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COLLECTE DE DONNÉES SUR LES TIC

Réunion mondiale sur le thème: «Mesurer la société de l’information»

L’importance de disposer de données fiables sur les TIC

Sans données fiables sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) comparables d’un pays à un autre, il est impossible de suivre les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de connectivité que le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) a fixés à l’horizon 2015. Il ressort d’un nouveau rapport intitulé «La société mondiale de l’information: statistiques, 2008» que les pays en développement ont recueilli davantage de données sur les TIC, même si ces données restent limitées et s’il demeure des disparités importantes.

Un plus grand nombre de pays en développement doivent inclure des statistiques sur les TIC dans leurs enquêtes régulières étant donné que ce type d’information est essentiel pour prendre des décisions efficaces sur l’intégration des économies nationales dans les réseaux d’information mondiaux. L’inclusion d’indicateurs TIC dans les Objectifs du Millénaire pour le développement montre que l’importance de ces technologies a été reconnue même s’il reste encore beaucoup à faire pour mesurer non seulement la présence des TIC mais aussi leur incidence sur la réduction de la pauvreté.

Membres du Partenariat sur la mesure des TIC au service du développement

Union Internationale des télécommunications (UIT)

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED)

Institut de statistique de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)

Commission économique pour l’Afrique (CEA)

Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP)

Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC)

Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO)

Office statistique des communautés européennes (EUROSTAT)

Banque mondiale

Le rapport a été publié à l’occasion de la réunion mondiale sur le thème Mesurer la société de l’information, qui s’est tenue à Genève du 27 au 29 mai 2008. Elle a été organisée par le Partenariat sur la mesure des TIC au service du développement (voir l’encadré), qui a été lancé en 2004 afin d’améliorer la disponibilité et la qualité de données sur les TIC comparables au niveau international. Ce partenariat encourage l’utilisation mondiale d’une liste d’indicateurs fondamentaux qu’il a établie sur l’infrastructure des TIC, l’accès à ces technologies et leur utilisation ainsi que sur la production et le commerce de biens TIC.

La réunion a été coprésidée par Maral Tutelian, Directeur général de l’Administration centrale de la statistique du Liban et Tony Clayton, Directeur de l’Unité d’analyse économique auprès du Bureau national de statistique du Royaume-Uni. Parmi les 151 participants, on comptait des représentants d’organismes publics s’occupant de statistiques sur les TIC, d’autorités de régulation des télécommunications, d’organisations internationales, d’organisations non gouvernementales et d’organisations de la société civile.

A la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire général de l’UIT, Hamadoun I. Touré, a souligné combien il était important de disposer de statistiques fiables, complètes et comparables. «A maintes reprises, l’UIT a souligné qu’il était essentiel, pour apporter une solution adéquate au problème de la fracture numérique, de réduire la fracture statistique et ce, dans chaque pays, afin d’aider les gouvernements à évaluer leurs progrès, leurs forces et leurs faiblesses, de façon à régler les problèmes et, en fin de compte, lever les obstacles à un accès plus large et plus équitable aux TIC.»

Lakshmi Puri, Secrétaire générale adjointe par intérim de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a déclaré que cette réunion ferait «progresser encore le programme de travail relatif à la mesure des TIC car elle permettra de régler des questions importantes comme l’amélioration et l’élargissement de la liste des indicateurs fondamentaux pour y faire figurer des indicateurs sur l’utilisation des TIC dans l’enseignement, de débattre de la façon dont on pourrait mesurer, d’une part, la sécurité d’un environnement en ligne et la confiance qu’inspire un tel environnement et, d’autre part, la cybergouvernance et la fracture numérique entre les hommes et les femmes».

Martine Dirven, Directrice de la Division de la production, de la productivité et de la gestion auprès de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), a expliqué que les auteurs du plan d’action régional voient dans les TIC un outil de développement économique et d’inclusion sociale. Ce plan a une dimension à long terme et s’inscrit dans le droit fil des Objectifs du Millénaire pour le développement et des objectifs du SMSI. Il fixe par ailleurs des buts qualitatifs et quantitatifs concrets à atteindre.

Ralf Becker, Chef de la Section des statistiques et des classifications économiques, Division de statistique de l’ONU, a fait observer que si les changements liés à l’utilisation généralisée des TIC (par exemple gains de productivité) se reflètent dans les statistiques courantes, l’origine de ces changements n’est pas toujours associée aux progrès réalisés dans le domaine des TIC. Il a fait remarquer que la Commission de statistique des Nations Unies a souscrit à la liste des indicateurs TIC fondamentaux établie par le Partenariat et qu’elle encourage les pays à l’utiliser dans leurs programmes de collecte des données.

L’incidence des TIC

L’Internet au Brésil

Au Brésil, 59% des habitants n’ont jamais eu accès à l’Internet et 47% n’ont même jamais utilisé un ordinateur, a déclaré Mariana Balboni du Comitê Gestor da Internet (GGI), Brésil. En 2006, le pays a ouvert un centre d’études sur les TIC qui collecte et diffuse des données nationales sur l’utilisation de l’Internet par les ménages et les entreprises. Ces données font apparaître des éléments intéressants et expliquent, par exemple, pourquoi les Brésiliens aiment ou n’aiment pas utiliser les services de cybergouvernance. Elles indiquent également comment la connectivité pourrait être élargie.

