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| Photographe: AFP |
| Une voiture autonome à conduite assistée par iPhone grâce à une connexion Wi-Fi |
L’atelier La Voiture branchée@Salon de l’automobile de
Genève* , tenu les 3 et 4 mars 2010, s’est achevé sur un
appel à une meilleure collaboration entre les différents
secteurs sur la question des normes, et ce afin de faciliter
le déploiement de technologies pour les systèmes de
transport intelligents (ITS).
Malcolm Johnson, Directeur du Bureau de la normalisation
des télécommunications de l’UIT, a déclaré: «On
constate chez les constructeurs une volonté de déployer
ces technologies. Cela étant, jusqu’à présent, aucun progrès
décisif n’est encore apparu en ce qui concerne les
normes qu’il faudrait pour déployer les ITS à l’échelle
mondiale. En effet, les constructeurs ne veulent pas créer
une version distincte de ces technologies pour les différents
marchés. Ce ne sont donc pas des normes régionales
ou nationales qu’il faut, mais bien des normes mondiales.
L’UIT et ses partenaires de la Coopération mondiale de
la normalisation (WSC) — l’Organisation internationale
de normalisation (ISO) et la Commission électrotechnique
internationale (CEI) — souhaitent et peuvent établir ces
normes».
L’existence de nouveaux services et de nouvelles applications
pourrait constituer un argument commercial
et un avantage concurrentiel pour les constructeurs automobiles
dans un marché déprimé par la crise économique
mondiale. «Les capacités actuelles en matière de
communication permettent potentiellement aux voitures
de prévoir et d’éviter les collisions, de prendre le chemin
le plus rapide pour arriver à destination, d’exploiter les informations
routières en temps réel, de repérer la place de
stationnement la plus proche, d’avertir les services d’urgence,
de surveiller la pollution aérienne, de minimiser les
émissions de carbone et de fournir des communications
multimédia», a fait valoir M. Johnson.
L’engagement de l’UIT, de l’ISO et de la CEI est jugé
essentiel pour mitiger les engorgements dus — en partie
— à une mauvaise communication entre des secteurs
qui se chevauchent: l’automobile, le secteur des ITS, les
fournisseurs et les opérateurs de
télécommunications. Lors d’une
session exécutive de La voiture
branchée@Salon de l’automobile
de Genève, l’une des conclusions
a été que les organismes chargés
de l’élaboration des normes
n’ont pas à se faire concurrence.
D’importants moyens ont été
investis dans la recherche-développement,
mais ce qui manque
c’est l’harmonisation des nombreuses
normes qui existent au
niveau des régions ou même des
entreprises. Ce défaut de normes
mondiales est jugé un obstacle
au déploiement à grande échelle
de services et d’applications ITS.
Si la plupart des intervenants sont
d’accord pour penser que les
technologies se trouvent à un niveau
de développement avancé,
ils le sont également pour penser
qu’il faut une vision plus claire de
qui fait quoi dans le secteur de
la normalisation; des responsabilités
respectives de l’utilisateur,
du régulateur et du fournisseur et
des questions relatives à la confi-
dentialité; des modèles d’entreprise
et des formules de paiement;
des besoins d’interopérabilité et de la question de
qui est propriétaire de quoi.
L’atelier tenu cette année — le cinquième à être organisé
par le WSC (partenariat entre l’ISO, la CEI et l’UIT) au
Salon de l’automobile de Genève 2010 — a été axé sur
les trouvailles les plus récentes en technologie des ITS, y
compris les réseaux dont les voitures électriques ont besoin.
L’atelier a constitué une occasion irremplaçable de
renforcer le dialogue entre les principaux intervenants des
ITS, en particulier avec l’industrie
automobile.
Tenu la deuxième journée
consacrée à la presse et la première
journée d’ouverture au
public, cet atelier — qui a attiré
plus de 120 participants cette
année — constitue une occasion
sans égale pour les experts
et les responsables de l’industrie
automobile, de la communauté
des TIC, des pouvoirs publics, des
instituts de recherche et de développement
et des universitaires
de partager leurs visions et leurs
stratégies.
