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Rapport spécial sur ITU TELECOM WORLD 2009: Nouveaux besoins, nouvelles réalité
Franc dialogue à haut niveau entre représentants du secteur public et représentants du secteur privé
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Robert Mugabe
Président du Zimbabwe
 
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Alhaji Samuel Sam-Sumana
Vice-Président de la Sierra Leone
 
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Pakalitha B. Mosisili
Premier Ministre du Lesotho
 
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Mizengo Pinda
Premier Ministre de la Tanzanie
 
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Sheikh Ali Bin Khalifa Al Khalifa
Vice-Premier Ministre de Bahreïn
 
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La priorité des priorités: le changement climatique

Le Président rwandais Paul Kagame, le Président Robert Mugabe du Zimbabwe, le Vice-Président Alhaji Samuel Sam-Sumana de la Sierra Leone, les Premiers Ministres Pakalitha B. Mosisili du Lesotho et Mizengo Pinda de la Tanzanie, le Vice-Premier Ministre Sheikh Ali Bin Khalifa de Bahreïn: toutes ces personnalités étaient présentes à ITU Telecom World 2009.

La grande famille des Nations Unies y était elle aussi fortement représentée, au plus haut niveau. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a participé à plusieurs des activités programmées tout au long de la semaine, avec le Directeur général du Bureau des Nations Unies à Genève, Sergei Ordzhonikidze; le Secrétaire général de l’Organisation maritime internationale, Efthimios Mitropoulos; le Directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, Francis Gurry; le Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Michel Jarraud et enfin le Directeur général de l’Union postale universelle, Edouard Dayan.

Ban Ki-moon expose le problème

Une table ronde réunissant de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement et présidents- directeurs généraux de grandes entreprises du secteur des TIC a fait apparaître que les crises s’accompagnent toujours de nouvelles opportunités — et que la crise économique actuelle ne fait pas exception. Les grandes questions de l’heure étaient à l’ordre du jour — l’économie mondiale, la fracture numérique, la cybersécurité — mais le principal sujet de préoccupation était le changement climatique. En l’occurrence, le modérateur était le Secrétaire général de l’UIT, Hamadoun I. Touré, qui tout d’abord a souhaité la bienvenue au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

M. Ban a loué les chefs d’Etat pour leur ferme résolution à connecter le monde. Il a par ailleurs mis l’accent sur l’importante influence potentielle du secteur privé. Selon ses propres termes, «ce sont les chefs d’entreprise qui peuvent investir et provoquer l’innovation technologique ». Et le Secrétaire général de l’ONU d’ajouter que, si toutes les questions à l’ordre du jour de la table ronde étaient importantes, il souhaitait considérer plus particulièrement les moyens d’utiliser les possibilités offertes par les TIC pour traiter le problème du changement climatique.

«Je sais que le secteur des TIC luimême fait partie du problème, puisqu’on peut lui imputer 2 à 3% du total des émissions de gaz à effet de serre. Mais je sais aussi qu’avec les outils que sont les TIC, vous pouvez réduire d’au moins 15% les émissions de gaz à effet de serre dans les autres secteurs.»

«Les problèmes sont donc multiples, mais celui-ci est extrêmement pressant. Les dirigeants que vous êtes disposent des outils nécessaires. Je fais appel à votre sagesse et vous exhorte à considérer vos priorités, à nous apporter les outils TIC susceptibles de faciliter la lutte contre le changement climatique», a déclaré M. Ban, ajoutant «Je sais que le secteur des TIC lui-même fait partie du problème, puisqu’on peut lui imputer 2 à 3% du total des émissions de gaz à effet de serre. Mais je sais aussi qu’avec les outils que sont les TIC, vous pouvez réduire d’au-moins 15% les émissions de gaz à effet de serre dans les autres secteurs». Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies a exhorté les dirigeants à fournir des réponses et des solutions plutôt qu’à poser des problèmes, relevant que tel était précisément «l’objet essentiel de la réunion».

