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Les TIC et la reprise économique
 
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La crise économique, qui a fait éruption il y maintenant un an, a secoué le secteur financier mondial jusqu’au tréfonds, plongeant de nombreux pays industriels dans la récession et mettant un frein à la croissance des grandes économies émergentes. Alors que les bourses ont connu une légère reprise et que certains économistes trouvent légitime d’être optimiste, les analystes des grandes institutions comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’accordent presque tous à penser que la reprise sera modeste, lente et inégale.

Comment ce ralentissement économique affecte-t-il la croissance des technologies de l’information et des communications (TIC)? Et comment l’investissement dans les TIC pourrait-il relancer l’économie et appuyer la reprise? Ce sont là les questions examinées dans un rapport publié par l’UIT en août 2009*. Ce rapport sera présenté aux * «Faire face à la crise: les plans de stimulation des TIC au service de la croissance économique» (août 2009). représentants des États et du secteur des télécommunications qui assisteront à ITU TELECOM WORLD 2009, qui se tiendra à Genève du 5 au 9 octobre.

Les résultats du secteur des télécommunications en cette période de crise

Partout dans le monde, le secteur des TIC a souffert d’une réduction de la demande, de restrictions opérationnelles et d’une baisse des investissements. Cela étant, note le rapport, le secteur se montre bien plus résilient que la plupart des autres branches d’activité, s’agissant notamment du secteur des télécommunications mobiles et par satellite.

La téléphonie mobile en progression

Le secteur des mobiles continue de progresser, quoique à un rythme plus lent que précédemment. Les ventes d’équipement ont certes souffert, mais les services se portent bien mieux et seule une poignée de pays ont connu une réduction du nombre d’abonnés à un service de téléphonie mobile. Par ailleurs, certains types de matériel — dont le téléphone intelligent — semblent à l’abri de la récession. En Amérique latine, par exemple, on s’attend à ce que le secteur des téléphones intelligents connaisse une des plus fortes progressions du monde et devienne une importante source de recettes dans les cinq années à venir. Ces données proviennent de Pyramid Research (analystes basés aux États-Unis), qui prédit que le marché latino-américain va passer de 7 millions de téléphones intelligents en 2009, soit 5,4 % de l’ensemble des ventes de combinés téléphoniques, à 48 millions en 2014, soit 30 % du total.

Face à la croissance de la demande d’accès à l’Internet à large bande par le biais d’un appareil mobile, les opérateurs examinent le potentiel que représente la technologie de l’évolution à long terme (LTE). Bien que certains réseaux LTE soient déployés, la technologie n’est pas encore disponible dans le commerce. Dans l’intervalle, l’accès aux réseaux large bande grâce à la technologie WiMAX continue d’être disponible, la demande émanant principalement des pays en développement.

L’organisme représentant l’industrie des mobiles, l’Association GSM, estime que 2,4 milliards de personnes dans le monde pourraient être connectés à l’Internet par l’intermédiaire d’un appareil mobile d’ici 2013: c’est-àdire dix fois le niveau actuel, qui est de 200 à 300 millions de personnes. Les marchés émergents vont eux aussi constituer un important secteur de croissance pour l’accès à l’Internet par mobile. L’Inde, par exemple, pourrait compter plus de 300 millions d’appareils mobiles donnant accès à l’Internet d’ici 2013, d’après les conseillers en recherche mobileSQUARED (Royaume-Uni).

Réseaux de prochaine génération

Parallèlement à la demande de connexion à un mobile, on compte de plus en plus de personnes souhaitant disposer de l’Internet à large bande chez eux. L’augmentation du nombre d’abonnés à un réseau large bande au premier trimestre de 2009 est restée forte aux États-Unis, en Chine, au Brésil et au Canada, et semblait se maintenir en Amérique latine et en Asie du Sud et de l’Est. Les réseaux en mode paquet de prochaine génération sont à même de diffuser de nombreux services aux appareils mobiles et fixes — mais il se trouve que la crise économique a entraîné une réduction des plans d’investissement de nombreux opérateurs de télécommunications, pourtant soucieux d’améliorer leurs produits. Les opérateurs non seulement ont plus difficilement accès au crédit, qui s’avère de plus en plus coûteux, mais aussi sont confrontés à l’incertitude de l’avenir sur le plan de la réglementation et des recettes qu’ils peuvent espérer de cette nouvelle technologie.

