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Document
d'information de l'UIT:
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Remerciements Ce
document a été préparé par M. Hirofumi Hotta, Directeur de
la stratégie à la société Japan Registry Service Co. Ltd. (hotta@jprs.jp) pour la partie UIT du symposium commun UIT/OMPI sur les noms de domaine
multilingues qui s'est tenu les 6 et 7 décembre 2001, au Centre
international de conférences de Genève (voir http://www.itu.int/mdns/).
D'importantes contributions au document ont également été
fournies par le Dr Tan Tin Wee, Vice-Président du Consortium
pour les noms Internet multilingues (MINC) (tinwee@pobox.org.sg),
ancien Président de l'Asia Pacific Networking Group (APNG), et
Directeur général de la Conférence régionale Asie Pacifique
Internet sur les techniques opératoires (APRICOT). Ce
document a aussi bénéficié d'apports et de commentaires de
relecteurs internes et externes, à qui nous adressons nos
remerciements. Parmi eux, Chinyong Chong, Avita Dodoo, Ivo
Essenberg, Daniel Pimienta, Jim Reid, James Seng et Yoshihisa
Takada. Joanna Goodrick a supervisé la production du document
et en a assuré l'édition. Une
équipe de l'Unité de stratégie et de politique de l'UIT, qui
est dirigée par M. Tim Kelly, a organisé la partie UIT du
Symposium conjoint UIT/OMPI. Avita Dodoo, analyste de la
politique Internet, a géré l'ensemble du projet, sous la
supervision de M. Robert Shaw, conseiller de l'UIT pour la stratégie
et la politique Internet. L'UIT
veut remercier le consortium MINC de sa contribution, par son
expertise et son expérience, à la préparation de ce
symposium; des remerciements particuliers vont à Mme YJ Park,
DG de MINC, à M. Tan Tin Wee, Vice-Président de MINC, et au
Professeur Shigeki Goto, Président de MINC. Nous
souhaitons aussi remercier le Ministère du secteur public, de
l'intérieur et des postes et télécommunications (MPHPT) du
Japon, pour ses généreuses contributions volontaires au
Programme de nouvelles initiatives de l'UIT et pour son aimable
assistance à la coordination du document d'information. Les
opinions exprimées dans ce document sont celles de ses auteurs
et ne reflètent pas nécessairement celles de l'UIT ou de ses
membres. |
TABLE DE MATIÈRES
2
Demande de noms de
domaine multilingues
3
Histoire
du développement des noms de domaine multilingues
4
Défis
technologiques du développement des noms de domaine multilingues
4.1
Aspects
techniques du multilinguisme des noms de domaine
4.2
Concepts de base du groupe de travail de l'IETF
4.3
Codes de caractères des noms de domaine multilingues
4.4
Solutions côté client ou côté serveur
5
Normalisation pour la
conformité au système DNS actuel
5.1
Préparation des noms d'hébergement internationaux (Nameprep)
5.2
Codage compatible ASCII (ACE)
5.3
Internationalisation des noms d'hébergement dans les
applications (IDNA)
6
Impact sur la structure
du système DNS
8
Résolution de nom de
domaine multilingue par des racines alternatives
10
Questions de politique et
de coordination soulevées par les noms de domaine multilingues
11
Considération des noms
de domaine multilingues dans divers TLD
11.1
Types potentiels de noms de domaine multilingues
11.2
Questions techniques et non techniques
11.3
Noms de domaine mixtes multilingue-ASCII
11.4
Noms de domaine multilingues.multilingues
12
Quelles sont les langues
qui constituent des noms de domaine multilingues?
13
Qui est l'autorité de
langage pour les noms de domaine multilingues?
13.2
Modèles pour une matrice d'autorité
14.1
Consortium des
noms de domaine en chinois (CDNC)
14.2
Centre
d'information réseau Internet de Chine (CNNIC)
14.4
Centre
d'information réseau du Japon (JPNIC)/Service du registre du Japon (JPRS)
14.5
Centre
d'information réseau de Corée (KRNIC)
14.11
Services
mondiaux de registre VeriSign (VGRS)
1
Un nom de domaine sert à identifier une entité au sein de
l'Internet dans un format aisément compréhensible par les humains;
cela a été un des schémas fondamentaux utilisés dans l'Internet
pendant plus de quinze ans. A la base, il affiche un nom de domaine
lisible par l'homme tel que "www.itu.int"
à la place d'une adresse en langage machine du protocole Internet (IP)
(par exemple, 156.106.134.92). Dans sa forme habituelle, seul un
ensemble limité de caractères ASCII[1],
en l'occurrence des lettres, des chiffres et des traits d'union, peuvent
être utilisés dans les noms de domaine. Envisagé à l'origine comme
un système d'identifiants facilement mémorisables pour aider des ingénieurs
réseau à dialoguer avec les ordinateurs, il n'y avait pas de besoin
perçu à l'origine d'étendre l'ensemble des caractères acceptés à
des écritures non ASCII.
2
Cependant, la décennie passée a vu l'Internet être largement
adopté dans le monde. Fondé sur des principes d'innovation
technologique et économique, l'Internet a connu une croissance
spectaculaire. Il a fallu 74 ans pour que le réseau téléphonique
atteigne 50 millions d'utilisateurs. Il n'a pris que quatre ans au World
Wide Web pour en atteindre le même nombre. Aujourd'hui, l'Internet est
un réseau mondial de plus de 230 économies connectées et plus de 350
millions d'utilisateurs.
3
Une des conséquences de cette croissance est que le nombre
d'utilisateurs et les contenus Internet progressent chaque jour, dans
des sociétés et des cultures qui ne sont pas familières avec l'ASCII.
Pour répondre à ce phénomène, divers éléments de logiciel Internet
acceptent la messagerie électronique et les pages web dans de nombreux
langages et écritures. Cependant les noms de domaine, sans doute un des
symboles les plus visibles de l'Internet, sont encore en caractères
ASCII et constituent une barrière linguistique significative. Bien que
les utilisateurs de langages écrits en caractères latins, soit
d'origine (par exemple, l'anglais), soit dans une forme transcrite (par
exemple, le malais), n'aient pas de problème linguistique avec le système
actuel de noms de domaine, ceux dont la langue maternelle est l'arabe,
le chinois, le japonais, le coréen, le tamoul, le thaï et autres, qui
utilisent des caractères non ASCII, subissent un désavantage
considérable. Pour tenter de résoudre ce problème, ainsi que pour
fournir à tous un support amélioré multilingue et multiécriture, un
processus "d'internationalisation" du système de noms de
domaine Internet (DNS: Domain Name
System) a été mis en chantier.
4
Depuis 1998, plusieurs solutions techniques de ce problème ont
émergé. Plus d'une douzaine de compagnies commerciales, ainsi que
quelques administrateurs de domaines de premier niveau constituant de
code de pays[2]
(ccTLD: country code top-level
domain), ont construit un certain nombre de solutions techniques
pour les noms de domaine multilingues. Sur le marché économique se
livre une compétition intense d'où il n'émerge pas de clairs
vainqueurs avec une norme de facto.
5
La demande des consommateurs a été extrêmement forte -
particulièrement dans les pays d'Asie. En 2000, différents "bancs
d'essais" ont été développés de par le monde pour offrir des
noms de domaine multilingues. Cependant, la plus grande partie de ces
solutions restent techniquement non compatibles entre elles.
Reconnaissant le problème, un groupe de travail sur
l'internationalisation des noms de domaine (IDN: Internationalized
Domain Names) a été formé au début 2000 au sein du Groupe d'étude
sur l'ingénierie Internet (IETF) pour définir une démarche technique
et les normes adéquates.
6
Il y a eu aussi la prise de conscience progressive de ce que le
multilinguisme du système DNS est loin d'être exclusivement un problème
technique - c'est aussi un problème d'administration, de gestion et de
politique. En 2001, des organisations comme le Consortium pour les noms
Internet multilingues (MINC: Multilingual Internet Names Consortium), le Consortium pour les noms
Internet en arabe (AINC: Arabic
Internet Names Consortium), le Consortium pour les noms Internet en
chinois (CDNC: Chinese Domain
Names Consortium), le Forum international pour les technologies de
l'information en tamoul (INFITT: International
Forum for IT in Tamil), et l'Association japonaise des noms de
domaine (JDNA: Japanese Domain
Names Association), ainsi qu'un certain nombre d'autres groupes de
langages naissants sont apparus pour combler un vide politique.
7
En parallèle, il y a des développements majeurs en cours dans
les domaines de l'administration et de la politique à propos des noms
de domaine conventionnels fondés sur ASCII. En octobre 1998,
l'association Internet pour l'allocation des noms et numéros (ICANN: Internet
Corporation for Assigned Names and Numbers), association sans but
lucratif, a été déclarée dans l'Etat de Californie, aux Etats-Unis
d'Amérique[3].
Le mois suivant, un mémorandum d'accord (MoU: Memorandum
of Understanding) a été signé entre le Ministère du Commerce des
USA et l'ICANN[4].
Dans le cadre de cet accord, l'ICANN a proposé des mesures pour assurer
la concurrence sur le marché de l'enregistrement des noms de domaine,
une politique uniforme de résolution des conflits de noms de domaine (UDRP:
uniform domain name dispute
resolution policy)[5],
et quelques nouveaux domaines de premier niveau (TLD).
8
Plus récemment, en mars 2001, l'ICANN a officiellement lancé un
certain nombre d'activités en rapport avec les noms de domaine
multilingues. Une étude récente dirigée par un groupe de travail
interne à l'ICANN[6]
a indiqué que le développement rapide de noms de domaines multilingues bénéficiait
d'un large soutien.
9
A tout le moins, un grand nombre de défis et d'incertitudes
demeurent, sur le point de savoir quand et comment les noms de domaine
multilingues seront développés. Au moment de la préparation du présent
document d'information (novembre 2001), le groupe de travail IDN de
l'IETF n'est pas parvenu au consensus nécessaire pour la normalisation
technique des noms de domaine multilingues. Considérant les débats sur
ce point, même s'il en ressort une norme de l'IETF, il n'est pas évident
qu'elle sera universellement adoptée. Il n'apparaît pas non plus
clairement si une nouvelle technique émergente de nommage non fondée
sur le système DNS comme celle des mots-clés (Keywords),
deviendra la solution préférée. Il y a même la possibilité que
viennent au jour des techniques hybrides fusionnant le système DNS et
les mots-clés. Le seul résultat est que les utilisateurs ont été
laissés en pleine confusion par une multiplicité de techniques, développements
de "bancs d'essais" et technologies incompatibles.
10
Finalement, il faudra développer le modèle approprié pour
l'allocation, l'administration et la gestion des domaines multilingues,
y compris les domaines de premier niveau multilingues. L'ICANN, qui ne
s'est que récemment attaché à ce problème, n'a pas indiqué
clairement la direction à prendre dans cette affaire. En pratique, les
approches nationales ou régionales peuvent différer largement en
fonction des exigences des langages locaux. Dans ce cas, la question de
savoir quelles sont les autorités qui sont responsables pour ce qui
doit être considéré comme national, local ou régional peut être
assez sensible. Les groupes linguistiques se sont également multipliés,
ajoutant ainsi le besoin d'un niveau de coordination supplémentaire.
Tout ceci suggère que l'établissement des noms de domaine multilingues
peut déboucher sur de futurs défis sur les aspects technologiques,
politiques et de gestion du système DNS.
11
L'Internet ayant son origine aux Etats-Unis, il n'est pas étonnant
que sa technologie se soit largement fondée sur la langue anglaise. Même
ceux qui n'étaient pas américains et qui ont joué un rôle clé dans
le développement de l'Internet avaient généralement une culture
technique et l'anglais leur était familier. De plus, les codes ASCII
ont longtemps été utilisés au coeur de l'informatique et de
l'Internet, particulièrement à leurs débuts, lorsque les ressources
en unité centrale et en mémoire étaient limitées. A cause de ces
circonstances historiques, même des gens de pays qui n'utilisent pas
les caractères ASCII dans leur langage écrit se sont mis à utiliser
les caractères ASCII pour accéder à des services sur l'Internet.