À une session exécutive spéciale,
signalons les interventions
de Christoph Huss, Vice-président
de BMW et Président de
la Fédération internationale des
sociétés d’ingénieurs des techniques
de l’automobile (FISITA),
qui a prononcé le discours principal
(voir pages 34–35); Juhani
Jääskeläinen, de la Commission
européenne; Raymond Resendes,
Chef de la Division des recherches
sur les technologies intelligentes
de la National Highway Traffic
Safety Administration (Etats-Unis); Samuel Loyson, Orange (France); David Schutt, SAE
International (Etats-Unis); Yasuro Nakanomori, OKI (Japon);
Russ Shields, Président d’Ygomi et Reinhard Scholl
du Bureau de la normalisation des télécommunications
de l’UIT.
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| Photographe: ITU/V. Martin |
Robert Steele, Secrétaire général de l’ISO |
Dans ses propos liminaires, Rob Steele, Secrétaire général
de l’ISO, parlant au nom de la WSC, a dit: «Il faut
établir des normes pour les technologies essentielles en
vue de constituer une base solide permettant l’apparition
d’innovations et la réalisation
d’économies d’échelle pour la
commercialisation de ces technologies...
Plus intéressant encore il
y a urgence à envisager l’interopérabilité
de toute cette technologie,
non seulement dans la voiture,
mais aussi dans l’infrastructure plus
vaste qu’il faut pour appuyer cette
révolution».
L’information provenant d’appareils
électroniques dans le cadre
d’un réseau monté à bord d’une
voiture est critique pour les services
et applications ITS, dont les télécommunications
d’urgence. À l’heure actuelle, la manière
d’extraire l’information est différenciée en fonction du
constructeur, du modèle et du type de châssis. L’on s’efforce
de mettre au point des normes à l’appui d’une «passerelle
de véhicule» qui permettrait à tous les appareils
de fonctionner de manière harmonieuse à bord de tous
les véhicules, quelle que soit l’infrastructure. À l’UIT, les
travaux menés dans ce domaine sont axés sur une «Question
» posée dans le cadre des travaux de la Commission
d’études 16 de l’UIT–T. Il est demandé aux membres de
l’UIT de contribuer à l’élaboration d’une plate-forme
«passerelle de véhicule» pour les télécommunications et
les services et applications ITS.
Étant donné que les applications ITS devront s’intégrer
principalement à l’infrastructure existante, les réseaux de
prochaine génération (NGN) joueront un rôle essentiel
dans leur déploiement. La Commission d’études 13 de
l’UIT–T, qui dirige les travaux sur les réseaux d’avenir, examine
actuellement cette question dans le cadre de l’étude
de la convergence entre fixe et mobile. Une des sessions
de l’atelier a recommandé qu’un groupe mixte ISO/UIT–T
sur l’architecture et les protocoles véhicules diligente les
travaux.
Les participants à une session technique ont conclu
que la qualité et le naturel de tous les services de voix
devaient être améliorés, et ce dans
l’optique d’éviter de distraire le
conducteur. Tous ont été d’accord
pour penser qu’il fallait travailler
sur une structure de dialogue —
s’appuyant sur les normes — entre
utilisateurs et appareils; le groupe
de consultation de l’UIT–T sur les
communications avec la voiture
(UIT–T FG CarCOM) a été jugé être
la structure convenant à ces travaux.
Un avenir électrique
De nos jours, vu le nombre
croissant de véhicules électriques, les TIC ont un rôle important
à jouer dans divers domaines, dont la gestion attentive
de l’état de la batterie, les questions de garantie
et le comportement des conducteurs. Étant donné le potentiel
que représentent ces nouvelles technologies, tant
pour l’industrie de l’automobile que pour celle des TIC, il
est impératif que les différentes parties comprennent bien
toutes les conditions pour qu’une voiture soit réellement
branchée et qu’elles conviennent de solutions à fournir
par les plates-formes de réseau. Dans de nombreux cas,
l’infrastructure existante des télécommunications peut
servir.
