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Le passage à la télévision numérique
 
Switching to digital television
Photographe: Shutterstock
 
Switching to digital television
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Dans de nombreux pays, la transition entre télévision analogique et télévision numérique est en bonne voie. La télévision numérique permet une meilleure qualité d’image et un meilleur son, ainsi qu’un plus grand choix de chaînes et d’émissions. Les organismes de télédiffusion peuvent distribuer simultanément plusieurs émissions, en utilisant la largeur de spectre qu’il faudrait pour une seule chaîne analogique. Par ailleurs, le passage aux technologies numériques permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre grâce à une énorme réduction — quasiment par un facteur dix — de la consommation d’énergie des émetteurs. Le nombre d’émetteurs peut lui aussi être réduit grâce à la transmission de plusieurs émissions télévisuelles sur un seul canal de fréquence.

Des décennies durant, ce sont la bande des très hautes fréquences (VHF) et la bande UHF qui, partout dans le monde, ont été attribuées à la diffusion de la télévision analogique. Or, étant donné que la télévision numérique utilise plus efficacement le spectre des radiofréquences, elle permet de libérer des ressources du spectre pour d’autres utilisations. C’est ce qu’on appelle «le dividende numérique», qui permet aux États d’en faire bénéficier le public en réaffectant les ondes ainsi libérées à d’autres usages. Pour exploiter cette possibilité, les pays et régions ont adopté des approches différentes.

Les États-Unis arrêtent la diffusion analogique

En vertu de la loi de 2005 sur la transition vers la télévision numérique, le tout-analogique devait être abandonné aux États-Unis à compter du 17 février 2009. Pour encourager les consommateurs à opérer cette transition, la loi a en outre prévu la création d’un programme bénéfi ciant de l’appui du gouvernement fédéral pour aider les gens à s’acheter une boîte de conversion. Depuis le 1er mars 2007, tous les nouveaux récepteurs de télévision numériques captant les signaux par radiodiffusion, y compris les appareils portatifs, les lecteurs de DVD et les ensembles vidéo avec syntoniseurs saisisseur d’images doivent être munis d’un syntoniseur numérique.

Cependant, en vertu d’une nouvelle loi promulguée au mois de février, la date prévue pour la coupure du signal analogique a été reportée au 12 juin 2009, et ce afin d’aider les millions de ménages aux États-Unis qui n’avaient pas encore réussi à acheter un appareil de télévision numérique au titre du programme de subvention parce que la demande avait dépassé les crédits que la loi avait prévus. Des crédits supplémentaires vont être dégagés au titre de la loi de 2009 sur la reprise et les réinvestissements.

Dans l’intervalle, la Commission fédérale des communications (FCC) a dégagé d’importants moyens pour faciliter la transition et faire en sorte que les personnes disposant d’appareils analogiques bénéficient de l’aide dont ils ont besoin «afin qu’ils puissent profiter des bienfaits de l’ère numérique». Le centre d’aide de la FCC a reçu plus d’un million d’appels téléphoniques, et les employés de la FCC ont parcouru le pays par centaines pour fournir une assistance là où le besoin s’en faisait le plus sentir. Entre février et juin 2009, les efforts ainsi déployés ont permis de réduire de moitié le nombre de ménages qui n’étaient pas encore prêts pour la télévision numérique, d’après la FCC. Et celle-ci d’ajouter que portes et lignes téléphoniques resteraient ouvertes pour aider les consommateurs qui en avaient encore besoin, et qu’elle continuerait de travailler avec les radiodiffuseurs pour trouver les moyens les plus efficaces d’améliorer leurs services.

Début 2008, le Gouvernement des États-Unis a gagné 19,6 milliards USD en vendant aux enchères une partie des radiofréquences qui se libéreraient au moment de la coupure de la télévision analogique, les entreprises AT&T et Verizon Wireless s’annonçant comme étant les principaux acheteurs.

En ce qui concerne la télévision par câble, la FCC a voté, en septembre 2007, pour exiger des opérateurs qu’ils fournissent des émissions locales en mode analogique. Cette obligation va rester en vigueur jusqu’en 2012, date à laquelle la FCC réexaminera sa position.

L’Europe coordonne la transition

D’après la Commission européenne, qui coordonne tout ce qui touche à la libération et à la future utilisation des radiofréquences ainsi libérées, l’Europe est sur les rails pour ce qui est de la transition entre télévision analogique et télévision numérique. La Commission dit vouloir veiller à ce que les citoyens de l’Union européenne (UE) jouissent des bienfaits de la télévision numérique et de la gamme de plus en plus vaste de services qu’elle permet, dont la vidéo sur demande. Ces services devraient pouvoir emprunter différents modes de diffusion, dont notamment la diffusion terrestre, par câble, par satellite et sur protocole IP, ainsi que la diffusion au moyen d’appareils mobiles.

