ITU

Committed to connecting the world

Discours du Secrétaire général de l'UIT, Dr Hamadoun I. Touré

37ème Réunion de l'assemblée des parties d'EUTELSAT

11 mai 2011, Paris, France


English 

 

Chers collègues
Mesdames et Messieurs,

C'est un grand plaisir que d'être ici aujourd'hui avec vous, à Paris, à l'occasion de la 37ème réunion de l'Assemblée des parties d'Eutelsat. Je voudrais remercier tout particulièrement le secrétaire exécutif M. Christian Roisse, qui non seulement m'a invité à participer à cette réunion mais a aussi accepté de devenir membre de la Commission "Le large bande au service du développement numérique".

Créée l'an dernier par l'UIT, conjointement avec l'UNESCO, la Commission sur le large bande poursuit un double objectif: contribuer à stimuler le déploiement des infrastructures large bande dans le monde et faire en sorte que tous les habitants de la planète puissent avoir accès aux avantages du large bande.

La Commission est coprésidée par le Président Paul Kagame du Rwanda et M. Carlos Slim, Président d'honneur à vie du Grupo Carso. En plus de M. Christian Roisse, la Commission compte une cinquantaine d'autres membres éminents représentant le secteur public et le secteur privé.

Nous avons déjà réussi à faire en sorte que la question du large bande, sujet de préoccupation mondiale, soit abordée au plus haut niveau politique, notamment au Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement qui s'est tenu à New York en septembre dernier.

Nous nous concentrons maintenant sur des domaines bien précis comme ceux de la santé, de l'éducation, de la science, du multilinguisme etc. dans le cadre de groupes de travail qui rendront compte de leurs activités à la Commission sur le large bande dans le cours de l'année.

Mesdames et Messieurs,

Il y a près de 60 ans, les premiers programmes de télévision transatlantiques ont pu être retransmis en direct grâce au satellite Telstar et je dois dire très sincèrement que depuis l'industrie du satellite n'a cessé de m'étonner.

Comme beaucoup d'entre vous le savent, j'ai débuté ma carrière dans l'industrie du satellite au Mali et j'ai toujours été un fervent défenseur du satellite dans lequel je vois une technologie incontournable.

Cette technologie joue en effet un rôle déterminant dans de nombreux domaines: collecte de données météorologiques, diffusion d'une multitude de programmes de télévision dans le monde entier, couverture instantanée d'événements d'une actualité brûlante ou de manifestations sportives, fourniture de données essentielles pour les systèmes de navigation et les systèmes de poursuite, applications de télédétection et de contrôle, réduction de la fracture numérique etc.

Les satellites permettent de desservir facilement des régions du globe difficiles d'accès par d'autres moyens et ils sont absolument indispensables après des catastrophes naturelles ou dans des situations d'urgence.

Les nouveaux systèmes d'alerte rapide utilisant le satellite qui sont actuellement mis en place contribuent déjà à atténuer les effets des catastrophes naturelles pour des communautés du monde entier.

Le bilan déjà tragique des victimes à la suite du tremblement de terre et du tsunami qui ont récemment frappé le Japon aurait pu être encore plus lourd s'il n'y avait pas eu de systèmes de communication par satellite.

Bien sûr, nous en sommes tous conscients, l'espace aérien de plus en plus encombré au-dessus de nos têtes nécessite une gestion et un contrôle très stricts à l'échelle mondiale ainsi qu'une coopération très étroite et des négociations approfondies si nous voulons éviter les risques de brouillage.

C'est là l'un des volets essentiels des activités de l'UIT, seule organisation au niveau mondial chargée de la gestion des ressources du spectre et de l'orbite utilisées en partage dans le monde entier.

Compte tenu de l'encombrement toujours plus grand de l'espace, en particulier autour des créneaux orbitaux "de prédilection" sur l'orbite des satellites géostationnaires, il nous faut oeuvrer sans relâche pour libérer la capacité inutilisée et nous continuons de faire des efforts particuliers à cet égard.