Comme les utilisateurs de l'Internet des débuts de son développement
appartenaient au monde de la recherche et de l'université, l'exclusivité
de la langue anglaise ne s'est pas révélée être un obstacle
significatif à son expansion.
12
Cependant, plus récemment, l'Internet en croissant a atteint
tous les coins du monde, des gens de tous ages et de toutes cultures, et
il est utilisé aussi bien pour les affaires que la grande consommation.
On estime qu'à l'horizon 2003, deux tiers de tous les utilisateurs de
l'Internet ne seront pas de langue anglaise[7].
De surcroît, plus de 90 pour cent de la
population mondiale parle une langue maternelle autre que l'anglais[8].
Ceci signifie que,
pour un nombre croissant de gens, l'anglais et l'alphabet anglais seront
considérés comme des entraves à l'accès à l'Internet. Ces gens
trouveront tout à fait contre nature d'utiliser l'Internet en anglais
avec l'alphabet anglais.
13
Par conséquent, la demande d'utilisation de l'Internet dans des
langages autres que l'anglais est croissante et continuera de croître.
Il est important de permettre l'utilisation de l'Internet dans la langue
maternelle des gens, dans laquelle chacun est à l'aise, pour étendre
les bénéfices de l'Internet à tous les utilisateurs individuels.
C'est un pas de plus vers la réduction de la "fracture numérique",
expression communément utilisée pour désigner le caractère inégal
du progrès dans l'accès aux technologies de l'information et de la
communication.
14
Il
faut noter que, en dehors du désavantage d'avoir à utiliser un
alphabet avec lequel ils ne sont pas familiers, les non anglophones
doivent souvent faire face à d'autres questions de nature plus complexe.
Par exemple, le nom d'un Japonais "博文"
est
transcrit "hirofumi" en caractères romains. Sur l'Internet, où
on ne peut utiliser que des caractères ASCII, il est "hirofumi",
tout comme les autres personnes qui s'appellent "hirofumi"
mais dont les noms peuvent utiliser des caractères japonais différents
tels que "博史"
ou "宏史".
En fait, il peut y avoir plus de 100 représentations japonaises
différentes qui vont finir par être notées simplement "hirofumi"
en ASCII. Par conséquent, dans le monde ASCII, la personne en question
est juste un "hirofumi" parmi beaucoup d'autres "hirofumi"
japonais, bien que dans les caractères japonais originaux il en aurait
été clairement différencié.
15
Ce type de problème peut exister, à un degré moindre, pour les
gens qui utilisent les langues d'origine latine - par exemple, dans le
cas des gens avec des apostrophes, des accents ou autres signes
diacritiques dans leur nom. Les formes exactes de ces noms ne peuvent être
représentées comme noms de domaine, car ceux-ci sont restreints aux
caractères alphanumériques latins et au trait d'union. En d'autres
termes, les vrais noms de ces gens doivent se loger dans un espace où
un ensemble de caractères beaucoup plus limité est disponible.
16
Avec le temps, il y a eu une évolution substantielle dans
l'utilisation de langues non anglaises dans le contenu de
l'Internet. Par exemple, dans le cas de la messagerie électronique, les
développements suivants sont intervenus:
·
Etape
1: Expression d'un langage maternel non anglais dans le texte de
messages électroniques utilisant une transposition de la langue en
question dans l'alphabet anglais (translittération).
·
Etape
2: Utilisation de caractères de la langue maternelle dans le texte des
messages électroniques.
·
Etape
3: Utilisation de caractères de la langue maternelle dans l'objet des
messages.
Que
devrait-être la prochaine étape? Il serait naturel que les gens
veuillent que le nom de l'expéditeur et du destinataire du message électronique
apparaissent dans leur langue maternelle.
17
Toutes les machines connectées à l'Internet reçoivent une
adresse unique dans le protocole Internet (IP), en langage machine, (par
exemple, 123.4.5.67 dans le cas de IP Version 4). Une adresse IP peut être
rendue plus lisible en utilisant le système de nom de domaine qui
fournit une chaîne de caractères simple, facile à mémoriser, appelée
nom de domaine, synonyme d'une adresse IP particulière. Avec le
nombre de services qui sont apparus sur l'Internet, le besoin s'est fait
sentir de ne plus s'adresser qu'aux seules machines. Par exemple, avec
la messagerie électronique, nous nous adressons à l'utilisateur de la
machine. Avec le World Wide Web, nous visons la localisation de documents.
Ainsi, pour faciliter la communication, les objets de l'Internet sont
nommés au moyen de ressources de localisation uniformes (URL: Uniform Resource Locator) telles que http://www.itu.int/mdns/ ou d'adresses de messagerie telles que itumail@itu.int.
18
Un nom de domaine est une chaîne de caractères, telle que
"www.itu.int"
ou "www.wipo.int",
se référant dans ce cas aux ordinateurs hôtes de l'Internet. Etant
donné que les noms de domaine ont été imaginés comme des chaînes
faciles à mémoriser pour les utiliser à la place des adresses IP, il
ne fait pas de doute que cette exigence de facilité de mémorisation
existera aussi dans les langues maternelles car cela fait partie de la
vie de tous les jours. De plus, la demande croîtra pour l'utilisation
d'autres expressions significatives telles que les noms de compagnies et
les noms de personnes. Cela signifie que les noms de domaine ont dans
une certaine mesure évolué de la simple identification à la représentation
de l'identité des entités. A présent, les noms de domaine sont considérés
comme équivalents des noms de marques, de produits et de services. D'un
point de vue technique, il s'agit d'une divergence majeure par rapport
à l'objectif d'origine.
19
En plus des noms de domaine, il y a différentes méthodes de dénomination
des entités sur l'Internet. Elles comprennent, entre
autres, les moteurs de recherche et les annuaires, comme le
protocole d'accès par annuaire abrégé (LDAP: Lightweight
Directory Access Protocol) et le protocole de résolution des noms
communs (CNRP: Common Names
Resolution Protocol)[9].
Cependant, seuls les noms de domaine sont devenus aussi largement et
communément utilisés, et jouent ainsi le rôle d'outils de dénomination
préféré pour l'Internet.
20
Les termes "noms de domaine multilingues" et "noms
de domaine internationalisés" sont souvent utilisés l'un pour
l'autre, bien que les ingénieurs et opérateurs de l'Internet aient une
préférence pour "noms de domaine internationalisés." Ceci
peut refléter l'idée qu'ils souhaitent éviter les sémantiques des
langages naturels dans les noms de domaine et veulent simplement rendre
possible l'utilisation de caractères du monde entier dans l'écriture
des noms de domaine. Cependant, ce document utilisera en général le
terme "multilingue", sauf lorsque "internationalisé"
apparaît comme nom propre.
21
Un des plus récents efforts de développement de noms de domaine
multilingues a eu lieu en Asie à la fin des années 1990. Des noms de
domaine multilingues ont été développés à l'Université nationale
de Singapour (NUS)[10].
A la suite de ce développement, un groupe de travail sur
l'internationalisation du système DNS a été formé au sein du groupe
Asie-Pacifique de traitement des réseaux (APNG: Asia Pacific Networking Group)[11]
en juillet
1998 pour coordonner l'évolution des noms de domaine multilingues. Un
des projets du groupe de travail était le développement d'une mise en
oeuvre expérimentale d'un service de noms de domaine multilingues multiécritures
international (iDNS)[12].
La première phase de ce projet, mené par le Centre de recherches sur
l'Internet de NUS, déclarait que son objectif était "Pourquoi les
noms de domaine ne seraient-ils pas aussi internationalisés, maintenant
que l'Internet a atteint presque chacun des recoins du monde et de ses
différentes langues?". Les organes gouvernementaux, universitaires
et industriels de Chine, de Hong Kong, du Japon, de Corée, de Singapour,
de Taïwan et de Thaïlande, ainsi que Bioinformatrix Pte. Ltd, et un
certain nombre d'organisations s'occupant du langage tamoul, ont
participé ensemble au projet. Un autre projet, nommé iDomain[13],
avait pour objectif de créer un banc d'essai de service iDNS dans les
pays de la zone Asie-Pacifique. Pendant les années 1998/1999, des
projets de banc d'essai ont été mis au point dans plusieurs pays de la
zone Asie‑Pacifique, procurant la capacité d'accepter, entre
autres, le chinois, le japonais, le coréen (Hangeul), le tamoul et le
thaï.
22
Plus tard cette année‑là, une démonstration d'un
prototype fonctionnel de système DNS multilingue a été faite dans les
pays d'Asie, prouvant sa faisabilité technique. En août 1998, à une réunion
du Forum international sur le Livre blanc (IFWP)[14]
à Singapour, un système de noms de domaine multilingues a été présenté
aux délégués des pays participant à la réunion à laquelle on
discutait d'une nouvelle Autorité d'allocation des numéros Internet (IANA:
Internet Assigned Numbers
Authority)[15],
y compris ceux de l'InterNIC[16]
et du Groupe d'étude pour l'ingénierie de l'Internet (IETF: Internet
Engineering Task Force)[17].
A la fin de 1998, plusieurs pays avaient exprimé leur intérêt pour la
mise en oeuvre d'un tel système, parmi lesquels la Chine, Hong Kong, le
Japon, la République de Corée, Singapour et la Thaïlande. Dans
plusieurs conférences internationales en 1999, telles que la Conférence
régionale Asie‑Pacifique sur les technologies de fonctionnement
(APRICOT)[18],
et l'INET 99[19],
plusieurs réunions spécialisées (BoF: Birds
of a Feather) ont été tenues pour discuter des noms de domaine
multilingues.
23
A la suite de ces activités, du côté purement technologique,
une réunion sur les noms de domaine multilingues s'est tenue pendant la
46ème réunion de l'IETF en novembre 1999. Son but était de déterminer
si l'IETF devrait élaborer des normes techniques sur les noms de
domaine multilingues. Des groupes de discussions électroniques ont été
lancés immédiatement après cette réunion. Trois mois plus tard, à
une réunion ultérieure de l'IETF en janvier 2000, le Groupe de travail
nom de domaine internationalisé (IDN: Internationalized
Domain Name)[20]
a commencé
ses travaux. Depuis cette date, il y a eu une discussion intense et
active sur la normalisation à l'IETF, principalement au moyen d'une
liste de diffusion de messages et de réunions physiques périodiques.
24
Sur le front du développement, à la fin de 1999, plusieurs
compagnies (y compris la création d'une branche commerciale de
l'initiative Asie‑Pacifique iDNS par l'Université nationale de
Singapour, appelée i‑DNS.net International Inc.[21])
ont commencé à commercialiser la technologie qui avait été développée.
Plusieurs bancs d'essai de noms de domaine internationalisés sont
rapidement apparus, avec l'un d'entre eux fondé sur la technologie i‑DNS.net[22]
(voir les § 86-88 ci‑dessous) et un autre proposé par
VeriSign Global Registry Services (voir les § 104-108 ci‑dessous).
25
Le Consortium des noms Internet multilingues (MINC)[23]
est un
partenaire mondial majeur dont les activités ne sont pas limitées au développement.
Constitué en juillet 2000, avec 39 membres fondateurs tout autour
du globe, MINC a hérité de certaines des activités de l'APNG. Il se
concentre sur la promotion du multilinguisme des noms de l'Internet, y
compris des noms de domaine et mots‑clés Internet, sur
l'internationalisation des normes et protocoles de nommage de l'Internet,
sur la coordination technique, et sur la liaison avec les autres organes
internationaux. Sa mission est de donner aux peuples du monde entier
leurs meilleures chances de réussir dans le monde de l'Internet, dans
le commerce électronique, et dans l'âge du savoir électronique de
l'avenir[24].
En plus de cela, les organisations qui correspondent à un langage, un
pays, ou une région, poursuivent activement le déploiement des noms de
domaine multilingues. Parmi eux, on trouve le Consortium des noms
Internet en arabe (AINC)[25],
le Consortium des noms de domaine en chinois (CDNC)[26],
le Forum international pour les TI en tamoul (INFITT) et l'association
des noms de domaine en japonais (JDNA)[27].