M. Ban a évoqué ensuite le sommet d’une journée qu’il avait organisé sur le thème du changement climatique à New York le 22 septembre 2009, sommet auquel avaient participé 101 chefs d’Etat et de gouvernement: «Cela fait plus de 30 années que je travaille, directement ou indirectement, pour l’Organisation des Nations Unies et à ce jour, en ma qualité de Secrétaire général, je ne peux citer qu’un seul exemple de réunion assemblant plus de 100 chefs d’Etat en même temps et dans le même lieu» a déclaré M. Ban, ajoutant qu’à cette occasion, les nations les plus riches avaient côtoyé les pays les plus vulnérables, non seulement dans un échange d’opinions et de résultats d’expérience mais encore dans une démonstration de leadership et d’engagement politique.

M. Ban a relevé ensuite que, pour traverser actuellement une crise économique, le monde n’en dispose pas moins de certaines ressources pour se colleter au problème du changement climatique: «Nous avons pu mobiliser entre 5000 et 6000 milliards USD à l’occasion de la Conférence de Londres du G20, sous forme d’ensemble de mesures de stimulation coordonnées à l’échelle internationale. A eux seuls, les Etats-Unis ont mobilisé plus de 1500 milliards USD, la Chine 600 milliards et l’ensemble des pays européens, plus de 1000 milliards. Nous avons donc les ressources financières et la capacité technologique requises. Ce qui fait lourdement défaut, c’est la volonté politique» a déclaré M. Ban.

Le Secrétaire général de l’ONU a appelé les dirigeants politiques et les chefs d’entreprise à faire preuve de leadership sur cette question du changement climatique. Les données scientifiques établissent de façon irréfutable que le changement climatique se produit plus rapidement que prévu. «Il incombe aujourd’hui aux grandes entreprises et aux dirigeants politiques de faire face à la situation » a déclaré M. Ban. «Vous avez le choix» a-t-il dit aux participants, exhortant tous les dirigeants à «considérer le problème du changement climatique comme un problème mondial, appelant un leadership mondial et des priorités mondiales».

Il est indispensable de recourir à d’autres sources d’énergie. Selon estimation, 1,6 milliard d’habitants de notre planète ne disposent pas de l’électricité. Un autre milliard de nos contemporains vivent dans des régions où les réseaux d’alimentation électrique ne sont pas fiables.

Dans le débat, les participants ont été unanimes à reconnaître le rôle des TIC comme outil décisif permettant d’atténuer les effets du changement climatique et de s’y adapter. De l’avis de nombreux participants, l’énergie solaire et les autres sources d’énergie renouvelables faisaient partie de la solution, mais il était par ailleurs évident qu’il fallait prévoir un effort mondial concerté pour assurer la viabilité et la durabilité de ces technologies.

D’autres sources d’énergie

Le Vice-Président de la Sierra Leone, Alhaji Samuel Sam-Sumana, a formulé la déclaration suivante: «Notre petit pays du continent africain doit faire face à un changement climatique qui n’est pas de notre fait... Le monde est finalement un petit village, et nous avons tous les mêmes problèmes. Nous devrions alors avoir les mêmes avantages. Nous devrions tous travailler à l’amélioration de l’humanité, pour retirer les fruits que l’univers peut nous offrir». Cet orateur a demandé que l’on mette en place des mécanismes propres à freiner la déforestation et que l’on utilise les TIC pour apporter davantage de responsabilité administrative et de transparence dans la gouvernance. L’Afrique, a-t-il souligné, est disposée à coopérer à de tels efforts, tout particulièrement dans le cadre de partenariats avec le secteur privé: «Nous devrions aussi recourir à d’autres formes d’énergie: énergie hydroélectrique, énergie éolienne, énergie solaire — pour réduire l’impact de notre consommation sur l’environnement».

Il est indispensable de recourir à d’autres sources d’énergie. Selon estimation, 1,6 milliard d’habitants de notre planète ne disposent pas de l’électricité. Un autre milliard de nos contemporains vivent dans des régions où les réseaux d’alimentation électrique ne sont pas fiables. Pour apporter les TIC aux régions dépourvues de sources d’électricité stables, les réseaux mobiles, par exemple, sont essentiellement alimentés par des groupes électrogènes diesel. Certes, les prix du pétrole ont légèrement fléchi, mais le coût constamment élevé du fioul nécessaire à l’alimentation des groupes électrogènes utilisés par un grand nombre de stations de base continue de réduire les marges bénéficiaires — sans parler de la pollution de l’environnement.

