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| Photographe: ITU/V. Martin |
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Résumé analytique
Le rôle des technologies hertziennes sera déterminant
pour assurer une couverture large bande universelle. Le
large bande mobile, en particulier, sera essentiel pour la
fourniture de services sur mobile, par exemple dans les
domaines de la santé ou de l'apprentissage, ce qui aidera
les gouvernements à atteindre, à l'horizon 2015, les
objectifs de connectivité qui ont été fixés par le Sommet
mondial sur la société de l'information et les Objectifs du
Millénaire pour le développement définis par l'Organisation
des Nations Unies.
Un accroissement de 10% de l'utilisation du large
bande entraînerait, selon les estimations, une augmentation
de plus de 1% du produit intérieur brut (PIB). Le
large bande est considéré comme un moyen privilégié
pour favoriser l'économie numérique, et tout retard pris
dans l'attribution de fréquences pourrait compromettre
la croissance.
Afin de réunir les conditions pour un avenir hertzien,
les gouvernements devraient élaborer une politique
détaillée relative aux technologies de l'information et de
la communication (TIC), intégrant un plan sur le large
bande. Il est nécessaire que les régulateurs et les décideurs
mettent en place une réglementation qui stimulera
les opérateurs et leur permettra de continuer à déployer
des infrastructures, y compris des réseaux large bande,
non seulement dans les zones urbaines, mais aussi dans
les zones rurales et isolées où les populations sont peu,
voire pas du tout, desservies.
Tels ont été certains des messages clés émis par le
Forum mondial des chefs d'entreprise du secteur des
TIC (GILF-10), qui s'est tenu le 9 novembre 2010 à l'hôtel
Président Méridien de Dakar (Sénégal), juste avant le
Colloque mondial des régulateurs (GSR), lequel a eu lieu
au même endroit, du 10 au 12 novembre 2010. Ces deux
manifestations avaient un thème commun: «Favoriser le
monde numérique de demain».
Le Forum a été ouvert par Fatou Ndiaye Diop Blondin,
Ministre des technologies de l'information et de la communication
du Sénégal, et a donné lieu à des discussions
interactives entre des représentants d'acteurs majeurs
du secteur des TIC dont Alcatel-Lucent, Bharti Airtel,
Ericsson, France Orange, la GSM Association, Intersat
Africa Ltd, MTN, SES et Zain. Plus de 200 chefs d'entreprise
ont pris part aux discussions et répondu à une série
de questions sur les thèmes suivants: «Réunir les conditions
pour un avenir hertzien» et «Créer un environnement
politique et réglementaire
peu contraignant».
Le très grand intérêt pour
le développement de réseaux
sans fil et la notion de «cadre
réglementaire léger» qui s'était
manifesté durant le Forum
mondial des chefs d'entreprise
du secteur des TIC de 2009 a
conduit à choisir ces sujets pour
le Forum de 2010. Les recommandations
adoptées par le
Forum ont été présentées par
son Président au GSR pour examen
dans le cadre de l'élaboration
de ses lignes directrices sur
les bonnes pratiques 2010. Les
recommandations, dont certaines
sont présentées ci-après,
ont également été diffusées
auprès d'autres régulateurs et
décideurs à l'échelle mondiale.
Situer le sujet
S'exprimant à l'ouverture du Forum, Sami Al Basheer
Al Morshid, Directeur du Bureau de développement des
télécommunications (BDT) de l'UIT, a mis en évidence le
fait que le secteur privé, les pouvoirs publics et les régulateurs
ont tous d'importants intérêts communs. «Nous
travaillons tous dans le même but: assurer la croissance
et le dynamisme du secteur des TIC», a-t-il déclaré. «Si,
en travaillant ensemble, nous parvenons à étendre les
avantages des TIC à un maximum de personnes dans le
monde, nous aurons toutes les chances de gagner. Nous
avons vu que les marchés des TIC dont la croissance est
la plus rapide sont les marchés émergents, en particulier
pour ce qui est des services mobiles. Nous devons à présent
oeuvrer ensemble pour étendre ces progrès à l'expansion
des réseaux large bande, en vue de créer une
plate-forme pour de nouveaux services innovants tels
que, entre autres, des services bancaires, d'administration
publique et de santé sur support mobile».
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| Photographe: ITU/V. Martin |
Fatou Ndiaye Diop Blondin Ministre des technologies de l'information
et de la communication du Sénégal |
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| Photographe: ITU/V. Martin |
Mahfoudh Ould Brahim Président du GILF-10 et Directeur général
adjoint d'Expresso (Sénégal) |
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| Photographe: ITU/V. Martin |
Isabelle Mauro Directrice des relations extérieures de
la GSM Association, qui représente près
de 800 opérateurs mobile dans le monde,
ainsi que plus de 200 entreprises actives
dans l'écosystème mobi |
Mme Diop Blondin s'est réjouie
de constater que les questions
inscrites à l'ordre du jour
du Forum mettent l'accent tout
particulièrement sur la réduction
des obstacles aux investissements
dans les TIC dans les
pays en développement ainsi
que les pays les moins avancés.