À mesure que les voitures électriques s’imposent dans
nos cours et nos garages, il devient vital de bien comprendre
ce que signifie le chargement d’une batterie. La
mise au point de réseaux électriques intelligents s’imposera
également pour favoriser l’adoption de voitures électriques
qui, d’après certains projets, pourraient également
faire office de capacité de stockage d’électricité. L’ampleur
du défia été soulignée dans une des interventions
citant des travaux actuellement en cours aux États-Unis.
D’après cette intervention, aux États-Unis, le réseau
électrique appartient à et est géré par quelque
3100 compagnies qui utilisent du matériel et des systèmes
fournis par des milliers de fournisseurs et alimentant des
centaines de millions d’utilisateurs et des milliards d’appareils.
La transformation de cette infrastructure en «Internet
de l’énergie» est une entreprise colossale qui exige
une coopération et une coordination sans précédent
entre les secteurs public et privé ainsi qu’entre plusieurs
secteurs industriels. Un cadre solide et interopérable de
normes techniques constitue la clé déterminant le succès
de cette initiative.
L’UIT relève ce défiavec la création d’un nouveau
groupe de consultation de l’UIT–T qui va aider à mettre
au point les normes mondiales requises pour diligenter
ce passage aux réseaux intelligents. Ce groupe nouvellement
constitué va étudier les relations qui existent entre
les systèmes actuels de contrôle, de consommation, de
facturation et de distribution de l’électricité.
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| Photographe: ITU/V.Martin |
| La GreenGT, prototype de voiture de
sport électrique, fabriquée en Suisse.
Cette deux places se veut la première
voiture de course tout électrique
comportant un châssis en fibre de
carbone de type Formule Un |
La GreenGT: une voiture de course tout électrique fabriquée en Suisse
Un des moments forts de l’atelier a été la présentation,
par Jean-François Weber — co-fondateur de
GreenGT SA (Suisse) — du prototype de voiture de sport
électrique GreenGT. Cette voiture de course deux places
se veut la première voiture de course tout électrique comportant
un châssis en fibre de carbone de type Formule
Un. Au pas de course, la GreenGT peut effectuer 10 à 15
tours d’un circuit Grand Prix. D’après M. Weber, la voiture
peut accélérer et passer de 0 à 100 km/h en environ 4,3
secondes; sa vitesse maximale est de 285 km/h.
La GreenGT est neutre en carbone, car ses batteries
sont rechargées à l’énergie solaire. Deux blocs-batterie,
produisant au total 35 kWh d’électricité, alimentent deux
moteurs triphasés synchrones d’une puissance maximale
de 150 kW chacun. Après les premiers essais effectués en
mai 2009, la GreenGT s’est lancée sur la piste d’essai de
haute technologie de Castellet, dans le sud de la France,
au mois de juin.
La répartition du poids d’une voiture électrique est
tout à fait différente de celle d’une voiture classique, et
les ingénieurs ont dû modifier le châssis pour qu’il puisse
accueillir les lourdes batteries. Les voitures électriques
produisent également un volume phénoménal de pression
et l’équipe de la GreenGT a dû faire en sorte que la
boîte de vitesses résiste à la force motrice qu’il lui faut
transmettre aux roues arrière. Lors des essais, l’équipe a
pu se faire une idée du temps que dureraient les batteries,
et déterminer si l’équipement électronique et de sécurité
fonctionnait correctement. La GreenGT a brillamment
réussi tous ces essais.
La GreenGT a ensuite été exposée au «Pavillon Vert»
du Salon international de l’auto de Genève. Ce type de
voiture pourrait rouler aux 24 Heures du Mans lorsque
le règlement permettra aux voitures tout électriques d’y
participer.
Nouveau nom de l’«Atelier de la voiture branchée» à la
suite d’un accord conclu avec le Salon de l’Automobile
de Genève, qui s’engage à accueillir cette manifestation
au cours des trois années à venir
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