Le Président-Directeur général et membre du Conseil d’administration de l’Association GSM (GSMA), Robert G. Conway, a déclaré ensuite que dans le secteur mobile qu’il représentait, l’énergie était «de toute évidence l’une des principales composantes de notre capacité à connecter les hommes» mais qu’il fallait par ailleurs «réduire cette consommation d’énergie»... «Puisqu’il s’agit de connecter les hommes, il faut d’abord connecter ceux qui n’ont pas accès à un réseau électrique». Alors que les infrastructures des réseaux mobiles s’étendent peu à peu aux régions les plus inaccessibles, les opérateurs doivent pouvoir disposer d’une autre solution que les groupes électrogènes diesel, et d’une solution fiable. Et M. Conway de décrire le programme «sources d’énergie écologiques pour les systèmes mobiles» élaboré par la GSMA, à l’effet de permettre aux entreprises de faire appel à des sources d’énergie renouvelables pour les stations de base nouvelles ou sans accès au réseau électrique dans les pays en développement.

«Tout le monde parle d’écologie, mais en fait, il faut motiver le consommateur. Et le coût est l’un des plus puissants éléments de motivation.»

M. Conway a par ailleurs expliqué aux participants comment l’on pouvait, sur le plan individuel, contrôler sa propre consommation électrique. Par exemple, le téléphone mobile devrait permettre au consommateur de contrôler et de réduire sa consommation d’électricité en temps réel, grâce aux compteurs intelligents et aux capteurs intégrés dans les divers appareils domestiques ou de bureau. «Demain, peut-être, tous les équipements de votre domicile seront dotés de puces électroniques intégrées, connectées à votre téléphone, qui vous permettra alors de connaître le montant total de l’énergie électrique que vous consommez. En éteignant une lampe, vous verrez immédiatement la consommation d’électricité diminuer et vous connaitrez l’économie ainsi réalisée». «Tout le monde parle d’écologie, mais en fait, il faut motiver le consommateur. Et le coût est l’un des plus puissants éléments de motivation». Le consommateur qui pourra constater immédiatement l’économie réalisée lorsqu’il limite sa consommation d’électricité va réagir. «Le système peut être mis en oeuvre, et avec le large bande et le large bande mobile, l’idée est réalisable» a ajouté M. Conway.

Sunil Bharti Mittal, Président-Directeur général du Groupe Bharti Enterprises (Inde) a fait savoir que l’Inde commençait à réduire une fracture numérique qui était «encore ouverte» il y a quelques années à peine. «Aujourd’hui, nous connectons entre 10 et 12 millions de personnes chaque mois, dont plus de la moitié en milieu rural, et cette croissance va se poursuivre» a précisé M. Mittal, qui a ajouté que cette croissance imposait de sévères contraintes sur le plan des ressources en énergie du pays. L’Inde compte 450 millions d’abonnés à la téléphonie mobile, et la barre du premier milliard sera franchie dans les 4 à 5 prochaines années. «Nous devons considérer les technologies les plus modernes. Nous devons faire en sorte que ces réseaux soient alimentés par des techniques qui ne soient pas préjudiciables à notre environnement. Nous installons des pylônes dans des régions dépourvues d’électricité, et il faut utiliser des groupes électrogènes. Mais nous estimons qu’avec l’UIT, les décideurs et les chefs d’Etat, nous allons pouvoir, ensemble, trouver les moyens d’utiliser les technologies qui sont disponibles en dehors de notre secteur. Le problème est que les pays dépourvus de moyens financiers n’ont pas de soleil et que les pays qui ont du soleil n’ont pas de moyens financiers. Nous devons donc combiner l’énergie solaire avec les technologies et l’argent du monde développé». Et M. Mittal de conclure que, malgré ces problèmes, «notre secteur atteindra les Objectifs du Millénaire pour le développement définis par les Nations Unies d’ici à 2012».

