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Elections à la Conférence de plénipotentiaires de 2010: Faites connaissance avec les candidats
Entretien avec Fabio Leite (Brésil)
Candidat au poste de Directeur du Bureau des radiocommunications (BR)
 
Fabio Leite
 

Question 1

Une mission fondamentale de l’UIT est de gérer l’utilisation du spectre des fréquences radioélectriques et des orbites de satellites. Votre expérience vous a-t-elle préparé à cette mission pour les années à venir et quelles sont vos attentes?

Fabio Leite: Mon principal atout réside dans ma double expérience: j’ai d’abord travaillé dans les radiocommunications sur le plan national, au Brésil, avant de rejoindre l’UIT où j’ai traité de questions de portée mondiale à des niveaux croissants de responsabilité.

Au Brésil, j’ai exercé pendant de nombreuses années des fonctions chez un opérateur TIC (Membre de Secteur de l’UIT−R) et dans l’administration, avant de devenir fonctionnaire de l’Union. J’ai été délégué du Brésil à plusieurs réunions et conférences de l’UIT, et j’ai également été chargé de l’application du Règlement des radiocommunications aux réseaux à satellite brésiliens. A ce titre, j’ai préparé les fiches de notification qui doivent être soumises à l’UIT et participé à différentes réunions de coordination avec d’autres pays et organisations internationales. J’ai par ailleurs été élu Vice-Président de la Commission d’études 4 de l’UIT−R et présidé le groupe de préparation national correspondant.

Arrivé à Genève en 1987, j’ai d’abord évolué au sein du Bureau des radiocommunications (BR), où j’ai successivement occupé les fonctions d’ingénieur, de chef de projet et de secrétaire-conseiller aux conférences plénières. J’ai ensuite assumé les plus hautes responsabilités en qualité d’Adjoint au Directeur du BR et de chef du Département de l’informatique, de l’administration et des publications (IAP) du BR. Adjoint au Directeur du BR depuis plus de 5 ans, j’appartiens à la haute direction de l’UIT et participe à ce titre au Comité de gestion et de coordination de l’Union et à d’autres groupes de haut niveau.

Compte tenu de l’importance croissante des radiocommunications et de la demande de nos membres, qui souhaitent bénéficier d’un accès équitable aux ressources limitées du spectre et de l’orbite et pouvoir les utiliser de manière efficace, dans le respect des besoins distincts des économies matures et émergentes, le Directeur du BR devra posséder une compréhension approfondie des besoins des pays et adopter une approche impartiale assurant un traitement équitable de toutes les parties.


Question 2

Quelles sont les grandes tendances qui se dessinent aujourd’hui et les grands problèmes qui se posent et qui pourraient, selon vous, avoir une incidence sur les radiocommunications? Comment l’UIT devrait réagir pour conserver son rôle d’instance essentielle où se règlent les grandes questions relatives au spectre?

Fabio Leite: Les radiocommunications sont au coeur de la révolution des TIC. Celle-ci se caractérise par des transformations technologiques rapides, l’explosion de la demande, l’émergence de nouvelles applications, la convergence des services et l’apparition de nouvelles configurations de déploiement, lesquelles ont une incidence directe sur le cadre fixé par le Règlement des radiocommunications. Les études actuellement menées en vertu de la Résolution 951 (Rév. CMR-07) visent à trouver des moyens d’améliorer le cadre réglementaire à la lumière de ces défis. Les membres devraient adopter de nouvelles méthodes à cet effet lors de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2012 (CMR-12).

Le processus des CMR pour mettre à jour le Règlement des radiocommunications a évolué: les conférences sont plus courtes et les ordres du jour plus complexes. Il continue toutefois de répondre efficacement et en temps opportun aux besoins des membres de l’UIT, s’agissant par exemple des exigences réglementaires et relatives au spectre des IMT-2000, du projet de l’UIT sur les communications mobiles 3G, mais aussi du large bande hertzien, du Wi-fiet des réseaux locaux hertziens, des stations placées sur des plates-formes à haute altitude, des systèmes mobiles à satellites et de nombreux autres services à vocation commerciale ou scientifique ou destinés à assurer la sécurité. Plusieurs conférences de planification ont en outre permis d’attribuer le spectre nécessaire pour certains services et applications spécialisés. L’Accord GE06 a par ailleurs été conclu en 2006 à l’occasion de la Conférence régionale des radiocommunications; il offre un cadre institutionnel pour l’introduction de la radiodiffusion numérique.

