ITU

Committed to connecting the world

Discours du Secrétaire général de l'UIT, Dr Hamadoun Touré

Forum avec les consommateurs des TIC

2 mars 2011, Moroni, Comores


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Excellences,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,


C'est un grand plaisir pour moi d'être parmi vous aujourd'hui à Moroni, à l'occasion du «Forum avec les consommateurs des TIC».

Nous avons l'honneur de compter parmi nous S. E. M. Hodhoaer Inzouddine, Ministre des postes et des télécommunications chargé de la communication et de la promotion des TIC, ainsi que M. Ibrahim Mze Mohamed, Directeur de l'Autorité nationale de régulation des TIC (ANRTIC).

Ce Forum est organisé à un moment particulièrement opportun, à l'heure où les TIC occupent le devant de la scène internationale - et, en tant que Secrétaire général de l'UIT, l'institution spécialisée des Nations Unies pour les TIC, j'applaudis sans réserve aux initiatives de cette sorte.

Les TIC nous aident à nous acquitter de notre mission, qui est de «Connecter le monde». Elles contribuent aussi à créer des emplois et sont l'un des moteurs de la croissance, de la productivité et de la compétitivité économique à long terme. Les TIC sont l'outil le plus puissant dont nous disposons pour réaliser des progrès socio économiques à l'échelle mondiale. Et elles jouent un rôle fondamental pour nous aider à accélérer les progrès sur la voie de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Ici aux Comores, le taux de pénétration de la téléphonie cellulaire mobile, qui était d'à peine 10% en 2007, dépasse aujourd'hui largement les 20%, et je ne doute pas qu'il va encore progresser rapidement, sous les auspices de l'organisme de régulation récemment établi dans le pays, l'ANRTIC.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais citer brièvement des extraits de la Déclaration de politique générale prononcée par le représentant des Comores lors de la Conférence de plénipotentiaires de l'UIT réunie au Mexique en octobre dernier:

«Le monde est en marche et est drainé par les télécommunications/TIC en plein essor.
 
En effet, les statistiques nous indiquent que le GSM, la téléphonie fixe et l'accès Internet ont nettement augmenté ces dernières années. Il n'empêche toutefois que certaines populations sont en dehors de cette dynamique lorsque l'on sait que les télécommunications/TIC sont aujourd'hui la cheville ouvrière des économies, de l'éducation, de la santé, des échanges et tout simplement la vie au quotidien…

Certes, les pays n'ont pas les mêmes capacités et compétences. C'est pour cela d'ailleurs que je voudrais lancer un appel pressant à tous pour que nous puissions faire jouer pleinement la solidarité, la coopération internationale et le partenariat.»

Votre appel - et celui d'autres nations dans la même situation - a été entendu par la Conférence de plénipotentiaires, dont j'ai été personnellement très heureux qu'elle adopte une Résolution intitulée «Mesures spéciales en faveur des petits Etats insulaires en développement, des pays en développement sans littoral et des pays dont l'économie est en transition».

Les Comores sont le premier petit Etat insulaire en développement de la région que je visite au cours de mon second mandat, et je suis tout particulièrement heureux d'être ici.

Comme beaucoup d'entre vous le savent, l'UIT s'emploie activement à la fois à assurer la participation des Comores à ses travaux et à fournir à ce pays une assistance dans le domaine du développement des TIC.

Chaque année, nous attribuons des bourses qui permettent aux Comores de contribuer aux activités de l'Union, et les Comores ont en conséquence pris une part active à de nombreux séminaires et ateliers organisés par l'UIT.

Depuis 2005, nous collaborons étroitement avec les Comores pour ce qui est de l'assistance en matière technique et de politique générale, comme ce fut le cas notamment pendant la phase de restructuration du secteur des TIC et la création de l'organisme de régulation.

Les Comores ont aussi bénéficié directement ces dernières années du Programme spécial de l'UIT en faveur des PMA et en bénéficieront encore en 2011.

Ces dix dernières années, à la demande de l'Administration comorienne, l'UIT a en outre facilité la tenue de discussions bilatérales entre les Comores et d'autres administrations concernées pour traiter de sujets présentant un intérêt commun.

Chers collègues,

Je pense que nous savons tous quel est le prochain grand défi auquel sera confronté le secteur des TIC dans le monde. Je veux parler, bien sûr, de la nécessité de mettre les avantages de l'univers en ligne à la portée de tous les êtres humains, quel que soit l'endroit où ils vivent et quels que soient leurs moyens.

Au cours de mon second mandat en tant que Secrétaire général de l'UIT, mon ambition est que le monde réalise, pour ce qui est de l'accès à Internet, des progrès analogues à ceux qu'il a accomplis récemment pour la téléphonie mobile.

