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La voiture branchée@Salon de l’automobile de Genève
Point de vue
Christoph Huss
Photographe: FISITA
Christoph Huss,
Vice-président de BMW et Président de la Fédération internationale des sociétés d’ingénieurs des techniques de l’automobile (FISITA), a prononcé le discours principal lors de la manifestation «La voiture branchée@Salon de l’automobile de Genève»

Une voiture branchée peut parler à d’autres voitures, recevoir des bulletins sur la circulation routière, prévenir le conducteur d’un danger imminent, proposer le meilleur parcours pour économiser le carburant et même permettre l’accès au courrier électronique, aux cours de la Bourse, à Facebook et à Twitter. Il y a quelques années seulement, tout cela aurait relevé de la science fiction. Aujourd’hui, l’idée d’une voiture branchée semble beaucoup plus réalisable.

Suivre au plus près l’état de la circulation routière

En 1996, BMW a été le premier constructeur automobile à introduire le RDS-TMC (système de transmission de données numériques sur les ondes radios) permettant de recevoir des informations sur la circulation dans le cadre de son système de navigation GPS. Ce système permet au conducteur sur la bande FM de recevoir en temps réel les informations routières fournies par les organismes publics.

À l’heure actuelle, les récepteurs RDS-TMC restent un système de transmission très efficace pour les informations routières en Europe et en Amérique du Nord. Ce système est une réussite tout d’abord parce qu’il a été conçu pour répondre à l’un des besoins fondamentaux du conducteur, à savoir de se rendre de A à B le plus rapidement possible ou au moins d’être informé d’éventuels obstacles. Cette fonction est appréciée des conducteurs, qui l’utilisent chaque fois qu’ils conduisent.

En second lieu, le système RDS-TMC emploie la bande FM, technologie de transmission qui a déjà été payée. Elle ne s’accompagne d’aucune infrastructure ou d’aucun coût opérationnel supplémentaire, et aucun problème d’accès limité au réseau ne se pose. En troisième lieu, le RDS-TMC est une norme bien établie qui permet aux fournisseurs de déployer et de commercialiser le produit en grandes quantités.

Quels sont les autres types d’informations dont le conducteur a besoin?

La technologie et les applications potentielles qui font actuellement l’objet de recherches remporteront- elles le même succès que le RDS-TMC? La question à poser est moins celle de comment fabriquer une voiture branchée, que celle du pourquoi. À l’exception de quelques rares personnes férues de technologie, ce n’est pas la voiture branchée elle-même que les clients voudront acheter. À mon avis, ce que les conducteurs recherchent ce sont la mobilité, la sécurité, l’efficacité et la commodité.

L’information routière et les applications correspondantes relatives à la mobilité sont probablement les principales fonctions susceptibles d’attirer les clients. Les conducteurs tiennent en effet à prendre le chemin le plus court aux heures d’affluence. Ce qui signifie obtenir autant d’informations que possible sur l’état de la route: non seulement sur la circulation, mais aussi sur le moment où les feux de signalisation changent, les routes fermées, les routes provisoirement bloquées, etc.

Tout aussi importantes sont les applications visant à améliorer la sécurité. Comme les applications relatives à la mobilité, ce qui compte ici c’est l’accès à des informations vitales. La plupart des situations sont dangereuses uniquement parce qu’elles sont imprévisibles. Les mises en garde précoces suppriment ce risque. L’important c’est donc une information précise et fiable.

Dans un contexte d’augmentation du prix du pétrole et de sensibilisation aux questions relatives à l’environnement, le rendement énergétique est devenu un domaine d’innovation primordial. Les consommateurs acceptent d’investir dans des technologies utilisant les ressources de manière plus judicieuse et plus efficace. Étant donné que l’état de la circulation et le style de conduite constituent les deux principales variables déterminant la consommation de carburant, une information précise sur ce qui se passe un peu plus loin est vitale pour améliorer le rendement énergétique. Le choix d’un parcours où les feux de signalisation sont coordonnés, de manière à éviter tout arrêt inutile, est un moyen supplémentaire d’améliorer le rendement énergétique.

Par ailleurs, les consommateurs aiment bien se simplifi er la vie. L’accès immédiat à l’information nécessaire au quotidien, dont, par exemple, l’accès à une place de stationnement ou l’horaire des transports publics, réduit le stress et facilite effectivement la vie. Les clients acceptent de payer pour cette commodité.

Qu’attend-on pour déployer ces applications?

Ces applications ont une chose en commun: elles dépendent d’une information précise et à jour. Mais peut-être y a-t-il hésitation à donner accès à toute cette information? Les villes qui donneraient libre accès aux données sur la gestion de la circulation, par exemple, prêteraient en effet le flanc aux critiques de leurs propres systèmes. Dans ce cas précis, ce sont les politiques publiques qui affectent la mise à disposition de données bien plus que les facteurs techniques.

Le déploiement des applications constitue un autre élément important. On pourrait penser que les bonds technologiques sont bons en soi. Or, si l’on veut être réaliste, il faut bien admettre que le déploiement des nouvelles technologies se fera plutôt petit à petit. En effet, le bilan de l’entreprise et la rentabilité des investissements sont des facteurs qui peuvent, concrètement, imprimer un rythme plus lent au progrès.

Lancer la voiture branchée sur la route

D’où mon dernier point: où sont les bénéfices? Honnêtement, la voiture branchée ne deviendra réalité que si elle est justifiée sur le plan commercial et si les constructeurs arrivent rapidement à rentabiliser leurs investissements. On peut invoquer tous les arguments: mobilité, sécurité, efficacité, utilité. Mais en dernière instance, ce qui va motiver le constructeur c’est le bénéfice qu’il envisage de faire. Combien dois-je investir dans une nouvelle technologie et quel est le surcoût que le client acceptera de payer? Comment formuler un argument commercial de telle manière que les clients ne m’abandonnent pas pour la concurrence?

À l’instar des constructeurs automobiles, d’autres intervenants dans ce domaine ont leurs propres stratégies pour faire des bénéfices ou atteindre leurs objectifs. Pour les fournisseurs de contenu et de services, il s’agit de créer à partir de données brutes une information à valeur ajoutée. Pour les fournisseurs de réseaux, il s’agit de vendre leurs réseaux. Pour les universités, il s’agira d’attirer des recherches et des étudiants. Pour les consultants, il s’agit d’emplois; pour l’État, de répondre aux besoins du public et de remporter une élection. Si nous pouvions trouver un scénario permettant d’atteindre tous ces objectifs, alors la voiture branchée deviendrait réalité.

D’un point de vue technique, la voiture branchée a fait d’énormes progrès. Les organismes de normalisation ont fait un travail extraordinaire pour créer des normes visant à promouvoir l’interopérabilité et à réduire les coûts de mise en oeuvre au strict minimum. Ce qu’il nous faut désormais c’est axer les travaux sur le déploiement effectif et la recherche de clients.

 

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