«Convenez avec moi que
si l'Etat a la responsabilité de
mettre en place le dispositif législatif
et règlementaire devant
encadrer les services TIC, le secteur
privé que vous représentez
devrait être à l'avant-garde de
la réflexion et des propositions
innovantes pour qu'ensemble
nous puissions trouver les
meilleures réponses.»
Au Sénégal, le chef de l'Etat,
le Président Abdoulaye Wade, accorde une place de choix
aux TIC et au rôle du secteur privé comme moteur de
la croissance et du développement numérique. «Le gouvernement
du Sénégal, que j'ai l'honneur de représenter
ici, est à votre écoute et s'engage à appuyer les recommandations
qui découleront de vos travaux», a conclu
Mme Diop Blondin.
Selon Mahfoudh Ould Brahim, Président du GILF-10,
et Directeur adjoint de l'opérateur Expresso (Sénégal),
«Les besoins de plus en plus exponentiels des services de
communications en matière de spectre de fréquence, en
particulier pour les services sans fil large bande et à mobilité
totale, nécessitent en effet la refonte de l'ensemble
des politiques jusqu'ici appliquées en matière d'allocation
des ressources rares du champ
hertzien». Il importe dans ce cadre
de réfléchir sur les voies et
moyens appropriés afin d'établir
une clé de répartition optimisée
entre les différents allocataires
et les différents services, de définir
des règles d'une gestion
économique rationnelle des ressources
en fréquences, d'assurer
l'accès à ces ressources dans
des conditions équitables et
transparentes et de promouvoir
l'innovation en matière d'usage
efficient du spectre.
M. Ould Brahim a ajouté
que: «Sur un autre plan, l'impact
des politiques fiscales sur
le développement de l'industrie
des télécommunications mérite
d'être abordé afin d'apprécier l'incidence des systèmes de
taxation sur la croissance du secteur des télécommunications,
la mobilisation de l'investissement privé et l'accès
du plus grand nombre aux technologies
de l'information et de
la communication».
Isabelle Mauro, Directrice
des affaires extérieures de la
GSM Association, a souligné
que si les communications mobiles
ont littéralement transformé
le monde pendant les
20 dernières années, elles sont
maintenant en train de le révolutionner
avec le phénomène
du haut débit ou large bande
mobile. «Avec 3,5 milliards
d'utilisateurs prévus d'ici 2015,
ce dernier représente une occasion
extraordinaire d'accélérer
la croissance de nombreux
pays en développement et de
permettre à leur population de
s'ouvrir à de meilleures perspectives».
Mme Mauro a ensuite indiqué que l'industrie de son
côté continue son engagement à travers des investissements
massifs à l'échelle mondiale.
«Au G20 de 2009, l'industrie a
annoncé un investissement de
800 milliards USD sur les 5 prochaines
années, avec 550 milliards
USD réservés seuls au haut
débit. Cet investissement va permettre
d'accroître le PIB mondial
de 3-4% et de créer 25 millions
d'emplois.» Cet engagement de
l'industrie requiert une attention
soutenue de l'ensemble des gouvernements
et des régulateurs; il
peut se résumer à trois mesures:
L'assouplissement du cadre
réglementaire: une étude
récente de McKinsey a conclu
que le coût mensuel du haut
débit par usager est 75% moins
cher pour le consommateur
dans un cadre réglementaire qui
est propice aux investissements,
c'est-à-dire un cadre transparent, stable et prévisible. Il
est donc important que les régulateurs élaborent un ensemble
clair des objectifs réglementaires afin de permettre
aux acteurs économiques de continuer à innover et
investir dans le haut débit.
L'attribution du spectre nécessaire pour le développement
de nouveaux services: les décisions qui
seront prises par la Conférence mondiale des radiocommunications
(CMR) de 2012 et au-delà seront déterminantes
pour le succès du large bande. Il est primordial
que les gouvernements prévoient d'attribuer davantage
de fréquences pour l'utilisation
mobile et qu'ils établissent une
feuille de route harmonisée
pour la libération du spectre,
ceci afin de bénéficier d'économies
d'échelle au niveau
mondial.
L'allégement des taxes
spécifiques aux mobiles:
beaucoup de pays semblent
encore taxer les services mobiles
comme un produit de luxe,
ce qui en augmente le coût final
pour le consommateur.
Recommandations sur
les conditions pour
un avenir hertzien
Les gouvernements devraient
modifier la façon dont le spectre
est attribué afin de trouver des
moyens permettant d'offrir de
nouveaux services, y compris des services large bande à
des prix abordables à un nombre croissant d'utilisateurs
dans le monde entier. Pour ce faire, ils pourraient attribuer
davantage de spectre aux services mobiles et élaborer une
feuille de route harmonisée relative à la libération de ce
spectre supplémentaire.