Pour atteindre cet objectif, les États Membres de l’UE abandonnent progressivement les transmissions en mode analogique pour le mode numérique. La déconnexion est désormais complète en Allemagne, en Finlande, au Luxembourg, en Suède, aux Pays-Bas, en Belgique (Flandre), dans les principales régions de l’Autriche; d’autres pays européens suivront d’ici 2012. L’on s’attend à ce que la plupart des autres pays européens cessent leurs services en mode analogique d’ici 2015.

Viviane Reding, Commissaire européenne à la société de l’information et aux médias, a noté que le passage de l’Europe au tout-numérique était bien avancé. Mais la coopération entre les pays (et l’interopérabilité du matériel) est impérative pour que le «dividende numérique» serve efficacement à stimuler la reprise économique et à faire en sorte que les 500 millions de citoyens européens tirent le plus grand profit possible du dividende numérique. Entre le 10 juillet et le 4 septembre 2009, la Commission a mené une consultation publique afin de déterminer comment une action coordonnée au niveau de l’UE peut permettre de tirer le meilleur parti des chances exceptionnelles qui se présentent.

«Le dividende numérique arrive à un moment critique, moment où nous voulons connecter toutes les régions d’Europe aux services large bande à grande vitesse, assurer une radiodiffusion de grande qualité et élargir le choix des consommateurs s’agissant des futurs services sans fil» a dit Mme Reding lors du lancement de la consultation. «L’Europe n’y parviendra que si elle adopte une approche concertée, et utilise le spectre des radiofréquences de manière optimale. En fonction des choix que nous ferons, l’impact potentiel du dividende numérique pourrait représenter plusieurs milliards EUR de plus.»

La Commission a estimé qu’une coordination paneuropéenne appropriée ferait augmenter l’impact économique potentiel du dividende numérique de 20 à 50 milliards EUR entre maintenant et 2015. Une coordination plus poussée au sein de l’UE pourrait rapporter 30 milliards EUR de plus après 2015. En attendant, à l’issue de la consultation, l’on s’attend à ce que la Commission établisse un plan de route afin de faire en sorte qu’un environnement réglementaire clair et prévisible soit en place pour utiliser au mieux le dividende numérique.

 
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L’enjeux du partage

La Commission envisage également un plan d’harmonisation de la bande 800 MHz dans la gamme des ondes décamétriques, particulièrement adaptée aux nouvelles générations de large bande mobile. La Conférence mondiale des radiocommunications 2007 (CMR-07) a donné aux États Membres européens de l’UIT la possibilité d’ouverture de certaines bandes UHF pour le partage du service mobile dans certaines conditions. La Conférence a par ailleurs confirmé que «l’accord GE-06» adopté à Genève lors de la Conférence régionale de l’UIT, était d’application obligatoire. L’Accord GE-06 couvre 120 pays, principalement en Afrique et Shutterstock en Europe (Région 1), mais aussi la République islamique d’Iran. L’accord demande également que la transition vers la télévision numérique soit achevée d’ici le 17 juin 2015 pour la plupart des pays.

La CMR-07 a fait savoir que si, avant cette date, un pays souhaitait mettre en place un service mobile dans la bande des ondes décamétriques de 790 MHz à 862 MHz, il devait empêcher le brouillage de services fonctionnant encore dans la même bande. Et, avant d’envisager de mettre en place ce nouveau service, il lui faudrait conclure un accord avec les pays voisins. Il a été décidé que l’UIT procéderait à des études techniques sur le partage entre le service mobile et d’autres services utilisant la même bande, et que les conclusions seraient examinées lors de la prochaine Conférence mondiale des radiocommunications, en 2012, au titre du point 1.17 de l’ordre du jour «Examiner les résultats des études de partage entre le service mobile et d’autres services dans la bande 790–862 MHz dans les Régions 1 et 3, conformément à la Résolution 749 (CMR-07), pour assurer une protection adéquate des services auxquels cette bande est attribuée, et prendre les mesures appropriées.»

L’Australie franchit un cap

Plus de la moitié des foyers australiens ont désormais fait la transition vers la télévision numérique. Annonçant le franchissement de ce cap le 28 août 2009, le Ministre des réseaux large bande, des communications et de l’économie numérique, le sénateur Stephen Conroy a dit «Le passage au numérique représente le plus important changement de régime introduit au niveau national depuis le passage au système décimal, et les progrès constatés à ce jour semblent indiquer que les Australiens y sont acquis.» Ces résultats s’inscrivent à la suite du lancement de nouvelles chaînes et d’une campagne d’information axée sur les mesures concrètes à prendre pour faciliter le passage à la télévision numérique.

