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Monsieur le Président, monsieur le Secrétaire Général,
mesdames et messieurs les participants, bonjour.
Tout d’abord, je commence mon intervention par remercier
monsieur le Secrétaire Général de nous avoir invité à ce forum
et féliciter monsieur le Président pour son élection à la
présidence de ce forum.
Parmi les événements de l’UIT de l’année 2009, figure le forum
mondial des politiques de télécommunication (FMPT-09) et
l’Algérie n’épargne aucun effort pour la réussite de cet
événement de grande envergure qui, à plusieurs titres, revêt un
caractère important pour la communauté internationale en
général, pour les pays en développement en particulier.
L’Algérie portée par une volonté politique qui donne la priorité
absolue au développement et à la généralisation des TIC pour
contribuer au bien être du citoyen, s’est inscrite totalement
dans le cadre de la déclaration de principes et aux décisions du
sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) dont la
deuxième phase s’est tenue à Tunis et a pris des mesures pour
répondre favorablement au plan d’actions, que ce soit au plan
interne, par la mise en œuvre d’un programme ambitieux à savoir
la stratégie e-Algérie 2013, ou externe par une contribution
financière importante au fonds de solidarité numérique ou par
des initiatives à portée régionale, tel le projet de réalisation
de la fibre optique Alger – Abuja, inscrit dans le cadre du
NEPAD.
La stratégie e-Algérie 2013 s’inscrit dans une vision
d’émergence de la société algérienne du savoir et de la
connaissance, en tenant compte des mutations profondes et
rapides que le monde connaît. Cette stratégie, qui préconise un
plan d’action cohérent et vigoureux, vise à renforcer les
performances de l’économie Algérienne, de ses entreprises et de
ses administrations. Elle vise aussi à améliorer les capacités
d’éducation, de recherche et d’innovation, à faire émerger des
grappes industrielles TIC, à accroître l’attractivité du pays et
à améliorer la vie des citoyens en encourageant la diffusion et
l’utilisation des TIC.
L'un des sujets présentant actuellement un grand intérêt est la
convergence, qui est devenue l’un des mots les plus usités de
l’industrie des TIC. On parle de convergence pour pratiquement
tout phénomène qui traduit le rapprochement toujours plus étroit
entre les secteurs de l’informatique, de la radiodiffusion et
des télécommunications. La convergence technologique, ou le
développement de l’interopérabilité des réseaux, constitue un
problème de premier ordre pour tous ceux qui sont chargés de
légiférer et de réglementer dans les différents secteurs.
Il s’agit donc :
Pour tout Etat, de partager les ressources et les possibilités
offertes par le réseau Internet dans le cadre de coordinations
régionale et internationale. Ce partage ne pourra être juste et
équitable qu’avec une gouvernance de l’Internet impliquant
toutes les parties prenantes de la société de l’information ;
Dans ce cadre, notre proposition se fonde sur la maitrise de
tous les éléments constitutifs du réseau Internet et des
instances de gouvernance. Au moment où nous abordons les
questions des systèmes ubiquitaires, de réseaux de
prochaine génération et de neutralité des réseaux, il devient
nécessaire de réguler et normaliser la recherche, le
développement, l’achat, la distribution et enfin l’usage des
équipements technologiques en fonction des besoins, du niveau de
développement des pays et de leurs contraintes, et ce, en
adéquation avec les normes et procédures internationales.
Pour l’UIT, d’aider à la création d’un institut régional
(africain ou maghrébin en ce qui nous concerne) de normalisation
des télécommunications afin d’optimiser l’utilisation des
ressources rares (capacités de l’Internet et du spectre des
fréquences radioélectriques), de coordonner les politiques en
matière de technologies, d’uniformiser les architectures
des réseaux afin d’en faciliter l’interopérabilité et
l’interconnexion régionales en vue d’une meilleure appropriation
de l’Internet et de l’intégration des services.
L’apparition des réseaux de nouvelles génération dits NGN
renouvelle des problématiques bien connues : l’accès,
l’interconnexion, la qualité de services, le service universel,
la régulation de la concurrence,….
En effet le déploiement des réseaux fixes et mobiles sur la
technologie IP soulève des problèmes d’interconnexion de réseaux
hétérogènes. Bien que des passerelles permettent aujourd’hui
l’interopérabilité entre des systèmes technologiques différents,
l’interconnexion de tels réseaux se traduit par des situations
complexes à résoudre.
