LE SOMMET AFRICAIN DE L'INTERNET ET DES TELECOMMUNICATIONS 
Banjul, Gambie
5-9 juin 2000

uk.jpg (11497 bytes)  English

france.jpg (2954 bytes) Français

 

Conclusions

Le sommet africain de l'Internet et des télécommunication-organisé par le Commonwealth Telecommunication Organisation (CTO) et l'Union internationale des télécommunications (UIT), et accueilli par Gambia Telecommunications Limited (GAMTEL)- a eu lieu à Banjul, en Gambie du 5 au 9 juin 2000. Il y avait 139 participants (dont 13 femmes) de 44 pays (dont 39 d'Afrique sub-saharienne). Les remarques préliminaires ont été faites par David Souter, Directeur exécutif du CTO et Margarida Evora-Sagna, UIT, Conseillère Senior pour l'Afrique de l'ouest. Hon M Sarjo Jallow, Secrétaire d'état de la Gambie pour les travaux, les communications et l'information, a ouvert le sommet. Nii Quaynor, Président exécutif de Network Computer Systems et Président de l'Internet Society au Ghana, a fourni le discours principal.

Une gamme de sujets a été présentée et discutée par le sommet, traitant principalement des frontières entre le secteur traditionnel des télécommunications et des nouveaux services Internet, mais également des sujets tels que le contenu, la coopération régionale, l'accès universel, le commerce électronique, et l'Internet mobile. Le programme du sommet et les documents sont disponibles sur le site web suivant: www.itu.int/africainternet2000. Ce qui suit est un bref résumé des questions principales soulevées pendant l'événement. 

L'Internet a fait des progrès impressionnants dans la région africaine au cours des dernières années. Le plus remarquable est que tous les pays africains, excepté un, ont maintenant des accès directs à l'Internet international (Figure 1). Il y a actuellement presque un million d'abonnés individuels et trois millions d'utilisateurs en Afrique. En dépit de cette augmentation, il n'y a seulement un utilisateur Internet pour 750 personnes en Afrique, alors que la moyenne mondiale est d'un utilisateur pour 30 personnes en Amérique du nord et d'un utilisateur pour 2 ou 3 personnes en Europe. 

Une des importantes contraintes à l'accès de l'Internet en Afrique est un coût élevé. Les prix moyens des fournisseurs de services Internet (FSI) africains de US$50 représentent près d'un salaire mensuel pour beaucoup d'abonnés (Figure 2). Ce chiffre n'inclut pas les frais d'utilisation du téléphone pour l'accès individuel qui peut souvent dépasser les charges d'abonnement du FSI. Un des facteurs suivant les coûts élevés est en rapport avec la structure des frais d'exploitation des FSI. Le FSI moyen en Afrique paie plus pour les télécommunications proportionnellement que les FSI dans les autres régions. C'est dû à l'infrastructure limitée dans la région, à la compétition restreinte, aux limitations des activités des FSI, aux prix élevés de la licence, le manque national et régional de points d'échange du trafic, et le coût élevé de la connectivité internationale. Les raisons du coût élevé de la largeur de bande incluent le fait d'avoir à payer le coût entier du circuit, les FSI n'étant pas capable de fournir une connectivité direct et le manque de transparence de la tarification des fournisseurs de largeurs de bande internationaux. 

Il y a plusieurs moyens pour réduire les dépenses de l'Internet. La concurrence sur le marché des FSI pourrait aider à faire baisser les prix. Mais la concurrence seule ne sera pas suffisante pour forcer une baisse importante des prix si les FSI ne peuvent pas fournir aussi leur propre infrastructure. L'accès Internet dans l'ensemble du pays pour le prix d'un appel local pourrait également être mis en application comme ça l'a déjà été fait dans quelques pays Africains. D'autres politiques du tarif « Internet-amical » comptent éliminer les frais des FSI en partageant la charge locale de l'usage du téléphone avec l'opérateur de télécommunications, en éliminant ou en réduisant les frais locaux du téléphone et en se dirigeant vers un accès Internet gratuit grâce à un parrainage publicitaire. Les échanges régionaux et nationaux d'Internet pourraient aussi être encouragés. Par exemple, les FSI d'Afrique du Sud ont été capables de faire un économie d'environ US$5.75 millions annuellement en permutant nationalement le trafic. Les FSI pourraient également vouloir coopérer en regroupant leurs exigences de largeur de bande pour obtenir de meilleurs prix grâce à des achats groupés. Les pays Africains pourraient également collaborer en se présentant en un front uni aux forums pour encourager un partage plus équitable des coûts du circuit international (Figure 3).

