Nouvelles de l'UIT

Pour en savoir plus sur l'évolution des télécommunications

عربي  |  中文  |  English  |  Español  |  Русский  |  download pdf
                     

Large bande mobile
 
Valery Timofeev
Photographe: AFP
Fin 2009, on estimait à 640 millions le nombre d’abonnements au large bande mobile. D’après les statistiques de l’UIT, grâce à la demande croissante de téléphones intelligents, de nouvelles applications et de nouveaux services de réseaux sociaux, le nombre d’abonnements va sans doute franchir la barre du milliard cette année.
 
image
Photographe: AFP/Imaginechina

Principaux marchés 3G

Fin 2009, on estimait à 640 millions le nombre d’abonnements au large bande mobile. D’après les statistiques de l’UIT, grâce à la demande croissante de téléphones intelligents, de nouvelles applications et de nouveaux services de réseaux sociaux, le nombre d’abonnements va sans doute franchir la barre du milliard cette année. Fin 2009, quelque 130 pays bénéfi- ciaient de services commerciaux 3G (Figure 1). Si ce sont la région Asie-Pacifique et l’Europe qui représentent la plus grande part de cette croissance, cinq des dix principaux marchés étant situés en Europe, depuis quelque temps les États arabes et quelques pays des Amériques affichent des taux de croissance en progression rapide.

Le Japon et les États-Unis restent les deux principaux marchés pour le 3G. Cependant, le marché japonais du 3G arrive à saturation, avec un taux de pénétration de 85% en 2009, alors que le marché des États-Unis peut encore progresser. Grâce à sa population plus nombreuse, le marché des États-Unis devrait dépasser le marché japonais pour ce qui est du nombre total d’abonnés en 2011. Le Luxembourg est un autre gros marché mesuré au taux de pénétration, près de 90% de la population disposant d’un téléphone 3G. La République de Corée est également bien placée, à la fois en chiffres absolus — c’est le troisième marché pour le 3G — et en taux de pénétration. En Afrique, c’est l’Afrique du Sud qui a le plus fort taux de pénétration du 3G.

Cela étant, le marché qu’il convient d’avoir à l’oeil est de toute évidence la Chine, qui a lancé les services 3G en 2009. Les trois principales normes de technologie cellulaire 3G sont désormais toutes utilisées en Chine. Le principal opérateur mobile, China Mobile, a gardé ses clients GSM, et s’est vu accorder une licence pour la technologie TD-SCDMA en janvier 2009. China Unicom s’est vu octroyer une licence pour la norme W-CDMA (UMTS) 3G, et China Telecom pour le 3G utilisant la norme CDMA2000 1x EV-DO, en janvier 2009. Les trois principales normes sont en vive concurrence pour satisfaire les consommateurs et atteindre les objectifs fixés par les pouvoirs publics, et la Chine devrait se situer au premier rang pour le nombre d’abonnés d’ici 2014, si ce n’est plus tôt.

En Inde, les services 3G n’ont pas encore fait l’objet d’un déploiement généralisé. Les pouvoirs publics ont reporté les enchères de 3G et de WiMAX, qui devraient maintenant avoir lieu en avril 2010. Une fois achevées les transactions 3G et WiMAX, le Ministère des télécommunications et l’Autorité indienne chargée de la régulation des télécommunications envisagent d’autres enchères pour déployer les services de quatrième génération pour l’exploitation du spectre du dividende numérique de la bande 700 MHz, qui est celle que l’Inde prévoit d’utiliser. La bande de 2,5 GHz sera attribuée après les fréquences de troisième génération, et serviront presque entièrement pour le WiMAX, faisant de la bande 700 MHz une bande dont l’avenir à moyen terme s’annonce bien pour les fournisseurs de LTE (Long-Term Evolution).

Figure 1 — Croissance dans les pays dans lesquels les services commerciaux 3G ont été déployés
image
Source: UIT

LTE 4G

Le premier lancement commercial du LTE a eu lieu en Europe en décembre 2009, lorsque TeliaSonera a inauguré des services commerciaux à Stockholm (Suède) et à Oslo (Norvège), mettant en place deux réseaux pilotes dans ces villes. Les équipements de Stockholm sont fournis par Ericsson, ceux d’Oslo par Huawei. Les modems USB sont fabriqués par Samsung, en utilisant sa puce LTE (Kalmia), qui permet de transmettre sur la bande 2,6 GHz. Ericsson annonce un débit maximal de 100 Mbit/s descendant et de 50 Mbit/s montant. TeliaSonera a signé trois accords de licence LTE pour la Suède, la Norvège et la Finlande; l’évaluation des fournisseurs de réseaux communs et de réseaux radio de prochaine génération pour TeliaSonera est actuellement en cours. Vodafone prévoit de déployer les services LTE en Europe en 2012, mais plusieurs opérateurs ont déjà mis en place des réseaux pilotes dans divers pays, dont l’Australie (Telstra), la Belgique (Telenet), l’Estonie (EMT), la Jordanie et l’Arabie saoudite (Zain), la République slovaque (Telefónica) et l’Ukraine (MTS). Aux États-Unis, Verizon prévoit de déployer le LTE à 100 millions d’utilisateurs d’ici fin 2010, essentiellement en zone urbaine, à des débits relativement élevés. À Singapour, le réseau mobile large bande de SingTel va être systématiquement actualisé au cours des 12 à 24 mois en vue du LTE.

