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Déclaration de la Délégation de la Grèce à l'occasion de la CMDT-02

Déclaration de politique générale
de la
Délégation de la Grèce
Grèce

mars 2002

S’adresser aujourd’hui à la 3e CMDT (Istanbul, 2002) de l’UIT c’est pour la Délégation de la Grèce un exercice plein des sentiments à la fois d’émotion et de fierté.

D’émotion, parce que la Grèce fit parmi les protagonistes pour l’ institutionnalition de l’aide organisée en faveur du développement mondial des télécommuncations.

De fierté, car les rêves d’une époque pas trop lointaine se sont transformés avec sa contribution en réalités tangibles dont la plus importante la présente 3e CMDT.

Parler du développement mondial des télécommunications, c’est dialoguer de la pure politique et de ses réalisations et acquis dans le passé et de ses projections et perspectives dans le futur.

La vision originelle et les acquis

La Grèce fit presque le seul parmi les pays occidentaux qui ont partagé l’idée et soutenu l’initiative des Secrétaire général et Vice-Secrétaire général d’alors M.M. Richard Batler et Jean Jipguep pour la réunion de la 1e Conférence Mondiale pour le Développement des Télécommunications tenue à Arusha (Tanzanie) en mai 1985. Une conférence autant minée à l’époque par la grande majorité des pays industrialisés, bien que son objectif suprême fit vraiment formidable et hautement noble : une ligne téléphonique fixe par ménage en l’an 2000.

L’initiative pour l’institutionnalisation de l’action internationale organisée en faveur du développement mondial des télécommunications qui se lança à Nairobi en 1982 par la création de la Commission Maitland, se concrétisa dans la Déclaration d’Arusha en 1985 et se cristallisa d’abord à Nice en 1989 par la création du BDT et ensuite à Genève en 1992 par la constitution du Secteur UIT-D, fit long de 10 ans et très dur, mais aussi très animé et avec des profonds changements des attitudes politiques initiales. Or, malgré les toutes premières oppositions de la part des pays économiquement avancés, cette initiative a finalement connu un succès considérable, pour lequel nous devons féliciter et remercier tous ceux qui ont travailler avec ardeur et détermination pour son achèvement.

La thèse politique de la Grèce en la matière fit toujours claire et concrète. Prendre toute mesure pour retrouver et reconstituer le chaînon manquant de la chaîne unifiant en vraie société l’humanité toute entière. C’est la raison pour laquelle nous avions dès lors soutenu qu’il existe au niveau international d’une part un droit au développement, et d’autre part une obligation pour l’aide au développement des réseaux ainsi que des qualités techniques des hommes.

Nous sommes très fiers car de manière presque prophétique nous avions dès le début de cette initiative décrit les grandes lignes directrices du processus que le développement des télécommunications devrait suivre pour atteindre ses objectifs.

Dans cet ordre d’idées et de politiques la Grèce il y a 3 ans s’est engagée auprès du Comité des Utilisations Pacifiques de l’Espace Extra-atmosphérique des Nations Unies (UN/COPUOS) d’organiser gratis de Cours de droit international de l’espace et de télécommunications au sein des Centres Régionaux affiliés au Programme des Applications Spatiales des Nations Unies pour l’Afrique francophone (Maroc) et anglophone (Nigeria) pour la diffusion de la science et des technologies spatiales.

De même, la Grèce au sein de ce même Comité des Nations Unies a récemment entrepris une initiative de promotion de la plus forte et étroite coopération de celui-ci avec l’UIT et la COMEST de l’UNESCO.

A ce propos, je dois faire un sincère et urgent appel au BDT et au Secrétariat général de l’UIT pour une plus étroite coopération avec d’une part le UN/COPUOS concernant surtout la mise en oeuvre des Programmes des Applications Spatiales des NU ainsi que des Recommandations de l’UNISPACE III, et d’autre part la COMEST de l’ UNESCO pour l’ éthique.

Enfin, concernant le secteur privé en Grèce, notre bien connue grande industrie de télécommunications et d’informatique INTRACOM en collaboration avec la prestigieuse Université du Pittsburgh des états Unis Carnegie Mellow a fondé l’ Institut Technologique d’Athènes qui fonctionnera à partir de septembre prochain pour offrir gratuitement à 50 étudiants boursiers par an un enseignement post-universitaire de spécialisation en télécommunications et informatique.

Les perspectives dans le futur

à Minneapolis des états Unis en 1998 lors de la Conférence de Plénipotentiaires de l’UIT la Grèce avait beaucoup insisté sur le fait que le développement mondial des télécommunications devrait être basé sur la solidarité mondiale par les similitudes et par la division du travail, comme l’enseignait dès les années 30 le grand juriste et humaniste, fondateur de l’école sociologique du droit international, professeur français Georges Scelle.

À Davos de la Suisse en 1999 lors du Forum économique mondial le Patriarche œcuménique Bartholomé I, Primat de l’église orthodoxe, a parlé de sa conviction et détermination pour la promotion de la mondialisation de l’amour au lieu de la haine et de l’hypocrisie, et pour la promotion de la mondialisation de la communication et de la collaboration au lieu des antagonismes.

