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Les TIC en Afrique: obtenir un avantage concurrentiel

Les technologies de l'information et de la communication (TIC), qui sont indispensables pour créer de nouvelles compétences, générer de la croissance et favoriser l'innovation technique, sont de la plus haute importance pour le développement économique général de l'Afrique. Les produits issus des TIC font eux-mêmes partie des produits dernier cri à valeur ajoutée qui connaissent la plus forte croissance sur le marché du commerce international et qui peuvent ainsi accélérer l'accroissement des recettes. Les TIC et les produits associés favorisent donc la compétitivité et constituent un secteur clé à part entière.

Les opérateurs africains vont aujourd'hui de l'avant en déployant des technologies de la prochaine génération sur le continent, notamment la téléphonie de la troisième génération (systèmes 3G) l'Internet à large bande et le protocole de transmission de la voix par Internet (VoIP).

La révolution du mobile en Afrique

Le marché africain du mobile est celui qui connaît la plus forte expansion au monde

  • Ce marché progresse à une vitesse double de celle du marché mondial

  • Le nombre de téléphones mobiles en Afrique est désormais supérieur à celui des téléphones fixes

 
 
L'essor spectaculaire de la téléphonie mobile est sans conteste l'un des progrès les plus remarquables que l'Afrique ait enregistrés à ce jour dans le domaine des télécommunications.

Mobile phones overtook fixed lines in 2001 and now outnumber fixed telephone lines by nearly seven to one, with 192.5 million mobile cellular subscribers in 2006.

Le marché africain du mobile est celui qui a connu la plus forte expansion dans la région au cours des cinq dernières années et a progressé à une vitesse double de celle du marché mondial, ce qui a beaucoup contribué à améliorer les possibilités d'accès pour la très grande majorité de la population. En 2001, le nombre de téléphones mobiles a été supérieur à celui des téléphones fixes et dépasse aujourd'hui ce nombre dans un rapport de près de sept pour un. Ainsi, on dénombrait en 2006 192,5 millions d'abonnés au mobile cellulaire.

Ce rapport est encore plus élevé en Afrique subsaharienne, où neuf habitants sur dix ayant accès à un téléphone utilisent le téléphone cellulaire mobile. Le taux de pénétration du mobile a triplé, passant de 6,3% habitants en 2003 à 21,0% en 2006. Le secteur privé a été le moteur de cette croissance phénoménale qui est particulièrement marquée là où le marché du mobile est ouvert à la concurrence. Les abonnements à prépaiement au mobile cellulaire ont également joué un rôle déterminant dans l'essor du mobile, puisque 92% des abonnés africains ont eu recours à une formule de prépaiement en 2005.

Cette croissance rapide est également imputable à des facteurs tels que le microfinancement, l'utilisation partagée de téléphones, les possibilités de recharge d'un faible montant sur le portable et le transfert de soldes entre abonnés.

Au Ghana, le portail TradeNet est une sorte d'eBay simplifié qui est proposé sur les téléphones mobiles pour les produits agricoles dans une dizaine de pays d'Afrique occidentale. Le portail permet à des vendeurs et à des acheteurs d'indiquer ce qu'ils recherchent en fournissant leurs coordonnées, information qui est envoyée par SMS en plusieurs langues à tous les abonnés intéressés. Ceux-ci peuvent alors entrer directement en contact les uns avec les autres pour passer une transaction. Des projets analogues sont en cours d'exécution, au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, en vue de fournir des informations quotidiennes sur les prix des exportations de fruits et légumes. Il est également possible de concevoir des services auxiliaires tels que le commerce électronique, les services bancaires, les services financiers et l'accès à l'Internet. Autant d'initiatives susceptibles d'améliorer le flux d'informations commerciales et de contribuer à réduire les coûts et à augmenter les bénéfices.

A la fin 2006, on dénombrait au total 2,68 milliards d'abonnés au téléphone mobile cellulaire dans le monde et ce nombre devrait dépasser les 3 milliards fin 2007, pour atteindre 4 milliards en 2010. Quatre-vingt pour cent de la nouvelle croissance prévue devraient être imputables aux marchés émergents à faible revenu. Pour que ce potentiel de croissance se maintienne à terme, il faut que la téléphonie mobile soit financièrement plus abordable.