En 2009, le Bureau des radiocommunications de l'UIT a demandé à toutes les administrations de passer en revue leurs réseaux à satellite inscrits et de supprimer du Fichier de référence international des fréquences les assignations de fréquence non utilisées et les réseaux qui n'étaient pas en service régulier.

Ont ensuite suivi des demandes plus précises concernant l'exploitation dans les bandes C, KU et Ka.

Je ne saurais trop insister sur le fait que ce processus sert au mieux les intérêts de toutes les administrations, de tous les opérateurs et du secteur dans sa globalité.

Ces efforts ont abouti à la suppression totale ou partielle de près de 100 réseaux à satellite au cours des deux dernières années.

Dans l'esprit de coopération et de consensus qui est au coeur même du mandat et de la mission de l'UIT, l'Union a organisé à Genève, à Singapour et à Wroclaw des ateliers consacrés spécifiquement à l'utilisation des ressources du spectre et de l'orbite.

Ces ateliers ont été suivis par des représentants de haut niveau du secteur public et du secteur privé qui ont fait des exposés sur des questions de première importance, ont participé à un débat constructif et productif et ont proposé un certain nombre de mesures concrètes pour résoudre les problèmes actuels.

Chers collègues,

Ces résultats sont encourageants. Pourtant, au vu du nombre croissant de réseaux à satellite inscrits dans le Fichier de référence international des fréquences – environ 250 par année – nous savons tous qu'il faudra prendre de nouvelles mesures concernant la réglementation, l'exploitation et/ou les finances, pour garantir que le droit d'utilisation de la ressource essentielle spectre/orbite ne soit pas un droit que l'on peut conserver inconsidérément sans l'exercer.

J'espère que le Conseil, à sa session de cette année, et la Conférence mondiale des  radiocommunications de l'année prochaine nous ouvriront de nouvelles possibilités de traiter ces problèmes et, peut-être, d'envisager de réviser le Règlement des radiocommunications – afin que nous puissions continuer à nous acquitter de notre mission, qui est d'assurer un accès juste et équitable à des ressources limitées, dans l'intérêt de tous les habitants de la planète.

Je suis aussi très conscient des problèmes persistants du blocage de l'accès à l'orbite des satellites géostationnaires et des brouillages préjudiciables et tiens à continuer activement à encourager les administrations à respecter le Règlement des radiocommunications et à résoudre les éventuels problèmes par la coordination et dans le cadre de discussions visant à parvenir à un accord acceptable par toutes les parties, dans l'esprit de la Résolution 2 (Rév.CMR-03).

En particulier, lors de sa dernière réunion, le Comité du Règlement des radiocommunications a exhorté les Administrations de l'Iran, de la France (en sa qualité d'administration notificatrice pour EUTELSAT) et de l'Arabie saoudite (en sa qualité d'administration notificatrice pour ARABSAT) à faire précisément ce dont je viens de parler – autrement dit, à permettre l'exploitation des réseaux au voisinage de 26 °E, de façon à éviter les brouillages préjudiciables mutuels et à utiliser pleinement le spectre des fréquences radioélectriques et l'orbite des satellites géostationnaires.

Comme l'en a chargé le Comité, le Bureau suit de près la situation et présentera un rapport sur les résultats obtenus lors de réunions bilatérales ou multilatérales qui débuteront la semaine prochaine à Genève.

Bien sûr, il appartient aux membres d'en décider, mais peut-être est-il temps de renforcer les dispositions du Règlement des radiocommunications en la matière – auquel cas, la CMR-12 serait l'instance idéale pour y parvenir.

Nous avons la chance de travailler dans un secteur d'une importance fondamentale dans le monde moderne, et j'invite instamment chacun d'entre vous à continuer à "faire bouger les choses", alors même que nous nous efforçons de réduire la fracture numérique et de mettre les avantages incontestables des TIC à la portée de tous les habitants de la planète.

Je vous remercie.