Pour que les conférences répondent aux besoins des membres de l’UIT, il faut que les enjeux en soient bien compris. Des activités préparatoires efficaces doivent donc être organisées, fondées sur la collaboration formelle et informelle entre les Etats Membres et les Membres de Secteur, et en particulier les Commissions d’études de l’UIT−R et les groupes régionaux.

L’accès aux ressources du spectre et de l’orbite constitue l’un des principaux défis en matière de réglementation. Il s’agit d’un aspect essentiel pour les entreprises et les projets relevant du secteur des satellites, notamment dans les pays en développement. Ces dernières années, il est devenu de plus en plus difficile pour les administrations d’obtenir de nouvelles fréquences et positions orbitales géostationnaires adéquates — pour les services par satellite planifiés comme non planifiés — et de parvenir à les coordonner pleinement en appliquant les dispositions pertinentes du Règlement des radiocommunications. L’utilisation abusive de la réglementation pourrait également menacer la prospérité du secteur des satellites en bloquant l’exploitation des réseaux à satellite réels. Pour continuer d’inscrire les assignations de fréquence dans le Fichier de référence international des fréquences, et s’assurer que les fréquences et les positions orbitales associées à ces assignations soient compatibles et ne provoquent pas de brouillages, tous les membres de l’UIT doivent rechercher des moyens d’améliorer les procédures qui régissent l’accès à l’orbite et au spectre, de s’adapter aux nouvelles technologies et de répondre aux demandes légitimes de systèmes établis, nouveaux et futurs.

L’UIT−R a plaidé avec succès pour l’adoption mondiale des normes sur les technologies mobiles 3G fondées sur la plate-forme IMT-2000. Il doit aujourd’hui terminer la sélection des spécifications des interfaces radioélectriques de prochaine génération pour les systèmes IMT évolués (ou 4G). D’autres travaux importants doivent également être menés pour trouver un accord sur des Recommandations de l’UIT−R relatives aux nouvelles technologies de radiodiffusion (télévision 3D par exemple), aux systèmes à satellites (telle la radionavigation) et aux applications radioscientifiques.

Avec la croissance du marché des services et des applications de TIC dans les pays en développement, il est plus urgent que jamais de combler le fossé de la normalisation. Le BR doit travailler en étroite coordination avec le TSB et le BDT afin d’élaborer des stratégies et de mettre en oeuvre des mesures visant à renforcer les capacités des pays en développement à établir des normes nationales. J’entends également réexaminer les objectifs et les modalités de la participation du BR aux organisations de normalisation (en particulier, la Collaboration pour la normalisation mondiale et la Coopération en matière de normes mondiales).


Question 3

Le paysage des TIC évolue rapidement. Il sera essentiel d’attirer de nouveaux Membres de Secteur pour renforcer l’Union et élargir sa composition afin qu’elle puisse continuer de répondre aux besoins d’un marché des TIC en plein essor. Comment peuton améliorer le système d’adhésion pour attirer et accueillir de nouveaux membres issus de toutes les branches d’activité des TIC — acteurs traditionnels ou nouveaux arrivants sur le marché — tout en fidélisant les Membres actuels dans les trois Secteurs?

Fabio Leite: L’UIT possède un atout unique face à l’évolution rapide du secteur des TIC: le secteur privé et les organisations gouvernementales et nongouvernementales peuvent participer à ses activités aux côtés des Etats Membres. Je sais d’expérience que les synergies qui découlent de cette étroite interaction apportent une contribution très positive au travail réalisé par l’UIT dans le domaine de la réglementation des radiocommunications et de la normalisation. Le processus de prise de décisions, qui relève des Etats Membres, bénéficie de l’angle de vue pragmatique dont disposent les Membres de Secteur sur les aspects techniques et opérationnels.

A mon sens, le meilleur moyen de susciter de nouveaux Membres au Secteur des radiocommunications est de faire plus largement connaître les avantages qui découlent de ces synergies. Il est également nécessaire de diffuser la «culture de l’UIT» dans le monde universitaire. En effet, les étudiants et les chercheurs d’aujourd’hui seront les dirigeants et décideurs de demain. Ils doivent connaître le rôle de l’UIT et les avantages à en être Membre. Il convient enfin d’encourager, dans les pays en développement, le secteur privé des TIC à prendre une part plus active aux travaux de l’UIT et à profiter ainsi des synergies qui découlent de la coopération au sein d’une organisation intergouvernementale.