La croissance et la durabilité des réseaux électroniques en Afrique sont dépendants du continent  car ce dernier s'implique davantage avec les organismes d'Internet regionaux et internationaux. Ceci incluent des groupes mondiaux tels que l'"Internet Corporation for Assigned Names and Numbers" (ICANN) et l'"Internet Society" aussi bien que des groupes régionaux émergeants tels que l'"Africa Internet Registry-African Network Information Center" (AfriNIC) et l'"African Network Operators' Group" (AFNOG) (Figure 4). Le développement d'organismes régionaux d'Internet pourrait aider la réduction de problème tel que le "détournement" de noms de domaine et le contrôle étranger des adresses IP. Le développement d'organismes nationaux tels que les chapters locaux de l'Internet Society ou les associations des fournisseurs de services Internet mettra en valeur la coordination et le maintien. En conclusion, la consultation actuelle entre les acteurs de télécommunication nationaux tels que les gouvernements, les opérateurs de télécommunication, les FSI et les utilisateurs devrait être encouragée afin de réduire la tension et de stimuler le dialogue. Ceci pourrait être formalisé par un groupe national de travail sur l'Internet ou par des ateliers réguliers se concentrant sur les questions Internet particulières.

L'Afrique est au bas de la pyramide du commerce électronique, entravée par l'infrastructure limitée, le manque de systèmes de paiement, les bas revenus, le cadre juridique inadéquate, le manque de confiance et de conscience et la pauvreté logistique (Figure 5). La plupart des sites web d'affaires sont statiques et offrent seulement les informations de base de la compagnie. Peu de sites web africains supportent les dispositifs interactifs tels que la commande, le paiement et la livraison.  

Quelques initiatives réussies du commerce électronique émergent, visant principalement les Africains en outre-mer et les étrangers ayant un revenu nécessaire et l'accès Internet. Le tourisme a été identifié en tant qu'une zone où le développement significatif du commerce électronique prend place en Afrique.    

Les étapes pour encourager le commerce électronique incluent l'élevation de la conscience, en organisant des colloques nationaux et en établissant des groupes de travail composés d'organismes gouvernementaux compétents, d'opérateurs de télécommunication, de FSI et du secteur privé. Les faiblesses dans les systèmes de paiement peuvent être surmontées par des arrangements avec les centres de vérification d'outre-mer, en développant des alternatives aux cartes de crédit telles que les systèmes prépayés, ou en ayant des fournisseurs de service tels que les opérateurs de télécommunication  et les FSI facturent les clients et regroupent les frais de transaction. Les pays africains devraient également tirer profit de l'aide internationale pour les activités du commerce électronique fournies par des agences telles que l'UIT, l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle et Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement.

La majorité des Africains ne peut pas s'offrir un accès individuel à l'Internet. Par conséquent, si la devise de l'Internet Society "Internet pour tous" doit devenir une réalité pour la région, alors il doit être fait par l'intermédiaire de l'accès partagé (Figure 6). En effet, l'accès Internet existant est déjà partagé avec beaucoup de personnes utilisant le même compte dans les maisons, les entreprises et les écoles. Ceci a besoin d'être étendu via l'accès Internet depuis les lieux publics tels que les télécentres, les cybercafés, les écoles, les bureaux de poste, etc. Le Sénégal a été cité comme un pays où les télécentres - dirigeant en privé les bureaux de télécommunication  - ont été réussis. Il y a presque 10'000 télécentres à travers le pays fournissant le téléphone, le fax et de plus en plus le courrier électronique et le service Internet. Il est plus que probable que les concessions aient du succès et soient soutenables par rapport aux autres modèles d'accès publics. Il a été noté que les applications disponibles dans les télécentres doivent être conçues en fonction de la clientèle. Par exemple, un télécentre urbain ne pourrait avoir besoin d’applications de télémedecine, puisque les équipements de santé sont en général disponibles dans les villes, tandis que les télécentres ruraux pourraient en avoir besoin.