 
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Les membres du Comité d’ITU Telecom
 

Représentant également l’Inde, le fabricant d’équipements de télécommunication Vihaan Networks Limited (VNL) a dévoilé son système mobile écologique alimenté à l’énergie solaire. L’extension de la couverture des réseaux mobiles aux régions isolées et rurales du monde est souvent difficile, en raison de coûts d’installation et d’exploitation élevés. Par ailleurs, les connaissances spécialisées requises pour installer et exploiter une station de base ne sont pas largement répandues. Il en résulte que les opérateurs sont peu nombreux à s’intéresser à ce type de communautés. VNL contribue à résoudre cet obstacle en proposant une station de base mobile à faible consommation d’énergie électrique et plus coûteuse à installer, dont les coûts d’exploitation sont négligeables.

Selon le fondateur et Président-Directeur général de VNL, Rajiv Mehrotra, le réseau alimenté à l’énergie solaire est conçu pour aider les opérateurs mobiles à connecter les populations des régions rurales et isolées dont le revenu moyen par utilisateur est inférieur à 2 USD, tout en restant financièrement viable. «Partout, on recherche des solutions à impact environnemental nul. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises de mon pays disposent de solutions «tout solaire» pour les communications mobiles. Ces systèmes sont désormais largement disponibles. Bientôt, l’Inde aura davantage de systèmes à énergie solaire que tous les autres pays du monde combinés» a ajouté M. Mehrotra.

Mizengo Pinda, Premier Ministre de la Tanzanie, a déclaré que la table ronde organisée à l’intention de représentants du secteur public et des P.-D. G. des grandes entreprises était très utile: «A notre avis, il s’agit d’une excellente initiative car, ensemble, nous pouvons essayer de déterminer les divers facteurs qui expliquent le changement climatique. Dans les pays en développement, partout où l’on utilise les TIC, le problème constant est celui des alimentations électriques. Nous avons de gros problèmes d’alimentation en énergie électrique ... Alors, naturellement, toutes les grandes entreprises de nos pays respectifs sont contraintes d’utiliser des groupes électrogènes diesel de secours, qui consomment énormément de combustibles fossiles, sont à l’origine d’un important volume d’émissions de GES, ont une incidence négative sur l’environnement et nous limitent dans les efforts que nous déployons pour faire face au changement climatique. Nous devons définir un modèle adéquat pour parvenir à nous extraire de cette situation», a déclaré le Premier Ministre. Relevant avec satisfaction la déclaration de M. Conway concernant les nouvelles o p p o r t u n i t é s , M. Pinda a ajouté: «Nous devons considérer que les entreprises ne sont pas là seulement pour réaliser des bénéfices: elles peuvent être aussi des outils déterminants pour lutter contre le changement climatique». Le Premier Ministre de la Tanzanie a par ailleurs accueilli très favorablement l’idée formulée par M. Touré: «Les livres électroniques pourraient contribuer puissamment à réduire l’utilisation de papier: écoles primaires, écoles secondaires, universités: des livres, toujours des livres, encore des livres! En réduisant le nombre des arbres que nous abattons, nous pouvons contribuer à la conservation de la nature».

«Dans les pays en développement, partout où l’on utilise les TIC, le problème constant est celui des alimentations électriques. Nous avons de gros problèmes d’alimentation en énergie électrique... Alors, naturellement, toutes les grandes entreprises de nos pays respectifs sont contraintes d’utiliser des groupes électrogènes diesel de secours, qui consomment énormément de combustibles fossiles, sont à l’origine d’un important volume d’émissions de gaz à effet de serre, ont une incidence négative sur l’environnement et nous limitent dans les efforts que nous déployons pour faire face au changement climatique.»