Cela étant, la croissance des NGN en 2008 et au premier trimestre 2009 était conforme aux tendances à long terme et le déploiement de réseaux large bande semble se poursuivre (voir le Tableau 1, page 8). Les conseillers en recherche Parks Associates (États-Unis) ont conclu que le nombre de ménages abonnés à un réseau large bande a progressé de 18 % en 2008, tous pays confondus, bien qu’il s’agisse là d’une année difficile. Parks Associates prévoit que plus de 640 millions de ménages disposeront d’un accès à l’Internet large bande d’ici 2013. Une autre société de recherche aux États-Unis, Heavy Reading, prévoit que les installations à fibres optiques desservant les foyers progresseront de 30 % par an, pour atteindre 90 millions de ménages d’ici 2012, tous pays confondus

 
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La valeur de la VoIP est reconnue

Le nombre de personnes qui utilisent la voix par protocole Internet (VoIP) pour faire des appels téléphoniques progresse (voir La technologie de la voix sur réseau IP (VoIP) fait son chemin). En fait, la récession pourrait même favoriser cette tendance, à mesure que les consommateurs s’efforcent de faire des économies en optant pour des services groupés comprenant notamment la VoIP. En outre, l’enquête annuelle menée par l’UIT sur la réglementation indique que les structures réglementaires régissant la VoIP rattrapent la réalité du marché: à la mi-2009, un peu plus de deux tiers des pays avaient légalisé de manière explicite les utilisations commerciales de la VoIP ou l’avaient acceptée implicitement.

Les satellites maintiennent leur croissance

Le secteur des satellites s’est maintenu durant la crise financière. La longueur des délais entre investissement et déploiement, les nouvelles applications et les nouveaux modèles de financement, la faiblesse des coûts marginaux et l’absence de complications du dernier kilomètre laissent entrevoir une croissance soutenue. Le secteur s’attend en effet à une augmentation de ses recettes de 7 à 8 % par an au cours des cinq années à venir, et de 50 % par an au cours des dix prochaines années.

Mesures de stimulation prises par les États

Malgré la santé relative du secteur des TIC, un appui financier en cette période de crise devra provenir certes du secteur privé, mais peut-être aussi de l’État. Plus de 50 pays ont lancé des mesures de stimulation de l’économie, précise le rapport, dont 25 pays membres de l’OCDE. Au nombre de ceux-ci on compte des investissements dans les TIC, prévoyant notamment de nouveaux financements pour l’expansion du large bande (voir le Tableau 1, page 8). On appuie également de plus en plus les applications TIC visant à créer des systèmes de transport ou des réseaux d’électricité «intelligents», par exemple. Après plus de 20 ans d’augmentation constante de la participation du secteur privé dans les télécommunications, il se pourrait que le secteur public soit amené à nouveau à jouer un rôle déterminant dans le financement des réseaux et des infrastructures.

graphL’accès à l’Internet est indispensable pour que les entreprises et les organisations puissent participer à l’économie de l’information d’aujourd’hui, et les États ont reconnu l’importance des effets de l’investissement dans les TIC sur la croissance économique. La raison en est que ces investissements rapportent beaucoup et induisent d’autres investissements secondaires, la fuite d’argent à l’étranger ou vers d’autres secteurs étant minime. Les projets peuvent être mis en place relativement rapidement, et promettent des gains de productivité plus élevés que l’investissement dans d’autres formes d’infrastructures, tout en aidant à créer une réserve de personnel qualifié en prévision de l’avenir. De plus, l’investissement dans l’infrastructure est susceptible de créer une croissance économique plus soutenue et plus durable que d’autres types de mesures de stimulation (dont, par exemple, les crédits d’impôt). Aussi, parallèlement aux dividendes versés aux investisseurs individuels, des bienfaits encore plus importants se dégagent pour la société tout entière. Si l’on veut tirer pleinement profit de ces bienfaits, il est fort probable que le secteur public ait à investir.