Et des progrès ont été faits, puisque plus de deux milliards de personnes sont aujourd'hui connectées, mais il nous faut désormais rendre les TIC accessibles aux pays  qui peuvent en tirer le plus profit, par exemple les Comores, et d'autres pays en développement, en particulier dans cette région.

Bien sûr, cette tâche est difficile, mais surtout elle représente une opportunité exceptionnelle pour les utilisateurs finals des TIC, qui ont ainsi la possibilité:

de brûler les étapes et de tirer parti des technologies intelligentes les plus récentes;

d'exploiter les immenses ressources humaines et intellectuelles de pays comme les Comores;

de suivre le développement, à l'échelle locale, des applications et des services qui seront les mieux adaptés aux besoins particuliers de chaque pays et de chaque région.

Je suis convaincu que personne, ici aujourd'hui, ne peut nier que la réussite passe par la mise en place d'un environnement réglementaire et politique adapté et d'une réglementation efficace.

Comme c'est le cas pour toutes les TIC, l'accès à l'Internet se développe considérablement dès lors qu'il devient économiquement abordable et, comme nous le savons tous, l'accessibilité économique augmente spectaculairement lorsque les forces de la concurrence entrent en jeu et lorsqu'il existe des mesures qui encouragent nettement à augmenter les capacités.

Cette question a été examinée par la Commission «Le large bande au service du développement numérique», créée par l'UIT l'an dernier en partenariat avec l'UNESCO.

Je citerai un extrait du rapport présenté en septembre par cette Commission au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon, rapport qui lui a été remis en personne juste avant la tenue du Sommet sur les OMD à New York.

«Les pouvoirs publics peuvent aussi choisir d'encourager le partage commercial des infrastructures et la mise à disposition de bandes de fréquences pour permettre aux opérateurs de fournir des services large bande (filaires ou hertziens) plus efficacement et de promouvoir l'utilisation des technologies récentes ou nouvelles telles que les réseaux électriques intelligents.

Ils doivent aussi créer des mesures réglementaires d'incitation en vue d'assurer la transition vers le large bande de prochaine génération (IMT évoluées).»

Il s'agira là de l'une des grandes questions qui seront débattues dans le cadre d'ITU TELECOM WORLD, qui fêtera son quarantième anniversaire dans le courant de l'année à Genève et qui rassemblera des leaders mondiaux au plus haut niveau, ainsi que des dirigeants des entreprises les plus puissantes du secteur des TIC.

Je vous invite donc à noter d'ores et déjà les dates dans vos agendas - du 24 au 27 octobre - et à vous rendre à Genève pour participer aux débats et discussions qui contribueront à déterminer l'avenir de notre secteur.

Mesdames et Messieurs,

Très certainement, les historiens du futur considéreront les premières années du XXIe siècle comme la période au cours de laquelle l'universalité des TIC et leurs applications auront été des agents d'un dynamisme socio économique sans pareil pour l'humanité.

Ces historiens constateront que les outils et technologies dont seuls les privilégiés des pays industrialisés pouvaient bénéficier sont devenus accessibles à tous les habitants de la planète en un laps de temps extrêmement bref - à peine une vingtaine d'années.

La généralisation de l'accès aux technologies auprès des consommateurs et des utilisateurs finals s'explique, en grande partie, par le renforcement de l'efficacité de la réglementation et la solidité des cadres réglementaires.

Pour l'utilisateur final, cette situation est gage de protection du consommateur et contribue à rendre les TIC accessibles à tous.
 
Cette situation est aussi favorable à l'industrie des TIC, secteur dans lequel une bonne réglementation signifie fiabilité et stabilité et réduit les risques - encourageant à investir dans les infrastructures TIC et récompensant les modèles économiques compétitifs et innovants.

Dans nos discussions dans le cadre du présent Forum, nous devons tenir compte de la complexité accrue et des divergences croissantes, ainsi que de l'évolution rapide de l'environnement des TIC.

Nous ne vivons plus aujourd'hui dans le monde simple de l'analogique, mais dans le monde, infiniment plus complexe, du numérique, dans lequel:

les distinctions entre infrastructure et contenu se sont estompées et ont pour ainsi dire disparu;

la cybersécurité est devenue une préoccupation majeure de tous les partenaires;

les applications et services TIC s'étendent bien au-delà du seul secteur des TIC;

la seule véritable constante est le changement.

Je vous invite donc à unir vos efforts aux nôtres pour que nous puissions, ensemble, tirer parti des possibilités illimitées que l'univers numérique offre à chacun d'entre nous!


Je vous remercie.