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Discours du Secrétaire général de l'UIT, Dr Hamadoun I. Touré

Colloque mondial des régulateurs: Cérémonie d'ouverture

10 novembre 2010, Dakar, Sénégal

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Monsieur le Président,
Excellences,
Chers délégués,
Mesdames et Messieurs,


C'est un grand honneur pour moi de vous souhaiter la bienvenue à l'édition de 2010 du Colloque mondial des régulateurs, qui, cette année, est organisé par l'UIT en collaboration avec l'Agence de régulation des télécommunications et des postes du Sénégal.


Je souhaiterais adresser mes plus sincères remerciements à nos hôtes, qui nous accueillent ici au Sénégal, et en particulier à son Excellence, Monsieur le Président Abdoulaye Wade, sous le haut patronage et avec l'appui duquel ce Colloque est organisé.


Vous êtes, Monsieur le président, le coordonnateur du volet TIC du NEPAD et, à ce titre, vous êtes à l'avant-garde du développement des TIC en Afrique et êtes en quelque sorte le porte-drapeau de ce grand continent pour promouvoir la réduction de la fracture numérique et la mise à la portée de tous des avantages des TIC.


Vous avez joué un rôle essentiel dans les deux phases du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), qui se sont tenues l'une à Genève en 2003 et l'autre à Tunis en 2005, et ce fut un honneur pour l'UIT de vous décerner le tout premier Prix UIT des télécommunications et de la société mondiale de l'information le 17 mai 2006.


Nous sommes donc en de très bonnes mains, Monsieur le président, et il ne fait aucun doute que le présent Colloque sera extrêmement fructueux.


Chers délégués,  


Nous vivons dans un monde où les TIC transforment la vie personnelle, la vie professionnelle et les loisirs de tout un chacun sur cette planète. Les TIC transforment la fourniture de services de soins de santé et d'éducation, la fourniture de services essentiels et notre manière d'interagir avec le monde et avec les autres.


Les TIC ont le pouvoir de créer des emplois et de stimuler la croissance, la productivité et la compétitivité économique à long terme.


De même, elles contribuent à accélérer notre progression vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.


Les TIC sont le meilleur des outils à notre disposition pour concrétiser le progrès social et économique à l'échelle mondiale.


Mais le développement efficace des TIC est bien sûr conditionné à la mise en place d'un environnement politique et réglementaire adapté et d'une réglementation efficace.


Pour l'UIT, qui est la principale institution des Nations Unies s'occupant de questions liées au TIC, et en particulier pour son Secteur du développement, il importe au plus haut point d'instaurer un environnement propice à l'accélération du développement des TIC.


Plate-forme unique donnant la possibilité aux régulateurs de partager leurs expériences et les bonnes pratiques et de nouer des dialogues francs, le Colloque mondial des régulateurs revêt par conséquent une importance toute particulière.


La première édition de cette manifestation a eu lieu il y a 10 ans, à l'aube du nouveau millénaire, alors que j'étais Directeur du Bureau de développement des télécommunications. Il s'agit du seul colloque mondial à l'intention des régulateurs du monde entier et il est incroyable de voir que ces régulateurs sont de plus en plus nombreux au fil des ans. Alors qu'ils n'étaient que 96 en 2000, les régulateurs indépendants sont aujourd'hui au nombre de 156.

 

Je souhaiterais donc profiter de cette occasion pour remercier le personnel de l'UIT qui a contribué à développer cette manifestation ces 10 dernières années, et pour vous remercier vous, les délégués, qui avez démontré son utilité et son efficacité constantes.


Le thème de cette année - "Favoriser le monde numérique de demain" - est des plus approprié, en particulier parce que c'est la première fois que le Colloque mondial des régulateurs se tient sur le continent africain.


Ces dernières années, l'Afrique a accompli des progrès incroyables en matière de développement des TIC, et notamment en ce qui concerne la téléphonie cellulaire mobile. Au début de cette année, le taux de pénétration atteignait 44% sur le continent dans son ensemble, alors qu'il n'était que de 15% quatre ans plus tôt. Et même dans bon nombre des pays les plus pauvres de la région, le taux de pénétration de la téléphonie cellulaire mobile dans les foyers en zone rurale est aujourd'hui supérieur à 50%.


L'enjeu est bien évidemment de reproduire pour l'Internet et le large bande en Afrique ce que nous avons réussi à accomplir pour le mobile.