Vincenzo Spiezia, Economiste principal et Chef de l’Unité TIC à la Direction de la science, de la technologie et de l’industrie (DSTI) de l’OCDE, a parlé des conclusions récentes concernant la mesure de l’incidence des TIC sur la croissance. Il a relevé que dans les pays de l’OCDE «les communications constituent le poste de dépenses des ménages qui connaît la plus forte croissance depuis 1995» et que les TIC contribuent pour une large part à l’amélioration de la productivité. M. Spiezia a comparé la contribution des TIC à la croissance économique dans un certain nombre de pays entre 2001 et 2006. Au Royaume-Uni par exemple, les TIC représentaient 3,1% de la croissance totale qui se chiffrait à 4,7%. La Finlande et la Suède ont enregistré des chiffres similaires avec une contribution des TIC représentant plus de la moitié de la croissance totale, tandis qu’aux Etats-Unis la contribution de ces technologies à la croissance totale était tout juste supérieure à un tiers.

M. Spiezia a fait également remarquer que les TIC représentaient 35% des brevets déposés dans les pays de l’OCDE en 2005 et qu’en Chine ce pourcentage avait plus que doublé entre 1996 et 2005. La plupart de ces brevets concernent les entreprises TIC proprement dites mais ils entrent également pour une part importante dans les totaux d’autres secteurs.

Les participants à la réunion ont noté que l’incidence des TIC dépend d’une multitude de facteurs, qu’il s’agisse des données d’entrée (compétences informatiques de la population, environnement réglementaire) ou des données de sortie qui affectent d’autres secteurs. Souvent, ces facteurs sont intangibles ou difficiles à mesurer. Malgré ces difficultés, des travaux de recherche récents ont montré qu’il était possible de dresser une liste minimale d’indicateurs sur l’incidence des TIC. Le Partenariat a été prié de conseiller les pays sur la façon dont ils pourraient étudier l’incidence économique des TIC, notamment sur la façon dont les méthodes d’analyse pourraient être normalisées afin que les données puissent être comparables au niveau international.

Les participants ont par ailleurs souligné combien il était important de recueillir des données distinctes sur l’accès aux TIC et sur l’utilisation de ces technologies par les hommes et les femmes. Les disparités à cet égard entre les hommes et les femmes peuvent être importantes, dans les pays en développement comme dans les pays développés, que l’accès à l’Internet soit généralisé ou non. Une amélioration des données permettrait de réduire ces disparités. Les participants ont également débattu d’un autre sujet important, à savoir comment mesurer la sécurité d’un environnement en ligne et la confiance qu’inspire un tel environnement.

Révision des indicateurs

Les TIC, un vecteur technologique pour Singapour

A Singapour, la National Statistical Authority, autorité centralisée, reçoit des données sur les TIC qui émanent de ministères ou d’organismes divers, notamment l’Infocomm Development Authority (IDA). Ng Cher Keng, Directeur de la Division de planification stratégique de l’IDA, a déclaré que le pays s’était fixé un objectif essentiel, à savoir avoir un secteur TIC dynamique et compétitif ainsi qu’une main-d’œuvre et une société très au fait de ses technologies. Dans le cadre du plan Intelligent Nation 2015 Singapour prévoit de créer 80 000 nouveaux emplois dans le secteur et de faire accéder 90% des foyers au large bande d’ici à 2015.

Les participants ont examiné un certain nombre de propositions de révision de la liste des indicateurs TIC fondamentaux établie par le Partenariat visant à améliorer la précision des données et à éviter des redondances entre séries de chiffres. Ils ont réfléchi à l’adjonction de nouveaux indicateurs, notamment sur les dépenses des ménages et des entreprises dans le domaine des TIC, sur les investissements que les pouvoirs publics consacrent aux TIC et sur le coût des services par rapport à la qualité.

L’enseignement a été considéré comme particulièrement important, compte tenu des compétences de plus en plus spécialisées qui sont demandées sur le marché du travail. Il a été préconisé d’inclure dans la liste établie par le Partenariat neuf nouveaux indicateurs fondamentaux: pourcentage d’écoles ayant l’électricité, enseignement basé sur la radio et la télévision, infrastructure des télécommunications et connexion à l’Internet, rapport entre le nombre d’étudiants et le nombre d’ordinateurs, pourcentage par sexe d’étudiants inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur spécialisé dans les TIC, et nombre d’enseignants dans les écoles ayant des qualifications TIC.

Des stratégies pour l’avenir

Les représentants des pouvoirs publics dans les différents pays ont accueilli avec satisfaction les initiatives de renforcement des capacités menées par les membres du Partenariat.

Les participants ont fait observer que les activités de suivi du SMSI ont bénéficié des travaux du Partenariat mais ils ont également souligné que les disparités à l’échelle mondiale en ce qui concerne les données sur les TIC restent un problème important pour ce qui est de l’évaluation des progrès accomplis dans l’édification de la société de l’information. Il faut examiner un certain nombre de stratégies visant à améliorer la disponibilité de statistiques sur les TIC aux niveaux national, régional et international. Il faudra notamment aider les pays en développement qui manquent de ressources pour améliorer leurs programmes de statistiques sur les TIC. Un appel est lancé à la communauté internationale des donateurs pour qu’elle fournisse l’assistance nécessaire.

 

 

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