Gérer les cyberdéchets

María del Rosario Guerra de la Espriella, Ministre des technologies de l’information et de la communication de la Colombie, a déclaré qu’il fallait mieux gérer les cyberdéchets, tout particulièrement les déchets de l’électronique (ordinateurs et téléphones mobiles), dont le volume augmente constamment, notamment du fait que «nous avons encouragé (et nous continuons d’encourager) l’utilisation d’ordinateurs personnels dans les écoles». Mme Guerra de la Espriella a demandé davantage de mesures relatives au traitement des cyberdéchets, dont le volume mondial est passé de 20 à 50 millions de tonnes. La Colombie dispose d’un centre national de traitement des déchets électroniques connu dans toute l’Amérique latine, «mais il faut travailler de concert avec le secteur sur cette question; pour ce qui est de la cybersécurité, Mme Guerra de la Espriella a appelé les Nations Unies à agir de façon plus décisive pour assurer la sécurité de l’Internet, notamment en ce qui concerne les enfants et les jeunes gens, constamment menacés par la pornographie: «l’UIT peut nous aider dans ces deux domaines» a conclu la Ministre.

Mothetjoa Metsing, Ministre des communications, des sciences et de la technologie du Lesotho, a fait sienne l’opinion exprimée par la représentante de la Colombie concernant le traitement des cyberdéchets qui, a-t-il souligné, pose un gros problème. Dans les efforts qu’elles déploient pour assurer une connexion universelle, bon nombre d’entreprises de téléphonie mobile se font concurrence, et il en résulte une prolifération des pylônes de transmission. A cet égard, M. Metsing a préconisé des «interventions politiques»: les pylônes mis en place par une entreprise devraient pouvoir être partagés par les autres entreprises.

Il faut davantage de mesures relatives au traitement des cyberdéchets, dont le volume mondial est passé de 20 à 50 millions de tonnes par an.

Ressources humaines

Michael R. Gardner, Président de l’USTTI (United States Telecommunication Training Institute), a appelé l’attention sur l’importance de la mise en valeur des ressources humaines, tout particulièrement dans les pays en développement. L’orateur a déclaré que l’USTTI était fier d’avoir formé plus de 8000 diplômés de 167 pays dans le cadre de partenariats entre le secteur public et le secteur privé, ajoutant toutefois qu’il fallait, au cours des trois à cinq prochaines années, «redoubler d’efforts afin de parvenir à la parité entre les pays en développement les plus pauvres et les autres pays en ce qui concerne le développement des TIC». M. Gardner a par ailleurs relevé qu’il fallait tirer parti de la dynamique de la jeunesse. Le secteur privé devait trouver de nouveaux moyens de former les jeunes gens, dans leur pays et en dehors de leur pays, car «l’évolution démographique n’a jamais été aussi intéressante, avec tous ces jeunes gens prêts à participer à la révolution des TIC».

Solutions for developing countries

Jean-Pierre Ezin, Commissaire de l’Union africaine pour les ressources humaines, les sciences et les technologies, a parlé ensuite de l’importance du renforcement des capacités, secteur dans lequel l’Afrique a accumulé beaucoup de retard par rapport au reste du monde: «nous avons moins de scientifiques et d’ingénieurs que les autres régions du monde. Nous avons donc beaucoup de travail à faire. Il faut déployer des efforts importants pour former les jeunes gens, créer des opportunités, adapter nos structures. Chaque année, 20 000 professionnels (étudiants titulaires d’un baccalauréat ou d’une maîtrise) quittent notre continent pour bénéficier de meilleures conditions d’études. Si nous voulons solutionner le problème des TIC, nous devons en tenir compte».

Des solutions pour les pays en développement

Venãncio Massingue, Ministre des sciences et de la technologie du Mozambique, a souligné à quel point son pays était exposé aux graves conséquences du changement climatique. Appelant à une coopération dans la mise en place de systèmes d’alerte rapide permettant à la région de réagir en cas de catastrophe naturelle, le Ministre a dit qu’une telle coopération pourrait par exemple faire intervenir les industriels, avec le lancement de satellites en orbite terrienne basse. M. Massingue a par ailleurs accueilli avec satisfaction les informations communiquées concernant les possibilités offertes par l’énergie solaire — qui, toutefois, ne sont pas encore manifestes au Mozambique: «mon pays n’arrive pas à trouver des solutions qui passent par l’énergie solaire. Le solaire pourrait réellement faire la différence dans nos hôpitaux, nos cliniques, nos écoles». Toutefois, les TIC se développent au Mozambique. M. Massingue a évoqué notamment la mise en service récente d’une installation d’assemblage d’ordinateurs dans le cadre d’une coentreprise entre Sahara Computers (Inde) et le Centre national des technologies de l’information et de la communication, organisme parapublic.