26
Du côté politique, l'ICANN s'est formellement lancé dans les
activités liées aux noms de domaine multilingues en mars 2001. Il
considérait que la coordination politique était vitale pour
l'introduction de noms de domaine multilingues fondés sur toutes normes
techniques. En conséquence, il a constitué un groupe de travail IDN
consistant en quatre membres du Conseil de l'ICANN, lors de sa réunion
de mars 2001. A la même réunion, le Comité consultatif de gouvernance
(GAC: Governmental Advisory
Committee)[28],
comité consultatif de l'ICANN, a produit un communiqué[29]
exprimant son soutien aux noms de domaine multilingues. Le communiqué
disait: "En ce qui concerne les noms de domaine internationaux (IDN),
le comité GAC confirme l'importance et l'intérêt de son développement
pour le bénéfice des utilisateurs de l'Internet dans le monde entier".
Le petit groupe de travail de l'ICANN a commencé par une mission de
recherche factuelle s'appuyant sur une enquête couvrant trois aspects
des noms de domaine multilingues, à savoir: technique, politique et
services. Les résultats de cette enquête[30]
ont été présentés
à la réunion de septembre 2001 de l'ICANN. Dans le rapport, il était
indiqué qu'il y avait une forte demande de noms de domaine multilingues.
Sur la base de ces résultats, le Conseil de l'ICANN a décidé d'établir
un comité rassemblant des experts de spécialités variées. La mission
de ce comité serait de donner des recommandations sur des questions de
politique non techniques, y compris d'interfonctionnement, la résolution
de conflits et/ou occupation illégale de l'espace Internet, les
domaines de premier niveau, la protection des consommateurs et la
concurrence.
27
L'espace des noms de domaine du système DNS a une structure hiérarchisée
(voir la
Figure 1
ci-dessous)
utilisée pour identifier les entités dans l'Internet. Chaque noeud de
la structure correspond à une entité dans l'Internet. Un nom donné à
un noeud dans la structure s'appelle une étiquette de domaine. Tous les
noeuds reçoivent une étiquette à une seule exception près: le noeud
racine, comme indiqué au sommet de la
Figure 1
, qui n'a pas d'étiquette.
Le nom de domaine d'une entité (noeud) est une suite d'étiquettes de
noeuds commençant depuis elle-même jusqu'à la racine, où les étiquettes
sont séparées par des points. Pour ce qui est de la longueur, une étiquette
de domaine ne devrait pas dépasser 63 octets[31]
et un nom de
domaine complet ne devrait pas avoir plus de 255 octets.
Figure
1
Structure
des noms de domaine

28
La Figure 2 (ci-dessous) montre comment une entité nommée par
un nom de domaine est identifiée sur l'Internet. Chaque noeud de la
structure DNS peut être considéré comme un tableau, appelé serveur
de nom, qui maintient les paires d'étiquettes de noeud directement au-dessous
du noeud et des adresses IP correspondantes. Les serveurs de nom
correspondent aux organisations ou unités qui ont autorité
pour gérer le nom de domaine correspondant au noeud. Par exemple,
le serveur racine est l'autorité source pour les noms .int ou .com; les
serveurs de nom pour .int sont l'autorité source pour les noms .itu.int
et .wipo.int, et les serveurs de nom pour .itu.int sont l'autorité pour
www.itu.int. Le système DNS est donc, au bout du compte, une grande
base de données distribuée sur le monde entier du point de vue aussi
bien de l'ingénierie que de la gestion.
FIGURE
2
Comment
sont résolus les noms de domaine

29
Du point de vue de la relation entre l'utilisateur Internet et le
système DNS, un nom de domaine est traité comme indiqué à la Figure
3 (ci-dessous). Avec les protocoles actuels qui ne peuvent travailler
qu'en ASCII, les utilisateurs seront forcés de se limiter à utiliser
les caractères ASCII permis par les étiquettes de domaine. Ceci
signifie effectivement que les noms de domaine ASCII seraient utilisés
à tous les stades, depuis l'usager jusqu'au site web. Cependant, avec
l'introduction des noms de domaine multilingues, le protocole entre
l'utilisateur et l'ordinateur individuel serait fondé sur des caractères
non ASCII, tandis que le système DNS courant est fondé sur
l'ASCII.
Figure
3
La
reconnaissance des noms de domaine multilingues

30
Les questions techniques clés sont:
·
•
Comment les codes non ASCII devraient-ils être représentés?
·
•
Où les codes non ASCII devraient‑ils être reconnus,
dans l'application client ou dans le serveur DNS?
·
•
Quel est le mécanisme technique qui met en correspondance les
noms de domaine multilingues et la technologie DNS actuelle?
Les
concepts de base du travail de l'IETF sur ce problème sont décrits aux
§ 31 à 33 ci-dessous. La première question est abordée aux § 34 à
37; la seconde aux § 38 à 42; et la troisième est discutée aux
§ 43 à 52.
31
Comme le système DNS est une des technologies fondamentales développées
dans l'Internet, la compatibilité et l'interfonctionnement des noms de
domaines multilingues revêtent une importance critique. Toute nouvelle
technologie devrait occasionner le moins de changements possibles à
l'Internet, coexister avec les noms de domaine actuels, et permettre
qu'un nom de domaine désigne de façon cohérente et unique la même
entité partout sur l'Internet. Ceci sera réalisé par une
normalisation appropriée et par la conformité systématique aux normes
dans l'Internet. La normalisation implique l'établissement d'un
protocole commun promouvant l'interaction entre les différentes
entités au sein de l'Internet; dans le cas du système DNS, ceci est
pris en charge par l'IETF.
32
En janvier 2000, l'IETF a établi le Groupe de travail IDN pour
la normalisation de la technique des noms de domaine multilingues. Son
mandat peut être résumé comme suit[32]:
·
Le but du
groupe est de spécifier les exigences pour l'internationalisation de
l'accès aux noms de domaine et de définir un protocole d'élaboration
des normes fondé sur ces exigences.
·
Une exigence
fondamentale de ce travail est de ne déranger nulle part l'utilisation
et le fonctionnement actuels du système de nom de domaine pour traiter
tout nom de domaine.
·
Le groupe
n'aura pas à traiter de la question de savoir quel organe, s'il en est,
doit gérer ou surveiller l'utilisation des noms qui utilisent cette
fonctionnalité.
33
Pour le traitement de la normalisation de la technologie des noms
de domaine multilingues, les exigences de base du Conseil de
l'architecture Internet (IAB)[33]
sont
les suivantes:
·
RFC 2825: Préservation
de la compatibilité avec les noms de domaine actuels.
·
RFC 2826: Préservation
de l'unicité de l'espace des noms de domaine.
·
L'Internet ne
doit pas être divisé en isolats.
34
Seules les lettres de l'alphabet latin de base (A-Z sans tenir
compte de la casse), les chiffres décimaux (0-9), et le trait d'union
sont permis dans les noms de domaine (RFC 1034[34]
et RFC 1035[35]).
Le multilinguisme des noms de domaine implique l'extension de ce jeu de
caractères pour inclure des caractères non ASCII. Pour garantir
que les applications reconnaissent et traitent uniformément les noms de
domaine multilingues, le codage et les représentations de tels caractères
non ASCII doivent être déterminés de façon univoque. Pour ce
faire, il est souhaitable de disposer d'un jeu de code accepté
mondialement pour les noms de domaine multilingues de telle sorte
qu'applications et systèmes se rapportant aux noms de domaine de tout
l'Internet puissent interfonctionner techniquement.
35
Cependant, pour des raisons historiques variées, le fait est que
les écritures de nombreux langages actuellement utilisés dans les systèmes
d'information ont adopté des normes nationales ou privées. Pour donner
un exemple, le jeu de caractères japonais le plus répandu sur les
appareils japonais se fonde sur les normes industrielles japonaises (JIS)
X 0208 et X 0201. Par conséquent, de nombreux ordinateurs individuels,
assistants numériques personnels (PDA), ainsi que des téléphones
mobiles avec accès à l'Internet du Japon, ne peuvent afficher que des
caractères JIS et ASCII. Ceci cause des chevauchements de codage et
constitue une entrave à la définition d'un type unique de codage
utilisé, provoquant des problèmes de compatibilité.
36
La solution la plus prometteuse est l'adoption de Unicode[36]
(ISO/CEI 10646), qui spécifie les jeux de code de nombreuses écritures
et donc de langages. Bien que Unicode puisse être la meilleure solution
actuelle, il pourrait être nécessaire d'y apporter quelques développements
pour l'adapter à l'utilisation réelle. De plus, lorsque des
applications n'utilisent pas directement Unicode pour une représentation
des caractères locaux, il est nécessaire de procéder à une
conversion entre les jeux de code utilisés localement et Unicode,
quelque part dans l'environnement informatique (par exemple, JIS, dans
le cas du japonais).
37
Il existe aussi la possibilité que la simple adoption d'Unicode
ne soit pas appropriée pour les noms de domaine. Par exemple, certains
caractères chinois ont deux représentations - un caractère chinois
traditionnel et un caractère chinois simplifié. Le fait que la
correspondance entre un caractère chinois traditionnel et un caractère
simplifié ne soit pas biunivoque rend la situation beaucoup plus
compliquée. De plus, bien qu'ils soient habituellement utilisés en
Chine continentale à la place des caractères chinois traditionnels,
les caractères chinois simplifiés sont rarement utilisés à Taïwan
ou Hong Kong. La question de savoir si ces deux jeux de caractères
devraient être considérés comme n'en étant qu'un a été soulevée[37].
Certains ont avancé que si les noms de domaine sont de simples
identifiants ils devraient être traités comme caractères différents.
D'autres estiment qu'ils devraient être considérés comme les mêmes
caractères si, en réalité, les noms de domaine correspondent à
l'identité des entités. Même si ils sont considérés comme les mêmes
caractères, d'autres questions peuvent survenir sur le point de savoir
si c'est une question de code local ou bien une question relevant du
protocole universel, et si on devrait faire une distinction entre ces
caractères lorsqu'ils sont utilisés pour le chinois traditionnel ou le
chinois simplifié.
38
Pour ce qui concerne la question, posée à la Figure 3,
page
12
,
du lieu où les codes non ASCII devraient être reconnus, les
approches d'une solution de ce problème sont principalement fondées
sur l'un des scénarios suivants:
Solution
côté client
39
Dans une solution côté client, la traduction entre l'écriture
multilingue et la représentation compatible ASCII est réalisée dans
les applications d'utilisateur (par exemple un moteur de recherche web).
L'application client traduit les écritures multilingues en chaînes
ASCII, qui peuvent alors être traitées par l'Internet courant: c'est-à-dire
que les noms de domaine sont par la suite traités comme des noms de
domaine ASCII dans tout l'Internet. Cette catégorie inclut en réalité
le cas d'une application qui consiste en un logiciel existant à la fois
du côté client et du côté serveur. Mais pour des raisons de facilité
de langage, le terme "côté client" est utilisé pour garder
la cohérence avec le rapport sur l'enquête de l'ICANN[38].
40
Techniquement, une solution côté client est nécessaire sans
considération de l'approche choisie. Il n'est pas vraisemblable qu'une
application en ASCII seul puisse immédiatement travailler avec des noms
de domaine multilingues. Certaines améliorations seront nécessaires,
pour fournir des polices de caractères, ajouter des méthodes ou
fonctions techniques supplémentaires pour servir de support à
l'internationalisation.
Solution
côté serveur
41
Dans une solution "côté serveur", les noms de domaine
sont envoyés dès l'origine sur l'Internet par l'application du client
avec un codage local, tel que UTF-8[39],
GB ou BIG5[40],
ou Unicode. Les applications et services communiquent entre eux en
utilisant des noms de domaine non ASCII tout au long des voies de
communications qui les relient (parfois désignées par l'expression
"sur le fil"). Noter que les premières mises en oeuvre de
l'IDN étaient en réalité des solutions de serveur mandataire qui
interceptaient le codage local des applications client et le
convertissaient en codage compatible ASCII de telle sorte que les
serveurs DNS restent inchangés.
