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Accessibilit� pour tous
Rendre le web accessible à tous
 
 
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L’Internet, et le World Wide Web qu’il achemine, devrait être accessible à tous. Or, les utilisateurs, outre leurs différences linguistiques et culturelles, ont des capacités auditives, motrices et visuelles très variées. Pour examiner de plus près ces questions, l’UIT a organisé deux ateliers à la réunion du Forum sur la gouvernance de l’Internet, qui s’est tenue à Charm el-Cheikh, Egypte, du 15 au 18 novembre 2009 (voir l’article pages 36 à 39).

Le premier atelier, intitulé «Accès mondial à l’Internet pour les personnes handicapées», était organisé conjointement par l’UIT et l’Union européenne de radiodiffusion. «L’accessibilité est un axe important des travaux de l’UIT», a souligné dans son discours liminaire Malcolm Johnson, Directeur du Bureau de la normalisation des télécommunications de l’UIT. «L’absence du secteur industriel sur le segment de l’accessibilité est problématique. C’est d’autant plus surprenant que, selon les estimations, la population mondiale compte 10% de personnes handicapées, que bon nombre d’entre elles habitent dans les pays en développement et que le nombre de personnes âgées augmente... ce qui représente un marché colossal en pleine expansion», a noté M. Johnson.

Dans son allocution d’ouverture de l’atelier sur les «Meilleures pratiques pour un web accessible à tous», Sami Al Basheer Al Morshid, Directeur du Bureau de développement des télécommunications de l’UIT (BDT), a rappelé les travaux du BDT dans ce domaine. Il a souligné que «le mandat du BDT est de veiller à ce que tout le monde participe pleinement à la société de l’information ». Le BDT, qui organise des forums de mise en commun des meilleures pratiques, s’est associé à l’Initiative mondiale pour des TIC inclusives (G3ict) en vue d’élaborer une boîte à outils en matière de cyberaccessibilité, dont le but est de sensibiliser les responsables politiques, a précisé M. Al Basheer.

Ces deux ateliers s’inscrivaient dans le cadre de la Coalition dynamique sur l’accessibilité et le handicap, dont l’UIT est un membre fondateur. La deuxième réunion de la coalition, tenue le 16 novembre à Charm el-Cheikh, a donné lieu à une déclaration de politique générale, qui a été présentée ultérieurement au Forum sur la gouvernance de l’Internet.

Des solutions pratiques

L’objectif de la Real-Time Text Taskforce Foundation (R3TF), basée aux Pays-Bas, est de proposer des solutions harmonisées et compatibles. Ainsi que l’a indiqué son directeur, Arnoud van Wijk, «nous dépendons tous de plus en plus de l’Internet dans notre vie quotidienne, en tant qu’utilisateurs d’ordinateurs personnels mais aussi d’appareils mobiles. Cette dépendance ne fera que se renforcer d’année en année». Or, a-t-il ajouté, «sur le web, le texte, les images et les vidéos sont invisibles aux personnes souffrant de troubles visuels. La navigation et le contrôle du matériel constituent, pour certains types de handicap, un véritable obstacle. Le son et la vidéo peuvent être difficiles, voire impossibles, à comprendre pour qui souffre de troubles auditifs».”

Pour les personnes sourdes ou malentendants, le texte en temps réel est un bond en avant, selon van Wijk. Cette méthode, qui permet de transmettre les caractères en ligne au fur et à mesure de leur saisie, offre une qualité de conversation que la messagerie instantanée ne peut égaler. Après une démonstration de texte en temps réel, M. van Wijk a fait observer que cette technologie pourrait créer un nouveau marché, celui de la messagerie textuelle instantanée en mode interactif, qui serait ouvert à tous, à commencer par les jeunes «avides de nouveauté».