Haruna Iddrisu, Ministre des communications du Ghana, a demandé que l’on s’engage à utiliser des équipements à faible consommation d’énergie électrique, tout en rappelant qu’il ne fallait pas «oublier les effets électromagnétiques des TIC sur l’être humain, des téléphones mobiles, par exemple». Le Ministre a demandé aussi que l’on se concentre davantage sur les possibilités de coopération entre les opérateurs et le secteur public dans l’utilisation des TIC, compte tenu des Objectifs du Millénaire pour le développement définis par les Nations Unies. Le Ministre a déclaré qu’il fallait trouver de nouvelles solutions dans le secteur de la cybersanté (concernant par exemple les soins maternels et la mortalité infantile) et de la cyberéducation. Il a cité à cet égard, comme exemple de bonne pratique, le fonds d’investissement pour les télécommunications constitué dans son pays, qui finance l’installation d’équipements de télécommunication dans les régions insuffisamment ou non des servies (les opérateurs titulaires de licence apportent au fonds une contribution de 1% de leurs recettes nettes).

Aiyaz Sayed-Khaiyum, Ministre des entreprises publiques, du tourisme et des communications des îles Fidji, a déclaré qu’il fallait considérer la question des économies d’échelle, pour que les Etats insulaires du Pacifique soient en mesure d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement fixés par les Nations Unies. Le Ministre a relevé que les entreprises représentées à la table ronde déployaient leur activité économique dans des conditions de marché de masse alors que «les Etats insulaires du Pacifique ont en moyenne une population comprise entre 200 000 et 300 000 habitants, de sorte que la dynamique est totalement différente». Le Ministre a donné un exemple récent concernant son pays: l’un des principaux fabricants de téléphones mobiles a refusé de servir cet Etat insulaire au motif qu’il était trop petit. Sur la question du changement climatique, M. Aiyaz Sayed-Khaiyum a formulé une mise en garde: certains Etats insulaires pourraient bientôt disparaître de la surface du globe en raison de l’augmentation du niveau de mer. Et le Ministre d’exhorter les leaders du secteur à apporter à ces pays les technologies dont ils ont tant besoin.

l’information du Samoa, Safuneitu’uga Pa’aga Neri, a déclaré que son pays traversait une période particulièrement difficile, après le traumatisme et les importants dégâts causés par le terrible tsunami du 29 septembre 2009, mais qu’elle avait estimé «nécessaire de participer à cette table ronde pour rappeler qu’il importait au plus haut point de disposer de systèmes d’alerte efficaces et fiables, qui permettent de sauver des vies, et pour solliciter l’assistance de nos partenaires en la matière»

Pour citer la Ministre, «le Samoa est un petit Etat insulaire en développement situé au milieu de l’océan Pacifique, et nous pensons tout naturellement qu’il importe de disposer d’une bonne infrastructure et d’un bon réseau de télécommunication et de TIC, très utile en cas de catastrophe naturelle et dans toute situation d’urgence ». Les pays les moins avancés, et la plupart des pays en développement, ont encore beaucoup de retard dans les domaines de la connectivité et de l’accès large bande: «l’absence d’infrastructures large bande et les coûts élevés de la connectivité sont les grands problèmes qui se posent encore à nous. Disposant de ressources limitées, nous continuons de dépendre de nos partenaires et de l’assistance qu’ils nous offrent pour mettre en place les éléments d’infrastructure nécessaires».

Efforts internationaux

Francis Gurry, Directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a relevé que la réponse au changement climatique passe en dernier ressort par la technologie — et que les TIC en sont le catalyseur: «l’OMPI s’efforce d’offrir une plate-forme ouverte pour l’innovation, une plate-forme qui indique la disponibilité des diverses technologies susceptibles de nous aider à résoudre les problèmes que pose le changement climatique».