42
Certains des services, expériences et bancs d'essais développés
actuellement utilisent des solutions côté client et d'autres, des
solutions côté serveur. Un débat est en cours parmi les experts
techniques sur la faisabilité pratique de l'utilisation de caractères
non ASCII natifs dans le système DNS et sur la façon dont
cela interagirait avec les autres protocoles de l'Internet. Actuellement,
l'IETF progresse vers la normalisation d'une solution purement côté
client. Cette démarche s'appuie sur les arguments suivants:
·
Premièrement,
le système DNS est une énorme et robuste base de données distribuée,
mais qui fonctionne sur la base d'un équilibre instable. Trop de
logiciels et protocoles de l'Internet utilisent le système DNS dans sa
forme actuelle. Non précédée d'essais très complets, la modification
du DNS à un niveau aussi fondamental pourrait conduire à
l'effondrement de tout le système. En considérant cela, de nombreux
ingénieurs de l'Internet déconseillent de modifier le coeur du système
DNS, car cela pourrait avoir des conséquences désastreuses pour
l'Internet. Il est avancé qu'une solution client ne requérant pas de
modifications significatives du système DNS est plus sûre pour la
stabilité et la croissance de l'Internet.
·
En second
lieu, en vue d'une croissance rapide de la demande, la faculté
d'utiliser les noms de domaine multilingues devrait devenir disponible
le plus tôt possible. En général, le développement de serveurs
devrait prendre plus de temps que le déploiement des applications
client. Dans les solutions côté client, seules les entités désirant
communiquer en utilisant les noms de domaine multilingues auront besoin
d'être adaptées pour accepter les noms de domaine multilingues. Réciproquement,
les solutions côté serveur exigent que tous les composants le long des
voies de la communication, y compris le client, le serveur et tout ce
qu'il y a entre eux, soient préparés aux noms de domaine multilingues.
Le développement d'une solution côté serveur peut demander la
reconfiguration de tous les serveurs de tout l'Internet pour qu'ils
acceptent les écritures multilingues, ce qui prendrait un temps considérable.
·
Troisièmement,
étant donné le délai non négligeable qu'il faudrait pour mener
à bien le déploiement côté serveur, cette approche pourrait avoir
pour résultat que seules des zones limitées de l'Internet seront
capables d'accepter les noms de domaine multilingues. Ceci pourrait
conduire à la fragmentation de l'Internet en "isolats" et à
l'émergence possible de racines alternatives[41].
Il pourrait en résulter confusion et incohérence pour les utilisateurs.
Le GAC a exprimé ses préoccupations sur ce sujet dans son communiqué
de mars 2001 sur son soutien aux noms de domaine multilingues, en déclarant
"la préservation de l'universalité de la connexion et de l'accès
dans le système de nom de domaine est vitale pour la perpétuation de
l'Internet comme réseau mondial".
43
Théoriquement, dans la normalisation technique, toutes les
langues et caractères qui pourraient être utilisés dans les noms de
domaine multilingues devraient être pris en compte. Cependant, de
nombreuses questions se rapportant à une langue particulière ne sont
identifiables que par ceux qui utilisent en pratique ces langues et
caractères. La normalisation sera donc évolutive, car toutes les
questions impliquées ne seront pas identifiées et résolues en une
seule fois.
44
L'IETF travaille actuellement sur la normalisation de la solution
côté client, comme décrit ci-dessus. Les éléments techniques qui
doivent être normalisés comprennent:
·
La préparation
des noms d'hébergement internationalisés (Nameprep).
·
Le codage
compatible ASCII (ACE).
·
L'internationalisation
des noms d'hébergement dans les applications (IDNA).
45
Dans Nameprep, les représentations de chaînes multilingues
multiples, qui devraient être considérées techniquement comme la même
chaîne, sont combinées en une seule chaîne. Après Nameprep, ACE
convertit la représentation multilingue en un nom de domaine ASCII
approprié. Les rôles respectifs de Nameprep et d'ACE sont indiqués à
la Figure 4 (ci-dessous). L'architecture du logiciel d'application,
permettant de mettre en oeuvre ces deux traductions des noms de domaine
multilingues originaux et d'être ainsi adéquatement incorporés à
l'Internet courant, s'appelle IDNA.
Figure 4
Rôles
de Nameprep et d'ACE

46
Les principales fonctions de Nameprep sont:
·
Typographie:
dans la mesure où la différence entre majuscules et minuscules n'est
pas significative pour la constitution des noms de domaine fondés sur
ASCII, les casses sont fusionnées en une forme unique. Ceci doit être
fait non seulement pour les lettres ASCII mais aussi pour les lettres
non ASCII. D'autres types de fusion de casse peuvent être nécessaires
pour des caractères non ASCII. La fusion de casse est aussi appelée
"correspondance" parce qu'elle met en correspondance un/des
caractères avec un ou d'autres caractères qui sont considérés comme
équivalents. Les spécifications de fusion de casse se fondent sur le
Rapport technique Unicode N° 21[42].
·
Normalisation:
de nombreux caractères ont plusieurs représentations même si l'oeil
de l'homme ne peut percevoir la différence. Dans les noms de domaine,
ces caractères devraient être normalisés
avec une seule représentation afin qu'ils soient considérés comme
un seul et même caractère. Par exemple:
o les ligatures "ä" et "a +¨" sont canoniquement équivalentes;
o le "A" long et le "A" demi‑long sont équivalents.
Les
spécifications normalisées se fondent sur le standard Unicode Annexe N°
15[43].
·
Interdiction:
de nombreux caractères du jeu de caractères Unicode sont des séquences
de commande, des séquences de format ou des caractères d'espacement,
qui sont inappropriés et interdits pour les noms de domaine.
Ce
qui figure ci-dessus démontre que Nameprep traduit diverses représentations
considérées comme même chaîne originale en une représentation
unique dans l'espace de la chaîne multilingue. Si les produits en
sortie de Nameprep sont les mêmes, les chaînes d'entrée sont considérées
comme le même nom de domaine. Si les produits de sortie sont différents,
elles sont considérées comme des noms de domaine différents. Pour
satisfaire à cette exigence, Nameprep devrait précéder ACE. L'IETF
approche maintenant des étapes finales de la normalisation de Nameprep.
47
ACE code une chaîne non ASCII représentée en Unicode par
une chaîne ASCII, conforme au format actuel de nom de domaine ASCII.
Ceci permet aux noms de domaine multilingues d'être correctement traités
en tant que noms de domaine ASCII correspondants. A la 49ème réunion de l'IETF en
novembre 2000, le Groupe de travail IDN a été orienté vers le choix
de l'ACE, bien que les arguments faisant valoir la nécessité
d'utiliser dès l'origine UTF-8 aient fait l'objet d'un débat dans les
discussions par messagerie électronique. L'IETF atteint maintenant les
étapes finales de la normalisation de ACE.
48
RACE (Codage compatible ASCII par rangées)[44]
était l'un
des premiers candidats parmi les algorithmes proposés pour ACE. Il était
utilisé pour les services d'enregistrement et de résolution fournis
par, entre autres, les Services de tenue de registres mondiaux VeriSign
(VGRS)[45]
et le Centre
d'information réseau du Japon (JPNIC)[46]/Service
de tenue de registre du Japon (JPRS)[47].
A la suite de RACE, d'autres algorithmes ont été proposés et évalués
quant à leurs avantages et inconvénients par les experts en utilisant
les noms de domaine multilingues qui étaient enregistrés dans divers
scénarios de banc d'essai.
49
A la réunion d'août 2001 de l'IETF, un système ACE dénommé
AMC-ACE-Z[48]
a reçu un
soutien significatif à cause de l'efficacité de sa compression. Par
exemple, AMC-ACE-Z peut représenter au moins 18 caractères japonais
pour une étiquette de domaine, alors que RACE peut représenter jusqu'à
17 de ces caractères. A titre d'exemple, les chaînes de sortie en
ASCII pour "日本語ドメイン名例.JP"
(signifiant exemple de nom de domaine en japonais), produites
respectivement par RACE et AMC-ACE-Z[49]
sont:
·
RACE:
BQ--3BS6KZZMRKPDBSJQ4EYKIMHTKQGU7CY
·
AMC-ACE-Z:
ZQ--ECKWD4C7CU47R2WFQW7A0ECL32K
50
Un codage ACE met en correspondance un espace de nom de domaine
multilingue avec un sous-espace de noms de domaine ASCII. Dans le sens
inverse, il devrait être possible à un nom de domaine ASCII utilisant
ACE d'être mis en correspondance univoque avec un nom de domaine
multilingue. Par conséquent, un sous-espace devrait être réservé
pour les noms de domaine multilingues au sein de l'espace de nom de
domaine ASCII existant, comme indiqué à la Figure 5 (ci-dessous). Pour
cela, un préfixe, suffixe ou "tag" pour une chaîne ACE résultante
doit être définie. Toutes les chaînes ayant un tel préfixe ACE
constitueront un sous-espace définissant des noms de domaine
multilingues. Le préfixe ACE doit être choisi en tenant compte des
conditions suivantes: la possibilité d'une coïncidence de noms de
domaine ASCII avec un tel préfixe ou suffixe doit être totalement
exclue, et le préfixe ou suffixe doit être suffisamment court pour
laisser le maximum d'espace pour les noms de domaine multilingues. Dans
ces conditions, le préfixe ou suffixe pourrait être une simple chaîne
de caractères, c'est-à-dire, "??--", ou "--??", où?
est un caractère alphanumérique. Par exemple, si RACE est choisi, les
noms de domaine commençant par le préfixe "bq--"
indiqueraient un nom de domaine multilingue.
Figure 5
Correspondance
de l'espace de nom de domaine multilingue au
sous-espace de nom de domaine ASCII

51
Bien qu'ACE soit prometteur, un certain nombre de questions
restent encore à résoudre. Tout d'abord, les noms de domaine ASCII ne
devraient pas être enregistrés dans le sous-espace réservé pour les
noms de domaine multilingues. Par exemple, l'enregistrement de noms de
domaine ASCII commençant par "bq--" doit être bloqué si
RACE est choisi. Ensuite, comme une étiquette de domaine ne devrait pas
excéder 63 caractères ASCII, cela ne permet de traiter qu'un
nombre limité de caractères multilingues - par exemple, 18 caractères
japonais. Ceci restreindra les étiquettes de domaine multilingues à
des longueurs plus courtes que celles des étiquettes de domaine ASCII.
De plus, des hiérarchies de domaine plus profondes ne peuvent être
obtenues car la longueur totale d'un nom de domaine ne peut excéder 255
caractères.
52
Pour utiliser l'Internet dans son état actuel, Nameprep et ACE
devraient opérer les traductions avant d'envoyer le nom de domaine
"sur le fil" au système DNS ou au serveur d'application.
L'architecture d'application dans laquelle Nameprep et ACE sont réalisés
suivant la correspondance du code local à Unicode s'appelle IDNA, comme
indiqué à la Figure 6 (ci-dessous). A la réunion d'août 2001 de
l'IETF, de nombreux participants soutenaient la solution côté client IDNA.
L'architecture
d'IDNA

53
Une exigence de base du système DNS est la capacité à
identifier les entités sur l'Internet. Pour satisfaire à cette
exigence, la structure de l'espace de nom de domaine hiérarchisé doit
être coordonnée sur le plan administratif. Ceci est actuellement réalisé
par l'ICANN sous la supervision du Ministère américain du Commerce[50].
Ceci signifie que l'autorité de la racine de la hiérarchie DNS
indiquée à la Figure 1, page
11
, est généralement
l'ICANN. Cette racine est parfois appelée la racine
de l'autorité.
54
Un nombre croissant de solutions logicielles offrent maintenant
ce qu'on appelle des systèmes de racine
alternative. Elles incorporent le système DNS public et l'étendent
en offrant des domaines de premier niveau supplémentaires, permettant
ainsi aux utilisateurs de l'Internet de voir d'autres noms de domaine
que ceux reconnus par l'ICANN. A moins qu'il n'y ait une sorte de
coordination administrative mondiale des domaines de premier niveau[51],
il pourrait en résulter une fragmentation de l'Internet en espaces
disparates de nommage.