Question 4

En 2012, l’UIT organisera la Conférence mondiale des radiocommunications (CMR-12). Quelles sont les grandes questions qui y seront examinées? Quels sont les défis qui attendent l’UIT et les possibilités qui s’offrent à elle?

Fabio Leite: La CMR-12 sera consacrée à un large éventail de services de radiocommunication, ainsi qu’à un certain nombre de questions techniques et réglementaires. A titre d’illustration, les débats devraient porter notamment sur les sujets suivants: questions de sécurité relatives à l’utilisation du spectre des bandes des ondes métriques et décimétriques, L et C; demande croissante de spectre et de réglementation pour les systèmes d’aéronef sans pilote; critères mondiaux d’utilisation des radiocommunications pour améliorer la sécurité des navires et des ports; adaptation aux technologies numériques avancées (sans nuire pour autant à la sécurité de la bande des ondes décamétriques); utilisation des radiocommunications dans le contrôle environnemental et la prévention des catastrophes naturelles; défi nition des procédures de réglementation applicables à la bande 21,4–22,0 GHz pour les satellites de radiodiffusion; harmonisation du spectre pour les reportages d’actualité électroniques. La question très complexe de l’utilisation de la bande 790−862 MHz devrait également être abordée, et notamment le «dividende numérique » résultant du Plan GE06.

Deux questions méritent une attention particulière en raison de leur complexité et de leur large portée: l’examen du cadre réglementaire international, d’une part, et les règles particulières applicables aux réseaux à satellite d’autre part. Il est en effet à craindre que les procédures réglementaires applicables aux services spatiaux ne permettent plus d’assurer l’utilisation équitable, efficace et rationnelle des ressources limitées du spectre et de l’orbite.

Le succès de la CMR-12 aurait pour effet d’améliorer l’image de l’UIT. Il renforcerait ainsi la confiance dans la capacité de l’Union à conserver sa prééminence en tant que responsable du cadre réglementaire mondial régissant le développement et la mise en oeuvre des systèmes de radiocommunication.


Question 5

Quelles seront vos grandes priorités au cours des quatre années à venir?

Fabio Leite: La grande priorité du Bureau des radiocommunications est sans aucun doute de favoriser la coopération et la coordination entre les membres en instituant des lieux de dialogue où ils peuvent travailler ensemble pour leur bénéfice commun.

L’accent sera porté, bien entendu, sur la CMR-12. Le Directeur du Bureau des radiocommunications devra guider le secrétariat dans l’organisation et le bon déroulement de la Réunion de préparation à la Conférence, prévue au premier trimestre 2011. L’année 2011 sera ensuite dominée par les travaux préparatoires en vue de la CMR-12.

Parmi les priorités figurent également les réunions du Comité du Règlement des radiocommunications et l’Assemblée des radiocommunications de 2012 (AR-12) qui déterminera la structure et le programme de travail des Commissions d’études de l’UIT−R pour le nouveau cycle.

Je souhaite renforcer les activités d’assistance du BR. Il s’agit de répondre aux attentes de plus en plus importantes des membres, lesquels souhaitent mieux comprendre les systèmes de connaissance de l’UIT−R et pouvoir les utiliser plus facilement, s’agissant en particulier des procédures du Règlement des radiocommunications, des Recommandations et des applications logicielles. J’entends également rationaliser les processus du Bureau et améliorer les outils dont il dispose, l’objectif étant de disposer de systèmes d’information améliorés, transparents, mobiles et sécurisés, notamment pour les logiciels et bases de données administratives et d’examen technique. Compte tenu des exigences sur le plan linguistique et des besoins particuliers des différents membres, améliorer la qualité des publications de l’UIT−R — y compris sur le plan du respect des délais — constitue une entreprise particulièrement délicate.

Il conviendrait d’avoir toujours à l’esprit le double objectif d’encourager la participation des pays en développement aux activités de l’UIT−R et de favoriser la coopération entre les Membres en matière de technologies et de réglementation.