M. Conroy a également annoncé les résultats de la deuxième enquête faisant le point du numérique, enquête trimestrielle qui mesure l’adoption de la télévision numérique, ainsi que la familiarité de la population avec la question et l’attitude du public. Les principales conclusions de l’enquête pour la période allant d’avril à juin 2009 sont les suivantes:

  • 53 % des ménages australiens captent les émissions en libre accès diffusées en mode numérique;

  • la quasi-totalité des ménages (93 %) sont au courant de la transitions vers le numérique;

  • bien plus des trois quarts (82 %) des ménages ayant effectué le passage au numérique sont contents de l’avoir fait.

D’après le calendrier fixé par le gouvernement, l’Australie aura complété le passage de l’analogique au numérique d’ici le 31 décembre 2013. Le gouvernement a dévoilé un calendrier progressif pour l’arrêt complet de la diffusion analogique, commençant dans la partie nord-ouest de l’État de Victoria au cours du premier semestre 2010.

Le Japon en bonne voie

Le Japon compte quelque 48 millions de ménages et 100 millions de récepteurs de télévision. Les diffuseurs de télévision terrestre ont établi des stations relais pour assurer une couverture maximale dans l’archipel montagneux, et les sites d’émetteurs sont plus de 3 000. Étant donné que les stations-relais analogiques utilisent beaucoup les canaux UHF, les chaînes numériques devront partager la bande jusqu’à l’extinction du signal analogique, prévue pour 2011.

Au Japon, la télédiffusion numérique a commencé en décembre 2003, dans les trois grandes villes de Tokyo, Nagoya et Osaka. Depuis lors, les zones desservies se sont multipliées et, fin décembre 2007, plus de 90 % des ménages japonais étaient désormais couverts.

Quelle technologie choisir?

Il existe de par le monde divers types de technologies pour la télévision numérique terrestre. L’Amérique du Nord et la République de Corée utilisent la norme ATSC (Advanced Television Standards Committee), qui représente une évolution par rapport à la norme pour la télévision analogique NTSC (National Television Standards Committee). Le système de transmission de la télévision numérique au Japon est le ISDB-T, également utilisé par le Brésil et le Pérou. L’Argentine a fait savoir il y a peu de temps qu’elle avait décidé d’utiliser la norme ISDB-T, en y incorporant des changements apportés par le Brésil, assurant ainsi, dans le déploiement de son système, une pleine coordination avec le pays voisin.

La technologie dont l’usage est le plus répandu, le DVB-T, couvre l’Europe, les pays des régions de l’Afrique et des États arabes, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Colombie et l’Uruguay. Ces normes relatives à la télévision numérique figurent toutes dans les Recommandations de l’UIT–R, reconnues au plan international. La Chine dispose d’une norme qui lui est propre, encore que les opérateurs privés de Hong Kong utilisent le DVB-T.

Le DVB-T sera la norme adoptée pour la télévision numérique lorsque Sri Lanka fera la transition entre l’analogique et le numérique. C’est ce qu’a annoncé le Ministre de l’information et des médias Anura Priyadarshana Yapa lors d’une réunion d’information à l’intention du Conseil des ministres en août 2009. Les normes employées par les États-Unis et le Japon avaient elles aussi été envisagées, mais étant donné que la plupart des pays de la région Asie-Pacifique ont adopté la norme DVB, la Commission chargée de la réglementation des télécommunications a décidé de faire pareil. «Le système actuel de transmission a besoin d’être mis à niveau. Pour ce faire, des crédits seront prélevés dans le budget 2010 et la somme d’environ 1,3 million USD sera affectée à chacune des deux sociétés, la Sri Lanka Rupavahini Corporation (SLRC) et l’Independent Television Network (ITN)», a précisé le ministre. Ces crédits serviront à acheter du matériel et des antennes pour la technologie numérique

Le partage du dividende

La manière d’utiliser au mieux le dividende numérique du spectre de radiofréquences libéré à l’occasion du passage de la télévision analogique à la télévision numérique continue de susciter des débats, qui sont quelquefois passionnés. Certaines bandes UHF ont des qualités qui sont perçues comme convenant particulièrement aux communications mobiles. Dans le même temps, certaines applications, comme les communications d’urgence, sont, pour le spectre ainsi libéré, en concurrence avec la poursuite de la radiodiffusion. C’est dans la coopération que l’on trouvera la réponse, pour que les bienfaits du dividende numérique puissent être réellement partagés par tous.

* Le Secteur des Radiocommunications de l’UIT (UIT–R) a publié en mai 2009 un rapport consacré à la transition de la radiodiffusion analogique à la radiodiffusion numérique, qui fait le point des questions en jeu.

 

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