55
Pour répondre à ce souci, l'ICANN a récemment publié une
prise de position[52]
faisant valoir la nécessité d'une racine de l'autorité du système
DNS public unique, qui devrait être gérée comme un service public, et
assurant que l'ICANN a assumé ce rôle de service public. Il est généralement
admis parmi les experts techniques qu'un espace de nommage public unique
est nécessaire pour maintenir l'intégrité et la connectivité
mondiale du système DNS. Il paraît utile de citer ici une déclaration
du Conseil de l'architecture Internet ("IAB"), parue dans RFC
2826[53]:
·
"Pour
rester un réseau mondial, l'Internet a besoin qu'existe un espace de
nommage public unique au niveau mondial. L'espace de nommage DNS est un
espace de nommage hiérarchisé, dérivé d'une seule racine, unique au
niveau mondial. C'est une contrainte technique inhérente à la
conception du DNS. Il n'est donc pas techniquement faisable qu'il y ait
plus d'une racine dans le DNS public. Cette racine unique doit être
soutenue par un ensemble de serveurs racines coordonnés, gérés par
une autorité de nommage unique".
56
Tandis que les arguments procèdent de perspectives aussi bien
que d'intérêts économiques variés, il semble qu'il y ait un
assentiment général quant à la nécessité d'un espace de nommage DNS
visible d'un maximum d'utilisateurs de l'Internet: un espace de nommage
très fragmenté n'est intéressant pour personne. A l'évidence, les
gestionnaires de domaines de premier niveau "non officiels"
dans des systèmes de racine alternatifs ont l'un et l'autre plaidé: a)
pour l'inclusion dans la "racine de l'autorité"; et b) contre
l'introduction par l'ICANN de TLD identiques à leurs TLD utilisés dans
des racines incluant des racines alternatives. Ils soutiennent aussi
qu'il est possible d'avoir une fonction racine coordonnée
administrativement qui évite les collisions entre les différents
domaines de premier niveau fondés sur des systèmes de racine
multiples. Ceci suggère que le débat demeure plus autour de qui
est la racine ou l'autorité de
coordination de nommage plutôt que sur les mérites d'un espace de
nommage coordonné unique.
57
Les spécifications standard existantes ne peuvent pas accepter
les noms de domaine multilingues. Le déploiement de domaines
multilingues avec une technologie propriétaire pourrait encourager l'émergence
de racines alternatives. Du point de vue de l'utilisateur, il pourrait
en résulter qu'un nom de domaine se rapporte à des entités complètement
différentes dans différents espaces de nommage sous différentes
structures de racine. En particulier, parce que l'introduction de
nouveaux domaines de premier niveau est un processus extrêmement long,
on peut se demander si le marché arrivera simplement à dépasser les
arrangements administratifs actuels.
58
Un argument avancé par ceux qui proposent des racines
alternatives pour la résolution des noms de domaine multilingues est
que l'autorité de l'ICANN provient principalement des Etats-Unis d'Amérique,
qui ont été considérés comme la source historique des noms de
domaine Internet fondés sur ASCII. Il est dit que, comme les noms de
domaine multilingues ont une autre origine, les racines alternatives qui
servent de support aux domaines multilingues de tête peuvent être plus
acceptables que certains ne le prétendent. D'autres soutiennent le
concept de racine "inclusive", qui permet à des domaines de
premier niveau non soumis à l'autorité de l'ICANN d'être utilisés à
des fins nationales ou commerciales. Dans ce cas, tant que les
utilisateurs cadrent leurs applications sur la racine inclusive, ils
sont à même de résoudre les noms de domaine ICANN aussi bien que les
noms de domaine non ICANN - avec un accès direct aux nouveaux
domaines de premier niveau multilingues. Certains voient à nouveau des
problèmes avec ce modèle en ceci qu'il pourrait y avoir plusieurs
entités qui revendiquent la gestion de la "racine inclusive".
Ceci pourrait conduire à des conflits d'espace de nommage qui devraient
être résolus par négociation, arbitrage, ou même procès. Dans le
pire des cas, cela pourrait conduire à la fragmentation de l'espace de
nommage Internet comme prédit par l'IAB dans le document RFC 2826.
59
Il existe une voie un peu plus subtile pour la création d'un
espace de nom de domaine multilingue, qui consiste à réaliser un
"domaine de premier niveaunon ASCII imaginaire" dans
l'espace de nom de domaine sous autorité. Cette méthode, appelée domaine
de niveau zéro, a été suggérée dans des projets de documents de
l'IETF dès 1997. Elle masque la partie supérieure de l'espace de nom
de domaine, supposant que l'un des noeuds supérieurs de l'espace non
masqué joue le rôle de domaine de premier niveauvirtuel, et utilisant
le sous-espace gouverné par le domaine virtuel de tête comme espace
entier de nom de domaine. Par exemple, après avoir créé un espace {chaîne
non ASCII}.TLD sous le domaine de premier niveausous autorité
".TLD", les utilisateurs peuvent accéder à l'Internet en
utilisant des noms de domaine comme xxx.{chaîne non ASCII} si les
applications client des utilisateurs délient et/ou relient
automatiquement ".TLD" à chaque accès à l'Internet. Ceci
peut faire un domaine (virtuel) multilingue de tête pour les
utilisateurs de telles applications client. Même si les domaines de
niveau zéro sont en quelque sorte plus acceptables que les racines
alternatives, les utilisateurs doivent néanmoins être conscients du
problème que différentes entités peuvent être apparemment désignées
par le même nom de domaine si différentes applications client sont
utilisées.
60
Ce ne sont pas par eux-mêmes les noms de domaine multilingues
qui conduisent à la création de racines alternatives ou de
pseudo‑racines. C'est plutôt la combinaison d'intérêts
commerciaux et de la demande des utilisateurs pour un déploiement
rapide de nouveaux TLD, qu'ils soient en anglais ou en écritures
multilingues. Si les politiques de création de nouveaux TLD sont
capables de satisfaire les demandes des utilisateurs et du commerce, le
risque de fragmentation est largement réduit. Ceci suggère qu'il est
extrêmement important que l'ICANN trouve des méthodes pour répondre
effectivement à cette demande.
61
La technologie est toujours au début d'un processus, et non à
la fin. Avant qu'une technologie puisse être pleinement utilisée, elle
doit être soutenue par l'économie et la politique. La présente
section discute des questions politiques majeures qui se rapportent aux
noms de domaine multilingues.
62
Dans le système DNS actuel, fondé sur ASCII, il y a deux types
de base de domaines de premier niveau: les domaines génériques de
premier niveau (gTLD), tels que .com et .info, et les domaines de
premier niveau qui sont des codes de pays (ccTLD), tels que .uk et .jp.
Il y a moins de 15 gTLD, et leurs politiques sont, pour la plus grande
partie[54],
sous le contrôle de l'ICANN. Il y a actuellement environ 245 ccTLD[55],
et la politique de chacun d'eux est pour la plus grande partie, sous le
contrôle d'une organisation de gestion des ccTLD, généralement dans
leurs pays ou régions respectives[56].
63
Différentes sortes de noms de domaine multilingues peuvent émerger,
selon la sorte de TLD sous lequel ils viennent ou qu'ils représentent.
Il peut y avoir des noms de domaine multilingues de même langage, même
écriture, ou de langue mixte, écriture mixte. Cela peut être représenté
comme suit:
·
{chaîne non ASCII}.{ASCII-ccTLD};
·
{chaîne non ASCII}.{ASCII-gTLD};
·
{toute chaîne}.{non ASCII-ccTLD};
·
{toute chaîne}.{non ASCII-gTLD}.
64
La notation ci-dessus n'est pas formellement définie ici, où il
est bien suffisant d'avoir à se débattre avec les principes de base.
De plus, il est tout à fait possible que d'autres types de TLD
multilingues puissent émerger. Par exemple, des TLD en rapport avec une
langue, qui indiquent le langage des noms de domaine associés: par
exemple, {chaîne chinoise}.{CHINOIS} ou {chaîne japonaise}.{JAPONAIS},
dans lesquelles "CHINOIS" et "JAPONAIS" représentent
les caractères chinois et japonais pour le nom de la langue.
65
Bien que les obstacles à la mise en oeuvre de ces noms de
domaine multilingues soient principalement de nature non technique,
un obstacle technique potentiel réside dans la charge croissante qui pèse
sur le système DNS, et cela parce qu'une {chaîne non ASCII} est
inhabituellement longue lorsqu'on la code en format ACE. Parmi d'autres
obstacles techniques figure la nécessité du multilinguisme des systèmes
qui s'y rapportent, tels que le système Qui‑est‑qui
(Whois), application qui
affiche les attributs associés des noms de domaine (par exemple,
information sur celui qui enregistre). D'un autre côté, parmi les
obstacles non techniques, on trouve:
·
des questions
se rapportant à la responsabilité pour l'enregistrement des noms de
domaine;
·
des questions
à résoudre dans le processus d'enregistrement et d'utilisation.
Le
second de ces obstacles sera discuté dans les sections suivantes. Le
premier est décrit dans la présente section en classant les sujets
selon le type de domaine de premier niveauconsidéré.
66
Un certain nombre d'organisations jouent déjà un rôle d'opérateur
en ce qui concerne {chaîne non ASCII}.{ASCII-ccTLD} et {chaîne
non ASCII}.{ASCII-gTLD}. Par exemple, VGRS offre des
enregistrements {chaîne-chinoise}.com[57],
et JPNIC/JPRS propose {chaîne-japonaise}.jp. La base de la fourniture
de ces services est que l'organisation impliquée a "autorité"
sur un ccTLD ou gTLD et, si le système DNS est internationalisé, que
cette autorité est une base suffisante pour déléguer des noms de
domaine multilingues {non ASCII}.{ASCII} sous le TLD correspondant.
67
".日本"
("日本"
représente "Japon" en caractères Kanji japonais) est un
exemple de {ccTLD non ASCII}. Si un {ccTLD non ASCII} et son
organisation de gestion sont coordonnés avec l'ICANN, il peut ne pas y
avoir de problème en ce qui concerne les décisions d'autorité tant
qu'il n'y a pas de conflit sur le fait de savoir que c'est cette
organisation qui dispose de l'autorité légitime. Dans le cas du
japonais, donc, comme le siège de la langue est au Japon, et qu'aucun
autre pays n'a désigné le japonais comme étant sa langue officielle,
cette décision apparaît bien tranchée. Cependant, on devrait noter
que les mêmes caractères japonais "日本"
sont aussi utilisés
dans le jeu de caractères
chinois et que leur graphisme est identique. Ces caractères
particuliers ne devraient normalement pas être utilisés comme un TLD
chinois et alloués à une autre organisation. Le japonais utilise aussi
deux autres écritures, en l'occurrence le Katakana et le Hiragana, mais
comme aucun autre pays n'utilise ces écritures, il est peu
vraisemblable que cela donne lieu à des complications.
68
Pour les autres langages, les questions seront beaucoup plus
complexes. Si un pays ou une région correspondant à un code de pays a
deux, ou plus, langues officielles, il peut être nécessaire de décider
quelle langue est utilisée pour représenter son code de pays "code"{ccTLD
non ASCII}, en supposant que "code de pays" a un équivalent
dans cette langue. Même si on établit la règle que deux ou plus {ccTLD
non ASCII} peuvent être alloués à un pays ou région, il reste
la question de savoir combien de {ccTLD non ASCII} on doit allouer
au pays ou région pour le nombre de langages officiels ou en usage dans
sa juridiction. Par exemple, dans le cas de l'Inde, il y a plus de vingt
langues d'usage courant, chacune d'elles ayant sa propre écriture.
69
".企業"
("企業"
est une chaîne de caractères chinois traditionnels signifiant "une
compagnie") est un exemple de {gTLD non ASCII}. Le fait que de
multiples langues peuvent aussi utiliser ces caractères est un problème.