Le LTE a constitué un des principaux thèmes du Congrès mondial de la téléphonie mobile 2010 tenu à Barcelone (Espagne), où on a annoncé ou présenté plusieurs nouveaux appareils fournissant le LTE. Plus de vingt réseaux LTE devraient faire l’objet d’un lancement commercial d’ici la fin 2010. L’engorgement dû à la forte demande et aux hauts débits pourrait amener les opérateurs à revenir à la facturation en fonction de l’utilisation.

La vitesse, la vitesse et encore la vitesse

Les débits sont-ils encore trop lents pour justifier l’acceptation généralisée du LTE? Dans l’affirmative, que faut-il faire? En fonction de l’expérience acquise par ceux qui, au Japon et en République de Corée, ont adopté très tôt le LTE, quels sont les débits susceptibles de faciliter leur adoption généralisée? Les opérateurs de mobiles déployant ces nouvelles technologies sont amenés à faire plusieurs compromis, et sont toujours soucieux de trouver un juste équilibre entre des besoins de divers ordres:

  • Les besoins des groupes d’utilisateurs ciblés: par exemple, les utilisateurs de technologies de pointe veulent les débits les plus rapides possibles (ceux qui tiennent à posséder l’appareil le plus récent ou qui veulent télécharger des contenus vidéo), ou le secteur commercial et industriel, par opposition au marché de masse, pour lequel des débits moins rapides conviennent. Pour les services de navigation ou les services basés sur la localisation, ou pour la VoIP mobile, qui exigent l’échange de données en temps réel, il faut impérativement un débit minimum d’au moins 2,4 Mbit/s.

  • Obligation de performance: performances techniques (c’est-à-dire débit rapide) par opposition à la fiabilité des réseaux (pour éviter l’irrégularité de la couverture et l’immobilisation des réseaux). L’introduction de téléphones intelligents et d’iPhones — initialement souvent dans le cadre de contrats d’exclusivité avec un seul opérateur — s’est retournée contre les opérateurs dans certains pays, faisant pression sur eux et les laissant seuls à s’efforcer de répondre à une demande de services qui explosait.

  • Besoins en matière de couverture: couverture en milieu urbain nécessitant des réseaux à fort débit par opposition à une plus grande couverture géographique (en fonction de la technologie et de facteurs géographiques spécifiques, l’augmentation de la couverture n’est pas toujours possible et se fait aux dépens de la rapidité).

Le débit acceptable pour le marché de masse est fonction de l’utilisation souhaitée par la majorité des consommateurs, souvent influencés par les stratégies commerciales des opérateurs. Cela dit, en général, un débit large bande mobile de 43 Mbit/s sera vraisemblablement suffisant pour la plupart des utilisateurs, dans la mesure où il permet de télécharger un fichier MP3 de 5 MB en moins d’une seconde, un vidéo clip de 35 MB en moins de six secondes et un film de 800 MB en deux minutes environ.

Le moteur du large bande mobile

Les nouveaux appareils

Les nouveaux appareils transforment le marché du large bande mobile en rapprochant les appareils mobiles des ordinateurs, qu’il s’agisse de fonctionnalité, de capacité, d’accès ou même de la sensation qu’on en a. Cela étant, on ne peut attribuer la montée du large bande mobile à une application unique; la force résiderait plutôt dans la diversité et dans la capacité de personnaliser les services et les loisirs.

À divers titres, l’iPhone d’Apple est universellement perçu comme un appareil qui a modifié la donne de fond en comble. Sa force réside dans le très grand nombre de ses applications et même dans le potentiel pour les utilisateurs de mettre au point leurs propres applications. Apple a annoncé en janvier 2010 que les utilisateurs de l’iPhone et de l’iPod avaient téléchargé plus de 3 milliards d’applications mobiles depuis le App Store, depuis les 18 mois de sa création.

Grâce à l’iPod et à iTunes on écoute plus facilement de la musique. L’iPhone associe un téléphone et un lecteur de musique avec un appareil photo numérique, une bibliothèque numérique et un album photo en un seul appareil qui donne accès au World Wide Web. Cet iPhone est un des premiers appareils à convergence intégrale à susciter un tel engouement. Pour certains, l’utilisation du web mobile est devenue plus facile et plus conviviale. Pour d’autres, c’est l’accessoire de mode incontournable.