Certains commentateurs ont souligné que les mesures de stimulation financées par l’État devraient être temporaires et bien ciblées, de manière à ne pas décourager (ou «déplacer») un investissement additionnel de la part du secteur privé. Mais en période de contraction du crédit, ce phénomène ne risque guère de constituer un danger, dans la mesure où les investissements additionnels du secteur privé subiront de toute façon de fortes contraintes.

La puissance des investissements dans les TIC

L’adoption d’une politique nationale visant à stimuler le déploiement du large bande dans les zones peu desservies, dans le cadre d’un service soit mobile soit câblé, pourrait avoir un fort impact aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. Des recherches récentes menées par la Banque mondiale, par exemple, indiquent que toute augmentation de 10 % de la pénétration par les réseaux large bande pourrait faire progresser la croissance du produit intérieur brut (PIB) des pays en développement de 1,38 % (voir la Figure 1).

L’accès large bande à la gamme complète des services utilisant Internet a un impact immédiat, mais crée aussi des possibilités de partenariat et d’effets «multiplicateurs» dont bénéficie l’ensemble de l’économie. Le multiplicateur économique signifie que pour un dollar d’investissement initial par l’État, on obtient un effet multiplié par les dépenses induites, de telle sorte que l’impact final est bien supérieur à l’investissement initial. L’entreprise canadienne Strategic Networks Group, qui assure des services de planification des réseaux large bande, a constaté que les investissements secondaires, dont les réseaux large bande sont le moteur, peuvent être dix fois supérieurs à l’investissement initial, alors que leur contribution au PIB peut être 15 fois supérieure (voir le Tableau 2). Ces effets économiques induits peuvent, il est vrai, prendre du temps à se matérialiser, mais peuvent également avoir un impact plus fort à long terme, à mesure que la productivité et la compétitivité augmentent et que de nouveaux services et de nouveaux emplois sont créés.