A cause de cela, des chaînes identiques peuvent représenter les mêmes
significations ou des significations différentes dans différentes
langues. Et aussi, des caractères similaires existent dans différentes
langues. Par exemple, la Chine et le Japon utilisent le mot "企業",
et les gens ne peuvent dire si le domaine de premier niveau"企業"
est en chinois ou en japonais. Autrement dit, les noms de domaine
multilingues peuvent plonger les gens dans la confusion en dépit du but
affiché de rendre les noms de domaine plus faciles à mémoriser. Il
est très difficile de décider qui devrait être désigné pour gérer
ces types de domaines de premier niveau(et dans quel pays). Etant donné
les difficultés rencontrées pour simplement introduire de nouveaux
domaines de premier niveauASCII, il n'est pas difficile d'imaginer les défis
représentés par l'idée d'introduire des domaines multilingues de tête.
70
Une des questions qui devraient être examinées est la définition
des langues du point de vue des noms de domaine multilingues. Certaines
langues ont deux, ou plus, types d'écritures, et certaines langues ont
des écritures mêlées dans la forme écrite de la langue. Par exemple,
les documents japonais écrits mêlent des caractères Han chinois, des
caractères japonais Katakana et Hiragana, des chiffres arabes, aussi
bien que des caractères de l'alphabet anglais. Dans ce cas, toutes les
chaînes possibles d'un document écrit japonais peuvent-elles être des
noms de domaine multilingues? Dans quelle langue sont les caractères
chinois Han lorsqu'ils sont utilisés comme nom de domaine multilingue
dans un document japonais?
71
De plus, il faudra prendre en compte les règles locales telles
que l'unification des caractères chinois traditionnels et des caractères
chinois simplifiés, dont il est question au § 37; et même dans la
perspective de savoir s'il s'agit de la même langue ou de langues différentes.
Par exemple, est-ce que la "fusion" (voir le § 46) des caractères
chinois Han traditionnels et simplifiés affecterait l'utilisation des
caractères Han dans d'autres langues non chinoises?
72
Une autre question est de savoir si les sujets décrits aux § 70
et 71 sont des affaires locales ou internationales. Dans le but de
clarifier les choses pour les utilisateurs, certains plaident que les règles
s'appliquant aux noms de domaine multilingues devraient être les mêmes,
bien qu'elles relèvent d'autres domaines de tête. Par conséquent, un
registre de nom de domaine unique[58]
ne devrait pas être l'autorité ultime pour les règles des noms de domaine
multilingues. A titre d'exemple, faut-il que les règles de représentation
et de conversion pour les noms de domaine chinois dans .com et dans .cn[59]
soient les mêmes? Dans cet exemple, la définition des règles pour les
noms de domaine multilingues chinois serait par nature un problème
international. Cependant, la communauté internationale qui n'utilise
pas la langue chinoise, serait-elle capable de définir les questions de
localisation à la place des locuteurs chinois? Et comme le chinois est
la langue d'une diaspora, qu'il est utilisé dans diverses juridictions,
pays et économies, comment donner une localisation à ces décisions?
73
Il est extrêmement difficile, sinon impossible, pour ceux dont
la langue n'est pas concernée par cette discussion d'en appréhender
les implications subtiles. Comprendre si les questions des § 70 et
71 sont des problèmes de code ou des problèmes de protocole est très
difficile. Mais cette compréhension est nécessaire pour mener à une décision
acceptable sur le point de savoir quelles questions doivent faire
l'objet d'une normalisation internationale. Quelqu'un doit décider
quelles questions existent et comment elles doivent être résolues.
Peut-être qu'un premier pas pragmatique est de résoudre qui est
l'autorité décisionnelle pertinente vraisemblable.
74
Jusqu'à présent, un certain nombre de combinaisons de pays/économies,
langage, écriture, et systèmes de codage sont apparues et des exemples
en sont donnés au
Tableau 1
. Le
Tableau 1
suggère qu'une
approche de type "taille unique" a très peu de chances de
succès.
Tableau
1
|
Ecriture |
Langage |
Codage |
Pays/Economie |
Commentaire
sur le modèle administratif |
|
Chinois
traditionnel et simplifié |
Chinois |
GB |
Chine,
Hong Kong, |
Langue
de la diaspora Langue
officielle de plusieurs économies Consortium
des noms de domaine Chinois (CDNC)? |
|
Hiragana |
Japonais |
JIS |
Japon |
>
90% de locuteurs japonais au Japon Il
faut une coordination avec les pays du CJK pour le Kanji |
|
Hangeul |
Coréen |
KSC |
République
populaire de Corée (Sud) |
>
80% de locuteurs coréens en Corée KRNIC
est un candidat potentiel Il
faut une coordination avec les pays du CJK pour le Hanji |
|
Arabe |
Arabe |
|
Algérie,
Bahreïn, |
Langage
de la diaspora Langue
officielle de nombreux pays Consortium
des noms Internet en arabe (AINC) Groupe
de travail des langues arabes, MINC Groupe
de travail de la langue Urdu, MINC |
|
Tamoul |
Tamoul |
TAM |
Inde
(Etat du Tamil Nadu), Maurice, |
Langue
de la diaspora Minorité
dans tous les pays Langue
officielle dans quelques‑uns L'Etat
du Tamil Nadu en Inde est reconnu comme siège de la langue
tamoule Forum
international pour les TI en tamoul (INFITT) Groupe de travail WG 02 |
|
Thaï |
Thaï |
TSC |
Thaïlande |
>
90% de locuteurs thaï en Thaïlande |
|
Khmer |
Khmer |
Nombreuses
polices propriétaires |
Royaume
du Cambodge, |
>
90% de locuteurs khmers au Cambodge Langue
officielle dans un pays |
|
Lao |
Lao |
Quelques
polices propriétaires |
Lao
(R.d.p.), |
10
fois plus de locuteurs Lao en Thaïlande |
|
Cyrillique |
Russe |
|
Russie |
>
90% en Russie La
Russie est reconnue comme siège de la langue russe |
|
Hébreu |
Hébreu |
|
Israël |
>
95% en Israël |
75
Le tableau ci-dessus suggère qu'il sera important pour les
parties prenantes d'un langage de se coordonner entre elles. En cas de
besoin, les organisations régionales ou internationales peuvent être
des forums appropriés. Généralement, en principe et autant que
possible, il semble approprié que des décisions affectant les
utilisateurs d'un langage soient prises par les utilisateurs de ce
langage eux-mêmes. Le
Tableau
2
suggère quelques‑uns des modèles qui pourraient être pris en
considération.
Tableau
2
|
Modèle |
Langage |
|
Modèle
de pays à une langue-une écriture |
Hébreu,
Thaï, Russe |
|
Modèle
une langue-une écriture-pas de pays |
Tamoul |
|
Modèle
une langue-une écriture-plusieurs pays |
Arabe,
Lao |
|
Modèle
une écriture-nombreux langages-nombreux pays |
Arabe-Urdu-Farsi-système
Jawi, Han |
|
Modèle
une langue-nombreuses écritures-un seul pays |
Japonais,
Coréen |
|
Modèle
une langue-nombreuses écritures-nombreux pays |
Chinois
(TS-SC), Urdu (Arabe-Hindi) |
|
Un
pays-nombreuses écritures-nombreux langages |
Nombreux
pays |
76
Pour rendre les noms de domaine multilingues pleinement
utilisables sur l'Internet, la normalisation technique ne sera que la
partie apparente de l'iceberg. Pour satisfaire les exigences des
utilisateurs, il sera nécessaire aussi de franchir les étapes
suivantes:
·
normaliser
les techniques;
·
définir
et coordonner les règles d'enregistrement et de gestion;
·
déployer
les serveurs d'application et de nommage.
Les
relations entre ces étapes, nécessaires pour le déploiement des noms
de domaine multilingues, sont illustrées ci-dessous à la Figure 7.
Figure
7
Les
bases de la croissance du nom de domaine multilingue

77
Pour ce qui concerne la normalisation technique, il est prévu
que la normalisation de Nameprep, ACE, et IDNA (voir les § 43 à 52)
soit achevée au premier semestre 2002, conformément au calendrier
proposé par le Groupe de travail IDN. Cependant, comme il faut prendre
en considération toutes les langues du monde, les spécifications de la
norme devront nécessairement subir des évolutions ultérieures. De
plus, comme le système DNS évolue lui-même, des solutions à long
terme, telles que des solutions fondées sur les serveurs ou des couches
de logiciels supplémentaires pourraient apparaître (par exemple, des
mots-clés) et se révéler offrir de meilleures solutions.
78
Les questions de politique et de coordination discutées aux §
61 à 75 devront être résolues dans un très proche avenir. Cependant,
des solutions peuvent être trouvées grâce à la coopération
nationale, régionale et internationale.
79
Le développement de serveurs de nommage et d'applications doit
s'appuyer sur la dynamique du secteur des affaires. Pour arriver à une
utilisation satisfaisante, il est important de promouvoir le développement
aussi bien des serveurs que des applications. Il est vital que le développement
d'application soit stimulé et fasse l'objet d'une promotion intense. A
titre d'exemple concret, l'Association des noms de domaine en japonais (JDNA),
constituée en juillet 2001, comporte des membres japonais qui sont des
vendeurs d'applications, des fournisseurs de services réseau et des
registres de noms de domaine. Au sein de JDNA, on peut déterminer les
spécifications nécessaires sur le plan local telle que la représentation
détaillée des URL et des adresses e‑mail.
80
Pour résumer, il y a un marché substantiel et une demande des
utilisateurs pour des noms de domaine multilingues. Pour satisfaire
cette demande, c'est l'environnement tout entier qui devra être développé
pour prendre en compte la normalisation technique, la politique et les
arrangements administratifs et les nouvelles applications. L'avènement
des noms Internet multilingues est imminent. Nous ne devons pas sous‑estimer
la signification de cette activité comme partie d'un but bien plus
noble: l'internationalisation en cours de l'Internet.