L’iPad d’Apple, lancé fin janvier 2010, conjugue la portabilité d’un lecteur de livres électroniques et le plaisir visuel qu’offrent les oeuvres d’art et la réponse en temps réel et l’immédiateté d’un site web. On peut penser qu’il suscitera beaucoup d’intérêt pour la réalisation de contenus, associant le monde des loisirs et celui de l’édition dans la mesure où les lecteurs peuvent accéder à des contenus supplémentaires d’images numériques pour compléter et enrichir un simple récit.

Dans l’intervalle, Samsung Electronics Co. Ltd a annoncé le lancement de son Samsung Wave. C’est le premier appareil mobile commercialisé sur la nouvelle plate-forme mobile ouverte, Samsung bada. Cette plateforme permet aux utilisateurs de mobiles de télécharger des applications de Samsung Apps, sa boutique d’applications intégrée. On y trouvera tout: jeux, navigation, réseaux sociaux, livres électroniques, applications concernant la santé et le style de vie. Le nouveau téléphone intelligent (Samsung Wave) devrait être disponible dans le commerce à partir d’avril 2010, dans le monde entier.

Services basés sur la localisation

Les services basés sur la localisation constituent un autre secteur dans le cadre duquel de nombreux conseillers en recherche prévoient une croissance extraordinaire. Cela dit, cette croissance dépendra en partie de l’information donnée aux utilisateurs et en partie du mode de commercialisation de ces applications. Certains opérateurs ou équipementiers pensent que les services basés sur la localisation leur donneront un avantage stratégique par rapport à leurs concurrents.

Nokia, par exemple, prévoit de remettre gratuitement des cartes et des logiciels de navigation aux abonnés à son téléphone intelligent. Le contenu est fourni par Navteq, fabricant de cartes électroniques, que Nokia a acheté en 2007 dans le but de renforcer ses services de localisation. En conjuguant les cartes et les services de navigation avec l’appareil photo et le GPS sur un même téléphone mobile, on ouvre la porte à toute une série d’applications, dont les services de réalité augmentée et les services basés sur la localisation, tout en créant de nouvelles recettes publicitaires. Nokia adopte une stratégie semblable à celle annoncée par Google en octobre 2009 concernant ses Cartes Google. Google donne en effet gratuitement ses applications afin de placer un plus grand nombre de publicités, et Nokia espère qu’une stratégie semblable fera mieux vendre ses téléphones intelligents. Cette stratégie peut tout à fait réussir, mais constitue un pari sur la future croissance des recettes provenant de la vente d’appareils par rapport à la distribution gratuite de contenus — et c’est effectivement un véritable pari dans un secteur où le contenu est roi.

Réseaux sociaux

Les réseaux sociaux et les applications de réseaux sociaux seront sans doute d’une importance vitale pour le futur Internet à large bande mobile, encore que les estimations du nombre d’utilisateurs «uniques» des réseaux sociaux varient considérablement (les utilisateurs utilisant souvent régulièrement plus d’un service). Par exemple, pour le mois de décembre 2009, Morgan Stanley a estimé à 830 millions le nombre d’utilisateurs uniques d’un réseau social, alors que les estimations de Nielsen sont moindres, se situant aux alentours de 430 millions. C’est là sans doute une marge d’erreur représentative, étant donné les difficultés de donner des définitions et des mesures (les différents services de réseau se recoupent souvent, et il est quasiment impossible d’établir une distinction entre les différents utilisateurs individuels).

Cela étant, une forte croissance semble inévitable si l’on s’appuie sur la progression du web social. On estime que le nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux, représentant actuellement tout juste 16%, pourrait aller jusqu’à 47% des utilisateurs de l’Internet dans le monde entier en 2009 (Figure 2). Le temps consacré aux sites de réseaux sociaux a augmenté de 82% entre 2008 et 2009, Facebook et Twitter en tête. On compte actuellement plus de cinquante millions de «tweets» par jour, à partir d’une courbe de croissance exponentielle. Des applications comme Facebook Connect commencent à être utilisées plus généralement en dehors de leur contexte initial. Des services comme Layar — qui fournit une réalité augmentée — vont vraisemblablement gagner en popularité courant 2010.

Pour récapituler, le large bande mobile s’inscrit dans la durée. Comment les opérateurs vont-ils gérer la croissance exponentielle du nombre des abonnés et de la demande de services? C’est là une autre histoire — une histoire que nous allons continuer de suivre.

Figure 2 — Utilisateurs des réseaux sociaux comme proportion des utilisateurs d’Internet fixe
image
Source: UIT. Les estimations du nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux ont été adaptées à partir des chiffres de Nielsen et de Morgan Stanley.

 

  Page précédente Version imprimable Début de page Envoyer ce lien à un ami Page suivante © Droits d'auteur pour les Nouvelles de l'UIT 2014
Deni de responsabilité - Protection des données privées