Les développements technologiques provoqués par l'Internet ont eu un impact sur les affaires de « voix-centrale » et sur les plans de réseaux des compagnies de télécommuniction incombées. Les infrastructures de transmission évoluent rapidemant vers les réseaux basés IP unifiés où la voix est juste une autre application. Ceci pose un défi important aux compagnies de télécommunication qui ont fait des investissements et pris des décisions, au sujet des prix, basées sur des suppositions qui deveniennet rapidement désuetes. Les réseaux basés sur Internet réduisent les frais de construction et d'exploitation qui se traduisent par des prix inférieurs: un avantage important pour augementer l'accès dans une région appauvrie telle que l'Afrique. . Les opérateurs de télécommunications doivent agir rapidement pour saisir les occasions que sont les coûts inférieurs, les nouveaux services et l'augmentation du trafic, où ils risquent d'être marginalisé. Les développements technologiques tels que la téléphonie Internet posent également des défis pour les agences de réglementation et les opérateurs (Figure 7).

Le mariage de l’Internet et du téléphone mobile pourrait se relever être d'une importance principale pour l'Afrique. Les réseaux sans fil croissent rapidement dans la région en raison de la concurrence, des coûts d'installation inférieurs et des cartes pre-payées. Le nombre de connexions mobiles dépasse déjà le nombre de connexions fixes dans quelques pays africains. L'arrivée de la 2 ½ et 3e génération de la technologie Internet pour mobile (par exemple, SMS, WAP, GPRS et IMT-2000) associé avec le coût inférieur des combinés téléphoniques mobiles comparés aux ordinateurs individuels, suggère que l'Internet mobile puisse émerger comme l’une des principales voies d'accès à l'Internet en Afrique. Le lancement des services WAP au Congo (Brazzaville) a été annoncé au sommet (Figure 8).

La capacité à s'instruire et augmenter la prise de conscience a été citée comme un défi important pour la région. Les citoyens et les institutions doivent être mis au courant de l'Internet et de ses avantages. Afin d'utiliser l'Internet efficacement, les gens ont besoin d'être formés. Il y a beaucoup de ramifications. Par exemple, la technologie de l'Internet permet des occasions telles que l'étude à distance, qui aide à surmonter le manque d'expertise locale dans certains sujets. Il réduit également la nécessité de faire venir des étudiants de régions éloignées. Une autre ramification est que les compagnies dans les industries de haute-technologie telles que les opérateurs de télécommunication devraient être eux-même au premier rang de la formation et de la connaissance (Figure 9).  L'exemple de Telkom South Africa (Afrique du Sud) a été fourni comme un cas où des ressources considérables ont été consacrées pour ammener le personnel plus rapidement vers la technologie de l'information. Une autre ramification est que si les opportunités locales ne sont pas disponibles pour les professionnels de la technologie de l'information, ils immigreront vers les pays développés où la demande est forte. En même temps la forte demande d'informaticiens dans les pays développés est une raison importante pour créer des centres de développement de logiciels en Afrique, comme les cas d'autres régions et les exemples du Sénégal et du Ghana ont été mentionnés. 