Arun Mehta, président de la Bidirectional Access Promotion Society (Société pour la promotion de l’accès bidirectionnel), a fait une intervention au sujet des technologies de l’information et de la communication (TIC) au service des personnes souffrant de troubles mentaux. Pour ces personnes, «il peut être plus facile de travailler avec des ordinateurs qu’avec des humains, car les ordinateurs sont plus constants et plus patients», a indiqué M. Mehta. «En règle générale, nous partons du principe qu’une personne doit savoir lire et écrire avant d’apprendre à utiliser un ordinateur. Or, un enfant qui souffre de troubles mentaux peut avoir besoin de connaître le fonctionnement d’un ordinateur justement pour apprendre à lire et écrire», a-t-il ajouté. Il a ensuite décrit comment son organisation avait créé une plate-forme logicielle, composée de modules paramétrables en fonction d’un ensemble précis de besoins et activée par un dispositif de saisie peu onéreux, spécialement conçu pour les personnes handicapées

Le système DAISY (digital accessible information system/ système d’information numérique accessible) est un format qui rend lisible par tout utilisateur tout document mis en ligne, a expliqué Dipendra Manocha, Président du Forum DAISY (Inde). M. Manocha a donné des exemples d’utilisation de ce système dans plusieurs pays avec différents formats de documents. Il a notamment mentionné le site indien Bookshare.org, librairie en ligne dotée de 9 000 livres au format DAISY, dont l’abonnement annuel est inférieur à 9 USD.

Des sites faciles à consulter

Les sites Internet devraient offrir à tous les utilisateurs une interaction et une accessibilité suffisantes. Jorge Plano de l’Internet Society (ISOC) (Argentine) a montré comment une conception appropriée des sites Internet permet d’éviter de créer des obstacles à l’utilisation. Peter Major, de CyberSpace Consulting, a donné de nombreux exemples d’erreurs de conception dans les sites Internet de diverses administrations. Il a décrit une étude portant sur les sites Internet de 136 Etats des cinq continents, signataires de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. L’absence de légende dans les images et les liens vides sont des erreurs classiques d’accessibilité. Les conclusions de l’étude indiquent que 12% des sites Internet ne contiennent pas d’erreurs, 23% en contiennent jusqu’à cinq et 21% plus de quarante. De toute évidence, il est encore nécessaire de sensibiliser l’opinion à ces questions, étape essentielle vers la réalisation d’une cybergouvernance véritablement accessible, a conclu M. Major.

Une conception universelle

     
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Les incidences sur l’Internet de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées ont été présentées par Cynthia Waddell de l’International Centre for Disability Resources on the Internet (Centre international de ressources en ligne sur le handicap). Nirmita Narasimhan, du Center for Internet and Society (Centre pour l’Internet et la société), a décrit une étude sur les modalités d’application de la convention dans sept pays: Allemagne, Australie, Etats-Unis, Inde, Japon, République de Corée et Royaume-Uni. L’étude s’est intéressée, entre autres, au champ d’application des législations ou recommandations ainsi qu’aux procédures visant à contrôler le respect de la convention. Les résultats montrent que ces éléments varient considérablement d’un pays à l’autre. En conclusion, Mme Narasimhan a déclaré que «les personnes handicapées doivent intervenir à chaque étape du processus de conception et de mise en oeuvre des politiques».

Fernando Botelho, de la société de conseils Botelho & Paula Consultoria, a également mentionné la nécessité de cadres réglementaires appropriés. Il a présenté plusieurs stratégies que les Etats peuvent adopter en vue de promouvoir des partenariats public-privé «pour veiller au développement d’un marché florissant des technologies d’assistance et de produits abordables». Shadi Abou-Zahra de la WAI (Web Accessibility Initiative/Initiative sur l’accessibilité en ligne) du W3C (World Wide Web Consortium/Consortium du World Wide Web) a expliqué comment la WAI oeuvre en faveur de normes internationales visant à rendre l’Internet utilisable par tous.

La conception universelle profite à la société dans son ensemble, a déclaré Gerard Ellis, consultant de Feel the BenefIT T et spécialiste de l’accessibilité aux TIC. Il a expliqué en détail à quel point, par exemple, l’utilisation effective par tous de la cybergouvernance réduit la charge des agents administratifs et combien les sites Internet accessibles gagneront en intérêt avec le vieillissement de la population. Il a également souligné l’importance de l’intégration des personnes handicapées dans la société, point de vue repris par David Wood, Directeur adjoint du département technique de l’Union européenne de radiodiffusion. Rendre l’Internet accessible, ce n’est pas seulement permettre à chacun de l’utiliser, c’est aussi veiller à ce que «la société en fasse un usage optimale au regard des personnes handicapées», a ajouté M. Wood. En tant qu’individus, nous cherchons des informations en ligne pour découvrir notre environnement et la place que nous occupons dans la société, «pour y découvrir que je ne suis pas seul’», a expliqué M. Wood, et les personnes handicapées ont besoin de cela autant — et peut-être plus — que quiconque.

 

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