Un accueil chaleureux réservé au Sénégal
Dans le monde du haut débit, «une nouvelle échelle de
réglementation» est aujourd’hui nécessaire pour trouver
un juste équilibre entre concurrence dans le domaine des
services et concurrence dans le domaine des infrastructures.
Il s’agit notamment de garantir un accès équitable et
non discriminatoire aux réseaux et de lever les obstacles
qui pourraient empêcher les utilisateurs de profiter pleinement
des avantages d’un monde numérique de plus
en plus déterminé par la vitesse, l’accès ubiquitaire et une
tarification abordable.
C’est l’une des conclusions du 10e Colloque mondial
des régulateurs (GSR-10), organisé par le Bureau de
développement des télécommunications de l’UIT (BDT),
en collaboration avec l’Agence de régulation des télécommunications
et des postes (ARTP) du Sénégal. Le
colloque a attiré 437 participants, parmi lesquels des
régulateurs, des décideurs et des prestataires de services
de 81 pays.
Tenus à Dakar sous les auspices du Président sénégalais
Abdoulaye Wade, le Forum mondial des chefs d’entreprise
du secteur des TIC (9 novembre) et le Colloque
mondial des régulateurs (10–12 novembre) ont offert aux
participants une plate-forme mondiale de premier plan
pour confronter les expériences, parvenir à des consensus
et définir des approches communes pour faire face
aux marchés de plus en plus complexes des technologies
de l’information et de la communication (TIC). Les réunions
ont notamment porté sur l’évolution constante du
marché hertzien et mobile, sur l’incidence du haut débit
sur le secteur des TIC, mais aussi au-delà de ce secteur,
sur le passage de la télévision analogique à la télévision
numérique et sur l’attribution du «dividende numérique»,
gamme des ultra hautes fréquences (bande des 470–862
MHz) potentiellement libérée par cette transition.
A la cérémonie d’ouverture du colloque qu’il présidait,
le Président Wade a souligné que chacun devrait pouvoir
profiter des avantages apportés par le dividende, même
ceux qui ne sont pas conscients du passage à l’économie
numérique. Le Sénégal, a-t-il ajouté, est très satisfait des
réalisations de l’UIT et du soutien que l’Organisation apporte
aux pays en développement pour progresser dans
l’édification de la société de l’information et du monde
numérique. Il a précisé qu’il ne ménagerait pas ses efforts
pour aider l’UIT dans son action et contribuer à la
réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement
définis par les Nations Unies. Il a félicité Hamadoun
I. Touré pour sa réélection au poste de Secrétaire général
de l’UIT, Sami Al Basheer Al Morshid, Directeur sortant du
BDT, pour sa contribution au développement du secteur
des TIC et Brahima Sanou pour son élection au poste de
Directeur du BDT.
Le Président Wade a demandé à toutes les parties prenantes
(gouvernements, décideurs, régulateurs et secteur
privé) de concentrer leurs efforts sur un seul et simple
défi: des ordinateurs pour tous, le numérique pour tous.
Le monde apparaît plus que jamais divisé en deux camps:
ceux qui communiquent et ceux qui ne communiquent
pas. Fort heureusement, a-t-il expliqué, l’Internet nous
permet aujourd’hui de combler ce fossé numérique, les
ordinateurs constituant le moyen d’accéder au domaine
le plus totalement démocratique qui soit. Mais la révolution
numérique ne doit laisser personne sur le bord de la
route, a ajouté le Président. Pour être mieux équilibrée et
plus harmonieuse, une société fondée sur l’information
doit reposer sur un accès généralisé aux ordinateurs, de
sorte que les pays accusant aujourd’hui un retard dans ce
domaine ne soient pas définitivement exclus. L’Afrique,
en particulier, s’emploie ardemment à équiper ses populations
avec les technologies modernes.
Des initiatives nationales pour
combler le fossé numérique
Le Président Wade a mis en avant certaines initiatives
nationales prises par le Sénégal pour combler le
fossé numérique, dont la dernière en date, le projet «cybercases
». Ces cybercases joueront le rôle de centres de
télécommunication et de formation pour les villageois
et la jeunesse. Equipées d’ordinateurs et d’un accès à
l’Internet, elles permettront aux populations, dans tout
le pays, de regarder la télévision et de communiquer par
vidéotéléphonie avec le monde entier. Une cybercase
pilote est déjà en service dans la ville de Poponguine,
région de Thiés, et des ressources budgétaires ont été
allouées pour l’installation de 130 cybercases supplémentaires
sur l’ensemble du territoire sénégalais, l’objectif
à terme étant d’en installer 350. Le programme
prévoit la formation, par chaque cybercase, de quelque
500 jeunes par an, dans des domaines aussi divers que
l’agriculture et l’électronique.
