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Le marché suisse des télécommunications présente des
caractéristiques bien spécifiques, qui distinguent ce pays
du centre de l’Europe de ses voisins. Les services de ligne
fixe y sont avantageusement facturés, alors que, par comparaison,
les communications mobiles demeurent onéreuses.
En règle générale, les clients restent cependant
fidèles à leur opérateur. La Suisse s’est aussi engagée sur
une voie originale en incluant dans les obligations de service
universel l’accès Internet à haut débit. Elle est l’un des
premiers pays à le faire.
Le haut débit intégré dans l’offre de service universel
Consciente de l’importance que cette technologie
joue aujourd’hui dans la société du savoir et de l’information,
la Suisse a décidé de rendre le haut débit obligatoire
dans l’offre de service universel, seule façon, d’ailleurs,
d’accéder à certaines d’applications, aujourd’hui de plus
en plus nombreuses. Sur le plan technique, la quasi-totalité
du pays peut être raccordée au réseau à large bande.
La volonté politique d’offrir également aux régions
isolées un accès au service à haut débit a largement
contribué à l’introduction de cette exigence dans le
service universel. L’opérateur historique Swisscom AG, qui
a été chargé de fournir ce service, propose aujourd’hui
des connexions à large bande sur la quasi-totalité du territoire.
La licence de service universel correspondante est
en vigueur depuis le 1er janvier 2008
Pour élaborer la nouvelle licence, le Bureau fédéral
suisse de la communication (OFCOM) a dû évaluer plusieurs
critères, notamment déterminer l’intérêt que porte
la population aux services à haut débit, vérifier que ces
services sont accessibles au grand public et évaluer leur
taux de pénétration. Cette évaluation a mis en évidence
une situation quelque peu paradoxale. Ainsi, au moment
du sondage, plus de 98% des connexions domestiques
étaient techniquement compatibles avec le haut débit,
alors que le taux de pénétration était inférieur à 20%. La
participation à la vie de la collectivité ne semblait donc
pas essentiellement dépendre de l’accessibilité aux services
à haut débit. Quoi qu’il en soit, après examen de
l’ensemble des paramètres, le gouvernement a décidé
d’emprunter cette voie.
Les risques financiers étaient limités, car les coûts
d’extension pouvaient être couverts, si nécessaire, en recourant
à un fonds dédié au service universel, qui avait
déjà été alloué par des dispositions législatives antérieures.
De plus, le Conseil fédéral, organe exécutif de
plus haut niveau de la Confédération suisse, a spécifié des
taux minimum de transmission en haut débit relativement
modestes ainsi que des tarifs maximum pour le haut débit
proposé au titre de l’offre obligatoire de service. Le fait
que l’obligation soit neutre d’un point de vue technique
et que l’opérateur soit autorisé à dégrader légèrement ses
services en cas de difficultés a également permis de limiter
le risque financier. En conséquence, Swisscom a réussi à
raccorder la quasi-totalité du territoire sans faire appel au
fonds de service universel.
Fin 2008, 84,6% des internautes suisses disposaient
d’un accès à haut débit, dont 69,3% via une ligne
d’abonné numérique (ADSL) et 28,8% via le modemcâble.
Diverses autres technologies d’accès étaient aussi
utilisées, mais dans une moindre mesure (1,9% seulement).
L’opérateur historique, Swisscom AG, assurait un
peu plus de la moitié des connexions (52,3%).
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Les TIC en Suisse en 2008 (pour 100 habitants)
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| Lignes téléphoniques fixes |
64.11 |
| Abonnements à la téléphonie mobile |
117.97 |
| Ordinateurs |
97.60 |
| Internautes |
76.10 |
| Abonnés à Internet à haut débit |
34.15 |
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Malgré le dégroupage mis en place en 2007, Swisscom
a continué de gagner des parts de marché dans le secteur
du haut débit. Cette augmentation s’explique essentiellement
par le fait que, pour l’heure, la plupart des autres
fournisseurs de services Internet par ADSL sont obligés
de revendre des services de Swisscom. Parallèlement,
ces autres fournisseurs ont vu leur situation se dégrader:
en l’espace d’une année, leur part du marché de l’accès
ADSL a chuté de 27,3% à 24,5%. La mise en place du
dégroupage ne semble pas avoir encore renversé cette
tendance.
Un réseau fixe très compétitif
La faible part de marché que Swisscom est parvenue à
maintenir sur le marché des réseaux fixes (par comparaison
avec le reste de l’Europe) permet de mieux comprendre le
développement et l’état actuel de la concurrence. Plus la
part de l’opérateur historique est importante, moins les
autres fournisseurs réussissent à pénétrer le marché. En
Suisse, la part de Swisscom dans l’ensemble du marché
des réseaux fixes (59,3%) est nettement inférieure à la
moyenne des pays de l’Union européenne (64,8%). Seuls
les opérateurs historiques suédois (57%), allemand (51%)
et britannique (58%) atteignent des parts de marché
inférieures.
La concurrence sur le marché suisse du réseau fixe est
donc bien réelle: fin 2007, quelque 75 sociétés proposaient
la téléphonie vocale sur le réseau fixe, preuve qu’il
n’y a manifestement plus d’obstacles à l’entrée sur le marché
suisse des télécommunications. Le fait que ce marché
comptait en 2008 trois fournisseurs de plus par rapport à
l’année précédente est un signe positif.
