur que je vais vous présenter
l’intervention de S.E.M BELLO BOUBA Maigari, Ministre d’Etat,
Ministre des Postes et Télécommunications du Cameroun qui, pour
des raisons indépendantes de sa volonté, n’est pas encore avec
nous à cet instant.
C’est avec un grand intérêt que la délégation camerounaise
que je conduis à ces assises a suivi votre rapport si pertinent
et si profond qui relève avec précision les différents problèmes
que posent l’introduction des nouvelles technologies basées sur
la convergence dans nos réseaux des télécommunications et les
nouveaux services induits. L’usage de plus en plus courant de
l’internet dans nos sociétés facilite à l’évidence l’accès à
l’information et au savoir, mais aussi pose un certain nombre de
problèmes de sécurité et d’éthique à nos Etats.
C’est pourquoi, par sa décision n°9 la Conférence de
plénipotentiaires de l’UIT d’Antalya 2006 a opportunément décidé
de convoquer la quatrième session du Forum mondial des
politiques des télécommunications qui nous réunit ici et qui
représente pour nous tous une unique occasion d’échange de vues
et d’information, afin de mieux orienter nos politiques et
stratégies de mise en œuvre d’une société de l’information plus
juste et plus équitable, au service de tous les êtres humains,
sans discrimination.
C’est pour moi l’occasion de présenter à cette auguste
assemblée Comment le Cameroun s’adapte à l’évolution des
technologies et des services observée dans le secteur des
télécommunications et des TIC au cours de cette dernière
décennie.
En effet, avant 1998, le secteur des télécommunications était
géré par l’Etat qui assurait à la fois la politique
réglementaire et l’exploitation. Le secteur qui n’était pas
libéralisé comptait à peine 5000 abonnés fixes et mobiles c
onfondus pour une population d’environ 15 millions d’habitants
(soit 1 téléphone pour 3000 habitants). L’Etat ayant constaté
que les résultats escomptés n’étaient pas atteints, a libéralisé
le secteur en l’ouvrant à la concurrence. Deux concessions de
téléphonie mobile ont été octroyées à des entreprises privées (MTN
et ORANGE Cameroun), tandis qu’une concession de téléphonie fixe
a été octroyée à la société publique CAMTEL. Environ une
centaine d’autorisations et licences ont été accordées à des
fournisseurs d’accès et de services notamment de l’Internet.
En 2005, le Gouvernement a adopté une stratégie sectorielle
dans le domaine des télécommunications et des TICs fixant des
objectifs sectoriels pour la période allant de 2005 à 2015. Ces
différentes actions ont permis d’enregistrer à ce jour des
progrès considérables. Ainsi, à ce jour, le Cameroun compte plus
de 6 millions d’abonnés pour une population de 18 millions
d’habitants (1 téléphone pour 3 habitants). Le taux de
pénétration de l’internet a également progressé.
Cependant, ces progrès enregistrés cachent un certain nombre
de problèmes cruciaux que l’ Etat est appelé à résoudre à brève
échéance : les coûts des services au client restent très élevés
; la multiplication de nouveaux services dus à la convergence
induit de gros investissements sur le réseau dorsal haut débit
national ; la convergence des réseaux rend inadaptée la
réglementation en vigueur ; la vulgarisation des réseaux de
communications électroniques pose le problème de la sécurité des
données à plusieurs niveaux.
Fort de ces constats, le Gouvernement s’est engagé dans un
vaste chantier de refonte de la réglementation du secteur pour
l’adapter au contexte de la convergence. Ainsi, une nouvelle loi
régissant les communications électroniques devrait remplacer
l’ancienne loi régissant les télécommunications au Cameroun, en
vue de simplifier le régime d’attribution des licences qui
seront désormais unifiées et multiservices. Une loi régissant la
cybersécurité et la cybercriminalité permettra à l’Etat de
garantir aux citoyens une meilleure confiance dans l’usage des
services offerts par les réseaux électroniques.
Et enfin, le Cameroun est d’avis que les nouveaux enjeux
créés par la convergence des technologies appellent à une
révision du Règlement des Télécommunications Internationales (RTI).
Il a d’ailleurs soumis une question à cet effet à la Commission
d’étude 3 de l’UIT-T et au Groupe d’Experts chargé de l’examen
du RTI. Je souhaite que cette question soit examinée avec la
plus grande attention.
Ma délégation remercie le Portugal pour l’accueil chaleureux
qui nous a été réservé.
Merci de votre aimable attention.
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