Dans ce nouvel espace multimédia unifié, des discriminations
sociogéographiques pourraient se manifester au niveau de l’accès
à un réseau NGN. Qui aura accès à ce réseau? A quels couts? Pour
quels services?
Quant à l’internet, les pays en développement ont fondé sur lui
de grands espoirs. Le bien être qu’il a procure, en termes de
liberté d’expression et d’accès à l’information, suffit-il à ces
pays pour tirer profit de la multitude d’opportunités qu’il
offre? Les enjeux liés à la connectivité et au cout de celle-ci
constituent les problématiques, encore insolubles, pour les pays
en développement. Selon plusieurs experts, ils peinent à faire
d’Internet un paramètre de leur stratégie globale de
développement et par conséquent, à trouver des solutions pour en
tirer profit.
En Algérie, la gestion du nom de domaine est l’une des actions à
mener dans le cadre de la stratégie e-Algérie 2013, notamment
dans son axe majeur E : Renforcement de l’infrastructure des
télécommunications à haut et très haut débit qui se compose de
quatre objectifs spécifiques à savoir la mise à niveau de
l’infrastructure nationale des Télécommunications, la
sécurisation des réseaux, la qualité de service des réseaux et
la gestion efficace du nom de domaine « .dz ».
Autre élément qui ne fait pas d’internet un outil abordable dans
les pays en développement est l’absence de distinction entre les
connections internationales, qui sont les plus chères et les
connections locales. L’une des raisons de ce cout élevé tient au
fait que la plupart des pays en développement utilisent la
largeur de bande internationale pour échanger des données au
niveau local. Des études indiquent que plus de 90% de la
connectivité IP internationale transite par l’Amérique du nord.
Par conséquent, les flux monétaires vont des pays en
développement situés au sud vers les pays développés du nord.
Il est possible cependant d’atténuer la tendance par la mise en
place de points d’échanges IXP pour gérer le trafic local. Ce
qui réduirait le cout de la connexion.
L’Algérie émet le souhait que soient apportés des correctifs
substantiels au mécanisme de gouvernance de l’Internet à même de
permettre aux pays en développement d’y participer plus
activement. Elle salue à cet égard le rôle dévolu à l’UIT par la
résolution 102 adoptée par la Conférence de Plénipotentiaires
d’Antalya 2006 et est convaincue que ce rôle peut-être un des
instruments par le biais desquels des solutions consensuelles
pourront être trouvées à cette question.
Les principales questions de politique publique évoquées dans le
manuel sur les réseaux IP et dans la résolution 102 sus évoquée
sont celles sur lesquelles les efforts multilatéraux devront se
déployer et concernent notamment les investissements dans les
infrastructures et services, la version 6 du protocole IP, le
système ENUM, les noms de domaines internationalisés (IDN), le
multilinguisme, le renforcement des capacités et l’assistance
technique.
Le renforcement du rôle de l’UIT doit assurément être encouragé
pour ce qui a trait à l’instauration d’un environnement
permettant aux pouvoirs publics de s’acquitter de leur rôle, sur
un même pied d’égalité, sur les questions de politiques
internationales liées à l’Internet. Les mécanismes devant
permettre le renforcement de la participation des pays en
développement au sein de GAC ou de l’ICANN doivent être revêtus
d’effectivité.
Sur le point de la gestion des ressources de l’Internet,
l’Algérie encourage un rôle plus accru de l’UIT et de ses Etats
Membres dans la gestion des fichiers et du système de zone
racine ainsi que dans l’attribution des noms de domaine et dans
l’adressage IP, les mécanismes de gouvernance du secteur privé
ne suffisant pas à eux seuls à instaurer l’équité désirée.
L’Internet multilingue doit être promu par tous moyens car il
est le support de la mondialisation qu’il porte en lui et, dans
cette optique, le travail technique consistant à déployer des
noms de domaine de premier niveau de type IDN doit être
encouragé. La question liée au multilinguisme est de la plus
haute importance car détermine l’avenir d’un patrimoine culturel
et linguistique déjà érodé faute de mise en œuvre d’outils de
préservation.