En effet, même si l'on progresse à bon rythme, puisque le taux de pénétration de l'Internet augmente rapidement ces dernières années et devrait atteindre 10% d'ici à la fin de l'année, il nous reste encore beaucoup à faire.


Cette constatation est particulièrement vraie dès lors que l'on parle du large bande. Certes, le taux de pénétration du large bande fixe est aujourd'hui supérieur à 25% dans les pays les plus développés du monde, mais il reste inférieur à 1% dans l'ensemble de l'Afrique.


Mesdames et Messieurs,


Le défi que nous devons relever, et la réglementation a en la matière un rôle important à jouer, est de faire pour l'Internet ce que nous avons déjà fait pour le mobile.


Car la généralisation de l'accès à l'Internet, et au large bande en particulier, nous permettra d'assurer des soins de santé plus efficaces. Une meilleure éducation. Un environnement durable. Des services de transport plus efficaces. Des modes de fourniture d'énergie plus intelligents et plus économiques. Ainsi que pléthore de nouvelles applications et nouveaux services - par exemple des services bancaires par téléphone mobile.


Il nous faut pourtant changer deux choses pour que le monde en ligne devienne une ressource ubiquitaire pour tous les Africains.


Tout d'abord, les gouvernements doivent faire du large bande une priorité dans leur programme de développement, de sorte que le déploiement de cette technologie s'accélère et que ses avantages bénéficient au plus grand nombre.


C'est pourquoi l'UIT, en coopération avec l'UNESCO, a créé cette année la Commission "Le large bande au service du développement numérique".


Cette Commission est coprésidée par le Président du Rwanda Paul Kagame et par M. Carlos Slim, Président d'honneur à vie du Grupo Carso, et composée d'une cinquantaine de membres particulièrement éminents des secteurs public et privé.


Nous avons déjà réussi à faire en sorte que cette question soit abordée au plus haut niveau politique, notamment au Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement qui a eu lieu à New York en septembre 2010.


Ensuite, nous devons faire en sorte que l'accès à l'Internet, et en particulier l'accès large bande, devienne beaucoup plus abordable qu'il ne l'est aujourd'hui.


C'est dans ce domaine que le Colloque mondial des régulateurs peut jouer un rôle important.


Les prix baissent considérablement lorsque les forces du marché sont utilisées à bon escient et lorsqu'il existe des incitations claires visant à accroître la capacité.


Je souhaiterais citer un court passage concernant une "réglementation efficace" tiré du rapport présenté par la Commission sur le large bande au Secrétaire général de l'ONU en septembre:


"Les pouvoirs publics peuvent aussi choisir d'encourager le partage commercial des infrastructures et la mise à disposition de bandes de fréquences pour permettre aux opérateurs de fournir des services large bande (filaires ou hertziens) plus efficacement, et de promouvoir l'utilisation des technologies récentes ou nouvelles telles que les réseaux électriques intelligents. Ils doivent aussi créer des mesures réglementaires d'incitation en vue d'assurer la transition vers le large bande de prochaine génération (4G/IMT évoluées)."


Chers collègues,


Une réglementation et des cadres réglementaires adaptés sont véritablement indispensables pour stimuler la croissance, augmenter l'accès aux TIC pour tous, élargir le développement du large bande et faire en sorte que nous passions la vitesse supérieure pour atteindre les OMD.


En ce qui concerne le secteur des TIC, une bonne réglementation est synonyme de prévisibilité et de stabilité et réduit les risques. Elle encourage les investissements dans les infrastructures des TIC et récompense la concurrence et les modèles d'entreprise innovants.


Parallèlement, elle protège les consommateurs en assurant la transparence du marché et en garantissant un système de règlement des différends équitable.


Je souhaiterais donc conclure en vous encourageant à avoir à l'esprit, dans les discussions qui vous occuperont au cours des trois prochains jours, la complexité et la divergence croissantes, ainsi que l'évolution rapide de l'environnement des TIC dans lesquels opèrent aujourd'hui les régulateurs.


Nous ne vivons plus dans le monde simple des postes et télécommunications placé sous le signe de l'analogique, mais dans un monde numérique très complexe. Dans ce monde:

  • les frontières entre infrastructures et contenus ont convergé et se sont pratiquement estompées;
  • la cybersécurité est devenue une préoccupation pour tous;
  • les applications et les services TIC ne relèvent plus seulement du seul secteur des TIC;
  • et la seule véritable constante est le changement.

Sur cette note plutôt sérieuse, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention et vous souhaite plein succès dans vos débats et discussions fructueux.


Je vous remercie.