|
ACE |
Codage
compatible ASCII (ASCII
Compatible Encoding) |
|
AINC |
Consortium
des noms Internet en arabe (Arabic
Internet Names Consortium) |
|
AMC-ACE-Z |
Codage
Z compatible Adam M. Costello-ASCII (26ème version) |
|
APNG |
Groupe
Asie-Pacifique d'ingénierie de réseaux (Asia
Pacific Networking Group) |
|
APRICOT |
Conférence
régionale Asie‑Pacifique Internet sur les techniques opératoires
(Asia Pacific Regional
Conference on Operational Technologies) |
|
ASCII |
Code
américain normalisé pour les échanges d'information (American Standard Code for Information Interchange) |
|
BoF |
Réunion
spécialisée (d'oiseaux de même couleur) (Birds
of a Feather meeting) |
|
ccTLD |
Domaine
de de premier
niveau constituant un code de pays (Country Code Top Level Domain) |
|
CDNC |
Consortium
des noms de domaine en chinois (Chinese
Domain Name Consortium) |
|
CNNIC |
Centre
d'information du réseau Internet de Chine (China Internet Network Information Center) |
|
CNRP |
Protocole
de résolution des noms communs (Common
Names Resolution Protocol) |
|
DNS |
Système
des noms de domaine (Domain
Name System) |
|
GAC |
Comité
de gouvernance consultatif (Governmental
Advisory Committee) |
|
gTLD |
Domaine
générique de
premier niveau (Generic Top Level Domain) |
|
HKNIC |
Centre
d'information réseau de Hong Kong (Hong
Kong Network Information Center) |
|
HTTP |
Protocole
hypertexte de transfert de texte (Hypertext
Text Transfer Protocol) |
|
IAB |
Conseil
de l'architecture Internet (Internet
Architecture Board) |
|
IANA |
Autorité d'Affectation
de Numéros sur Internet
(Internet Assigned Numbers
Authority), partie d'ICANN |
|
IC |
Code
d'identification (Identification
Code) |
|
ICANN |
Association
Internet pour l'allocation des noms et numéros (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) |
|
IDN |
Nom
de domaine internationalisé (Internationalized
Domain Name) |
|
IDNA |
Internationalisation
des noms d'hébergement dans les applications (Internationalizing Host Names in Applications) |
|
iDNS |
Service
de noms de domaine internationalisés (Internationalized
Domain Names Service) |
|
IETF |
Groupe
d'étude d'ingénierie de l'Internet (Internet
Engineering Task Force) |
|
IFWP |
Forum
international sur le Livre Blanc (International
Forum on the White Paper) |
|
INET |
Ingénierie
Internet (Internet
networking) |
|
INFITT |
Forum
international pour les TI en tamoul (International
Forum for IT in Tamil) |
|
IP |
Protocole
Internet (Internet Protocol) |
|
ISOC |
Association
de l'Internet (Internet
Society) |
|
JDNA |
Association
de noms de domaine en japonais (Japanese
Domain Names Association) |
|
JIS |
Norme
industrielle japonaise (Japanese
Industrial Standard) |
|
JPNIC |
Centre
d'information réseau du Japon (Japan
Network Information Center) |
|
JPRS |
Service
du registre du Japon (Japan
Registry Service) |
|
KRNIC |
Centre
d'information réseau de Corée (Korea
Network Information Center) |
|
LDAP |
Protocole d'accès aux annuaires léger
(Lightweight Directory Access Protocol) |
|
LDH |
Combinaison
de lettres, chiffres et trait d'union non déclinable, utilisée
dans le système DNS (letters-digits-hyphen) |
|
MPHPT |
Ministère
(japonais) de la Gestion publique, de l'Intérieur, des Postes et
Télécommunications |
|
MINC |
Consortium
des noms Internet multilingues (Multilingual
Internet Names Consortium) |
|
MONIC |
Centre
d'information réseau de Macao (Macau
Network Information Center) |
|
MoU |
Accord
(Memorandum of Understanding) |
|
NIC |
Centre
d'information du réseau (Network
Information Center) |
|
NUS |
Université
nationale de Singapour (National
University of Singapore) |
|
OMPI |
Organisation
mondiale de la propriété intellectuelle (World
Intellectual Property Organization) |
|
PC |
Ordinateur
individuel (Personal
Computer) |
|
RACE |
Codage
par rangées compatible ASCII (Row-based
ASCII Compatible Encoding) |
|
TLD |
Domaine
de premier
niveau (Top Level Domain) |
|
TWNIC |
Centre
d'information réseau de Taïwan (Taïwan
Network Information Center) |
|
UDRP |
Règlement
uniforme des litiges relatifs aux noms de domaine (Uniform
Dispute Resolution Policy) |
|
UIT |
Union
internationale des télécommunications (International
Telecommunication Union) |
|
URL |
Identificateur
uniforme de ressources (Uniform
Resource Locator) |
|
VGRS |
Services
mondiaux de registre VeriSign (VeriSign
Global Registry Services) |
Quelques mises en oeuvre de noms de domaine multilingues
81
Souvent la demande du marché n'attend pas qu'il y ait des
solutions techniques parfaites, et c'est pourquoi certaines mises en
oeuvre de noms de domaine multilingues sont d'ores et déjà apparues.
Actuellement, ces mises en oeuvre reposent sur des technologies propriétaires
ou des spécifications de normes incomplètes. Cependant, de nombreux
fournisseurs de solution ont déclaré qu'ils s'aligneraient sur toute
norme future une fois que la normalisation serait achevée. Quelques‑unes
des mises en oeuvre connues sur le marché figurent ci-dessous en ordre
alphabétique. Comme de nombreux fournisseurs de solution de nom de
domaine multilingue utilisent les techniques de mots-clés Internet pour
les services de résolution, les compagnies actives dans ce domaine ont
également été citées. Les informations fournies le sont, dans la
plupart des cas, par le fournisseur de solution. Comme les développements
interviennent rapidement dans ce domaine, cette liste est par définition
incomplète. Nous souhaiterions que l'on nous communique d'autres
informations ou précisions sur les solutions offertes sur le marché.
82
Le 19 mai 2000, le Consortium des noms de domaine en chinois (CDNC)
a été constitué à Pékin par quatre centres d'information réseau (NIC)
autour du Détroit de Taïwan, qui sont le Centre d'information du réseau
Internet de Chine (CNNIC), le Centre d'information réseau de Taïwan (TWNIC),
le Centre d'information réseau de Hong Kong (HKNIC) et le Centre
d'information réseau de Macao (MONIC). En tant qu'organisation à but
non lucratif indépendante, CDNC s'occupera principalement de la
coordination et de la réglementation des noms de domaine en chinois
dans le monde entier. Dans la mesure où les noms de domaine chinois
jouent un rôle de plus en plus important en Chine, un grand nombre
d'organisations et compagnies ont montré de l'intérêt pour la
recherche et la popularisation de noms de domaine en chinois et s'y
joignent activement. Cependant, à cause du manque de communication et
de coordination entre eux, il y a de très grandes différences dans les
approches et les technologies de soutien au système chinois de noms de
domaine, ce qui retarderait gravement sa diffusion. Pour éviter ces
problèmes, les quatre NIC ont plaidé en faveur de CDNC et l'ont
finalement constitué, ce qui améliorera la coordination et la coopération
des noms de domaine chinois.
83
Le CDNC va évaluer toutes les questions de résolution de nom de
domaine en chinois, en se conformant strictement aux critères
internationaux, et va rédiger les normes techniques pour les noms de
domaine chinois et les règlements correspondants pour l'enregistrement
des noms de domaine chinois. Il coordonne aussi son rodage dans les
autres pays ou régions, communique et coopère avec toutes les
organisations internationales correspondantes de telle sorte que dans le
proche avenir CDNC puisse faire des normes internationales.
84
CNNIC[60]
fournit à l'essai l'enregistrement des noms de domaine en chinois en
utilisant des solutions techniques fondées sur les exigences techniques
des noms de domaine internationaux et les exigences des utilisateurs de
noms de domaine en chinois.
85
La résolution est "côté serveur" et utilise l'expédition
HTTP. Ils fournissent aussi le téléchargement de mots-clés aux
clients pour la résolution.
86
i-DNS.net[61]
est un fournisseur de solutions de noms de domaine internationaux (IDN)
et teneur de registre pour les noms de domaine en {caractère-du-pays}.{caractère-du-pays}.
Les domaines génériques de tête (gTLD) acceptés par i-DNS.net sont
des versions en langue locale de .com, .net et .org, choisies après
consultation avec les centres d'information réseau (NIC) locaux et les
experts en linguistique du pays.
87
Tous les noms enregistrés et hébergés dans la base de données
d'enregistrement de i‑DNS.net sont compatibles avec le système
DNS existant, et jouissent d'une délégation pleine et entière de sa
part. Ces noms sont résolubles mondialement via une large gamme de méthodes
de résolution, y compris le logiciel largement répandu iClient - un
progiciel de résolution côté client fondé sur Windows.
88
Les offres IDN de i-DNS.net sont conformes aux recommandations et
normes promulguées par le Groupe de travail IDN du Groupe d'étude pour
l'ingénierie Internet (IETF), qui sont - côté client, fondées sur
Nameprepped et ACE. Grâce à ses partenaires unités de
l'enregistrement (registraires) et stratégiques, i-DNS.net a lancé ses
services d'enregistrement dans le monde entier dans plus de 30 langages.
89
JPNIC[62]/JPRS[63]
fournit des
services d'enregistrement et de résolution pour les noms de domaine
en japonais[64]
avec une
solution côté client utilisant presque la même technologie que VGRS
(voir les §104 à 108 ci-dessous). JPNIC/JPRS accepte les noms de
domaine multilingues écrits en japonais sous son ccTLD .jp et facture
le même montant pour l'enregistrement des noms de domaine
multilingues que pour les noms de domaine ASCII.
90
Il fournit les fonctions suivantes:
·
Utilisation
de RACE (et dans un avenir proche ACE-AMC-Z) pour transcoder les noms de
domaine japonais en chaînes ASCII.
·
Etablissement
des chaînes ASCII dans les serveurs de nommage du système DNS
ordinaire comme noms de domaine.
·
Fourniture
de kits de développement pour des applications telles que des moteurs
de recherche web pour leur permettre de se rapporter au système DNS
avec des noms de domaine en japonais.
·
Enregistrement
de plus de 60 000 noms de domaine, ce qui permet leur utilisation. De
plus, la technique de résolution de mots-clés RealNames est utilisée,
de façon similaire à VGRS.
·
Avant
l'enregistrement sur la base du "premier arrivé, premier servi",
JPNIC/JPRS a pris quelques mesures de précaution comme le blocage de préfixe,
les mots réservés et une période de latence afin d'éviter les problèmes
de propriété intellectuelle et les faux départs.
91
KRNIC[65]
a effectué des enregistrements expérimentaux de {chaîne-coréenne}.test.kr
et {chaîne-coréenne}.실험.kr
entre le 16 mars 2001 et le 25 avril 2001 pour vérifier la faisabilité
du déploiement des noms de domaine en Hangeul.
92
Pour les services, KRNIC a mis en oeuvre ce qui suit:
·
utilisation
de BIND 8.2.3 avec peu de modifications;
·
téléchargement
des fichiers de zone en format EUC-KR, UTF-8 et RACE;
·
réponse
directe aux questions avec des adresses IP;
·
développement
de plusieurs normes sous RFC-KR dont une sur les domaines de second
niveau;
·
développement
actuel de plusieurs autres normes sous RFC-KR;
·
début
d'essais de TLD multilingues;
·
développement
de Nameprep pour les caractères coréens.KRNIC entreprendra d'autres
essais ultérieurement et décidera quand commencer l'enregistrement
formel de noms de domaine en Hangeul.
93
NativeNames[66]
propose des noms équivalents en arabe, farsi, urdu et cyrillique des
gTLD existants .com, .net et .org, et offre l'équivalent de nouveaux
TLD dans ces langages[67].
Selon Pyramid Research, NativeNames est leader sur le marché en
croissance rapide du DNS international au Moyen‑Orient arabe[68],
et il déclare que "la présence croissante de noms de domaine en
caractères arabes contribue à dynamiser l'adoption de l'Internet au
Moyen‑Orient et en Afrique du Nord".
94
Neteka[69]
n'est
pas par lui-même un registre ou une unité de l'enregistrement (registraire),
mais fournit pour les noms de domaine multilingues une solution qui est
une combinaison de solutions côté serveur et côté client. Cette
solution permet l'enregistrement de {chaîne non ASCII}.gTLD, {chaîne
non ASCII}.ccTLD et de {chaîne non ASCII}.SLD, où SLD représente
un domaine de second niveau.
95
Netpia est un fournisseur de services de mots-clés Internet. Le
coeur du service de mots‑clés Internet de Netpia donne aux gens
l'accès aux sites web de l'Internet dans leur propre langue maternelle
sans avoir à se rappeler de cet étrange nom de domaine en anglais.
96
Multilingual Internet Keyword Name (Nom de mot-clé
Internet multilingue) est un système de nom de domaine de la prochaine
génération, solution brevetée développée par Netpia.com en 1997.
La force première du nouveau système est d'accepter le système actuel
d'adressage de l'Internet (DNS) tout en permettant un système de
reconnaissance multilingue (MSS: Multilingual
Scan System). Le double soutien introduit un nouveau concept dans
l'environnement en rapide évolution de l'Internet. Avec la chute des
barrières entre les pays provoquée par la révolution numérique,
Netpia projette d'étendre son domaine d'activité de l'Internet
multilingue et de mots-clés à d'autres pays où l'anglais n'est pas
une langue officielle, ce qui serait pour cette compagnie une source fraîche
de nouvelle opportunités d'affaires.
97
Netpia est supposé normaliser les mots-clés Internet
multilingues. Comme les langues maternelles deviennent des ccTLD, de même
font les mots-clés Internet. Par la suite, .kr, .jp, .cn ne seront pas
nécessaires quand on surfera sur le web. Le projet de Netpia est de
permettre aux gens de surfer sur le web dans leur propre langue en
donnant une base locale au système d'adresse Internet.
98
New.net est un registre de nom de domaine et unité de
l'enregistrement (registraire) commercial travaillant sur des noms de
domaine plus descriptifs et significatifs dans de multiples langues. En
8 mois, New.net a construit un réseau volontaire de 73 millions
d'utilisateurs Internet qui peuvent accéder à, et résoudre, des noms
de domaine dans 6 langues différentes. New.net a mis sur le marché
30 extensions en langue anglaise comprenant .shop, .family, .mp3 et
.club, et des extensions traduites pour les communautés de langue
espagnole, portugaise, française, italienne et allemande, telles que .tienda,
.reise et .amor.