Afin de gérer souverainement les ressources de l’Internet,
il y a nécessité de créer une institution régionale
(africaine) pour la gouvernance de l’Internet, en relation avec
l’UIT et les services concernés de l’Organisation des Nations
Unies. Dans le but de faire participer les pays en
développement, de l’Afrique en particulier, aux décisions
importantes concernant le développement de l’Internet, de ses
ressources et de son usage, une proposition se résumant en 3
points est soumise à l’examen du Forum :
- La création d’une autorité suprême de gestion des
ressources de l’Internet sous l’égide de l’ONU, avec le
concours technique de l’UIT. Des conférences mondiales et
régionales sur la gouvernance de l’Internet viendraient
appuyer le développement de l’Internet et un Conseil de la
gouvernance, composé de représentants des familles des
parties prenantes veillerait aux principes d’une gouvernance
participative ;
- La création d’un institut africain de
normalisation des télécommunications ;
- La subvention des projets structurants de
Recherche et Développement (ex. DNS africain).
La différence, entre pays développés et pays en voie de
développement englobe le cadre juridique et réglementaire dans
son ensemble. Disparates, les législations dans les pays en
développement sur les télécoms/TIC semblent dépassées face aux
innovations technologiques croissantes et rapides.
Elles conçoivent de manière séparée, la régulation des médias
classiques et celle des télécommunications alors que ces deux
branches s’interpénètrent de plus en plus, utilisant les mêmes
supports pour transmettre l’information. Autrement dit, elles
peinent à prendre en compte la convergence, concept stratégique
au cœur des TIC.
Le Sommet mondial sur la société de l’information accorde
un grand intérêt au renforcement du climat de confiance,
particulièrement grâce à la sécurité de l’information, des
réseaux, aux procédures d’authentification et à la protection
des données personnelles.
La solution au problème est non seulement d’ordre technique,
mais aussi de nature juridique en mettant en œuvre des cadres
cyber-juridiques et cyber-réglementaires adéquats au niveau
national et supranational, qui se traduisent par la promulgation
de lois nationales, d’accords régionaux et de Conventions
internationales, à l’instar de la Convention européenne sur la
cybercriminalité définissant les responsabilités des Etats dans
l’identification des sources d’agressions relatives aux réseaux,
à la sécurité de l’information des contenus, la protection des
données personnelles et la vie privée des internautes, et la
création de structures chargées du contrôle et de la
vérification à l’échelle planétaire.
L’Algérie qui s’inscrit dans la mise en œuvre de la Déclaration
de principes et du plan d’actions Genève et de l’Agenda de
Tunis, s’emploie, au travers de sa stratégie e-Algérie 2013, à
mettre à niveau son cadre juridique en tant qu’axe majeur,
notamment dans le domaine de la préservation de l’identité, des
données personnelles et de la vie privée, et de la protection
des transactions électroniques contre les actes subversifs et
criminels.
Par ailleurs, l’Algérie, qui soutient activement le programme
mondial de cybersécurité lancé en mai 2007 par l’UIT, souhaite
conclure très prochainement un accord portant sur un transfert
du savoir-faire en la matière avec cette organisation.
L’Algérie soutient également et avec force l’initiative de
protection des enfants en ligne (COP) lancé lors du segment de
haut niveau de la session de 2008 du Conseil de l’UIT car elle
considère que cette couche de la société est la plus vulnérable
à la cybercriminalité et par conséquent, elle mérite toute
l’attention de la société étant entendu que la i-génération de
demain est constituée de nos enfants d’aujourd’hui.
A ce titre, l’Algérie envisage de célébrer la journée mondiale
des télécommunications de l’UIT 2009 dédiée à la protection des
enfants de l’espace cybernétique et entreprend, à cet égard, des
actions de sensibilisation de grande envergure.
En guise de conclusion, il importe de retenir que les pays en
développement, l’Afrique, en particulier subissent les
évolutions technologiques et qu’à ce titre la prise de
conscience de cet état de fait doit se traduire par des
politiques internes à même de contribuer à en atténuer les
effets. C’est ainsi que l’Algérie a pour sa part dans le cadre
de la e-stratégie 2013, entrepris des actions de formation à
grande échelle qui ont été lancées dès la fin de l’année 2008 et
qui concerne des centaines de milliers de personnes
–fonctionnaires, écoliers, journalistes, associations
professionnelles et de protection des consommateurs,..-.
Cette formation est dispensée en ligne pour permettre une large
diffusion de la culture numérique et une appropriation des TIC
au bénéfice des citoyens et des utilisateurs des secteurs public
et privé.
Enfin, je tiens à remercier le pays hôte le Portugal pour son
hospitalité et son organisation parfaite de ce forum.
Merci pour votre attention.
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