À Monterrey du Mexique il y a 5 jours lors de la Conférence des Nations Unies pour le financement du développement le Président français M. Jaques Chirac a aussi parlé des biens publics mondiaux et de la nécessité de la mondialisation de la solidarité exactement pour qu’on puisse éviter ce que le Président cubain M. Fidel Castro se référant au néolibéralisme a qualifié comme génocide.

Quelle est ainsi la situation actuelle dans le secteur des télécommunications mondiales après exactement 17 ans depuis la Conférence d’ Arusha ?

Donnez svp un coup d’œil aux indicateurs et autres données statistiques contenus dans les deux brochures du BDT intitulés «Résumé du Rapport sur le développement des télécommunications en 2002» et «Invitation à combler l’écart numérique», et je vous assure que vous aller sans doute sentir la même honte et tristesse que moi-même je sens chaque fois que j’utilise mon portable, cet appareil diabolique, en pleine connaissance qu’en Afrique, en Asie ou même en Amérique latine une femme enceinte ou un malade n’ont pas la moindre possibilité de communiquer avec une femme sage ou un médecin respectivement. En conséquence, là où n’existent pas des réseaux d’eau potable ou même d’électricité, on n'a pas le droit au niveau éthique de considérer l’expansion de la radiotéléphonie mobile comme indice de développement.

Nous parlons ici, ainsi que dans d’autres enceintes internationales, de manière plus ou moins technocratique, du fossé numérique, et aussi nous proposons ex cathedra des formules et recettes de guérison. Mais ce très grave handicap qui frappe le 2/3 des pays du monde n’est pas seulement technologique. Il s’agit plutôt d’un vrai schisme socio-écono-mique qui divise l’humanité en faisant ainsi impossible sa réelle communication, donc son unité.

Que donc faut-il en faire ?

  • Il faut normaliser le grand déséquilibre géographique de la distribution des réseaux et du trafic dans l’Atlas mondial des télécommunications.
  • Il faut freiner la marginalisation technologique et socio-économique des pays et des peuples de notre planète.
  • Il faut assurer la modernisation des infrastructures non seulement par la numérisation, mais aussi par l’amélioration des techniques existantes.
  • Il faut garantir le service universel y compris l’accès à l’Internet.
  • Il faut assurer l’interconnectivité, l’interopérabilité et l’accessibilité équitable et réelle aux réseaux et systèmes modernes de télécommunication par la garantie des prix raisonnables et abordables sur la base du coût et non pas de la spéculation commerciale.
  • Il faut préserver les ressources rares des radiofréquences, des positions orbitales y associées, et des numéros, qui n’appartiennent pas aux états mais à l’ensemble de l’humanité.
  • Il faut introduire un droit unifié de la télécommunication.
  • Il faut imposer une taxe internationale sur tous les contrats de fourniture du matériel d’équipement conclus entre les pays en développement et les grandes firmes multinationales.
  • Il faut un système de contrôle international pour la protection de tous les pays et non seulement ceux en voie de développement, contre la cybercriminalité (fraude commerciale, abus sexuels, perturbation de voies de communication) et le terrorisme électronique, y compris la propagande néonazie et l’incitation à la purification ethnique.
  • Il faut en outre comprendre que le Secteur du Développement et l’UIT en général ne sont pas un fond monétaire mais un consultant crédible et un avocat efficace des causes justes des pays déprimés.
  • Il faut travailler tous ensemble pour le renouveau de la structure organisationnelle de l’UIT pour devenir encore plus efficace et efficiente.
  • Il faut de ne pas permettre la falsification ou l’aliénation de la nature à la fois publique et humaniste de cette instance par sa transformation en podium pour la promotion des ventes et des autres intérêts économiques des équipementiers et d’autres entreprises privées du domaine de la télécommunication et de l’informatique.
  • Il faut sauvegarder l’intégrité du réseau mondial de télécommunication et condamner sévèrement tout acte de destruction volontaire sur la base de n’importe quel prétexte légaliste, en considérant ces actes comme un crime contre l’humanité.
  • Il faut, en fin de compte, retrouver et restituer le chaînon manquant et ainsi réunifier les peuples du monde entier.

Or, la jonction et la disparition du fossé numérique et, en général, le développement des télécommunications, est un grand problème et défi à la fois politique et éthique.

Il s’agit précisément d’une obligation impérative catégorique de travailler pour un développement équilibré et durable des télécommunications, autrement dit pour établir et maintenir au niveau planétaire une vraie et réelle société de communication et pas seulement d’information. Et personne n’a pas le droit d’y être absent.

Ainsi, permettez-moi de clore cette courte intervention en vous citant ce que l’un des plus illustres Pères de l’église et pédagogue du 4e siècle, St Basile le grand, archevêque de la Caisserie de Cappadoce, dans sa sainte liturgie, nous appelle à faire:

Prier au Seigneur pour la paix du monde entier et pour l’ unification de tous.

Ainsi soit-il.

 

 

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Mis à jour le 2002-06-13