ITU

Committed to connecting the world

Discours du Secrétaire-général de l'UIT, Dr Hamadoun I. Touré

 Atelier ministériel de haut niveau de l'UAT

23 septembre 2010, Brazzaville, Congo

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Construire l'infrastructure de l'information au XXI siècle pour le dévelppement de l'Afrique: Rôle et responsabilité des gouvernements
 

Excellences,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,


C'est un grand honneur pour moi de prendre la parole devant vous aujourd'hui, ici à Brazzaville, berceau de la civilisation africaine, riche d'un savoir millénaire. C'est ici, depuis les rives de la rivière Congo que les roulements de tambour de la culture et de la musique africaines ont résonné dans le monde entier. Forts de cette dynamique et de ces traditions, nous allons poursuivre et faire en sorte que les roulements de tambour de l'information et de la communication du XXIe siècle soient entendus de tous sur le continent africain et préfigurent la paix et un développement durable tout au long du millénaire.


L'Afrique a prouvé à maintes reprises que la révolution numérique avait jeté les bases d'une révolution sociale et économique entraînant dans son sillage des changements positifs à l'échelle du continent tout entier.


Tous ensemble   l'UIT aux côtés de l'UAT, les dirigeants politiques des pays africains, les autorités de réglementation, le secteur privé et la société civile   nous prenons l'engagement de construire l'infrastructure des TIC sur le continent africain car elle est indispensable pour promouvoir le développement socio-économique de l'Afrique.


La technologie mobile a permis de connecter des millions d'Africains: de fait, l'Afrique a enregistré l'un des taux de croissance les plus élevés du monde. Selon les estimations de l'UIT, au cours des cinq dernières années, le nombre d'abonnements à la téléphonie cellulaire mobile en Afrique a progressé en moyenne de 41% par an. Pour la seule République du Congo, on en compte près de 2,2 millions.


Les chiffres sont impressionnants. Plusieurs des pays les moins avancés du continent africain font aujourd'hui partie des marchés mobiles qui connaissent la plus forte croissance au monde.


Le succès de ce marché mobile extrêmement libéralisé et compétitif donne à penser qu'un environnement réglementaire propice conjugué à des investissements tant africains qu'étrangers ont permis de répondre aux besoins de communication de la région.


L'ingéniosité des Africains et la capacité qu'ils ont à innover ouvrent de nouvelles perspectives sur le marché. La suppression des "obstacles à l'accès au marché", par exemple la mise en place des services à prépaiement avec vérification du crédit restant ainsi que les transactions bancaires mobiles sont autant d'exemples d'"innovation" générés par la concurrence et la nécessité pour les opérateurs de s'adapter aux caractéristiques du marché.


Excellences,
Mesdames et Messieurs,


Il ne fait aucun doute que l'Afrique, au cours de la dernière décennie, a progressé à pas de géant et que les résultats ont été spectaculaires tant pour les investisseurs que pour les utilisateurs finals. Les possibilités d'investissement qui s'offrent demain dans le secteur des TIC ne manquent pas. Ces nouveaux investissements non seulement stimuleront la croissance des autres secteurs mais auront également un effet de catalyseur pour répondre aux aspirations sociales et économiques de tous les peuples.


Construire l'infrastructure des TIC en Afrique est manifestement la priorité des priorités.


C'est dans cette optique, le développement des infrastructures, que l'UIT a organisé le Sommet "Connecter l'Afrique" à Kigali en 2007. Les dirigeants africains, les experts internationaux les chefs d'entreprise du monde entier réunis à cette occasion se sont engagés à verser plus de 55 millions USD pour:

  • développer l'infrastructure dorsale large bande et les réseaux d'accès;
  • améliorer la connectivité nationale et régionale;
  • intensifier les efforts pour élaborer une politique et un environnement réglementaire propices à l'investissement;
  • renforcer les capacités humaines et créer des possibilités d'emploi dans le secteur des TIC; et
  • stimuler le développement de contenus, d'applications et de services TIC adaptés aux conditions locales.