99
Pour permettre aux utilisateurs d'accéder à ces noms de domaine,
New.net forme des partenariats avec des ISP (fournisseurs de services
Internet) qui font des changements mineurs aux logiciels de leur serveur
de nommage. Tous les clients des ISP partenaires de New.net reçoivent
ainsi la capacité de voir les noms de domaine de New.net. Pour ceux qui
ne se connectent pas à l'Internet en utilisant un ISP partenaire de
New.net, il y a un petit logiciel à télécharger pour permettre
l'utilisation d'un ordinateur individuel.
100
New.net livrera une solution IDNA au premier trimestre de 2002 et
elle sera conforme aux normes promulguées par le Groupe de travail IDN
du Groupe d'étude d'ingénierie de l'Internet pour la résolution des
noms de domaine IDN.IDN. New.net s'occupera aussi de prendre des
enregistrements et d'accréditer des unités de l'enregistrement (registraires)
pour encourager l'enregistrement et l'usage de ces noms de domaine.
101
L'intention déclarée de New.net est de "continuer à
travailler avec le système DNS existant pour fournir des solutions
pratiques au nommage Internet pour les utilisateurs du monde entier.
Ceci inclut des recherches à long terme sur le côté serveur sur la
question de la résolution IDN."
102
RealNames Corporation est un fournisseur d'infrastructure
mondial de Keywords, plate‑forme supérieure de navigation et de
nommage web qui apporte des améliorations au système de noms de
domaine existant. Keywords remplace les URL compliquées par de simples
noms et marques, et travaille dans la langue maternelle de l'utilisateur,
rendant l'Internet plus facile à utiliser. Fondée en 1996, RealNames
est située à Redwood City, Californie, avec des bureaux à Londres,
Tokyo et Séoul.
103
Le service de résolution de mots-clés de RealNames fonctionne
sur tous les appareils compatibles Internet, et sur de nombreuses
applications et services. Il a été intégré dans le moteur Internet
Explorer de Microsoft et dans le portail d'accès mobile d'Openwave
Systems, ainsi que dans les principaux sites de recherche et portails
d'accès.
104
VGRS[70]
propose actuellement un banc d'essai de noms de domaine internationaux (IDN)
qui pour l'instant fournit des services d'enregistrement et de résolution
pour les noms de domaine multilingues utilisant une solution côté
client. Dans le banc d'essai VGRS, seul le domaine de second niveau est
internationalisé; le domaine en langue maternelle est suivi par un TLD
autorisé par l'ICANN .com, .net ou .org pour former un nom de domaine
en langue mixte. VGRS accepte plus de 39 écritures Unicode comme IDN.
Il facture le même montant pour l'enregistrement de noms de domaine
multilingues que pour des noms de domaine ASCII, bien que récemment
tous les enregistrements d'IDN faits pendant la première année du banc
d'essai aient été prolongés gratuitement pour six mois supplémentaires.
105
Le banc d'essai IDN de VGRS utilise le Codage compatible ASCII
(ACE) que le Groupe de travail IDN de l'IETF propose actuellement pour
transcoder les IDN en chaînes ASCII. L'ACE utilisé à l'origine était
le codage compatible ASCII par rangée (RACE) et plus récemment
ACE‑AMC-Z (Z). Les IDN n'ont pas encore été mises dans les zones
.com, .net et .org; la résolution a été fournie au troisième niveau.
Près d'un million de noms de domaine ont été enregistrés. De plus,
la technique de mots-clés de RealNames est utilisée, rendant possible
pour les utilisateurs de l'Explorer Internet de Microsoft d'accéder aux
sites web qui ont des URL contenant des noms de domaine multilingues.
106
L'IETF a publié le projet d'algorithme RACE en mars 2000. VGRS a
lancé à titre de banc d'essai le service d'enregistrement de nom de
domaine international fondé sur RACE en novembre 2000. Avant le
lancement du service d'enregistrement, certaines personnes transcodaient
les noms de domaine multilingues en noms de domaine ASCII commençant
par "bq--" et les enregistraient comme noms de domaine ASCII.
Ceci signifie que des gens enregistraient des noms de domaine ASCII qui
correspondaient à la version RACE des IDN avant que le service
d'enregistrement n'ait débuté. Ce qui revient à dire qu'ils
bloquaient en fait l'enregistrement IDN correspondant. Plus récemment,
pour s'adapter au changement de cap de RACE à Z, le préfixe a été
changé en "zq--".
107
Dans l'avenir, on pense que l'algorithme final ACE sera proposé
comme norme avec un nouveau préfixe. Tous les préfixes non utilisés
à quatre caractères se terminant par deux tirets ont été réservés
pour .com, .net et .org, éliminant ainsi le problème qui était arrivé
avec les noms RACE au début du banc d'essai.
108
Depuis le début du banc d'essai, VGRS s'était engagé à coopérer
au processus de développement des normes: cet engagement perdure.
Lorsqu'une norme sera proposée, elle sera mise en oeuvre et le banc
d'essai prendra fin. Dans l'intervalle, pour minimiser les efforts de
multiples conversions par les unités de l'enregistrement IDN, les unités
de l'enregistrement continueront à soumettre les enregistrements IDN en
format RACE et VGRS convertira les noms au format Z.
109
WALID[71]
offre un service d'enregistrement {chaîne non ASCII}.{chaîne non ASCII}
avec un logiciel client pour résoudre les noms de domaine multilingues
enregistrés. La technologie WALID se fonde sur la recommandation IDNA/ACE
approuvée par le Groupe de travail IDN de l'IETF, et accepte toutes les
langues fondées sur Unicode à la fois pour l'enregistrement et la résolution.
WALID offre aussi des solutions entièrement personnalisées avec des
fonctions multilingues pour les registres et unités de l'enregistrement
du monde entier. La technologie WALID fait partie du banc d'essai
multilingue de VeriSign (voir les § 104 à 108 ci-dessus).
[1]
ASCII (Norme américaine de codage pour les échanges
d'information) est le format de fichiers de texte le plus courant
dans les ordinateurs et sur l'Internet. Dans un fichier ASCII,
chaque caractère alphabétique, numérique ou spécial est représenté
par un nombre binaire de 7 bits (une chaîne de sept zéros et/ou de
uns). 128 caractères possibles sont définis.
[2]
Les domaines de premier niveaude code de pays se fondent
principalement sur le jeu de codes à deux lettres de la norme ISO
3166-1 (par exemple, .fr pour France, .cn pour la République
populaire de Chine). Voir http://www.din.de/gremien/nas/nabd/iso3166ma/
pour une liste de ces codes.
[3]
Pour plus de précisions sur l'organisation et les activités
de l'ICANN, voir http://www.icann.org.
[5]
Principalement développé par l'OMPI, voir http://arbiter.wipo.int/domains/index.html.
[8]
Voir
http://www.walid.com
[10]
Voir http://www.nus.edu.sg/.
[11]
Voir http://www.apng.org/.
[14]
IFWP
est une réunion pour la discussion du gouvernement de l'Internet
par les participants à l'Internet du monde entier. ICANN a été établi
à la suite d'une série de réunions de l'IFWP. Voir
http://www.domainhandbook.com/ifwp.html.
[15]
Voir
http://www.iana.org.
[16]
Voir http://www.internic.net.
[17]
Voir http://www.ietf.org.
[18]
Voir http://www.apricot.net.
[20]
Voir http://www.i-d-n.net.
[21]
Voir http://www.i-dns.net.
[22]
Par
exemple,
voir
http://www.verisign-grs.com/idn/.
[23]
Voir http://www.minc.org.
[24]
Voir la présentation de M. Tan Tin Wee sur http://www.minc.org/events/yokohama2000/ppt/mincworkshopJul2000.ppt.
[26]
Voir http://www.cdnc.org.
[27]
Voir http://jdna.jp.
[31]
Sur les ordinateurs, un octet (du latin octo
ou "huit") est une suite de huit bits. Un octet est donc
un ensemble binaire de huit bits. Dans la mesure où un ensemble
binaire ne comporte pas huit bits dans tous les ordinateurs, octet
est un terme sans ambiguïté.
[33]
Voir http://www.iab.org.
[36]
Voir http://www.unicode.org.
[37]
On parle souvent de ceci comme du problème de l'équivalence
TC/SC.
[40]
GB et BIG5 sont des schémas de codage pour les caractères
chinois.
[41]
Racine alternative: méthode de création d'un espace de nom
de domaine séparé de celui de l'ICANN, possible au moyen du
remplacement ou de l'ajout de serveurs racines.
[46]
Voir http://www.nic.ad.jp.
[47]
Voir http://jprs.jp.
[49]
Le préfixe de AMC-ACE-Z est supposé être "zq--"
bien que cela n'ait pas encore été spécifié.
[50]
La politique déclarée de l'administration américaine est de transférer
la gestion du système DNS à l'ICANN. En pratique, entre autres, ceci entraînerait le transfert à l'ICANN, ou à
sa filiale l'IANA, du contrôle aussi bien politique que technique
du serveur du système de noms de domaine sous autorité, qui définit
et assure la maintenance des domaines de premier niveauexistants. A
d'autres occasions, le Ministère américain du Commerce a déclaré
qu'il n'avait "pas de projets pour la modification de la
politique de contrôle du serveur racine sous autorité" (voir http://www.gao.gov/new.items/og00033r.pdf). Actuellement, le serveur racine primaire, "serveurs-racine.net",
est entretenu par VeriSign Global Registry Services, filiale de
VeriSign, Inc. (http://www.verisign-grs.com),
située aux Etats-Unis d'Amérique. L'autorité ultime pour changer
le contrôle du fichier de
zone racine (par exemple, addition, modification ou suppression
de domaines de tête) est détenue par le Ministère du Commerce des
Etats‑Unis d'Amérique. Voir le Cooperative
Agreement No. NCR-9218742, Amendment 11, (6 octobre 1998) où il
est dit: "Tant que NSI continue de faire fonctionner le serveur
racine primaire, il doit demander des instructions écrites à un
représentant officiel autorisé du Gouvernement des Etats-Unis
avant de faire ou de refuser toute modification, addition ou
suppressions au fichier de zone racine. De telles instructions
seront fournies dans les dix (10) jours ouvrables et il peut être
ordonné au NSI de procéder à tout changement requis par NewCo
lorsqu'il est soumis à NSI conformément aux procédures écrites
établies par NewCo et reconnues par le Gouvernement des Etats‑Unis
d'Amérique." Voir http://www.ntia.doc.gov/ntiahome/domainname/proposals/docnsi100698.htm.
[51]
Noter que cela ne doit pas nécessairement être une coopération
technique.
[52]
Voir http://www.icann.org/stockholm/unique-root-draft.htm,
http://www.icann.org/icp/icp-3-background/lynn-statement-09jul01.htm,
et http://www.icann.org/icp/icp-3.htm.
[54]
Certains "gTLD", tels que .mil, .gov, et .edu, ne sont
clairement pas sous le contrôle politique de l'ICANN.
[56]
Il y a cependant un nombre significatif de cas dans lesquels le contrôle
de la gestion d'un ccTLD réside en dehors du pays ou territoire en
question.
[57]
On notera que des objections ont été avancées par la République
populaire de Chine au sujet de ce service.
[58]
Le registre d'un nom de domaine est une organisation qui est
responsable de la gestion de l'enregistrement des noms de domaine
sous un nom de domaine. Par exemple, le registre de .com est VGRS.
[59]
.cn est le code de pays de l'ISO 3166 alpha-2 pour la République
populaire de Chine.
[60]
Voir http://www.cnnic.net.cn/.
[61]
Voir http://www.i-dns.net/.
[62]
Voir http://www.nic.ad.jp/.
[63]
Voir http://jprs.jp/.
[65]
Voir http://www.nic.or.kr/.
[68]
Pyramid Research, Unité d'intelligence économique, "Moyen‑Orient
arabe: Native Domain Names Selling Rapidly,"
19 avril 2001.
[69]
Voir http://www.neteka.com/.
[71]
Voir http://www.walid.com