Tableau 1 — Quelques plans d’investissement dans les infrastructures des TIC, opérateurs privés et secteur public
Pays Annoncé Date Investissement Objectifs et cibles Débits
Autriche Telekom Austria 2004 780 millions EUR
(1,130 millions USD)
Passage intégral du réseau central aux réseaux NGN entamé en 2004; doit être achevé en 2012 20 Mbit/s
Australie Gouvernement 2008 3 milliards USD Fibre jusqu’au domicile pour 90% des Australiens 100 Mbit/s
Australie Telstra Novembre 2005 10 milliards AUD Réseau central IP à l’horizon 2007–2010 pour 90% des ménages sur huit ans 100 Mbit/s
Belgique Belgacom 2007 647 millions EUR Projet Broadway à haut débit: réseau IP/MPLS pour 80% des ménages (2008–2012) 100 Mbit/s
Canada Gouvernement Janvier 2009 225 millions CAD
(211 millions USD)
Couverture large bande pour les communautés rurales et isolées non desservies sur trois ans S/O
Denmark TDC 2006 S/O TDC mettra en place un réseau unique NGN utilisant le protocole IP pour 75% des ménages en 2009; 90% en 2010 et 75% en 2010 20 Mbit/s
20 Mbit/s
100 Mbit/s
Union européenne Commission européenne Novembre 2008 1 milliard EUR
(1,46 milliard USD)
Couverture totale de l’Internet à haut débit d’ici à 2010, la priorité étant donnée aux communautés rurales S/O
Finland Gouvernement Septembre 2008 200 millions EUR
(291 millions USD) dans le cadre de partenariats secteur public-secteur privé
Etendre l’accès large bande ultra-rapide à 100% des ménages d’ici à 2016 1 Mbit/s 2010;
100 Mbit/s 2016
France Gouvernement   S/O Accès au large bande d’ici à 2010 et au large bande mobile d’ici à 2012 pour tous S/O
France France Telecom Janvier 2006 3–4,5 milliards EUR
(4–6,6 milliards USD) d’ici à 2012
Un million de ménages équipés de la fibre optique en 2008 et 4 millions en 2012 S/O
Allemagne Gouvernement 2009 150 millions EUR
(219 millions USD)
NAccès au large bande possible dans tout le pays fin 2010 au plus tard. Zones non desservies en 2010. D’ici à 2014, accès de 75% des ménages au large bande. Cible
50 Mbit/s
Allemagne Deutsche Telekom 2005 3 milliards EUR
(4,4 milliards USD)
RTPC entièrement remplacé par le VDSL et la TVHD à l’horizon 2010 pour 30% des ménages, avec un débit de 50 Mbit/s 50 Mbit/s
VDSL et FTTC
Grèce Gouvernement Septembre 2008 2,1 milliards EUR
(3 milliards USD)
Appel d’offres pour le déploiement d’un réseau de fibres optiques sur 7 ans à partir de 2009–2010 100 Mbit/s
FTTH/B
Irlande Gouvernement 2009 223 millions EUR
(318 millions USD)
Couverture large bande universelle d’ici à septembre 2010 1,2 Mbit/s
Irlande Eircom 2006 mise à niveau pour 60 millions EUR Passage au réseau central NGN et déploiement du réseau de fibres optiques dans les villes 1–24 Mbit/s
Italie Telecom Italia 2006 60 millions EUR entre 2007 et 2017 Passage du réseau d’accès aux réseaux NGN pour 98,5% des habitants; fibres optiques large bande (5,2%) en 2009 4–100 Mbit/s
Japan Gouvernement Septembre 2008
Avril 2009
37,1 milliards de yens
(395 millions USD)
Systèmes ITS, amélioration des infrastructures des technologies de l’information (TI), formation de personnel informatique et nouveaux secteurs et déploiement du large bande dans les zones rurales S/O
Corée
(République de)
Gouvernement Février 2009 890 millions USD Multiplier par 10 le débit de l’infrastructure large bande nationale d’ici à 2012 1 Gbit/s d’ici à 2012
Lettonie Lattelecom 2009 S/O Plans visant à remplacer la DSL par la technologie FTTH au cours de la période 2009–2012. Réseau FTTH à l’essai dans certaines villes 100 Mbit/s
500 Mbit/s
Luxembourg     195 millions EUR
(285 millions USD)
Accélérer la mise en place de l’autoroute de l’information Luxconnect S/O
Pays-Bas KPN 2005 Rés. NGN
2008 FTTH
6–7 milliards EUR Passage aux réseaux NGN: réseau dorsal tout IP prévu pour 2010 S/O
Nouvelle-Zélande Gouvernement Mars 2009 1,5 milliard NZD Large bande ultra-rapide d’ici à 2019; couverture de 75% de la population Fibre optique
Norvège Telenor 2005–NG
2007–FTTH
S/O Réseau central IP/MPLS d’ici à 2010, utilisant les réseaux optiques passifs (PON), et les technologies DSL et WiMAX pour une couverture totale FTTH
Pologne Telekom.Polska (TP) Septembre 2008, Rés. NGN et FTTx 400 millions EUR TP investit dans les réseaux optiques passifs (2009–2011) 50 Mbit/s
Portugal Gouvernement Janvier 2009 800 millions EUR
(1,168 millions USD)
Investissements subventionnés dans la fibre optique pour 1,5 million d’utilisateurs via un réseau NGN S/O
Singapour Gouvernement 2007–2008 1 milliard SGD
(710 millions USD)
Réseau large bande NGN destiné à couvrir 60% des abonnés d’ici à 2010 et 95% d’ici à 2012 1 Gbit/s+
République slovaque Slovak Telekom 2004 S/O Réseau central numérique NGN et réseau de recouvrement pour 40% des ménages d’ici à 2010 Fibres optiques
Espagne Gouvernement 2008 S/O Installer un réseau de fibres optiques de la prochaine génération et réglementer le large bande Jusqu’à 30 Mbit/s
Espagne Telefónica Mai 2006 1 milliard EUR Investir dans le réseau FTTx de la prochaine génération, en desservant 40% de la population en 2009 25 Mbit/s
Suède TeliaSonera Fin 2004 200 millions SEK<^br>(28 millions USD) Plusieurs opérateurs optent pour les réseaux centraux IP et IMS. Objectif national: déploiement du large bande dans tous les ménages d’ici à 2010 10 Mbit/s
Royaume-Uni Gouvernement Janvier 2009 A annoncer Engagement de service universel pour le large bande pour la quasi-totalité des communautés d’ici à 2012 2 Mbit/s d’ici 2012
Royaume-Uni BT 2004 1,5 milliard GBP
(2,2 milliards USD)
BT a lancé son projet de réseau du XXIe siècle en 2004 et son plan de déploiement du large bande ultra-rapide par Openreach à la mi-2008 pour 40% des ménages (10 millions de personnes) 40–100 Mbit/s
Etats-Unis Gouvernement 2009 7,2 milliards USD Encourager la fourniture de services à large bande dans les zones non desservies ou mal desservies, les écoles, les bibliothèques et les centres de soins de santé Pas de minimum fixé