Plus de 21 milliards USD ont déjà été investis dans le secteur des TIC en Afrique et ces investissements vont encore se multiplier à mesure que l'Afrique s'engage sur la voie du numérique.


Le projet qui a vu le jour au lendemain de Kigali vise à connecter toutes les écoles, tous les hôpitaux et toutes les institutions d'Afrique afin de contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.

  • A cette fin, il est nécessaire que les gouvernements interviennent pour élaborer des politiques adaptées aux besoins du marché et mettre en place un environnement réglementaire propice à l'investissement. Les décideurs doivent veiller à ce que les cadres juridiques soient conçus de façon à tirer parti des progrès technologiques qui permettent de réduire les coûts et les tarifs.
  • Il faut établir des politiques claires en ce qui concerne les prélèvements sur les Fonds pour l'accès universel qui sont actuellement mis en place dans la plupart des pays africains.
  • L'UIT a apporté une assistance à un certain nombre de pays de la région, notamment le Burkina Faso, le Burundi, le Lesotho, le Libéria, le Malawi, le Mali, le Sénégal, la Sierra Leone, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie, pour qu'il utilisent le Fonds pour le service universel pour construire des infrastructures passives, par exemple des pylônes dans les zones rurales que les fournisseurs de services TIC pourront utiliser, avec d'autres équipements publics, pour fournir un accès dans les zones isolées.
  • Le partage des infrastructures, thème du Colloque mondial des régulateurs en 2008, constitue une solution viable pour réduire le coût de mise en place des infrastructures et, pour les opérateurs, pour fournir des services sur des marchés moins intéressants.
  • Les points d'échange Internet peuvent être utilisés pour maintenir le trafic local et dans le même temps faciliter les échanges de données ou de fichiers pour le téléapprentissage, la télésanté et la télémédecine, à un coût relativement modique.
  • Alors que le trafic Internet local transitant par les points d'échange Internet nationaux commence à être acheminé dans les régions orientales et australes de l'Afrique, il est plus important que jamais de développer des réseaux d'interconnexion régionaux efficaces et très robustes. Le trafic entre les pays devrait être géré à l'intérieur de la région, ce qui se traduirait par des gains d'efficacité et ferait baisser les coûts du trafic Internet.
  • On pourrait aussi envisager de mettre en oeuvre des services d'itinérance mondiale sur le continent africain afin de faire baisser les coûts d'interconnexion élevés, en particulier pour les communications mobiles.


Mesdames et Messieurs,


L'UIT est déterminée à apporter son appui aux gouvernements des pays du continent africain pour construire l'infrastructure des TIC du XXIe siècle.


A cet égard, l'Union joue un rôle de catalyseur à travers son programme relatif au renforcement des capacités humaines et à l'inclusion numérique. Ce programme prévoit notamment des activités de formation (formation présidentielle, en ligne ou autoformation) dans le cadre du portail "L'Académie de l'UIT" et des Centres d'excellence. Par ailleurs, l'Union organise des forums et des ateliers sur le renforcement des capacités humaines à l'intention des décideurs et des cadres des administrations nationales, des autorités de réglementation et des opérateurs participant aux activités de formation en matière de renforcement des capacités et aux activités d'apprentissage.


L'UIT offre également plusieurs plates-formes, par exemple le Colloque mondial des régulateurs dans le cadre duquel les décideurs, les régulateurs,  les opérateurs et d'autres parties prenantes du secteur des TIC peuvent partager des données d'expérience et de bonnes pratiques. Le Colloque mondial des régulateurs qui se tiendra en novembre prochain à Dakar sur le thème" Favoriser le monde numérique de demain" s'intéressera au développement de l'infrastructure des TIC ainsi qu'au déploiement du large bande.


Je ne me réjouis de participer aux discussions de cet atelier et j'espère que nous progresserons encore à Dakar dans quelques semaines. Je saisis également cette occasion pour souhaiter plein succès au Secrétaire général de l'UAT, M. Akossi Akossi, ainsi qu'à tous les délégués et participants qui assisteront à la Conférence des plénipotentiaires de l'UAT qui s'ouvre demain.


Je vous remercie.