L’Union postale universelle (UPU) est elle aussi acquise à la cause d’une croissance écologique, a déclaré son Directeur général, Edouard Dayan. Dans le monde entier, les postes assurent l’expédition de plus de 430 milliards de lettres et de six milliards de paquets chaque année. Dans leur recherche d’une croissance écologique, les entreprises peuvent repenser leurs chaînes logistiques et planifier des mesures à long terme susceptibles de se traduire par des économies d’énergie: «nous avons entrepris de mesurer le niveau de nos émissions de gaz à effet de serre, afin de contribuer aux efforts déployés pour limiter ces émissions» a déclaré M. Dayan, qui a ajouté que l’UPU se proposait de participer à la réalisation d’un réseau de transmission physique, électronique et financier universel qui devrait «contribuer au développement des entreprises et permettre de résoudre, par exemple, le problème que posent les transferts d’argent des travailleurs migrants à leur famille» a expliqué M. Dayan.

Le Directeur général de l’UPU a ajouté que l’une des grandes questions à considérer était celle des normes, dont l’adoption se traduit par des économies d’échelle et une diminution du coût des TIC. Par exemple, le projet de système mondial de contrôle lancé en août 2009 par l’UPU prévoit l’insertion dans toutes les lettres d’étiquettes RFID (identification par radiofréquence) permettant de mesurer le temps d’acheminement du courrier entre les 21 pays participant au projet. Il y a dix ans, le coût de ces puces électroniques était trop élevé (23 USD), mais «grâce à la normalisation internationale, l’accès à cette technologie est maintenant beaucoup plus facile, avec un coût unitaire de 0,30 USD» a précisé M. Dayan.

Ekwow Spio-Garbrah, Président-Directeur général de la Commonwealth Telecommunications Organisation (CTO), a commenté le rôle crucial de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans la lutte contre le changement climatique. Evoquant le tsunami qui a frappé le Samoa, les Samoa américaines et les Tonga le 29 septembre 2009, M. Spio-Garbrah a rappelé l’importance de la Convention de Tampere sur la mise à disposition de ressources de télécommunication pour l’atténuation des effets des catastrophes et pour les opérations de secours en cas de catastrophe. C’est sur la base de cette Convention que la CTO, l’UIT et leurs partenaires organisent des ateliers sur le rôle des TIC dans la gestion des catastrophes naturelles, question qui affecte tous les pays, comme l’a souligné M. Spio-Garbrah, qui a ajouté «la CTO s’occupe également du renforcement des capacités pour la gestion des catastrophes naturelles».

Les catastrophes naturelles ont un impact considérable sur la vie, l’emploi et les biens. Juste avant l’ouverture d’ITU Telecom World 2009, le monde a connu de nouveau une série de tragédies. Fin septembre 2009, c’est le typhon Ketsana qui a tué près de 400 personnes, provoquant de graves inondations dans certaines parties des Philippines, du Viet Nam et du Cambodge. Le tsunami qui s’est produit dans le Pacifique Sud le 29 septembre a causé près de 200 morts et d’importants dégâts. En Italie, des pluies diluviennes, en Sicile, sont à l’origine des glissements de terrain qui ont tué 25 personnes début octobre.

L’OMM s’efforce, avec ses membres et ses partenaires internationaux, d’intégrer les systèmes d’alerte rapide dans les plans d’urgence nationaux, et d’aider les pays à tirer parti des bonnes pratiques.

Prenant la parole à la session «GREEN@ICT: un «New deal» à l’heure du numérique», le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud, a exhorté les chefs d’entreprise à poursuivre le dialogue et à tirer le meilleur parti possible des informations scientifiques disponibles quant au changement climatique. Rappelant le rapport du Groupe intergouvernemental sur le changement climatique et le fait que ce groupe fut l’un des colauréats du Prix Nobel de la paix 2007, M. Jarraud a déclaré que le doute n’était plus possible: «le changement climatique est une réalité. Si nous ne faisons rien, l’avenir de notre planète est engagé».

 

*Toutes les photos de ce rapport spécial sont dues à P. Christin/UIT, D. Keller/UIT, V. Martin/UIT et F. Rouzioux/UIT, sauf indication contraire

 

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