Les dix premiers marchés africains représentent près des quatre cinquièmes de l'ensemble des abonnés au téléphone mobile cellulaire sur le continent. Un cinquième de tous les abonnés au mobile cellulaire se trouve en République sudafricaine, tandis que près du sixième se trouve sur le vaste marché du Nigéria et que les quatre pays du Maghreb (Algérie, Egypte, Maroc et Tunisie) représentent un tiers de tous les abonnés africains au mobile. Les autres pays africains représentent pour leur part à peine plus d'un tiers de tous les abonnés au mobile cellulaire.

Accès au large bande

ILes réseaux IP constituent le fondement même non seulement de l'accès à Internet et de la navigation sur le web, mais aussi des communications vocales (notamment du trafic téléphonique mobile grande distance) et des communications vidéo de demain, sans oublier les loisirs. En optant pour le haut débit ou l'accès au large bande, les entreprises africaines seront mieux à même de faire face efficacement à la concurrence sur le marché mondial.

L'évolution récente montre qu'un certain nombre de projets internationaux de câbles à fibres optiques terrestres et sous-marins sont actuellement mis en oeuvre, dans l'ensemble des pays en développement, par les opérateurs historiques et divers autres partenaires. On peut citer comme exemple de nouveaux projets d'installation de câbles sous-marins à fibres optiques le système EASSy (système de câbles sous-marins d'Afrique de l'Est). Certains pays s'efforcent pour leur part d'encourager divers projets de câbles sous-marins. L'Egypte et le Kenya ont ainsi annoncé leur intention de faire appel à des fournisseurs concurrents de câbles sous-marins à fibres optiques pour faire encore baisser le coût de l'accès international à l'Internet, qui est trois fois supérieur au coût moyen en Asie. Dans 10 pays africains au moins, le coût de l'accès au large bande est cependant inférieur à 15 USD par mois pour une connexion à 100 kbit/s. Au Sénégal, le coût modique de l'accès au large bande a encouragé les abonnés à l'Internet à passer aux technologies DSL (lignes d'abonnés numériques), si bien que, en 2006, 25% de tous les abonnés à l'Internet avaient accès au réseau par DSL.

De nombreux projets de câbles terrestres à fibres optiques ont également été mis en oeuvre. Au Botswana, le projet de câbles à fibres optiques Trans-Kalahari, exécuté par la Botswana Telecommunications Corporation (BTC), l'opérateur en titre national, permettra de relier le Botswana à la Namibie et à la Zambie grâce à un réseau de 2 000 km de fibres optiques. Ce projet, qui devrait être opérationnel en 2008, s'inscrit dans une initiative plus générale visant à libéraliser le secteur des TIC du Botswana, notamment en ouvrant la passerelle internationale de ce pays à la concurrence et en mettant en place des services VoIP.

A la fin de 2006, on dénombrait 17 points d'échange Internet (IXP) nationaux sur le continent africain, le dernier en date étant le point IXP de l'Angola. Il s'agit du quatrième point IXP à être établi dans un PMA africain, trois autres points existants déjà au Rwanda, en Tanzanie et en Zambie. L'Association africaine des prestataires de services Internet (AfrISPA) projette de mettre en place des points IXP dans 11 autres pays africains, à savoir le Bénin, le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Malawi, le Mali et le Sénégal.

Le déploiement de points IXP régionaux permet non seulement de mettre sur pied des réseaux dorsaux de fibres optiques nationaux et de renforcer la capacité internationale de l'Internet, mais aussi de maintenir sur place le trafic régional, ce qui entraîne une réduction des coûts de l'interconnexion et des temps d'attente. Les pouvoirs publics, les régulateurs et les décideurs peuvent intégrer les points IXP dans leurs stratégies de développement des TIC afin d'utiliser de manière avantageuse leur largeur de bande internationale.

Etant donné qu'ils ne disposent pas aujourd'hui d'une connectivité internationale, les pays africains sont souvent tributaires d'entreprises étrangères basées pour l'essentiel en Asie, en Europe, au Moyen Orient et aux Etats-Unis, pour l'échange de trafic entre les fournisseurs de services Internet africains, de sorte que les internautes africains payent un prix plus élevé pour leur connectivité. L'ouverture à la concurrence de la passerelle internationale peut également contribuer à faire baisser les prix de l'Internet, de même que la libéralisation des marchés des microstations. De telles mesures ont été inscrites dans les annonces récentes concernant le régime de la concurrence au Kenya et en République sudafricaine. Les organismes nationaux chargés de la réglementation peuvent jouer un rôle de premier plan dans l'amélioration de la connectivité, en particulier en facilitant la création de points d'échange Internet (IXP). Le Gouvernement fédéral du Nigéria soutient activement la création de tels points dans l'ensemble du pays, et la Nigerian Communications Commission (NCC) a récemment approuvé une proposition visant à financer la création de ces points à titre non lucratif, en collaboration avec les fournisseurs de services Internet, sous l'égide de l'Association des fournisseurs de services Internet du Nigéria (ISPAN).