Les gouvernements devraient faire en sorte que l'attribution
du spectre se fasse sur une base neutre du point de
vue des technologies pour que les entreprises du secteur
privé puissent continuer de moderniser leurs réseaux et
d'optimiser leur efficacité.
Les gouvernements, avec l'aide de l'UIT, devraient
harmoniser les attributions et l'utilisation des fréquences
aux niveaux régional et mondial afin d'apporter aux
opérateurs une certaine prévisibilité et de permettre des
économies d'échelle, en reconnaissant que toute fragmentation
des fréquences a un prix pour les consommateurs
et qu'une harmonisation est nécessaire pour améliorer
l'efficacité d'utilisation du spectre du «dividende
numérique».
Les opérateurs, les radiodiffuseurs, les utilisateurs publics
du spectre et les régulateurs devraient instaurer un
véritable dialogue sur les modalités d'utilisation du spectre
du dividende numérique afin de fournir aux clients les
services dont ils ont besoin. L'UIT devrait jouer un rôle
plus important en aidant les pays en développement à
permettre à toutes les parties prenantes concernées de
participer à ce dialogue.
Les gouvernements devraient reconnaître qu'un accès
équitable au spectre constitue l'un des facteurs essentiels
pour garantir la viabilité, la durabilité des services ainsi que
la concurrence. La disponibilité du spectre devrait être dictée
par le souci de faire en sorte que la desserte des zones
rurales soit économiquement viable pour les opérateurs.
Les régulateurs, en travaillant au besoin avec l'UIT,
devraient examiner l'utilisation du spectre et les besoins
futurs des applications mobiles et des autres applications,
et mettre en place des mécanismes qui stimulent une utilisation
efficace du spectre.
Recommandations sur la création
d'un environnement politique et
réglementaire peu contraignant
Les régulateurs devraient continuer d'encourager
une concurrence équitable et de n'intervenir qu'en
cas d'échec manifeste des mécanismes du marché. Par
exemple, un opérateur en situation de monopole pourrait
bénéficier d'une protection s'il doit être privatisé ou
tenu de s'ouvrir à la concurrence, mais les nouveaux
arrivants devraient pouvoir exercer leurs activités sans
aucune gêne et sans être menacés par un quelconque
abus de position dominante.
Une réglementation légère, qui devrait être prévisible
et stable, devrait être axée plus sur le respect des dispositions
des licences et sur les comportements anticoncurrentiels
que sur le contrôle strict de toutes les mesures
prises par les opérateurs dans le cadre de leurs activités.
Les gouvernements devraient supprimer les taxes et
droits propres au secteur de la téléphonie mobile qui
entrainent une distorsion du marché et freinent considérablement
la croissance du secteur. En particulier, ils
devraient revoir les éventuelles taxes qui empêchent directement
le raccordement aux réseaux mobiles et réduire
ou supprimer la taxation des communications ainsi
que les droits sur les importations de combinés, car ces
droits font que le prix au détail des téléphones mobiles
peut rester hors de portée d'un grand nombre de
consommateurs.
Les régulateurs et les décideurs devraient instaurer un
dialogue avec leurs homologues dans d'autres secteurs
de l'économie comme la santé, l'éducation, les transports
et le secteur financier afin de créer un environnement
propice à la mise en place et à l'adoption de nouvelles
applications TIC novatrices dans ces secteurs... Il conviendrait
en outre d'encourager une approche régionale des
questions réglementaires.
Dans de nombreux pays en développement, les gouvernements
et les régulateurs devraient utiliser le Fonds
pour l'obligation de service universel pour desservir les
zones rurales et isolées, afin d'encourager la fourniture
de services à des prix abordables dans ces zones. Dans
certains pays, les collectes auprès des opérateurs au titre
des obligations de service universel restent encore en
grande partie inutilisées car il n'existe pas de mécanismes
efficaces pour leur versement. En pareil cas, les gouvernements,
les régulateurs et les opérateurs devraient travailler
en partenariat pour mettre en place des mécanismes
transparents de gestion et de redistribution des ressources
du Fonds pour l'obligation du service universel.
Les pouvoirs publics, les régulateurs et les opérateurs
devraient rechercher des moyens novateurs de
promouvoir l'accès communautaire, afin de permettre
aux populations vivant dans les zones rurales d'entrer
dans le monde virtuel. Par exemple, les points d'accès
communautaires, tels que les kiosques Internet ruraux,
peuvent créer une réaction en chaîne, qui entraînera
une demande de connectivité accrue dans l'ensemble
des zones rurales et accélèrera le développement des
économies locales.
Le texte intégral des Recommandations du Forum sont
disponibles à l'adresse suivante:
www.itu.int/ITU-D/partners/GILF/2010/documents/GILF-recommendations-en.pdf
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