Fin 2007, quelque 43 sociétés étaient présentes dans
le secteur de la téléphonie sur IP, contre 30 en 2006. Dans
cette catégorie, la Suisse se situe ainsi parmi les premiers
pays européens, à la sixième place sur 25. Sur l’ensemble
des accès à la téléphonie sur IP, 85% se font via des réseaux
de télévision par câble (CATV).
Bien que les frais liés aux droits d’utilisation des réseaux
fixes aient diminué de façon notable depuis la libéralisation
du marché suisse en 2006, la concurrence ne
s’est pas encore traduite par une harmonisation des prix
de connexion. La comparaison de Swisscom avec l’opérateur
Sunrise, par exemple, révèle que les prix pratiqués
par ce dernier pour des appels nationaux sont inférieurs
de 20% pour un appel de trois minutes et de 10% pour
un appel de dix minutes. En ce qui concerne les appels
internationaux — dont les prix en Suisse ont déjà tout à
fait acceptables —, il est souvent encore possible d’économiser
entre 13 et 16%. En choisissant leurs fournisseurs
de services en fonction de leurs habitudes de consommation,
les utilisateurs suisses pourraient même économiser
davantage, selon la durée et la destination de leurs
appels.
Communications mobiles: les clients restent fidèles malgré l’augmentation des tarifs
L’état de la concurrence sur le marché suisse des communications
mobiles présente des traits spécifiques. Bien
que les tarifs pratiqués par Swisscom ne soient pas les plus
bas, les clients restent toujours très attachés aux services
de cet opérateur. Ainsi, la part de marché de Swisscom
est de 62% environ, ce qui est élevé pour un opérateur
historique, la moyenne européenne se situant à 38,3%.
De ce point de vue, la Suisse occupe la deuxième place en
Europe après Chypre (85,2%).
Autre originalité: les utilisateurs suisses de téléphonie
mobile préfèrent le service à postpaiement, qui est
plus onéreux que le service à prépaiement (57,3% contre
42,7%). Dans l’Union européenne, le rapport entre
ces deux méthodes de paiement est quasiment inverse
(58,2% pour le prépaiement contre 41,8% pour le postpaiement).
Il semble que d’autres facteurs que le prix
soit déterminants: les consommateurs suisses apprécient
apparemment un service attractif, une bonne couverture
et la possibilité d’utiliser leur téléphone mobile sans
restriction.
Quatre sociétés gèrent des réseaux de communications
mobiles en Suisse (Swisscom AG, Sunrise
Communications AG, Orange Communications SA et
In&Phone), les trois plus grandes exploitant des réseaux
de troisième génération (3G), notamment le système de
télécommunications mobiles universelles (UMTS). Malgré
sa superficie relativement faible, la Suisse se situe ainsi
dans le haut du classement en termes de nombre d’opérateurs
classiquement présents sur les marchés de la téléphonie
mobile dans les pays de l’Union européenne.
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Figure 1 — Part de la téléphonie mobile sur le marché
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| Source: Statistiques officielles des télécommunications
suisses pour 2008, chiffres provisoires (Bureau fédéral suisse de la communication) |
Cela étant, la seule présence de plusieurs opérateurs
n’assure pas toujours une véritable concurrence. De fait,
les tarifs pratiqués en Suisse pour les services mobiles sont
supérieurs de 57% en moyenne à ceux pratiqués dans
l’Union européenne (la différence varie selon l’utilisation
et le type de contrat souscrit par le consommateur). Cette
différence s’explique par le fait que les consommateurs
suisses sont peu disposés à changer d’opérateur. A noter
également que le marché suisse de la téléphonie mobile
n’a été libéralisé qu’en 1998 et que la Suisse a édicté des
réglementations strictes en ce qui concerne la construction
d’infrastructures de services mobiles et la protection
contre les rayonnements. De plus, les litiges concernant
les taxes de terminaison ne peuvent être réglés que par
les autorités si celles-ci sont sollicitées par une partie pour
prendre part aux négociations (les taxes de terminaison
sont les frais facturés par les opérateurs de réseaux mobiles
pour acheminer le trafic d’autres opérateurs).
Evolution de la téléphonie fixe et de la téléphonie mobile
En Suisse, comme dans d’autres pays, les communications
mobiles tendent à remplacer le réseau fixe (voir
Figure 1). Cela étant, compte tenu de l’état actuel du
marché et des différences de tarifs entre la téléphonie
fixe, plus économique, et les communications mobiles,
onéreuses en comparaison, cette tendance s’est, pour
l’heure, relativement peu développée. En termes de durée
totale de l’ensemble des appels téléphoniques, la part
des appels mobiles était, fin 2008, tout juste inférieure à
40%. Le réseau fixe demeure en outre le moyen préféré
pour les appels de longue durée.
Cela étant, la comparaison du nombre de connexions
au réseau fixe et de contrats de téléphonie mobile révèle
le plein potentiel des communications mobiles. Ainsi, en
2008, quelque 70% de l’ensemble des nouveaux contrats
concernait le secteur de la téléphonie mobile (services à
prépaiement ou à postpaiement).
En termes de nombre d’appels passés, la différence
entre le réseau fixe et le réseau mobile est plus équilibrée.
Ces dernières années, la téléphonie mobile a clairement
augmenté; en 2005 déjà, elle représentait environ 40%
des appels. De nombreux signes montrent que les habitudes
des consommateurs évoluent et que saisir son téléphone
portable devient progressivement un geste de la
vie quotidienne.
Cet article a été rédigé par le Bureau fédéral suisse de la communication
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