Sources: Christine Zhen-Wei Qiang (2009), OECD (2009), Dr Vaiva Lazauskaite (2009), Booz & Company (2009).

Note — Les équivalents en devises sont présentés sous leur forme originale, de manière à ne pas fausser les sources, les conversions en USD n’utilisent donc pas toutes le même taux de change.

S/O — Sans objet

 

Tableau 2 — L’effet multiplicateur des investissements dans l’infrastructure du large bande (Royaume-Uni et Canada)
  Royaume-Uni* Canada**
Investissement dans
l’infrastructure communautaire
de large bande
Investissement dans l’enseignement
électronique, la télémédecine et les
réseaux de large bande
Investissement initiaux de l'État dans l'infrastructure de large bande 10 millions USD 10 millions USD
Investissement spéculatif d’autres sources (secteur privé, autorités municipales, etc.) 116 millions USD 101 millions USD
Investissement total 126 millions USD 111 millions USD
Contribution de l’investissement total au PIB 164 millions USD 150 millions USD
Contribution à l’emploi total* 2 100 emplois 4 800 emplois
Contribution aux impôts 61 millions USD 32 millions USD

Source: Strategic Networks Group (SNG).

* Rapport SNG pour le compte du Ministère du commerce et de l’industrie (Royaume-Uni), 2003
** SNG report for Industry Canada, 2004.

Quelle technologie choisir?

Le secteur du sans fil a beaucoup bénéficié des investissements du secteur privé, ce qui explique peut-être les raisons pour lesquelles les plans de stimulation de l’économie ont porté plutôt sur les infrastructures câblées, par exemple les réseaux à fibres optiques. Cela étant, étant donné la diversité des technologies en concurrence pour le sans fil, on hésite quelquefois à investir uniquement dans une option de prochaine génération. Or, les opérateurs peuvent atténuer les risques en investissant dans toute une gamme de technologies de prochaine génération. C’est là la stratégie menée par British Telecom, Deutsche Telekom et Telenor de Norvège, par exemple.

Dans le même temps, les États doivent veiller à éviter d’adopter des plans de stimulation du large bande qui favoriseraient certaines technologies, ou certaines entreprises, faussant ainsi la compétitivité. Les mesures économiques doivent être conçues avec beaucoup d’attention afin de réduire au minimum ces dangers et de veiller à ce que les crédits affectés aux mesures de stimulation soient dépensés de manière judicieuse pour que l’industrie, les consommateurs et la société tout entière puissent en tirer profit.