Le développement des applications et des contenus africains est important pour élargir l'attraction de l'Internet dans la région et soutenir sa croissance. . Il a également été souligné que la création et l'accès à l'information est d'une importance stratégique pour le développement en Afrique. Le grand nombre de dialectes utilisés dans la région et le fait que la plupart des Africains ne parlent pas anglais, français ou le portugais sont des défis majeurs (Figure 10). Les applications devraient être développées dans les langues locales correspondant aux besoins africains. Le besoin d'intermédiaires a aussi été souligné. De même que les scribes écrivent des lettres pour ceux qui ne peuvent pas, les scribes numériques pourraient aider les illettrés ou les utilisateurs d'ordinateur inexpérimentés pour naviguer sur le web. Il y a aussi un besoin de neutraliser ce qui est perçu comme parti pris dans le contenu disponible actuellement en Afrique, dont beaucoup a été développé à l'extérieur du continent. Une autre raison pour développer le contenu local est le besoin de conserver l'identité culturelle. Un exemple est de numériser des objets avant qu'ils ne s'abîment dû à un manque de moyen de conservation dans les musées. Les gouvernements devraient relancer la disponibilité du contenu local à travers le développement des applications qui aideront les citoyens, telles que les applications en-ligne pour le service et le bénéfice du gouvernement, les informations du marché agricole, la surveillance de l'environnement et les logiciels pour l'éducation et la santé. L'établissement de centres pour le développement du contenu national où les ressources et les expertises pourraient être partagées, a aussi été cité comme une possibilité pour aider la création des contenus dans la région. Le mouvement de l' "Open Software" et la disponibilité d'applications gratuites telles que la messagerie électronique, le forum de discussion et l'herbergement de sites web peuvent aider à réduir le coût de développement du contenu sur le continent.

Le financement de l'infrastructure et des services de l'Internet est un problème important dans la région, où les capitaux d'investissement sont rares. La participation du secteur privée est critique pour le succès de l'Internet. L'Internet a été un des quelques marchés qui ont été ouvert à l'investissement privé. En conséquence, il y a beaucoup de FSI privés dans ces pays avec un environnement compétitif. L'investissement privé supplémentaire serait disponible si des restrictions aux activités des FSI étaient levées (par exemple, capacité de fournir leur propre infrastructure). Ceci pourrait aider à accroître l'accès à des segments plus pauvres du marché (Figure 11). L'assistance des agences bi-laterales et multi-latérales donatrices a aussi joué un rôle majeur dans le développement de l'Internet en Afrique. Beaucoup de pays dans la région ont établi une connectivité à l'Internet internationale grâce à l'aide de "Leland Initiative" ainsi que de l’Initiative Internet pour l'Afrique (PNUD). L'aide pour les activités Internet est disponible dans quelques agences « Donor », et les pays doivent proposer des projets appropriés pour en tirer profit. En même temps, d’autres agences donatrices doivent être sensible à l'importance de l'Internet pour le développement, et ne pas concentrer toute l'aide seulement sur les secteurs de base. La coopération régionale peut aider aussi à prendre en charge le développement de l'Internet à travers une participation dans les projets régionaux de développement de l'infrastructure (exemple : Comesa), réduisant les prix généraux.

Le sommet a identifié quelques zones où le CTO et l'UIT pourrait appuyer la croissance de l'Internet dans la région: 

  • Aider avec la mobilisation de ressources pour l'infrastructure du réseau, points d'accès publics et développement des capacités des ressources humaines et institutionnelles dans phase pré-durable du développement de l'Internet dans la région,

  • Le support de la recherche de la façon dont l'Internet aide le développement humain et économique avec une référence spécifique sur l'accès, l'allégement de la pauvreté et l'égalité des sexes,

  • Travailler avec les entreprises de télécommunication pour une restructuration qui permettra d'affronter les défis de la nouvelle technologie, les nouvelles formes de la disposition du service et des nouveaux types de demande du client, surtout en fonction du développement des réseaux IP

  • Sensibilisez les gouvernements et les secteurs d'affaires, de santé et de l'éducation au sujet de l'importance de l'Internet et les encourager à adopter des politiques d'aide

  • Organiser des ateliers pour rassembler les organismes gouvernementaux compétents, les opérateurs de télécommunication, les fournisseurs de services Internet et les utilisateurs pour discuter des problèmes de l'Internet

  • Travaillez étroitement avec l'industrie pour identifier des zones où les coûts élevés de l'accès international à Internet et du trafic d'échange peuvent être réduits.

 

Retour à la page principale