Le Président Wade a ensuite annoncé l’installation
au Sénégal d’une usine qui devrait produire 400 000 ordinateurs
par an. Insistant sur la nécessité d’équiper les
Africains d’ordinateurs et de connecter l’Afrique au reste
du monde, il a souligné que parler de connectivité alors
que les gens n’ont pas d’ordinateurs, c’est prêcher dans
l’air. Il a en outre fait valoir que l’ordinateur est le moyen
le plus rapide d’accéder au savoir. Ce projet de production
d’ordinateurs imprimera un élan au programme
lancé par le Président dans son pays sous le slogan «un
ordinateur pour chaque élève, un ordinateur pour chaque
enseignant».
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Ndongo Diao Directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes du
Sénégal et Président du GSR-10 |
Le dessein du Président Wade est de créer un système
intégré, où les ordinateurs sont omniprésents et à disposition
de chaque élève pendant toute sa scolarité, de la
maternelle à l’université. Il a commencé à mettre en oeuvre
ce projet en lançant la Case des tout-petits, peu après
son élection à la tête du pays. Ce programme de niveau
local permet d’initier de jeunes enfants (de 2 à 6 ans) à
l’utilisation de jouets modernes, notamment des jeux sur
ordinateur. Rompue aux toutes dernières technologies,
la génération de la Case des tout-petits aura devant elle
un meilleur avenir. Les parents et la collectivité aussi sont
éduqués et formés à la Case des
tout-petits. Cette initiative n’est
qu’un exemple parmi d’autres
des activités entreprises par le
Sénégal pour intégrer les TIC
dans son système éducatif.
Par ailleurs, au titre du
Fonds de solidarité numérique,
dont le Président Wade est un
précurseur, une entreprise française,
le Groupe AXA, a offert
au Sénégal 30 000 ordinateurs
à reconditionner.
Le Sénégal a mis en place
un comité national pour accélérer
le passage de la télévision
analogique à la télévision numérique
en vue de respecter
l’objectif de 2015 fixé par l’UIT
dans un plan pour la radiodiffusion
numérique, qui couvre
quelque 116 pays (pour l’essentiel en Afrique et en
Europe). Le Président Wade a demandé aux régulateurs
de fournir l’environnement adéquat en vue des investissements
à faire et a vivement encouragé le secteur
privé à continuer d’investir dans le secteur des TIC en
Afrique. Les régulateurs doivent certes relever de multiples
défis, mais il est une question qui doit être pour eux
une priorité: comment protéger les données à caractère
personnel dans le monde numérique?
Ndongo Diao, Directeur général de l’Agence de régulation
des télécommunications et des postes du Sénégal
et Président du GSR-10, a fait remarquer que le Président
Wade, qui a fondé cette agence ainsi que le Fonds de
développement dédié au service
universel, avait déjà habitué
l’Afrique aux rouages de
l’«économie du savoir», dont
les réseaux de communication
électronique constituent
l’infrastructure fondamentale.
Le Président Wade avait alors
montré, avec audace et fermeté,
qu’il voulait accélérer la
reprise économique en Afrique,
ce qui l’a amené à lancer, avec
d’autres leaders africains, le
Nouveau partenariat pour le
développement de l’Afrique
(NEPAD).
«Le Sénégal, sous le leadership
de son Président,
Maître Abdoulaye Wade,
Coordonnateur du volet TIC
du NEPAD, est très heureux
d’organiser, en collaboration avec l’UIT, cet événement
mondial majeur, qui réunit tous les organes de régulation
et tous les décideurs du secteur des TIC et des
télécommunications», a déclaré M. Diao en accueillant
les participants. Cette réunion mondiale doit contribuer
à la réduction de la fracture numérique en définissant
l’orientation et le périmètre futurs de la régulation, a-t-il
appelé de ses voeux.
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