Un environnement favorable

Un autre souci serait que l’accent mis sur le financement fasse oublier d’autres mesures plus simples et plus immédiates que les États (et les autorités de réglementation) pourraient prendre pour favoriser l’investissement par le secteur privé. Il s’agirait de réformes de la fiscalité, de promotion de la compétitivité et de mesures visant à conférer une précision et une certitude plus grandes dans le domaine réglementaire. Les questions concernant la disponibilité du spectre de radiofréquence pourraient être résolues si le spectre est libéré plus rapidement par l’accélération du passage à la télévision numérique (voir l’article pages 18 à 22). Les États peuvent également simplifier les procédures de délivrance de licences et améliorer les mécanismes d’attribution du spectre, tout en promouvant le regroupement des services et le partage des infrastructures. Les États ont plusieurs moyens à leur disposition pour créer un cadre favorable à la multiplication des investissements, malgré le peu de crédits disponibles, avant même de mobiliser des fonds publics, ou à titre de mesure complémentaire.

La fracture numérique

Les pays en développement sont vulnérables face aux effets induits du ralentissement économique, imputables non seulement à l’impact de la perte d’emplois, mais aussi à la baisse des exportations, à la réduction des investissements directs étrangers et à l’effondrement mondial de la demande de produits de base. Certains pays émergents ont lancé de vastes programmes de stimulation. Le projet de la Chine, annoncé en novembre 2008, s’élève à 585 milliards USD (soit 19 % du PIB) et servira à simplifier l’encadrement du crédit, ainsi qu’à améliorer l’agriculture, les services de santé, les services et l’infrastructure sociaux, comprenant notamment des projets visant à promouvoir l’innovation technologique. Ces initiatives s’ajoutent aux investissements déjà importants dans l’infrastructure mobile et de large bande fixe de prochaine génération.

D’autres économies émergentes ont mis en place des plans de stimulation qui avaient été lancés avant que la crise n’éclate. Le Programme de croissance accélérée du Brésil, par exemple, avait été annoncé en 2007. Ce programme prévoit des investissements d’un montant de 221,4 milliards USD destinés à la création d’infrastructures, essentiellement dans les secteurs des transports et de l’énergie. Longtemps avant le ralentissement économique, le Brésil investissait beaucoup dans l’infrastructure des TIC pour satisfaire aux obligations en matière de service universel, y compris avec la création d’un Fonds universel pour les services.

graphEn Afrique et ailleurs, la multiplication des technologies maison et la création de nouveaux modèles pouvant devenir une source d’inspiration dans le domaine des services de santé et des services financiers fournis par téléphonie mobile, par exemple, peuvent également aider à optimiser les bienfaits économiques des TIC. Cependant, face à la récession mondiale, de nombreux pays en développement disposant de réserves limitées pourraient bien être contraints de se concentrer sur les besoins immédiats, dont par exemple l’amélioration du logement et des services d’hygiène. Si les choses se passent véritablement ainsi, il se peut que ces pays soient privés des effets des investissements dans les TIC sur la productivité. Et si les pays industrialisés continuent d’aller de l’avant en prévoyant des investissements publics dans les réseaux large bande, les pays en développement pourraient bien continuer de se situer du mauvais côté d’une fracture numérique qui ne cesse de se creuser.

Une réfl exion au-delà de la crise

Le début de l’année 2009 a été difficile pour le secteur des TIC, s’agissant surtout du matériel. Il y a eu des suppressions d’emploi, mais le secteur des services a enregistré une croissance et on a constaté la poursuite (quoique à un rythme plus lent) des investissements en recherche et en développement. C’est là une stratégie qui vise le long terme. Le secteur des TIC s’appuie sur des plans de stimulation et de transformation technologique à même d’aider à promouvoir la mise en place progressive des technologies de nouvelle génération et des infrastructures avancées, pour le grand profit des consommateurs, des entreprises et des États

Le rapport conclut en faisant valoir que bien que la crise financière constitue un véritable défipour bien des entreprises, l’importance stratégique des TIC pour d’autres branches d’activité, et l’importance qu’il y a à faire profiter les habitants du monde entier des bienfaits de la connectivité rendent l’investissement dans les TIC impératif pour favoriser la reprise économique.

* «Faire face à la crise: les plans de stimulation des TIC au service de la croissance économique» (août 2009).

 

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