Avec le passage généralisé aux réseaux de la prochaine génération (NGN), la tarification forfaitaire apparaît comme une stratégie novatrice pour dynamiser l'utilisation, accroître le nombre d'abonnés, développer les parts de marché et rendre le service plus abordable pour les abonnés. Ainsi, Celtel Nigeria a lancé une grille tarifaire innovante appelée Flat Unity Tariffs qui supprime les différences de prix d'un réseau à l'autre en fixant les mêmes tarifs sur tous les réseaux du pays, qu'ils soient fixes ou mobiles. En règle générale, les utilisateurs ayant de faible revenu ont tendance à préférer la facturation à la minute avec prépaiement: ils peuvent ainsi mieux gérer leurs dépenses et utilisent les SMS pour dépenser le moins possible. Toutefois, afin d'encourager l'utilisation de l'Internet, les opérateurs de pays en développement devront proposer des barèmes tarifaires abordables et intéressants pouvant, par exemple, inclure des services à prix forfaitaire ou des services groupés.

Le groupage est considéré par la plupart des opérateurs historiques comme inévitable, au vu de la baisse des recettes de la téléphonie vocale et de la concurrence acharnée entre opérateurs à intégration verticale et nouveaux acteurs sur le marché. En République sudafricaine, le fournisseur de services cellulaires mobiles Nashua Mobile, nouvel arrivé sur le marché de l'Internet large bande, a commencé à proposer des offres groupées de services fixes et hertziens en mars 2007. Cette compagnie, qui était prestataire de services mobiles, a évolué pour devenir un acteur de premier plan du secteur des télécommunications au sens large, utilisant pour cela une stratégie marketing ciblée afin d'attirer de nouveaux abonnés grâce à des offres groupées très intéressantes.

Monter dans le train du cyberespace

Les marchés des télécommunications et la nature même de la concurrence évoluent sous l'influence du progrès technologique. Le passage des réseaux à commutation de circuits aux réseaux utilisant le protocole Internet (IP) ouvre des débouchés aux nouveaux concurrents qui peuvent offrir de nouveaux services et rivaliser avec les opérateurs en place.

L'investissement dans les infrastructures TIC en Afrique se situait à hauteur de 8 milliards USD en 2005. Les marchés des lignes fixes sur ce continent sont désormais, pour la moitié, ouverts à la concurrence et le secteur privé est présent dans leur capital, pour presque la moitié d'entre eux. 25 opérateurs historiques africains ont été, en totalité ou en partie, privatisés.

Afin d'encourager la création de points d'échange Internet, il faut aussi tenir compte des contraintes de politique générale qui limitent la connectivité transfrontière entre opérateurs régionaux. L'une de ces contraintes est la nécessité pour les opérateurs d'acquérir des licences pour chacun des pays dans lesquels ils veulent installer des infrastructures.

La libéralisation des marchés et la réforme de la réglementation doivent aller de pair avec des mesures d'incitation pour faciliter l'assimilation des technologies et le renforcement des capacités locales. De telles mesures sont nécessaires pour consolider les capacités sur le plan local et aider les entreprises locales à devenir plus compétitives. Il est préférable que ces mesures soient proposées secteur par secteur.

Les pouvoirs publics peuvent encourager la compétitivité en élaborant un cadre de mesures d'incitation favorables aux activités techniquement plus évoluées, compte tenu des besoins des entreprises locales et de ceux des principaux investisseurs. Ils peuvent également créer des conditions favorables aux investissements d'infrastructure. Les technologies nouvelles posent, pour la réglementation et l'octroi de licences, de sérieux problèmes qui ne peuvent être résolus que par la collaboration entre secteur public et secteur privé. Des mesures doivent être prises pour encourager la concurrence et la mise en oeuvre de services de bonne qualité à un prix abordable, qui font souvent défaut sur des marchés où la capacité de transmission ne manque pas.

Tous les avantages de la société de l'information sont rassemblés à bord du train du large bande à haut débit. L'Afrique doit, au plus tôt, élaborer des stratégies appropriées dans ce domaine pour prendre ce train en marche et entrer de plain-pied dans le cyberespace!

 

 

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Mis à jour le 2009-01-19