Question 6

La structure «fédérale» de l’UIT qui comprend le Secrétariat général, le Secteur des radiocommunications, le Secteur de la normalisation des télécommunications et le Secteur du développement des télécommunications, exige collaboration et esprit d’équipe. Quelles sont, à votre sens, les composantes fondamentales d’un bon travail d’équipe?

Fabio Leite: Dans toute organisation, l’exemple doit venir d’en haut si l’on veut un travail d’équipe efficace. Pour l’UIT, cela signifie que les fonctionnaires élus et la haute direction doivent travailler de manière concertée, en harmonie, et oeuvrer ainsi au renforcement de la collaboration entre les Secteurs dans un véritable esprit de coopération. Le Comité de coordination joue un rôle central pour veiller à la bonne application de ce principe.

Les activités intersectorielles fournissent aux Bureaux et au Secrétariat général d’excellentes occasions d’oeuvrer ensemble à la réalisation d’objectifs communs, et contrebalancent l’isolement qui découle naturellement de toute structure fédérale.

Les grands principes stratégiques établis par la direction de l’organisation — qui se fondent sur les missions dont les membres sont convenus — contribuent également à mobiliser les équipes. Ainsi, le slogan «Tirer parti du large bande», qui a donné son nom à une initiative récente, invite implicitement chaque Bureau à apporter sa pierre à l’édifice.


Question 7

On dit souvent que la prospérité d’une organisation ou d’une entreprise passe par une bonne équipe. Quel message souhaitez-vous adresser aux personnes avec lesquelles vous serez amené à travailler pour mettre en oeuvre le Plan stratégique et les buts stratégiques qu’approuvera la Conférence de plénipotentiaires pour la période 2012–2015, dans les limites budgétaires qui seront également arrêtées par cette conférence pour la même période?

Fabio Leite: La qualité de notre personnel est la marque de fabrique du Bureau des radiocommunications. La complexité des tâches techniques et administratives dont nous nous acquittons nécessite un grand professionnalisme et de solides compétences. Pour appliquer les procédures du Règlement des radiocommunications, gérer la base de données du Fichier de référence international des fréquences, et mener à bien les autres tâches d’exécution, il convient de posséder un solide bagage en réglementation, ingénierie et informatique. Compte tenu de l’évolution continue des TIC, les fonctionnaires du BR doivent également se tenir informés des derniers développements des technologies hertziennes et en matière de réglementation.

Améliorer encore la qualité des ressources humaines du Bureau va constituer l’une de mes priorités. Mon objectif ultime est de mettre en place un cadre de travail constructif, fondé sur la motivation et l’enthousiasme, en vue de fournir à nos membres les meilleurs services possibles.


Biographie

Fabio Leite possède une riche expérience dans les radiocommunications. Il a assumé diverses responsabilités en ce domaine, au sein de l’UIT et dans les secteurs public et privé de son pays d’origine, le Brésil.

Avant de rejoindre l’UIT, M. Leite a travaillé pour EMBRATEL, l’opérateur brésilien de télécommunications longue distance. Il était chargé de l’ingénierie du système de communication du premier système à satellites national, BRAZILSAT. M. Leite a veillé à l’application du Règlement des radiocommunications aux réseaux à satellite brésiliens. A ce titre, il a préparé les fiches de notification qui doivent être soumises à l’UIT et participé à différentes réunions de coordination avec d’autres pays et organisations internationales. De 1980 à 1987, il a participé à de nombreuses conférences et réunions de l’UIT sur les radiocommunications, en qualité de délégué du Brésil chargé des questions techniques et réglementaires. Il a été élu en 1986 Vice- Président de la Commission d’études de l’UIT–R chargée des services par satellite.

M. Leite est actuellement Adjoint au Directeur du Bureau des radiocommunications, dont il dirige le Département de l’informatique, de l’administration et des publications. Depuis qu’il a rejoint l’UIT en 1987, il a travaillé comme ingénieur spécialisé dans les communications par satellite et comme conseiller en services de radiocommunication mobiles et systèmes fixes hertziens. Il a également dirigé le projet lancé par l’UIT sur les communications mobiles de troisième génération (Télécommunications mobiles internationales-2000, IMT-2000). Il a occupé les fonctions de secrétaire exécutif lors de plusieurs conférences mondiales des radiocommunications organisées par l’Union. Il est titulaire d’une maîtrise en génie électrique avec une spécialisation en télécommunications.

 

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